En dissidence du romantisme, la tradition post-exotique / soutenance de thèse

Soutenance de thèse de Frédérik Detue, le 17 novembre 2011, Université Paris 8 (Saint-Denis), 14h30, salle D143.

Titre : En dissidence du romantisme, la tradition post-exotique : une histoire de l’idée de littérature aux XXe et XXIe siècles.

Directeur : Tiphaine Samoyault.

Domaine : Littérature générale et comparée.

Jury : Monsieur Emmanuel BOUJU, Professeur à l’Université de Haute-Bretagne Rennes II ; Madame Catherine COQUIO, Professeur à l’Université de Paris VIII Vincennes Saint-Denis ; Madame Luba JURGENSON, Maître de conférence HDR à l’Université Sorbonne Paris IV ; Madame Anne ROCHE, Professeur émérite à l’Université d’Aix-Marseille II ; Madame Tiphaine SAMOYAULT, Professeur à l’Université de Paris VIII Vincennes Saint-Denis.

Résumé : Cette thèse est une enquête historique sur la littérature, telle qu’inventée par le premier romantisme allemand. L’idée de littérature romantique, qui a conditionné le système de culture de la modernité, s’est délégitimée historiquement quand celui-ci a produit des guerres mondiales, des totalitarismes, des camps et des génocides. Ce système de culture continue néanmoins de vivre sa vie et de dominer car, en général, on a voulu et on veut encore dénier que la barbarie lui est devenue inhérente. Cependant, face à la terreur moderne, des voix dissidentes ont fait œuvre de critique de la culture, – tels des avertisseurs d’incendie, dans l’espoir d’effectuer un sauvetage. Cette thèse étudie comment, au XXe siècle, des réflexions théoriques et des pratiques littéraires et artistiques créent ainsi un schisme, construisant un rapport critique et dialectique à l’idée de littérature romantique, déterminant un nouveau mode d’être de la littérature. De façon décisive, en fonction de l’expérience de la terreur, à l’heure fatale de l’art, s’inventent corrélativement la théorie critique du kitsch et l’art d’écrire du témoignage. Outre le souci éthique de faire du bon travail au regard du réel, se distingue alors le souci politique de réaliser une transmission de façon à refonder un vivre-ensemble pour la communauté humaine. Or, à l’ère du témoignage, la littérature et l’art reçoivent cette mission en héritage, de sorte que des œuvres de non-témoins se constituent à leur tour en dispositifs d’éveil. C’est précisément au tournant du XXIe siècle qu’il est possible de reconnaître rétrospectivement une tradition et, suivant la synthèse que réalise Volodine, de la qualifier de post-exotique.

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