Journal LittéRéticulaire

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

mercredi 13 août 2008

Après le coma réticulaire, le JLR change d'état-je...

Moyen jeu de mots, ou je de maux, pour annoncer qu'à la suite de la semaine de panne, le Journal LittéRéticulaire renaît de ces cendres électroniques en JLR 2.0, à une adresse plus simple et dans une enveloppe modernisée (nouvelles fonctionnalités et archivage plus aisé).
En me demandant ici aussi si l'écriture elle-même deviendra 2.0 ? — Ce qui, au passage, pose aux esprits sagaces la question cruciale : qu'est-ce qu'une écriture 2.0 ?

Nota Bene : les billets du 26 juillet au 2 août ont bien été publiés ici mais le fournisseur n'ayant pas pu les rétablir (les retrouver dans ses archives), ils sont maintenant sur le nouveau site qui n'a ouvert que le 10 août, pour être précis. Hélas, sans les commentaires qui avaient été donnés ici.
Ce billet sera repris dans celui du 13 août du JLR 2.0. Pour d'éventuels commentaires, y aller...

samedi 26 juillet 2008

Pas en démordre, tout noter

Déjeuner au Saint-Martin. Normal, c'est samedi. On ne connaît pas son bonheur. Revoir Manu, son épouse, ses deux enfants, que de bons souvenirs. Et d'autres à fabriquer. T. rangeai au 4e, le matin et l'après-midi, moi au 2e. Être ensemble, aussi, on ne connaît pas son bonheur. Je dis ça et je le répète parce que ce soir j'ai lu Martine Drai. Ça m'a fait souvenir, à ma petite échelle, mais chacun a la sienne, plus ou moins petite ou grande, d'ailleurs on en change, bref, qu'il n'y a pas si longtemps je n'en menais pas large dans une blouse ouverte par derrière et avec une caméra dans le gros colon après m'être moi aussi entièrement vidé. Pour tous, c'est une préfiguration d'un possible. Avec des sortes de joies à l'intérieur, même.

Le texte est long. En voici un morceau du milieu. En tout cas, ce que j'en retiens d'un point de vue pratique, c'est que pour nous qui sommes dans les textes, les écritures, il ne faut pas en rabaisser durant la maladie, pas en démordre, tout noter, et les noms des gens, des médecins, des infirmières, de tous les intermédiaires si possible. Tant qu'on peut. Pour le reste, la maladie, le corps fait ce qu'il peut, surtout s'il est aidé.

« Mais, frères malades, faites comme moi, ceci est notre misérable travail, il faut nous y tenir. Demain je recommencerai ce que j'ai fait la semaine dernière, et celles qui précédaient. Concrètement : demain je re-raconterai au premier téléconseiller venu ce que j'ai fait la semaine dernière avec ses confrères. Et je lui demanderai son nom et je citerai les noms de ses confrères - car maintenant je les demande, les noms. En prévision de l'énorme dossier que je compte faire parvenir, sous peu, à Monsieur le Médecin-Conseil de mon centre – ceci quand ma généraliste aura au moins réussi à se procurer son nom. Ce que de toute la semaine dernière elle n'a pas encore obtenu. Car on fait écran, même aux médecins. Mais elle y arrivera sûrement, et alors j'expédierai le gros dossier qu'il faudra avec accusé de réception. Où je récapitulerai les faits avec les dates des entretiens, et avec les noms des téléconseillers qui n'ont pas pu me les refuser : Madame A. qui m'a conseillé de rappeler le 0820 en demandant directement le service comptable, Monsieur G. qui n'a pas voulu me passer directement le service comptable mais m'a juré qu'il allait observer mon dossier et me rappeler dans la demi-heure, et qui ne l'a pas fait, Monsieur P. qui m'avait fait la même promesse dix jours auparavant, et, idem, ne l'a pas tenue, etc.
 C'est fastideux, hein, lecteur ? – mais je restitue. Je travaille à te faire ÉPROUVER que le malade travaille.» (Martine Drai, « Mauvaise Malade » in Remue.net aujourd'hui.)

Et mon père au téléphone, lui aussi s'en sortant petit à petit de six mois d'hôpitaux, de maisons de repos, de soins intensifs et de soins de longue durée, estimant toujours avoir été mal soigné sur les à-côtés du problème principal (cardio-vasculaire), raison importante des rechutes et des fausses fins. Lui aussi dans les questions administratives de son dossier. Et, vers la fin du coup de téléphone, me disant pour la première fois de sa vie, et donc pour la première fois de la mienne, combien ça lui fait plaisir quand j'appelle.

vendredi 25 juillet 2008

Un saut de puce — cuite

Dans la chaleur, courage pris à deux mains, nous nous rendons à Shinagawa, tout au Sud de la ligne Yamanote, pour essayer tous les sièges de bureau au Showroom de Kokuyo. Si l'œil joue un rôle certes non négligeable — et dieu sait que le design coûte cher ! — le choix d'un fauteuil est plus du ressort de la fesse et du dos. Pendant plus d'une heure, on essaye tout. On commandera plus tard, en ligne, sur un site où c'est moins cher...
En métro, un saut de puce — cuite — et nous sommes à Aoyama, chez Bisley, pour commander une table de bureau de 175×70cm (sur mesure). Ça aussi, préparé de longue date.

Enregistrement de Pour la littérature sur La Maison des feuilles de Danielewski, où l'on retrouve Claro [voir fin commentaire chez Dernière Marge].
J'oubliais : pour ceux qui n'ont pas eu l'heur d'entendre Alain Robbe-Grillet en 2003 (je le rappelais le 12) ni d'écouter le CD livré avec le livre Préface à une vie d'écrivain, ça repasse en série d'été. Un régal ! (Même avec d'éventuels désaccords.)

Ressortons vers 20h30 pour aller à la fête du temple, à Akasaka. Plusieurs centaines de personnes, principalement du quartier, en yukata d'été, dansant sous les lampions autour d'une tourelle de fortune [vidéo]. Puis le tirage au sort des cadeaux annuels. À la fin, la bière est gratuite...
Juste à côté de l'entrée du temple, un restaurant-brasserie Stella Artois s'est installé. J'ai repéré de loin un intérieur qui ressemblait étonnemment à ce que j'avais connu à Bruxelles quand j'étais allé rendre visite à Jean-Philippe Toussaint.
Les surprises continuent. T., qui y est déjà venue, me guide dans le nouveau complexe Akasaka-Sakas. Y repérons une crêperie Breizh, un restaurant portugais, d'autres endroits d'apparence sympathique. Et partout des terrasses, du monde, pas mal d'étrangers, mais pas de cette dense foule jeune qui forme maintenant le quotidien de Shibuya (où l'on va de moins en moins — et pas seulement parce qu'on vieillit).

jeudi 24 juillet 2008

Après ça, Guevara, on verra

Important rendez-vous, ce matin, à Kokubunji (loin, vers l'ouest). Partons à 9 heures. Avant de prendre le JR, consacrons une minute aux tortues qui nagent — il y a eu un lâcher d'eau. La chaleur est torride et je suis en costume avec cravate. T. en T-shirt, pas gênée. Nous allons voir une équipe qui numérise des microfilms pour ses recherches, et c'est moi qui suis un peu responsable du projet technique. Ai vérifié que le format d'image tiff est récupérable par Omnipage, par exemple. Mais, pour rangement dans l'index et la base de données, comment nommer les gravures, les pièces manuscrites ? Pour les pages à l'unité, ne vaut-il pas mieux cadrer serré afin d'éviter le bruit à l'OCR ? Ce genre de questions...
Déjeuner chinois avec une jeune employée de cette entreprise ; elle a fait un peu de français à la fac. Mais personne de ce bureau ne se rend compte de l'aspect souvent trivial, graveleux, voire pornographique ou insultant des ouvrages qu'ils numérisent pour nous...

Le soir, Gothika (Kassovitz, 2003) que T. a emprunté à la fac. La critique est assez mauvaise, en général, mais, passée la première demi-heure qui nous fait craindre le pire, nous nous rendons compte que Kassovitz veut en fait jouer sur les codes du genre (morts-vivant, possessions) pour montrer de quelles réalités sociales, elles aussi triviales, ces apparitions effrayantes et sanguinolentes sont les métaphores. Après avoir été en contact avec une malade, déclarée aliénée mentale après traumatismes indéfinissables, une psychiatre semble possédée par les âmes d'une chaîne de jeunes femmes traumatisées, à moins que ce soit son subconscient qui se mette à la faire agir radicalement contre le mal bien plus vite identifié que par son raisonnement logique et scientifique. Ce qui n'est pas sans lui poser quelques problèmes de statut... Mais, puisque c'est un film à l'américaine, on peut tout de même attendre la fin heureuse de l'enquête et l'éradication du mal.

Côté Netvibes, pas beaucoup de changement. Par ailleurs, le plugin de statistiques installé sous Dotclear pour le JLR ne fonctionne plus depuis trois jours. Ai eu beau le désactiver, réinstaller et activer de nouveau, rien, calme plat. Je me demande si je ne devrais pas transférer sous WordPress dont les plugins sont accessibles en écriture (au moins pour un semi profane comme moi). Mais pas le temps de me consacrer à ça.
Le botox et le GPS n'ont pas été des mythophonies transcendantales... Le site affiche mythographies mais Camille de Toledo répète à chaque fois le mot mythophonie. La terminologie métatextuelle serait-elle plus problématique que le fond des objets étudiés ?... Après ça, Guevara, on verra. Cependant, je note, pour complimenter et encourager Camille, que réfléchir et faire réfléchir, quitte à dire quelques incongruités de temps en temps, est tout de même un bien grand mérite, bien plus grand, par les temps qui courent, que d'apporter des vérités indiscutables, ce qui serait plutôt le rayon de Michel Onfray avec ses maintenant rituelles conférences d'histoire de la philosophie...
Pour le domaine qui m'est le plus cher, Pour la littérature, consacré aux œuvres dites cultes, a déjà un bon catalogue (j'ai enregistré et à moitié écouté les deux premières). Ce sera assurément une belle série.

*   *
*

« Rétrolecture 1957 » : Mythologies, de Roland Barthes
« Quand il publie Mythologies, Roland Barthes (1915-1980) est un homme de 42 ans, inconnu ou presque, vivant avec sa mère. Dix années de tuberculose l'ont tenu à l'écart de la voie royale (Normale-Sup, agrégation, université) à laquelle il pouvait prétendre. Il a traversé la guerre en sanatorium, passé cahin-caha une licence de littérature, échafaudé un projet de thèse sur Michelet, rodé son intelligence et ses curiosités éclectiques à Bucarest puis à Alexandrie dans les services culturels des ambassades de France. A son retour à Paris, Maurice Nadeau, un ami, lui donne carte blanche pour écrire dans Combat : ce sera un premier article, "Le degré zéro de l'écriture", matrice du petit livre du même nom, fondateur avant de devenir culte, publié en 1953.
Nadeau, encore lui, propose alors à Barthes de tenir une sorte de chronique de l'époque dans Les Lettres nouvelles, qu'il vient de créer. Ces "Petites mythologies du mois", prolongées d'un texte de mise en forme théorique ("Le mythe, aujourd'hui") et publiées au Seuil en 1957, vont installer sa notoriété et en faire une des figures les plus fécondes de la vie intellectuelle des années 1960-1970. Il est vrai que le regard, le style de Barthes ne passent pas inaperçus dans cette IVe République finissante, à la fois positive et frileuse, où poujadisme et communisme constituent les deux postulations majeures de la vie politique. "Je souffrais de voir à tout moment confondre dans le récit de notre actualité Nature et Histoire, et je voulais ressaisir dans l'exposition décorative de ce-qui-va-de-soi l'abus idéologique qui, à mon sens, s'y trouve caché", écrit-il en avant-propos, avant de conclure, comme un manifeste : "Je réclame de vivre pleinement la contradiction de mon temps, qui peut faire d'un sarcasme la condition de la vérité."
Le sarcasme est d'autant plus corrosif qu'il se veut coup de scalpel, capable de désosser les fausses évidences, de décortiquer signifiant et signifié, connotations et métalangage — ces outils de la sémiologie empruntés à Saussure et Hjelmslev — qui font du mythe un langage derrière lequel il entend débusquer mensonges et mystifications. En outre, le sarcasme est une arme de critique sociale contre la pensée "petite-bourgeoise" d'autant plus efficace qu'il s'applique non pas aux grands enjeux du moment, lutte des classes et sens de l'histoire, mais à la déconstruction de la société de consommation naissante et de ses signes extérieurs de modernité : de la photo à la publicité, de l'automobile au sport, du cinéma aux célébrités qu'on n'appelle pas encore les "people".
Sur la cinquantaine de fragments de cette réalité rassemblés dans Mythologies, qui n'a en mémoire cette insolente "iconographie de l'abbé Pierre", dont la tête présente "tous les signes de l'apostolat : le regard bon, la coupe franciscaine, la barbe missionnaire, tout cela complété par la canadienne du prêtre-ouvrier et la canne du pèlerin", mais dont Barthes se demande si elle n'est pas "l'alibi dont une bonne partie de la nation s'autorise, une fois de plus, pour substituer impunément les signes de la charité à la réalité de la justice" ? Qui ne se souvient du texte brillantissime sur la nouvelle Citroën, la DS 19, cette "déesse dont il se peut qu'elle marque un changement dans la mythologie automobile", amorce d'une "nouvelle phénoménologie de l'ajustement", glissant silencieusement du "bestiaire de la puissance" à une conception "plus ménagère" de l'automobile, "mieux accordée à cette sublimation de l'ustensilité que l'on retrouve dans nos arts ménagers contemporains" ?
Il faudrait encore citer, c'est de saison, l'épopée du Tour de France déjà gangrené par le "dopage, aussi sacrilège que de vouloir imiter Dieu", la lecture caustique des magazines populaires (Elle ou Paris Match notamment), de leur courrier du coeur ou de leur horoscope, "pur miroir" destiné à exorciser le réel "sans aller jusqu'à le démystifier". Ou encore les décryptages des publicités de l'époque — de la "blancheur Persil"à l'effet Omo en passant par les vertus retorses de la margarine Astra — qui lui vaudront d'être sollicité par la direction de Publicis pour des séminaires de décodage de ses campagnes.
Sans doute les Mythologies firent-elles rapidement l'objet des attaques des théoriciens patentés de la linguistique structurale. Par exemple Georges Mounin, en 1970 : "On prend Barthes pour un théoricien alors qu'il n'est qu'un essayiste ; il ne fait pas de la sémiologie, mais de la psychanalyse sociale." De même la relecture fait-elle parfois sourire : derrière l'analyste acéré s'impose bien souvent un idéologue un peu pataud, toujours prompt à dénoncer l'"Ordre bourgeois" ou le "fascisme" qui toujours menace. Air du temps...
Il n'empêche, de gauche sans être encarté, engagé sans être militant — à cet égard fort précurseur —, Barthes dynamite d'autant mieux les conformismes et les aliénations qu'il le fait "d'une écriture à la fois géométrique et pleine d'humour", comme le soulignait Jean Lacroix dans ces colonnes (Le Monde daté 5-6 mai 1957). Cette effervescence contrôlée de l'écriture, ce goût de la formule, cette gourmandise du mot et de l'image, bref "le plaisir du texte", auront plus fait pour la pérennité des Mythologies que l'appareil théorique de la sémiologie.
Car Barthes, contrairement à Sartre ou à Lacan, n'est pas un maître à penser, un constructeur de systèmes. Il est davantage une conscience critique, un explorateur du réel, un expérimentateur des instruments nouveaux que la linguistique, le structuralisme ou la psychanalyse fournissent alors à l'intelligence de la société contemporaine. Doublé d'un vulgarisateur charismatique, comme en témoignera l'engouement que suscitèrent son séminaire de l'Ecole pratique des hautes études (où Braudel l'appelle en 1960), puis son cours au Collège de France, où il est élu en 1976 à la chaire de sémiologie littéraire créée pour lui. Ce nomadisme plus intuitif que raisonneur aura bien mieux résisté à l'usure du temps que les dogmatismes péremptoires.»
Par Gérard Courtois, dans Le Monde du 24/07/2008.

mercredi 23 juillet 2008

Le zen à la mode reptile

Netvibes m'énerve. Ça marche quand ça veut, ce bazar. Les Flux Litor, ils sont bien là, certes. Mais le module de recommandations, lui, il est marqué « Flux vide » depuis hier. Et sans doute mêmement chez tous ceux qui l'ont copié dans leur page. Alors que la page web des activities, elle, est bien accessible, et correctement mise à jour des derniers items.
Netvibes ne rime pas tous les jours avec good vibes...

Aux Belles Captives littéraires, enregistrement de conférences sur Le Clézio. Un auteur auquel je n'ai jamais réussi à m'intéresser, malgré plusieurs essais et l'achat d'une bonne partie de ses livres — j'étais supposé l'apprécier ; que s'est-il passé ?

Déjeuner au Saint-Martin. Comme pour fêter mon retour, il y a un excellent pâté en croûte ! Malgré la chaleur, T. m'emmène ensuite à cinq minutes de là, entre l'avenue Sotobori et le centre commercial Ramla, où, en contrebas, dans l'espace carré d'un déversoir entre deux canaux, une colonie de tortues s'est développée. La furie de la mégapole, des milliers et des milliers de passants chaque jour, sur le trottoir, et juste là, en bas, à cinq mètres, protégée par un petit rideau de végétation, la tranquillité totale des chéloniens qui se mouillent, se bronzent, se mouillent, se bronzent, sans fin, en se déplaçant peinards d'où coulent des filets d'eau verdâtre, un poil vaseuse, juste comme ils l'aiment, à des pierres sèches et ensoleillées où ils durcissent leur carapace. Doivent se nourrir et copuler aussi, de temps en temps. Et comme nous nous sommes arrêtés pour admirer le zen à la mode reptile, quelques personnes ralentissent, jettent un œil ou s'arrêtent et se penchent deux secondes — sans doute pas assez pour que leurs yeux discernent les carapaces ocelées — repartent en nous adressant un regard qui nous toise, reproche muet pour ces deux secondes perdues dans leur emploi du temps tellement important. Bien sûr, il doit exister une société secrète de celles et ceux qui connaissent l'existence de ces tortues, dont nous faisons partie maintenant sans connaître les autres membres ni le programme... Une communauté de pensée nous unira désormais, de temps en temps, vers ces êtres vivants qui ne connaissent ni la globalisation, ni Sarkozy, ni la spéculation sur le pétrole, ni...

mardi 22 juillet 2008

Dans ce sac opaque

De la chaîne hi-fi achetée en 1993 ou 1994, j'aurai intégralement suivi la dégénérescence jusqu'à ce matin. Depuis plusieurs années, le lecteur de cinq CD ne fonctionne plus. J'ai retiré le module. Puis ce fut le tour du double lecteur de cassettes qui s'était mis à systématiquement extraire les bandes. Mais on n'utilise plus de cassettes, tant mieux. Restait l'essentiel, en quelque sorte, l'ampli et les sorties auxiliaires. Pour ce qui est des radios on n'en parle même pas, le Japon n'ayant jamais eu beaucoup de stations sur sa bande FM. J'avais donc branché un lecteur de CD portable, acheté lui aussi dans les années 90. Il y a quelques semaines, des sautes de volume sonore laissaient présager le pire pour l'ampli. Mais c'est finalement le lecteur externe de CD qui aura rendu l'âme le premier. Bien sûr, il ne dit pas pourquoi, mais sans doute à cause de la chaleur. Tout ça va donc dégager dans la grande poubelle de cet été, chaîne hi-fi, hauts-parleurs (j'en ai trois paires, de très moyenne qualité), meuble haut de 1,20m avec porte vitrée et fond percé pour les fils. C'est d'une autre époque.  N'ayant pas le temps de me déplacer, j'ai commandé en ligne le Marantz visé depuis plus d'un an (CR101, apparemment pas en Europe, me permettra d'écouter le disque de Scarlett Johansson, reçu au dernier colis). C'est du gain d'espace. La concentration sur les besoins principaux, miniaturisés.
Cependant, on ne peut pas aller trop loin dans la philosophie à la Barthes — comme on dit à la papa... — sur les objets du quotidien. Quand Camille de Toledo affirme que, dans l'aspirateur sans sac, Dyson, par exemple, la poussière est détruite parce qu'on s'est débarrassé de la fonction auxiliaire et encombrante « sac », c'est n'importe quoi. Il n'y a pas de sac, c'est tout. Mais il faut tout de même vider soi-même le ou les compartiment(s) collecteur(s) et brosser. Moi qui fais ça dans deux appartements, avec deux aspirateurs sans sac différents, je peux dire qu'au contraire, c'est à une sur-visibilité de la poussière qu'on assiste. Quand il y avait un sac, finalement, on peut dire que la poussière y disparaissait, elle était dans ce sac opaque mais on ne savait pas de quoi elle était faite ni la quantité de chaque fois, et on jetait le tout quand c'était plein, évitant le contact visuel et manuel avec la matière. Sans sac, on voit très bien les différentes catégories qui constituent ce qu'il est convenu d'appeler la poussière (fibres de tissu, cheveux et poils, débris minuscules, miettes, etc.) et on apprécie la quantité chaque fois différente — la différence hiver été, notamment.
Je crois qu'il aurait fallu s'en servir et bien y réfléchir avant d'en faire une Mythographie — une des séries d'été de France Culture, dont on peut tout de même attendre de bonnes choses ; tout à l'heure, le botox...

Je découvre Boris Pahor et la question grammaticale et littéraire du duel en slovène. Tel qu'expliqué par Dominique Dussidour, ne dirait-on pas du Volodine ? Pardon d'en voir partout, mais alors qu'il était de bonne aloi de voir chez Volodine quelque chose comme de la science-fiction, de l'utopie voire du fantastique, je n'y trouve pour ma part chaque jour que plus clairement la réalité crue de notre pauvre monde malade.

Deux derniers cours (les deux derniers) dans la chaleur estivale — et puis m'en vais. Rejoindre T. En train. Avec mon Dominique Sylvain, début du troisième tiers.

Sur TV5 Monde, le Septième Juré (Lautner, 1962), film vu il y a très longtemps et dont, à le revoir, je découvre la magnifique réussite de l'aspect sartrien, du Sartre introspectif et chirurgical de la Nausée, de cet existentialisme asocial et nihiliste qui rend si bien avec le noir et blanc et la voix off de Bernard Blier. Non sans humour.

lundi 21 juillet 2008

Bonneteau géant

Une pression en moins, celle d'hier, mais encore tant à faire... Matinée débarras : seule solution pour gagner de la place, il faut jeter. Des piles de documents, à regarder un par un, pour en jeter quatre sur cinq. Et tout ce que ça remue à l'intérieur : cette carte d'une passementerie de Florence en 1996, ces notes sur un guide de Hakone en 1998. ne pas tout jeter, quand même. Des piles de disquettes aussi, vérifier chacune, transférer si besoin, effacer, reformater et jeter dans une vraie poubelle. Et du linge, des vieux vêtements, pendant qu'on y est.

Au bureau, c'est la même chose : libérer quelques étagères en réorganisant et jetant (et vu ce qu'on reçoit comme paperasse administrative, il y a de quoi faire). Réception d'un colis Amazon Japon. J'ai mon quota de films pour l'année ! Sauf pour le semestre d'automne, consacré à la Révolution françaiseLa Marseillaise, L'Anglaise et le Duc, m'en faudrait encore un ou deux...

J'ai tout préparé pour aller au sport à 18h30. Quand j'y arrive, tout content, mon petit sac de matos à la main, je tends ma carte à la jeune fille de l'accueil... Et elle me dit que... ça ferme à 19 heures parce que c'est férié ! Et voilà, perdu ! Comme il y avait des cours à la fac, je ne m'en suis pas aperçu. Du coup, je vais faire une heure de vélo dans les collines alentour jusqu'à la tombée de la nuit. Fait suer.

Des infos françaises, l'impression d'assister à un tour de bonneteau géant. Tous le monde sur la plage, ou sur les routes, regardant le congrès à Versailles comme s'il s'agissait d'un joyeux cirque, d'une sémillante parade. Allez, musique, coups de cymbales de l'Élysée, cartes cachées posées à toute allure depuis des semaines, tout le monde est bluffé (me rappelle le sketch sur les gnous de Marc Jolivet). On retourne la carte gagnante, une seule, et c'est... Lang ! Qui fait gagner le gouvernement ! Eh oui, vous avez, nous avons encore perdu.

dimanche 20 juillet 2008

La trompette de Françoise déchire

Évidemment, ça m'a repris dès le réveil : ajouter des liens, rééquilibrer les parties, vérifier les termes en japonais, dans un style assez léger, sympa. À dix heures, c'est prêt. Au bureau, après avoir traversé le quartier chauffé à blanc (on annonce 37°C aujourd'hui), je peux charger le tout sur la page web de notre département, faire un lien dans icelle pour y mener, revérifier tous les liens en contexte. À midi, je vais faire un tour dans le gymnase où sont installés les stands de réception de tous nos départements universitaires et où les familles viennent discuter avec profs et étudiants volontaires pour savoir où inscrire leurs enfants, si réussite au concours d'entrée, évidemment.

Bonheur ! la salle informatique qu'on m'a allouée fonctionne parfaitement. Une vingtaine de participants s'y installent avant 14 heures. Cinq minutes d'explications techniques, traduites par un collègue, pour arriver à la page et comprendre ses grandes sections, et puis roulez ! (Cliquez ! serait mieux adapté). Pendant une heure, mes acolytes et moi passons d'un poste à l'autre pour commenter les choix et avoir un contact individuel. De temps en temps, la trompette de Françoise déchire l'air serein de Rochefort (lien Deneuve à 24 ans) — deux cœurs quatre prunelles à embarquer allegretto. Pour Catherine à la trompette, c'est par ici, en contrebande, et que du bonheur.

Récompense, oui, quand sonne la fin de l'heure, et que fusent les réactions surprises, ponctuées de 早い !! (hayaï !!) — déjà !! Les avoir fixés. Savoir que certains vont s'y reconnecter ce soir avec les parents. C'est qu'avec cette génération née dans les consoles de jeux, le clic est intuitif, rapide, sans réflexion — et l'ennui peut surgir dès la dixième minutes... Mais pas de triomphalisme, j'ai fait mon boulot. Je retourne au gymnase une autre heure discuter avec collègues et étudiants. Puis dîner avec Andreas qui n'a rien prévu pour ce soir. Soirée rétro* musicale selon les liens contextuels tout en parcourant les Flux Litor pour revenir à l'essentiel — et autre forme de récompense.

* La concentration des musiciens autour de Christophe est vraiment remarquable.

samedi 19 juillet 2008

Mines d'or pour nos méninges

Farcie ! Quand je me suis couché, vers 1 heure du matin, j'avais la tête farcie de liens et de documents français, francophones, japonais, de la cuisine, du cinéma, des cartes géographiques, etc. Depuis deux jours, j'ai parcouru des centaines de sites, vidé plusieurs théières en chipotant des paquets de gâteaux au fromage ou au chocolat — et on sait que c'est pas bon, mais on le fait quand même, dans ces moments-là.
Et tout ça (sauf pause dans l'après-midi pour (re)voir, avec plaisir quoiqu'un peu choisi au hasard dans l'état où j'erre, Embrassez qui vous voudrez) pour une trentaine de lycéens, maximum, qui viendront assister à ma séance de présentation de la France par l'internet demain. J'ai bien l'intention de réutiliser ça à d'autres occasions. Chaque lien a été visité, pesé ou visionné pour savoir qu'en dire et quelle image il peut produire dans notre contexte. Et il n'en fallait pas trop, non plus : pas trop de pédagogique, et pas trop de commercial non plus. Beaucoup d'images et de sons, mais cadrés pour éviter l'effet de noyade ou d'abrutissement.
Chemin faisant, j'ai moi aussi découvert pas mal de choses — parce que je ne ferai pas ça tous les jours, comme disait une célèbre femme de ménage...
Par exemple, connaissiez-vous le site Europa Film Treasures ? Et FranceChef.tv, avec des recettes en vidéo ? Et France-jp.net, avec des interviews sous-titrées en japonais et des cadres de vocabulaire ? Des mines d'or pour nos méninges — enfin, pour celles de nos étudiants de 3e et 4e année, par exemple.
Alors... 塵も積もれば山となる !... qui fait suite, judicieusement, à : L'homme n'est que poussière, c'est dire l'importance du plumeau, du cher Vialatte. Oui, c'est dire. Et c'est dire, qu'il faut.

vendredi 18 juillet 2008

Le pire, ce sont les auteurs...

« Personne ne peut se rendre innocemment à ces jeux, que l'on soit athlète, touriste ou chef d'Etat.» (Ariane Mnouchkine, dans Libération, ce 18 juillet 2008)
Ariane est partie prenante dans la création et la diffusion de trois films destinés à arracher définitivement les paupières de ceux qui se les tiennent fermement fermées, ou qui font semblant. La piste, la piscine, et un couple sont diffusés sur YouTube, le dernier ayant un effet dramatique particulièrement saisissant. Mais c'est le second qui est, je pense, le plus puissant car on y voit l'athlète, figure centrale et symbolique des Jeux et, comme accessoirement, être humain.
(J'ai même réussi à les intégrer dans les "Ondes" des Flux Litor et dans les recommandations.)

Quant à la question de savoir si le module Activities (recommandations) est récupérable en texte pour envoi par courrier aux Litoriens, voici la réponse reçue, nette et claire :
« Cher Netviber,
Toute l'équipe de Netvibes vous remercie pour la confiance que vous lui accordez chaque jour.
Je ne connais malheureusement pas de moyen de récupérer le contenu du widget Activities afin de pouvoir l'intégrer dans un mail.
Pour tout autre problème, message ou suggestion, n'hésitez pas à nous contacter, nous vous répondrons dans les meilleurs délais.
Cordialement,
Audrey.»

Depuis quelques semaines, nombreuses interruptions des flux web de France Info et France Culture, parfois impossibilité d'ouvrir l'une ou l'autre avec Firefox. C'est devenu presque plus difficile d'écouter la radio que de regarder la télé par le web. Un comble ! Mais on peut essayer de comprendre : le nombre de personnes écoutant ces radios par le web ayant sans doute explosé en quelques années, les radios (notamment de service public) n'ont pas les moyens de se payer une bande passante assez large. Du coup, j'ai essayé diverses parades, comme n'ouvrir France Info qu'avec Real Player dont le résultat était meilleur, ou... ne plus écouter France Culture en direct.
Ce matin, après quelques recherches de plugins ou de logiciels diffusant des listes de radios, j'ai essayé un module Yahoo, totalement inefficace malgré un très beau design, puis une Radio France Toolbar qui elle marche bien dans Internet Explorer. Sauf que France Info et Culture ne sont pas dans la liste. En ouvrant la recherche, six adresses de France Info apparaissent. Je les ai toutes essayées, seule celle-ci fonctionne, et très bien. Et pour France Culture, cette adresse marche très bien en favori de Real Player (mais pas dans la barre citée ci-dessus).

Sport le matin, sous la pluie d'été. L'enquête policière me fait pédaler et transpirer à grosses gouttes. Puis déjeuner avec David. Mais après, je ne me prépare pas à rentrer à Tokyo. Il faut faire passer des oraux blancs à quatre étudiantes, à 17 heures, puis préparer mon document de travail pour dimanche...

« Mutilation peut signifier disqualification. Dans la tradition celte, un roi s'est vu privé de son trône parce qu'il avait perdu un bras dans une bataille.
— Le tueur aurait souhaité faire descendre Vanessa de son piedestal...
— Ce n'est qu'une interprétation et, en tant que telle, sans aucune valeur scientifique. Et puis il y en a tant d'autres.
— Je vous écoute avec grand intérêt.
— Au lieu de penser mutilation, on peut penser pied.
— Pas mal, continuez...
— Freud et Jung sont d'accord pour trouver au pied une signification phallique. Il est l'objet d'une fixation érotique pour certains fétichistes.
— Et couper les pieds d'une femme équivaudrait à supprimer l'attraction sexuelle qu'elle exerce ?
— Pourquoi pas ? Mais on peut retourner la thèse comme un gant, quitter le domaine sexuel pour s'envoler vers le spirituel.
— Eh bien, envolons-nous, Antoine.
— Les anges, Lola.
— Les anges, Antoine ?
— Mercure, messager des dieux, est l'ancêtre de l'ange. Ses ailes aux pieds symbolisent sa facilité à s'élever vers le divin. Et puis, il y a l'empreinte. Dans de nombreuses cultures, elle est la trace du divin dans le monde humain. Bouddha mesure l'univers en faisant sept pas dans chacune des directions de l'espace, on évoque les traces du Christ sur le mont des Oliviers et celle de Mahomet à La Mecque.» (Dominique Sylvain, Passage du Désir, p. 124)

Ah, oui, c'est exactement ça, étagères, ordres et contrordres du désordre !... Chaque fois que j'essaie de ranger ma bibliothèque, les mêmes problèmes reviennent. Le pire, ce sont les auteurs qui ont publié chez plusieurs éditeurs : il faut choisir entre les alignements par collection ou la cohérence auctoriale. Or c'est un choix à jamais indécidable, idiot.

jeudi 17 juillet 2008

Carpes & lapins des deux

Quatre ! Oui, vous lisez bien ! Il l'a fait ! Éric Chevillard a pondu quatre paragraphes, ce matin !
Était-ce un problème existentiel qui le taraudait depuis des mois ? Ou un coup de folie caniculaire ? À moins que l'action de la lune sur un un trop copieux quatre-quart ?... Nous ne le saurons peut-être jamais.
Ça en dit long aussi sur notre habitude à la contrainte...

Et comme un miracle n'arrive jamais seul, le film du soir, à la télévison japonaise, est un film thaïlandais. Certes, de boxe et d'acrobaties, mais tout de même thaïlandaises et saupoudrées de religion (sorti en France sous le titre Ong-Bak, en 2002). C'est l'histoire d'un gars de la campagne et des montagnes réunies, forcément pur, naïf et courageux (et non pas globuleux), qui arrive à Bangkok où dépravation et prostitution sont les mamelles de la pègre locale qu'il devra forcément affronter pour retrouver des statues sacrées. Si l'on a vu Bruce Lee il y a plus de trente ans, on sait déjà tout ça. Alors place aux coups de coude sur la tête ! On entend même craquer les occiputs !

Entre-temps, j'ai eu mes trois cours orientés révisions. Dont le séminaire de cinéma, consacré aux régles d'écriture des rapports et mémoires en français (ponctuation, citations, références, mise en page, etc.) — je ne le fais que quand les étudiants sont déjà engagés dans la rédaction afin qu'ils appliquent de suite ; autrefois je distribuais une feuille en début d'année mais ça ne servait à rien...

Vu aussi le film Il ne faut jurer de rien (Éric Civanyan, 2005), reçu au dernier colis. Amusante fresque balzacienne, teintée de Musset sentimental et de Zola social. Pourrait illustrer gentiment, pour des étudiants intéressés par la formation de la société et des mentalités françaises, la montée de la bourgeoisie commerçante et industrielle dans les années 1830, la décadence d'une bonne partie de la noblesse, et des mariages carpes & lapins des deux castes entre elles.

Et au détour d'un billet de François Bon, puisqu'on est, nous, dans un autre changement de paradigme, cette proposition étonnante de justesse : « [...] l'idée que l'arborescence d'un site d'auteur constitue son travail principal, dont les livres publiés sont un parmi d'autre des éléments...»

mercredi 16 juillet 2008

Rançon des flux tendus

Réception de colis. J'en ai eu marre de courir les magasins de dévédés pour trouver des films français édités au Japon, avec les sous-titres qui vont bien pour mes étudiants. Films difficiles à trouver dans l'ordre phonétique des titres en japonais, tous pays étrangers mélangés, souvent très différents des titres en français, obligation donc de tirer toutes les boîtes l'une après l'autre, ou presque, pour voir la couverture. Films souvent absents des rayons moins de trois mois après leur sortie, comme pour les livres, rançon des flux tendus. Conclusion, j'ai récemment ouvert un compte Amazon Japon, pas plus tard que vendredi dernier, avec l'aide de David, puis passé trois commandes coup sur coup (vendredi, dimanche et lundi), la dernière contenant deux Simenon de Delannoy avec Gabin et un dictionnaire électronique (Seiko SR V5020, une bête de course) — après qu'une tasse de T. a malencontreusement noyé celui que j'ai depuis plus de trois ans... Bonne occasion pour un plus moderne, d'ailleurs beaucoup moins cher (moins de la moitié du prix initial).

Dernier cours de lecture des 2e année, même tableau INSEE que la semaine dernière. Pour faire cette fois la comparaison des consommations de vins courants et A.O.C. des Français entre 1970 et 2006. Vins courants : de 95,6 litres par personne et par an, on passe à 24,8 ; A.O.C. : de 8 litres par personne et par an, ça passe à 23,6. Mais il faut aussi expliquer ce qu'est l'A.O.C. (ici en japonais), notion territoriale et juridique qui n'existe pas au Japon, où les labellisations sont plus souvent publicitaires qu'autre chose.

Faut que je propose une A.O.C. Blog ou site littéRéticulaire...
L'aurait, d'office :

« en cherchant à
voir derrière les
apparences on
prends encore le
risque de croiser
un regard
24/125/06 11:07 » (Philippe Rahmy, SMS de la cloison, 2008, p. 7, sur Publie.net)

Pas de dîner dehors, copies à corriger et mise à jour de WordPress, version 2.6, pour le site des Mazarinades... La trouille que j'ai eue, au moment de cliquer sur le bouton upload !... Et puis ça a marché. Sauf qu'après tout les téléchargements par FTP, entré dans la nouvelle interface d'administration, je ne retrouvais plus les menus de gestion des apparences et des extensions. Après m'en être ouvert sur le forum ad hoc, une réponse m'a mis la puce à l'oreille : et si je n'étais pas connecté en tant quadministrateur... Eh ben, ouais, j'étais connecté en tant que T., qui n'a pas tous les droits. Comme quoi, même après plus de dix ans de gestion de site, on est encore capable d'erreurs de bleu !

mardi 15 juillet 2008

Ignorent encore tout de l'exercice

Après le train avec mon Passage du Désir, j'avais dépassé de quelques dizaines de pages la podotomie, si l'on me permet,  quand je vois t'y pas, arrivé au bureau, un billet de Télérama qui dit : C'est l'été, on coupe les pieds (titre présent dans le fil RSS, d'ailleurs, mais invisible dans la page). Or c'est en référence au nouveau Fred Vargas, Un Lieu incertain. Je me demande dans quelle mesure la créatrice d'Adamsberg ne serait pas allée faire un stage chez Lola Jost...

« Il décrivit le visage livide et intact de la victime, la strangulation forte et rapide, le coup de l'aspirateur, l'absence de connotation sexuelle. Et les pieds coupés sans doute au hachoir ; Barthélemy insista sur ces pieds coupés et volatilisés.»

« Il y a du nouveau, patronne.
— Vas-y, envoie l'info.
— Vanessa Ringer gardait ses jouets et ses bouquins de gamine sur une étagère. J'ai fait remarquer à Grousset qu'une des poupées était trop récente pour dater de l'enfance de la victime. C'st une Bratz. Une marque qui fait un tabac.
— Tu t'intéresses aux poupées, Barthélemy ?
— Ma fille en a commandé une pour Noël. Et je l'ai déjà achetée pour éviter la cohue des magasins. Eh bien, patronne, sachez que les poupées ne sont plus ce qu'elles étaient. Elles sont branchées et sexy. Elles ressemblent désormais aux chanteuses de Star Academy ou aux filles du Loft. Maquillage, bijoux, nombrils à l'air, tenue olé-olé qui scintillent et pieds amovibles.
— Tu as bien dit « amovibles » ?
— J'ai bien dit « amovibles ». On ne change plus la chaussure, m'a expliqué la vendeuse. On change le pied équipé de la chaussure. Et les gamines ne trouvent même pas que ça fait prothèse. Drôle d'époque que la nôtre, patronne.» (Dominique Sylvain, Passage du Désir, p. 39 puis 64)

Au cours de conversation, on utilise les ordinateurs pour finaliser les informations sur des restaurants de la ville, puis on passe à une véritable procédure d'élections :  validation des candidatures, scrutin à bulletins secrets, dépouillement public de l'urne, etc. Et ça les intéresse beaucoup — à croire qu'ils ignorent encore tout de l'exercice de la démocratie. Et on a bien fini par élire le restaurant où on ira ensemble le 30.

Enfin, après deux jours sans réponse, la page Netvibes a daigné afficher les sélections dans le module ! J'envoie une petite lettre aux Litoriens pour les avertir que les Flux Litor sont maintenant en phase normale.

De retour à l'appartement, l'impression d'entrer dans un four, thermostat 200°C. Et encore 32°C à minuit dans la chambre, je laisse la climatisation dans la pièce à côté pour que ça rafraîchisse la chambre sans me filer la crève, parce qu'il y en a des rhumes d'été, ça oui.

lundi 14 juillet 2008

Un peu plus qu'une coïncidence...

réduction de l'écrite voilure
petit cabotage de l'été
entre blogs et japonais

Au demeurant peu de choses à dire d'une journée de ménage, correction de copies et autres menus travaux, sinon l'ouverture publique du site sur les Mazarinades, notre geste du 14 Juillet à nous, pour l'instant étique mais qui ne demande qu'à grandir. Il faut que je change l'image du bandeau. Mais y'a pas urgence.
Pas mal d'enregistrements de radio, aussi. La sixième et dernière partie des Enjeux contemporains II des Sentiers de la création, les derniers épisodes de Transit d'Anna Seghers, les reconnaissances à Jules Renard du Surpris par la nuit de vendredi. Et même une petite pause polar...

« Cet entretien avait commencé sur des bases rationnelles. Vous avez employé le plus-que-parfait en parlant de ma carrière. C'était pile-poil dans le mille. Mais nous dérapons. C'est dommage. D'autant que tout ça devient une manie, vous êtes la deuxième à me chanter l'air de la nostalgie. Qu'on se le dise : Lola Jost fait à présent des puzzles chez elle. Du moins quand on lui en laisse le loisir.
— Mais les puzzles, ça doit être terriblement...
— Terriblement  quoi ? Emmerdant ?
— Euh, oui. Mais excusez-moi encore si je vise au centre. Maxime m'a dit qu'on pouvait vous parler, que vous étiez une femme bien.
— Une femme bien. Voilà une expression fabriquée en série. Je préférerais Maxime m'a dit que vous étiez bien une femme. Alors là, d'accord. Je suis bien une femme. Ou du moins ce qu'il en reste après avoir donné de ma personne. J'ai donné et donné et donné et maintenant j'ai le droit de rester chez moi à puzzler ou à tailler les carottes en forme de roses, si ça me chante. Ou à faire des mots fléchés, tiens. Ça m'arrive quand j'en ai marre des puzzles. J'ai le droit.
— Non.
— comment ça, non ?
— Si vous ne faites rien, on arrêtera un innocent et le salaud qui a tué Vanessa restera en liberté. C'est inacceptable.» (Dominique Sylvain, Passage du Désir, p. 56-57)

Dites voir, y'aurait pas comme un peu plus qu'une coïncidence, là, entre Pautrel et Pagano ? Moi, je dis ça, je dis rien.
en tout cas, ça nous change des cérémonies officielles sur fond de parachutistes et de blindés. Jamais mon pays ne m'a semblé aussi loin de moi.

dimanche 13 juillet 2008

Trois fois au-dessus des flamèches

Journée chargée. Au service des ancêtres. Mais pas seulement.
Ça commence par le cimetière, à Aoyama, où l'on va nettoyer la concession (quelques mauvaises herbes, un bon coup de balai, des fleurs nouvelles) avant Obon — sachant qu'Obon a lieu, à Tokyo, un mois plus tôt qu'ailleurs dans le Japon, pour une raison que j'ignore.
Pas mal d'animation au cimetière, en cette saison. Les gens viennent tôt, pleins d'entrain pour un grand nettoyage, avant que la chaleur ne devienne pénible. On finit en une demi-heure. Après un petit en-cas dans un Starbuck, où je trouve le café pas trop mauvais, pour une fois, nous filons au centre de sport de Shibuya. J'y pédale et y transpire comme en plein soleil avec Dominique Sylvain, que je me suis enfin décidé à lire (ayant acheté deux livres d'elle il y a plus de six mois...). Comme vendredi, j'empoigne quelques machines de musculation en faisant très attention à l'épaule droite, le triceps devenu douloureux depuis deux semaines. Je peux tirer et pousser devant et vers le haut mais pas sur le côté. Et puis c'est le bain, au moins vingt minutes dans le mist-sauna. Pour le sauna sec, pas la peine, on a déjà l'extérieur.

« Les Françaises. Elles parlaient égalité des sexes quand ça les arrangeait mais avaient vite déballer la séduction en cas d'urgence. Même leurs voix changeaient dans ces moments-là. Elles parlaient doux et elles allaient même jusqu'à se taire, assez souvent, laissant le mâle croire qu'il menait la barque en même temps que la conversation. On avait alors l'impression que l'Histoire s'enroulait en sens inverse à la manière d'une vieille moquette, la sensation que les féministes n'avaient jamais brûlé leurs soutiens-gorge en symbole de libération. Qu'on avait toutes eu une illusion d'optique et que les ardentes batailleuses du women power n'avaient été qu'un club de charmantes ladies aspirant à s'échanger la recette du cake au citron entre deux tasses de thé. Qu'aucune d'elles n'avait jamais dit : les hommes sont de Mars, les femmes de Vénus. Jamais.» (Dominique Sylvain, Passage du désir, J'ai lu / policier [rééd. de Viviane Hamy, 2004], p. 22)

Je ne le fais pas exprès. Un film de Vadim avec Brigitte Bardot sur TV5 Monde, pris en cours de route. La Bride sur le coup (1961), avec son intrigue désespérément normative et sa jeune fille maladivement honnête et droite, se prétendant descendante de... Colomba ! Et donc maniant le fusil ! Rien moins que ça. Montage et musique tout de même très originaux. Saviez-vous que BB y fait du bobsleigh ? Enfin, un plan de trois secondes... Mais aussi une excellente version de la Bamba, chanson qui habituellement m'exaspère (ici spécialement pour ce film, par les Aymara & Arvanitas Quintet — dont j'ignorais le nom jusqu'à cet instant).

Nous nous dépêchons de finir de dîner : il faut effectuer le rite d'accueil des ancêtres chez nous avant 21 heures, sinon il risque d'y avoir aussi des mauvais esprits parmi ceux qui entreront. T. a préparé les simulacres d'animaux avec un concombre et une aubergine, auxquels elle a fixé des pieds en morceaux de paille, les a disposés sur une tapis, également de paille, devant l'autel familial. Ceci fait, nous sortons sur le trottoir pour allumer un petit feu dans une coupe en terre cuite, il doit servir de repère aux esprits des ancêtres pour qu'ils ne se trompent pas de chemin. Nous-mêmes devons passer trois fois au-dessus des flamèches pour être protégés.

La Fête nationale délocalisée à l'Institut ? le bal des lampihonte ? Mais je ne sais même pas de quoi il s'agit. Mépris souverrain.

Parse error: syntax error, unexpected $end in /hermes/bosnaweb08a/b680/glo.berlol/dotclear/ecrire/tools/bbclone/var/last.php on line 6