De la chaîne hi-fi achetée en 1993 ou 1994,
j'aurai intégralement suivi la
dégénérescence jusqu'à ce
matin. Depuis plusieurs années, le lecteur de cinq CD ne
fonctionne plus. J'ai retiré le module. Puis ce fut le tour
du double lecteur de cassettes qui s'était mis à
systématiquement extraire les bandes. Mais on n'utilise plus
de cassettes, tant mieux. Restait l'essentiel, en quelque sorte,
l'ampli et les sorties auxiliaires. Pour ce qui est des radios on n'en
parle même pas, le Japon n'ayant jamais eu beaucoup de
stations sur sa bande FM. J'avais donc branché un lecteur de
CD portable, acheté lui aussi dans les années 90.
Il y a quelques semaines, des sautes de volume sonore laissaient
présager le pire pour l'ampli. Mais c'est finalement le
lecteur externe de CD qui aura rendu l'âme le premier. Bien
sûr, il ne dit pas pourquoi, mais sans doute à
cause de la chaleur. Tout ça va donc dégager dans
la grande poubelle de cet été, chaîne
hi-fi, hauts-parleurs (j'en ai trois paires, de très moyenne
qualité), meuble haut de 1,20m avec porte vitrée
et fond percé pour les fils. C'est d'une autre
époque. N'ayant pas le temps de me
déplacer, j'ai commandé en ligne le Marantz
visé depuis plus d'un an (
CR101, apparemment pas en Europe,
me permettra d'écouter le disque de Scarlett Johansson,
reçu au dernier colis). C'est du gain d'espace. La
concentration sur les besoins principaux, miniaturisés.
Cependant, on ne peut pas aller trop loin dans la philosophie
à la Barthes — comme on dit
à la papa...
— sur les objets du quotidien. Quand
Camille de Toledo affirme que, dans
l'aspirateur sans sac,
Dyson, par exemple, la
poussière est détruite
parce qu'on s'est
débarrassé de la fonction auxiliaire et
encombrante « sac », c'est
n'importe quoi. Il n'y a pas de sac, c'est tout. Mais il faut tout de
même vider soi-même le ou les compartiment(s)
collecteur(s) et brosser. Moi qui fais ça dans deux
appartements, avec deux aspirateurs sans sac différents, je
peux dire qu'au contraire, c'est à une
sur-visibilité de la poussière qu'on assiste.
Quand il y avait un sac, finalement, on peut dire que la
poussière y
disparaissait,
elle était dans ce sac opaque mais on ne savait pas de quoi
elle était faite ni la quantité de chaque fois,
et on jetait le tout quand c'était plein, évitant
le contact visuel et manuel avec la matière. Sans sac, on
voit très bien les différentes
catégories qui constituent ce qu'il est convenu
d'appeler la
poussière
(fibres de tissu, cheveux et poils, débris minuscules,
miettes, etc.) et on
apprécie
la quantité chaque fois différente — la
différence hiver été, notamment.
Je crois qu'il aurait fallu s'en servir et bien y
réfléchir avant d'en faire une
Mythographie
— une des séries
d'été de France Culture, dont on peut tout de
même attendre de bonnes choses ; tout à
l'heure, le botox...
Je découvre
Boris
Pahor et la question grammaticale et littéraire du
duel
en slovène. Tel qu'expliqué par Dominique
Dussidour, ne dirait-on pas du Volodine ? Pardon d'en voir
partout, mais alors qu'il était de bonne aloi de voir chez
Volodine quelque chose comme de la science-fiction, de l'utopie voire
du fantastique, je n'y trouve pour ma part chaque jour que plus
clairement la réalité crue de notre pauvre monde
malade.
Deux derniers cours (les deux derniers) dans la chaleur estivale
— et puis m'en vais. Rejoindre T. En train. Avec mon
Dominique Sylvain, début du troisième tiers.
Sur TV5 Monde,
le
Septième Juré
(Lautner, 1962), film vu il y a très longtemps et dont,
à le revoir, je découvre la magnifique
réussite de l'aspect sartrien, du Sartre introspectif et
chirurgical de
la
Nausée, de cet existentialisme asocial et
nihiliste qui rend si bien avec le noir et blanc et la voix off de
Bernard Blier. Non sans humour.