dimanche 6 novembre 2005
Toujours un quart endormi
Par Berlol, dimanche 6 novembre 2005 à 23:54 :: General
Des fois, je me foutrais des baffes, quand je joue mal comme ça. Incapable
de renvoyer deux balles correctes de suite, incapable de passer en match
ce que j'avais réussi dix fois à l'échauffement. Je
fulmine, je bous, je smashe n'importe comment pour me défouler, je
maudis mes adversaires, leurs services courts qui contrarient mon jeu, le
temps gris d'aujourd'hui, les commentaires fielleux
du JLR, les journées qui n'ont que 24 heures, mon corps qui ne fait
pas ce que ma tête lui commande.
Pourtant, lisant dans le métro, tout avait bien commencé :
« Changeant de niveau, le stylo ignora soudain les grands traits de séparation, traversa plusieurs cases pour mimer le trajet d'un arrondissement à l'autre : les cellules signifièrent à la fois un jour, un arrondissement, le bureau, et le stylo Serge lui-même. La feuille devint plan sommaire, calendrier, croquis, avant de redevenir feuille. Les retards de paiement dataient. L'idée globale de l'exposé était qu'il n'y avait pas d'amnistie en contentieux une fois enclenché le processus et que les sommes étaient petites mais nombreuses et que réunies, plus intérêts et frais divers, elles formaient une somme, dix pour cent pour lui.» (Alain Sevestre, Les Tristes, p. 119-120)
Après le fiasco pongistique (pas pour tout le monde), je n'étais pas de mauvaise humeur mais comme à moitié absent, du calme apparent des somnambules. Hisae, Katsunori, Manu et moi avons rejoint T. au restaurant chinois Panda sous un ciel menaçant. C'était bon, ça m'a calmé, endormi bientôt. Katsunori nous avait donné des cartes de réduction pour une exposition de design, T. était intéressée aussi, va pour le design... Avons remonté l'avenue de Shibuya à Aoyama, T. devait passer dans une boutique de sport. Arrivés à Omote-Sando, il pleuvait un peu. Avons pris le métro pour une station jusqu'à Gaien-mae et fini à pied jusqu'au parc où les préfabriqués de l'exposition 100% design Tokyo étaient installés (difficile de faire un site web plus laid).
Pas mal de monde, surtout des jeunes branchés et sans doute pas mal friqués, bien sapés, rasages géométriques pour des garçons et maquillages rehaussés pour des filles. L'exposition, des petits stands de quatre mètres-carrés, chaque exposant présentant quelques articles, surtout des objets pour la maison. Quelques espaces plus grands, style magasin d'intérieur. Des matériaux originaux, c'est vrai. De très belles et très larges pommes de douche à injection d'air, l'envie d'en prendre une (douche). Un support d'ordinateur portable, pratique mais cher (17.000 yens). Beaucoup d'articles tout de même déjà vus à Matsuya Ginza ou dans diverses boutiques. Ne suis guère emballé par l'ensemble.
Quand on sort, il pleut bien et c'est presque la nuit. À pied jusqu'à la station Aoyama-itchome, toujours un quart endormi. T. est très contente de sa veste d'hiver Aigle vraiment imperméable (achetée à Paris le 30 août en pleine chaleur et en prévision...). Café et gâteau chez Lecomte, c'est bon ; et un cake aux fruits pour ramener à la maison.
De retour, bien trempé, je me coule dans le bain... L'impression que la journée peut commencer.
« C'était un genre de sale type aux narines écartées, sans doute y fourrant les doigts trop souvent pour vérifier leur propreté, respirer pleinement. L'œil mauvais, mais surtout apeuré, fuyant, les cheveux courts, gominés, en surveste de vigogne bleu sombre, pantalon noir et chaussures impeccables. Ils l'avaient surpris un jour devant les poubelles occupé à ôter une étiquette en papier d'un pot de sauce tomate en verre pour répartir le papier dans la poubelle des journaux et le pot dans celle réservée aux verres. Civique, dingue. De ce même ongle avec lequel il devait se décrotter le nez pour être net.» (A. Sevestre, ibid., p. 143)
Il faudra bientôt des notes de lecture, au moins pour l'édition Pléiade. Je me propose. Ici gominés et vigogne, on ne sait plus ce que c'est. Et puis d'ici la Pléiade, le geste de séparer papier et verre sera devenu aussi banal à Paris qu'à Tokyo...
Pourtant, lisant dans le métro, tout avait bien commencé :
« Changeant de niveau, le stylo ignora soudain les grands traits de séparation, traversa plusieurs cases pour mimer le trajet d'un arrondissement à l'autre : les cellules signifièrent à la fois un jour, un arrondissement, le bureau, et le stylo Serge lui-même. La feuille devint plan sommaire, calendrier, croquis, avant de redevenir feuille. Les retards de paiement dataient. L'idée globale de l'exposé était qu'il n'y avait pas d'amnistie en contentieux une fois enclenché le processus et que les sommes étaient petites mais nombreuses et que réunies, plus intérêts et frais divers, elles formaient une somme, dix pour cent pour lui.» (Alain Sevestre, Les Tristes, p. 119-120)
Après le fiasco pongistique (pas pour tout le monde), je n'étais pas de mauvaise humeur mais comme à moitié absent, du calme apparent des somnambules. Hisae, Katsunori, Manu et moi avons rejoint T. au restaurant chinois Panda sous un ciel menaçant. C'était bon, ça m'a calmé, endormi bientôt. Katsunori nous avait donné des cartes de réduction pour une exposition de design, T. était intéressée aussi, va pour le design... Avons remonté l'avenue de Shibuya à Aoyama, T. devait passer dans une boutique de sport. Arrivés à Omote-Sando, il pleuvait un peu. Avons pris le métro pour une station jusqu'à Gaien-mae et fini à pied jusqu'au parc où les préfabriqués de l'exposition 100% design Tokyo étaient installés (difficile de faire un site web plus laid).
Pas mal de monde, surtout des jeunes branchés et sans doute pas mal friqués, bien sapés, rasages géométriques pour des garçons et maquillages rehaussés pour des filles. L'exposition, des petits stands de quatre mètres-carrés, chaque exposant présentant quelques articles, surtout des objets pour la maison. Quelques espaces plus grands, style magasin d'intérieur. Des matériaux originaux, c'est vrai. De très belles et très larges pommes de douche à injection d'air, l'envie d'en prendre une (douche). Un support d'ordinateur portable, pratique mais cher (17.000 yens). Beaucoup d'articles tout de même déjà vus à Matsuya Ginza ou dans diverses boutiques. Ne suis guère emballé par l'ensemble.
Quand on sort, il pleut bien et c'est presque la nuit. À pied jusqu'à la station Aoyama-itchome, toujours un quart endormi. T. est très contente de sa veste d'hiver Aigle vraiment imperméable (achetée à Paris le 30 août en pleine chaleur et en prévision...). Café et gâteau chez Lecomte, c'est bon ; et un cake aux fruits pour ramener à la maison.
De retour, bien trempé, je me coule dans le bain... L'impression que la journée peut commencer.
« C'était un genre de sale type aux narines écartées, sans doute y fourrant les doigts trop souvent pour vérifier leur propreté, respirer pleinement. L'œil mauvais, mais surtout apeuré, fuyant, les cheveux courts, gominés, en surveste de vigogne bleu sombre, pantalon noir et chaussures impeccables. Ils l'avaient surpris un jour devant les poubelles occupé à ôter une étiquette en papier d'un pot de sauce tomate en verre pour répartir le papier dans la poubelle des journaux et le pot dans celle réservée aux verres. Civique, dingue. De ce même ongle avec lequel il devait se décrotter le nez pour être net.» (A. Sevestre, ibid., p. 143)
Il faudra bientôt des notes de lecture, au moins pour l'édition Pléiade. Je me propose. Ici gominés et vigogne, on ne sait plus ce que c'est. Et puis d'ici la Pléiade, le geste de séparer papier et verre sera devenu aussi banal à Paris qu'à Tokyo...