À sites mûrs, sûres questions
Par Berlol, jeudi 15 septembre 2005 à 23:53 :: General :: #9 :: rss
Message personnel pour Arte : il y a un commentaire qui t'est destiné
dans le JLR du 5 août (via quotidien ou mensuel).
Une œuvre d'art ne meurt jamais. JCB, après avoir bien décortiqué l'atelier de Bazille, a ce trait de génie de le transformer en bande dessinée pour dénoncer de possibles visées immobilières sur l'ancien domaine des Bazille...
À sites mûrs, sûres questions. PDJ s'interroge attentivement sur l'(in)utilité des commentaires, comme FBon en son tumulte, comme moi dans ma communication de Cerisy, comme beaucoup d'autres sans doute. Personne ne s'étonnera cependant que nous n'arrivions pas du tout aux mêmes conclusions. Phil semble penser, au final, que les commentaires sont plutôt nocifs, qu'ils attentent à l'intégrité sémantique et esthétique de son travail, qu'ils n'apportent presque jamais d'éléments pertinents et constructifs, assimilables à de la véritable discussion. J'ai l'impression que c'est trop se protéger et ne pas assez croire en son prochain. Peut-être suis-je stupidement optimiste... Mais après un an et demi de JLR avec commentaires, je n'ai pas à me plaindre, bien au contraire (même s'il a fallu quelquefois faire un peu de ménage). Tout d'abord parce que c'est par des commentaires au présent journal que j'ai connu et estimé des personnes qui maintenant, pour certaines, comptent plus pour moi que des personnes de mon entourage réel. C'est dit. Ensuite parce que les commentateurs s'autodisciplinent progressivement (qu'en sera-t-il dans cinq ans, dans dix ans ?), en arrivent même (peut-être) à constituer (ici comme ailleurs) une sorte de ceinture de protection contre les commentateurs irrévérencieux ou inexpérimentés. Enfin et surtout, approfondissements, questionnements et dérives des commentaires souvent m'enseignent et me servent, et pas juste pour me gargariser d'être lu. Tout cela peut être contredit dès ce soir ; j'en prends le risque. Débat à suivre ?
Rangement de tout plein de papiers ; poubelle aussi. Ça prend presque la matinée. Déjeuner à la crêperie Rhubarb avec David, en face du centre de sport... On peut rarement venir jusqu'ici quand il y a des cours ; profitons-en.
En fin d'après-midi, on va jouer une heure au ping-pong au gymnase universitaire. Tranquillité totale ; douze tables pour nous tout seuls ; perdre les graisses dégustées le midi... (Une seule table suffit.)
Sinon, aujourd'hui c'est la Journée du respect des personnes âgées. Si si... Dans un pays où ils ont des pensions de retraites ridicules, et qui leur sont servies le plus tard possible. Où des vieillards des deux sexes sont employés pour faire la circulation près des chantiers, polluent les boîtes aux lettres de publicités pour quelques centaines de yens... quand ils ne sont pas dans des boîtes en carton couvertes de bâches bleues.
Ce cynisme et cet irrespect caractérisés risquent un jour de peser lourd dans la balance électorale. Surtout si quelqu'un d'aussi intelligent que Shigeru Horiuchi s'en mêle... (Lire l'excellent article du Monde qu'Arnaud m'a signalé, signé d'un certain Erich Inciyan.)
« Il y eut un déclic. "C'est par hasard et parce que je commençais à vieillir que j'ai créé un parti des gens âgés", dit Shigeru Horiuchi, dans sa maison perchée sur une colline boisée de Kamakura, à une heure de train de Tokyo. "Quand j'étais médecin, je me délivrais mes propres prescriptions." Puis, l'âge aidant, le septuagénaire a dû consulter des confrères dans une clinique proche de chez lui. Une surprise l'attendait. "On m'a demandé le double des frais médicaux normaux en me disant que les personnes âgées ont de l'argent !" Une réforme gouvernementale venait d'augmenter les tarifs pour les plus de 70 ans.
Narrant l'histoire sur son site, "Nada" a déclenché une avalanche de courrier. Des cohortes de retraités ont écrit pour dénoncer un surcoût qui les forçait à réduire leurs dépenses de santé. Le "Parti des vieux" ("Rojin To", littéralement) était lancé. Ordre du jour : éviter de "futures humiliations" et évincer les politiciens au pouvoir. Pas question, dans un pays où les plus de 65 ans forment 19 % de la population, de les traiter comme une "minorité marginalisée". "Nada" est intarissable sur le sort réservé aux anciens "petits fonctionnaires et simples ouvriers" qui ont "généralement à peine de quoi vivre, tant le système japonais de retraites est mal fait".» (Extrait de cet article intitulé « Shigeru Horiuchi, l'agitateur du "Parti des vieux"»)
Au téléphone, T. me dit ce soir qu'elle vient d'avoir une longue conversation téléphonique avec sa cousine de Perth, retraitée installée en Australie il y a pas mal d'années, qui s'interrogeait sur un éventuel retour au Japon, et qui vient finalement de décider de rester au pays des kangourous parce que ça coûte moins cher et que la couverture médicale est meilleure. Et puis pour nous, c'est bien pour les vacances !
Une œuvre d'art ne meurt jamais. JCB, après avoir bien décortiqué l'atelier de Bazille, a ce trait de génie de le transformer en bande dessinée pour dénoncer de possibles visées immobilières sur l'ancien domaine des Bazille...
À sites mûrs, sûres questions. PDJ s'interroge attentivement sur l'(in)utilité des commentaires, comme FBon en son tumulte, comme moi dans ma communication de Cerisy, comme beaucoup d'autres sans doute. Personne ne s'étonnera cependant que nous n'arrivions pas du tout aux mêmes conclusions. Phil semble penser, au final, que les commentaires sont plutôt nocifs, qu'ils attentent à l'intégrité sémantique et esthétique de son travail, qu'ils n'apportent presque jamais d'éléments pertinents et constructifs, assimilables à de la véritable discussion. J'ai l'impression que c'est trop se protéger et ne pas assez croire en son prochain. Peut-être suis-je stupidement optimiste... Mais après un an et demi de JLR avec commentaires, je n'ai pas à me plaindre, bien au contraire (même s'il a fallu quelquefois faire un peu de ménage). Tout d'abord parce que c'est par des commentaires au présent journal que j'ai connu et estimé des personnes qui maintenant, pour certaines, comptent plus pour moi que des personnes de mon entourage réel. C'est dit. Ensuite parce que les commentateurs s'autodisciplinent progressivement (qu'en sera-t-il dans cinq ans, dans dix ans ?), en arrivent même (peut-être) à constituer (ici comme ailleurs) une sorte de ceinture de protection contre les commentateurs irrévérencieux ou inexpérimentés. Enfin et surtout, approfondissements, questionnements et dérives des commentaires souvent m'enseignent et me servent, et pas juste pour me gargariser d'être lu. Tout cela peut être contredit dès ce soir ; j'en prends le risque. Débat à suivre ?
Rangement de tout plein de papiers ; poubelle aussi. Ça prend presque la matinée. Déjeuner à la crêperie Rhubarb avec David, en face du centre de sport... On peut rarement venir jusqu'ici quand il y a des cours ; profitons-en.
En fin d'après-midi, on va jouer une heure au ping-pong au gymnase universitaire. Tranquillité totale ; douze tables pour nous tout seuls ; perdre les graisses dégustées le midi... (Une seule table suffit.)
Sinon, aujourd'hui c'est la Journée du respect des personnes âgées. Si si... Dans un pays où ils ont des pensions de retraites ridicules, et qui leur sont servies le plus tard possible. Où des vieillards des deux sexes sont employés pour faire la circulation près des chantiers, polluent les boîtes aux lettres de publicités pour quelques centaines de yens... quand ils ne sont pas dans des boîtes en carton couvertes de bâches bleues.
Ce cynisme et cet irrespect caractérisés risquent un jour de peser lourd dans la balance électorale. Surtout si quelqu'un d'aussi intelligent que Shigeru Horiuchi s'en mêle... (Lire l'excellent article du Monde qu'Arnaud m'a signalé, signé d'un certain Erich Inciyan.)
« Il y eut un déclic. "C'est par hasard et parce que je commençais à vieillir que j'ai créé un parti des gens âgés", dit Shigeru Horiuchi, dans sa maison perchée sur une colline boisée de Kamakura, à une heure de train de Tokyo. "Quand j'étais médecin, je me délivrais mes propres prescriptions." Puis, l'âge aidant, le septuagénaire a dû consulter des confrères dans une clinique proche de chez lui. Une surprise l'attendait. "On m'a demandé le double des frais médicaux normaux en me disant que les personnes âgées ont de l'argent !" Une réforme gouvernementale venait d'augmenter les tarifs pour les plus de 70 ans.
Narrant l'histoire sur son site, "Nada" a déclenché une avalanche de courrier. Des cohortes de retraités ont écrit pour dénoncer un surcoût qui les forçait à réduire leurs dépenses de santé. Le "Parti des vieux" ("Rojin To", littéralement) était lancé. Ordre du jour : éviter de "futures humiliations" et évincer les politiciens au pouvoir. Pas question, dans un pays où les plus de 65 ans forment 19 % de la population, de les traiter comme une "minorité marginalisée". "Nada" est intarissable sur le sort réservé aux anciens "petits fonctionnaires et simples ouvriers" qui ont "généralement à peine de quoi vivre, tant le système japonais de retraites est mal fait".» (Extrait de cet article intitulé « Shigeru Horiuchi, l'agitateur du "Parti des vieux"»)
Au téléphone, T. me dit ce soir qu'elle vient d'avoir une longue conversation téléphonique avec sa cousine de Perth, retraitée installée en Australie il y a pas mal d'années, qui s'interrogeait sur un éventuel retour au Japon, et qui vient finalement de décider de rester au pays des kangourous parce que ça coûte moins cher et que la couverture médicale est meilleure. Et puis pour nous, c'est bien pour les vacances !
Commentaires
1. Le jeudi 15 septembre 2005 à 12:51, par Arte :
Message reçu. Merci beaucoup.
2. Le lundi 26 septembre 2005 à 08:09, par Phil De Jonckheere :
Patrick
Tu vas râler parce que je me permets de commenter ton commentaire sur mon commentaire à propos des commentaires pour lequel toi tu ne peux pas faire de commentaire (sans commentaire!) __ en fait pour cet article , comme pour d'autres où un commentaire par mail est reçu qui me paraît intéressant de mettre en ligne, j'insère les commentaires, et donc ton commentaire va y être inséré, je ne sais pas très bien si tu me suis.
Ce n'est pas tellement que je suis méfiant des commentateurs potentiels (enfin si un peu tout de même) mais j'ai tellement le sentiment de parler dans le bloc-notes de sujets extrêmement personnels que je ne vois pas très bien en quoi ils prêteraient à commentaires. Ou alors les commentaires que de tels sujets attirent sont précisément ceux dont je me passe bien. Il y a __ je reçois tout de même leurs commentaires par mail et ils sont tout de même assez nombreux pour qu'il m'arrive de m'en plaindre __ toute une population de "moi aussi" __ des personnes qui si tu leur parlais d'avoir sauté du Wolrd Trade Center et d'avoir survécu te diraient immanquablement "moi aussi" __ pour lesquels je n'ai pas du tout envie d'ouvrir une tribu, ils sont assez bruyants comme cela, merci.
Quand je reçois des commentaires par mail qui peuvent non seulement m'intéresser mais aussi intéresser les lecteurs du bloc-notes je m'empresse de les ajouter moi-même au bas e l'article qui a suscité le commentaire.
Je crois surtout que le format blog n'a pas à être aussi uniforme avec ses liens dans la colonne de gauche, ses commentaires et ses images en basse définition. Comme le disait Frédéric Madre il y a deux semaines __ il faut que j'aille faire un commentaire dans ton autre article le mentionnant, j'y vais après ce commentaire __ c'est assez curieux comment beaucoup ont d'abord fait des sites très chiadés en se servant d'un éditeur de pages html, et puis en succombant à la tentation des blogs c'est à croire que ces mêmes ont perdu ce savoir-faire qui pourtant était très attrayant.
On fait tous un peu comme on veut non?
Amicalement
Phil
________________
Et pour être sûr d'être très pénible, je vais même reprocher à tes commentaires qu'on ne puisse pas y insérer de l'html, parce que dans ce commentaire, j'aurais beaucoup aimé y déposer une petite iframe pour y faire un effet de mise en abyme comme dans cet article du tumulte ( www.tumulte.net/article.p... ), et comme je le fais au bas de mon article sur les commentaires avec ce présent commentaire. On ne se refait pas.
3. Le lundi 26 septembre 2005 à 08:17, par Phil De Jonckheere :
Je ne peux pas m'empêcher de redonner l'adresse de l'article du bloc-notes en question, ici, desordre.net/blog/blog.ph... juste pour l'effet de mise en abyme
Amicalement
Phil
4. Le mardi 27 septembre 2005 à 14:50, par Bartlebooth :
Je me retiens depuis un moment de réagir à ce sujet des blogs & des commentaires.
Tout d'abord, je tiens à dire à PDJ, que malgré l'admiration que je lui voue (les mots sont forts, mais oui, désolé !), je fus déçu qu'il ne remette pas à sa place l'appréciation bête et abjecte de Francis Madre sur les blogs, et que, bien pire, il soit prêt à y souscrire ("A la réflexion, je me demande si ce n’est pas lui qui a raison. Et moi tort. Comme si souvent.")
D'une bêtise crasse et d'un inintérêt total. Comment PDJ peut lui accorder un quelconque intérêt ? Bordel !
Je suis plus de l'avis de Berlol, le blog n'est pas mauvais en soi, tout dépend de l'usage. On pourrait faire du blog quelque chose de vraiment littéraire, créatif, et avec les commentaires ! C'est d'ailleurs plutôt dans cette optique-là, que, perso, j'y suis venu. Parce que la forme m'intéressait et qu'il y a quelque chose à en faire.
Je suis désolé de le dire, mais malgré ce qu'il en pense, le "bloc-notes" de PDJ a une forme blog : c'est un journal avec des "notes", il a une "colonne" avec des liens. Si les options commentaires + liens vers d'autres blogs se retrouvent dans la plupart des blogs, ce n'est pas une obligation, et des milliers de blogs ressemblent, de loin il est vrai, au blog de PDJ.
La forme blog. Et le format livre ?, puisque c'est aussi de l'édition... N'avez-vous rien à y redire ? Prenons un livre au hasard, Fuir, de Jean-Philippe Toussaint. Son aspect n'est-il pas uniforme avec sa couv', son format, ses couleurs, son logo, son papier médiocre, sa typo, etc. ? (pour la suite voir ici : bablon.rezo.net/Chronique... )
Cette question sur les blogs n'est-elle pas un faux débat, chiant à souhait ?
5. Le dimanche 2 octobre 2005 à 17:48, par Philippe De Jonckheere :
Cher Bartlebooth
Loin de moi l'idée de vouloir avoir le dernier mot dans cette affaire, bien que je sois conscient que commentant un article vieux de deux semaines, je risque d'avoir ce dernier mot.
Je ne pense pas que Frédéric Madre ait tort, au contraire. Les apparences sont trompeuses, s'agissant de son propos, la pose masquant une prise de position qui n'est pas irraisonnée.
Lorsque je relis certains des articles de mon bloc-notes, je suis souvent déçu de voir que j'y ai cédé à une manière d'empressement qui n'apporte rien __ je veux surtout parler des articles qui laissent de côté la vie quotidienne __ la forme du bloc-notes veut un peu cela, ce désir d'aller vite, de dire rapidement. Alors souvent je me pose la question, comment puis-je passer tant d'heures à régler les effets de mise en page, de couleurs, la densité et le contraste de mes images, et puis dans le même souffle me satisfaire de formules lapidaires dont j'ai souvent, après coup, à rougir?
C'est souvent que je me pose la question de savoir si je devrais ou non continuer, ce qui le plus souvent m'apparaît comme un bavardage prétentieux, sur des sujets que je connais, finalement, si superficiellement.
Et pourtant je continue, de même que je ne corrige pas (fautes d'orthographe ou de frappes hormises que je continue de pourchasser dans le passé, mais je ne suis pas un très bon chasseur) ce que j'ai écrit sans doute trop sommairement, je le fais parce que j'ai le sentiment d'être responsable de ce qui déjà a été accumulé et qui deviendrait orphelin de ce que je ne continue plus. J'aurais l'impression de trahir les soirs où je me suis donné tant de mal pour faire quelques lignes avec de longues heures d'ennui et de tracas.
Non, je n'aime pas cette forme et je n'oblige personne à me suivre dans ce goût, et pourtant je lui suppose des qualités que je ne suis pour le moment pas parvenu à reconnaître vraiment. Je sais ce que je n'aime pas (les commentaires par exemple, mais me voilà une nouvelle fois piégé à commenter à propos des commentaires dans un espace de commentaires, no comment!) mais je ne sais pas encore ce que j'aime, si, peut-être l'accumulation, comme celle des briques que l'on empile et met bout à bout, et parfois comment regardant les rangs de briques plus bas, on se rappele la pose de telle ou telle brique, justement.
En fait je n'ai pas d'avis très marqué sur la question. Et pourtant c'est de plus en plus souvent qu'on me demande mon avis, ce dont je suis de moins en moins capable.
Amicalement
Phil
PS: l'admiration, comme vous y allez, ça fait plaisir tout de même, ce qui est embêtant c'est qu'elle devienne vecteur de déception si mon point de vue n'est pas suffisamment voisin du votre. Connaissant la versatilité de mes opinions, je me fais du soucis par avance de ce que cette admiration va devenir.
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