Message personnel pour Arte : il y a un commentaire qui t'est destiné dans le JLR du 5 août (via quotidien ou mensuel).

Une œuvre d'art ne meurt jamais. JCB, après avoir bien décortiqué l'atelier de Bazille, a ce trait de génie de le transformer en bande dessinée pour dénoncer de possibles visées immobilières sur l'ancien domaine des Bazille...

À sites mûrs, sûres questions. PDJ s'interroge attentivement sur l'(in)utilité des commentaires, comme FBon en son tumulte, comme moi dans ma communication de Cerisy, comme beaucoup d'autres sans doute. Personne ne s'étonnera cependant que nous n'arrivions pas du tout aux mêmes conclusions. Phil semble penser, au final, que les commentaires sont plutôt nocifs, qu'ils attentent à l'intégrité sémantique et esthétique de son travail, qu'ils n'apportent presque jamais d'éléments pertinents et constructifs, assimilables à de la véritable discussion. J'ai l'impression que c'est trop se protéger et ne pas assez croire en son prochain. Peut-être suis-je stupidement optimiste... Mais après un an et demi de JLR avec commentaires, je n'ai pas à me plaindre, bien au contraire (même s'il a fallu quelquefois faire un peu de ménage). Tout d'abord parce que c'est par des commentaires au présent journal que j'ai connu et estimé des personnes qui maintenant, pour certaines, comptent plus pour moi que des personnes de mon entourage réel. C'est dit. Ensuite parce que les commentateurs s'autodisciplinent progressivement (qu'en sera-t-il dans cinq ans, dans dix ans ?), en arrivent même (peut-être) à constituer (ici comme ailleurs) une sorte de ceinture de protection contre les commentateurs irrévérencieux ou inexpérimentés. Enfin et surtout, approfondissements, questionnements et dérives des commentaires souvent m'enseignent et me servent, et pas juste pour me gargariser d'être lu. Tout cela peut être contredit dès ce soir ; j'en prends le risque. Débat à suivre ?

Rangement de tout plein de papiers ; poubelle aussi. Ça prend presque la matinée. Déjeuner à la crêperie Rhubarb avec David, en face du centre de sport... On peut rarement venir jusqu'ici quand il y a des cours ; profitons-en.
En fin d'après-midi, on va jouer une heure au ping-pong au gymnase universitaire. Tranquillité totale ; douze tables pour nous tout seuls ; perdre les graisses dégustées le midi... (Une seule table suffit.)

Sinon, aujourd'hui c'est la Journée du respect des personnes âgées. Si si... Dans un pays où ils ont des pensions de retraites ridicules, et qui leur sont servies le plus tard possible. Où des vieillards des deux sexes sont employés pour faire la circulation près des chantiers, polluent les boîtes aux lettres de publicités pour quelques centaines de yens... quand ils ne sont pas dans des boîtes en carton couvertes de bâches bleues.
Ce cynisme et cet irrespect caractérisés risquent un jour de peser lourd dans la balance électorale. Surtout si quelqu'un d'aussi intelligent que Shigeru Horiuchi s'en mêle... (Lire l'excellent article du Monde qu'Arnaud m'a signalé, signé d'un certain Erich Inciyan.)

« Il y eut un déclic. "C'est par hasard et parce que je commençais à vieillir que j'ai créé un parti des gens âgés", dit Shigeru Horiuchi, dans sa maison perchée sur une colline boisée de Kamakura, à une heure de train de Tokyo. "Quand j'étais médecin, je me délivrais mes propres prescriptions." Puis, l'âge aidant, le septuagénaire a dû consulter des confrères dans une clinique proche de chez lui. Une surprise l'attendait. "On m'a demandé le double des frais médicaux normaux en me disant que les personnes âgées ont de l'argent !" Une réforme gouvernementale venait d'augmenter les tarifs pour les plus de 70 ans.
Narrant l'histoire sur son site, "Nada" a déclenché une avalanche de courrier. Des cohortes de retraités ont écrit pour dénoncer un surcoût qui les forçait à réduire leurs dépenses de santé. Le "Parti des vieux" ("Rojin To", littéralement) était lancé. Ordre du jour : éviter de "futures humiliations" et évincer les politiciens au pouvoir. Pas question, dans un pays où les plus de 65 ans forment 19 % de la population, de les traiter comme une "minorité marginalisée". "Nada" est intarissable sur le sort réservé aux anciens "petits fonctionnaires et simples ouvriers" qui ont "généralement à peine de quoi vivre, tant le système japonais de retraites est mal fait".»
(Extrait de cet article intitulé « Shigeru Horiuchi, l'agitateur du "Parti des vieux"»)

Au téléphone, T. me dit ce soir qu'elle vient d'avoir une longue conversation téléphonique avec sa cousine de Perth, retraitée installée en Australie il y a pas mal d'années, qui s'interrogeait sur un éventuel retour au Japon, et qui vient finalement de décider de rester au pays des kangourous parce que ça coûte moins cher et que la couverture médicale est meilleure. Et puis pour nous, c'est bien pour les vacances !