(Ch)apeau de minuit...
Par Berlol, dimanche 18 septembre 2005 à 23:54 :: General :: #12 :: rss
Ping-pong aux étranges résultats... Je bats d'entrée
Katsunori, pour me faire étaler juste après en trois manches
par Manu. C'est le monde à l'envers ! Seule Hisae continue imperturbablement
à gagner — elle reconnaît tout de même que le temps où
on la battra n'est plus très loin (compassion ? coquetterie ?, je ne
sais...). La plupart des manches ne sont gagnées qu'avec deux points
d'écart, ce qui souligne l'ardeur des quatre. Assurément, une
très belle reprise automnale, en accord avec le climat littéraire
de Longue Vue, poursuivi dans le métro d'aller et de retour,
et dont je vois le bout venir.
Au restaurant habituel (abandonné il y a quelques mois et auquel je proposais tout de même de retourner — pour vérifier ? pour contredire ?), les pâtes me déçurent : trop d'huile, pas assez de goût, quelque chose qui reste en bouche longtemps... Déjà la mauvaise habitude de la bonne sauce tomate ? Et puis j'en ai marre d'être dans cette cave !
Heureusement qu'il y a la conversation, pour donner bon gôut à tout cela : blogs sous Dotclear et perspectives de modifications (titres en rouge-orangé, réduction des caractères dans la colonne et en commentaires, etc.), tickets de tournoi de tennis et questionnement sur les comités d'entreprise au Japon, etc.
Bain au Houellebecq... juste après avoir appris le gain record à l'Euromillion d'un chômeur avec quatre enfants :
« La seule chose qui puisse vous enlever vos dernières illusions sur l'humanité, c'est de gagner rapidement une somme d'argent importante ; alors on les voit arriver, les vautours hypocrites. Il est capital, pour que le dessillement s'opère, de gagner cette somme d'argent : les riches véritables, nés riches, et n'ayant jamais connu d'autre ambiance que la richesse, semblent immunisés contre le phénomène, comme s'ils avaient hérité avec leur richesse d'une sorte de cynisme inconscient, impensé, qui leur fait savoir d'entrée de jeu qu'à peu près toutes les personnes qu'ils seront amenés à rencontrer n'auront d'autre but que de leur soutirer leur argent par tous les moyens imaginables ; ils se comportent ainsi avec prudence, et conservent en général leur capital intact. Pour ceux qui sont nés pauvres, la situation est beaucoup plus dangereuse ; enfin, j'étais moi-même sufisamment salaud et cynique pour me rendre compte, j'avais réussi à déjouer la plupart des pièges ; mais des amis, non, je n'en avais plus.» (Michel Houellebecq, La Possibilité d'une île, p. 66)
Cette sagesse des nations irrigue la littérature depuis le XVIIIe siècle, c'est-à-dire depuis qu'il est possible de changer de condition.
Plus j'avance dans ce roman, seulement au bain et mollement, plus je suis déçu par cette écriture de plus en plus académique. Elle enrobe les propos les plus sinistres d'un voile de banalité, et de tristesse qui apitoie tous les déçus de la société contemporaine. Un « vos dernières illusions sur l'humanité » ne fouille pas ce qu'est pour chacun l'humanité ; il en postule une, idéale et unique pour tous... et « vous » la retire !
Au demeurant, les choses sont claires : Houellebecq et tous ceux qui l'apprécient (j'ai suivi cela dans la presse et dans quelques dizaines de blogs) disent tout le mal qu'ils peuvent des auteurs dits du Nouveau Roman, c'est-à-dire de ceux qui ont expérimenté de nouvelles formes textuelles et narratives (ils ne sont d'ailleurs pas les seuls). Le paradoxe, c'est qu'ils invoquent souvent Céline à propos de Houellebecq (pour l'anarchisme de droite ?), alors que Houellebecq n'invente rien, ni en forme ni en langue. Linguistiquement, la plupart des paragraphes, comme celui ci-dessus, pourraient avoir été écrits vers 1830, par un clone de Balzac.
Jusqu'à minuit, Sayonara Party un soir de pleine lune et
promesse de squash... C'est Christine qui part. Pour quelques mois, en Suisse.
Mais aussi Thomas, demain matin, pour deux semaines. Mais encore Roland,
qui rentre en Belgique. Et juste après lui peut-être Jephro
et Franz, pour quelques jours de vacances.
Ça commence par un apéritif au Lillet chez Ch. & Th., bordelais d'origine, le temps que les dix s'assemblent. Puis ça se continue dans un restaurant de Kagurazaka, le Iori (où s'était achevé le premier week-end du colloque Sand en octobre dernier), où nous commandons à la carte des plats d'Izakaya façon chic, tous bons, d'ailleurs, sauf le tofu, fade.
Voilà à quel type de photos nous amène la privacy quand il est question de publier en ligne. Soit on demande expressément à chacun son autorisation (que l'on n'obtient pas nécessairement), soit on censure soi-même en coupant les têtes (soit on ne fait pas de photos du tout...). On pourrait censurer plus conventionnellement en floutant les visages, ou seulement les yeux. Mais la coupure de têtes est nettement plus un acte politique destiné à faire réfléchir.
Une dernière solution, que je vois de plus en plus se développer
avec la photo numérique, même dans des sites sérieux
et dans la presse, consiste à montrer des photos sur lesquelles le
flou le dispute au bougé, où le mauvais cadrage souligne l'instant
volé, sans flash surtout — des photos dont en fin de compte le ratage
même fait la publiabilité.
Celle-ci n'est pas si ratée qu'on ne puisse y reconnaître Franz, Atsushi, voire Roland de profil, et même Christine bien qu'elle soit de dos. Bien sûr, l'ensemble bouteille, verres, plats, couverts donnne un aspect animé (にぎやかですね !!!) que confirment les sourires et les mains nombreuses, le fond sombre suggère l'intimité d'un coin de restaurant, voire d'un salon privé... Mais c'est quand même une mauvaise photo. (Les bonnes montrent trop bien les gens, elles leurs sont réservées.)
La promesse de squash vient de Thomas qui boudait le ping-pong mais qui ne savait pas si le squash m'intéressait... On ira dans deux ou trois semaines.
Au restaurant habituel (abandonné il y a quelques mois et auquel je proposais tout de même de retourner — pour vérifier ? pour contredire ?), les pâtes me déçurent : trop d'huile, pas assez de goût, quelque chose qui reste en bouche longtemps... Déjà la mauvaise habitude de la bonne sauce tomate ? Et puis j'en ai marre d'être dans cette cave !
Heureusement qu'il y a la conversation, pour donner bon gôut à tout cela : blogs sous Dotclear et perspectives de modifications (titres en rouge-orangé, réduction des caractères dans la colonne et en commentaires, etc.), tickets de tournoi de tennis et questionnement sur les comités d'entreprise au Japon, etc.
Bain au Houellebecq... juste après avoir appris le gain record à l'Euromillion d'un chômeur avec quatre enfants :
« La seule chose qui puisse vous enlever vos dernières illusions sur l'humanité, c'est de gagner rapidement une somme d'argent importante ; alors on les voit arriver, les vautours hypocrites. Il est capital, pour que le dessillement s'opère, de gagner cette somme d'argent : les riches véritables, nés riches, et n'ayant jamais connu d'autre ambiance que la richesse, semblent immunisés contre le phénomène, comme s'ils avaient hérité avec leur richesse d'une sorte de cynisme inconscient, impensé, qui leur fait savoir d'entrée de jeu qu'à peu près toutes les personnes qu'ils seront amenés à rencontrer n'auront d'autre but que de leur soutirer leur argent par tous les moyens imaginables ; ils se comportent ainsi avec prudence, et conservent en général leur capital intact. Pour ceux qui sont nés pauvres, la situation est beaucoup plus dangereuse ; enfin, j'étais moi-même sufisamment salaud et cynique pour me rendre compte, j'avais réussi à déjouer la plupart des pièges ; mais des amis, non, je n'en avais plus.» (Michel Houellebecq, La Possibilité d'une île, p. 66)
Cette sagesse des nations irrigue la littérature depuis le XVIIIe siècle, c'est-à-dire depuis qu'il est possible de changer de condition.
Plus j'avance dans ce roman, seulement au bain et mollement, plus je suis déçu par cette écriture de plus en plus académique. Elle enrobe les propos les plus sinistres d'un voile de banalité, et de tristesse qui apitoie tous les déçus de la société contemporaine. Un « vos dernières illusions sur l'humanité » ne fouille pas ce qu'est pour chacun l'humanité ; il en postule une, idéale et unique pour tous... et « vous » la retire !
Au demeurant, les choses sont claires : Houellebecq et tous ceux qui l'apprécient (j'ai suivi cela dans la presse et dans quelques dizaines de blogs) disent tout le mal qu'ils peuvent des auteurs dits du Nouveau Roman, c'est-à-dire de ceux qui ont expérimenté de nouvelles formes textuelles et narratives (ils ne sont d'ailleurs pas les seuls). Le paradoxe, c'est qu'ils invoquent souvent Céline à propos de Houellebecq (pour l'anarchisme de droite ?), alors que Houellebecq n'invente rien, ni en forme ni en langue. Linguistiquement, la plupart des paragraphes, comme celui ci-dessus, pourraient avoir été écrits vers 1830, par un clone de Balzac.
Jusqu'à minuit, Sayonara Party un soir de pleine lune et
promesse de squash... C'est Christine qui part. Pour quelques mois, en Suisse.
Mais aussi Thomas, demain matin, pour deux semaines. Mais encore Roland,
qui rentre en Belgique. Et juste après lui peut-être Jephro
et Franz, pour quelques jours de vacances.Ça commence par un apéritif au Lillet chez Ch. & Th., bordelais d'origine, le temps que les dix s'assemblent. Puis ça se continue dans un restaurant de Kagurazaka, le Iori (où s'était achevé le premier week-end du colloque Sand en octobre dernier), où nous commandons à la carte des plats d'Izakaya façon chic, tous bons, d'ailleurs, sauf le tofu, fade.
Voilà à quel type de photos nous amène la privacy quand il est question de publier en ligne. Soit on demande expressément à chacun son autorisation (que l'on n'obtient pas nécessairement), soit on censure soi-même en coupant les têtes (soit on ne fait pas de photos du tout...). On pourrait censurer plus conventionnellement en floutant les visages, ou seulement les yeux. Mais la coupure de têtes est nettement plus un acte politique destiné à faire réfléchir.
Une dernière solution, que je vois de plus en plus se développer
avec la photo numérique, même dans des sites sérieux
et dans la presse, consiste à montrer des photos sur lesquelles le
flou le dispute au bougé, où le mauvais cadrage souligne l'instant
volé, sans flash surtout — des photos dont en fin de compte le ratage
même fait la publiabilité.Celle-ci n'est pas si ratée qu'on ne puisse y reconnaître Franz, Atsushi, voire Roland de profil, et même Christine bien qu'elle soit de dos. Bien sûr, l'ensemble bouteille, verres, plats, couverts donnne un aspect animé (にぎやかですね !!!) que confirment les sourires et les mains nombreuses, le fond sombre suggère l'intimité d'un coin de restaurant, voire d'un salon privé... Mais c'est quand même une mauvaise photo. (Les bonnes montrent trop bien les gens, elles leurs sont réservées.)
La promesse de squash vient de Thomas qui boudait le ping-pong mais qui ne savait pas si le squash m'intéressait... On ira dans deux ou trois semaines.
Commentaires
1. Le lundi 19 septembre 2005 à 06:06, par Manu :
Allez au squash plutôt dans 3 semaines alors, pendant qu'on regardera du tennis...
2. Le lundi 19 septembre 2005 à 09:30, par Bartlebooth :
Vu à la télé les derniers Campus, où tous les invités et Durand crachaient sur le nouveau roman. Dans une émission où on parle de tout sauf de la forme, il n'est pas étonnant que le nouveau roman soit méprisé.
---
Thomas Lélu, auteur du "Manuel de la photo ratée", vient de sortir son premier roman. Voir les récents articles de Libé :
www.liberation.fr/page.ph...
et www.liberation.fr/page.ph...
Artiste, il expose en ce moment une maquette d'architecture transformée en table de ping-pong ! ça doit donner des parties étranges pas seulement dans les résultats...
3. Le mardi 20 septembre 2005 à 03:21, par Berlol :
Mais dis-moi, Campus ne devait pas se finir par une chronique de Robbe-Grillet toute l'année ? En tout cas, c'est ce que G. Durand disait à l'émission de reprise, en août...
4. Le mardi 20 septembre 2005 à 06:30, par Bartlebooth :
Oui. Pas vraiment une chronique. Des reportages anecdotiques où on suit Robbe-Grillet dans ses voyages. La dernière fois, on le voyait en Chine, avec son traducteur. On n'y apprend rien.
Au passage, un extrait de "Volume" de Scohy parodiant une émission du service public qui fait vendre beaucoup de livres :
"INTERWIEVER. - Monsieur Oualdick, bonsoir, votre livre s'intitule Les Perticules alimentaires, c'est-à-dire ?
M. OUALDICK. - Des perticules, ce sont de petites pertes. Comme dans minuscule, testicule, ou je t'inocule, qui signifie : "Je te rends tout petit".
INT. - Ah ? Et alimentaires, pourquoi ?
M.O. - Parce que mon cher Ouatsonne.
INT. - Vous n'avez pas peur des plaisanteries éculées.
M.O. - Si, quand il leur manque un n.
INT. - Très bien. Vous avez déclaré : "M. Oualdick est l'écrivain le plus con comme ses pieds." Vous ne craignez pas qu'on vous intente un procès ?
M.O. - Pas du tout : j'ai toujours M. Salers avec moi, je ne sors jamais sans. Et il ne perd pas une occasion de l'ouvrir.
INT. - On accueille M. Salers !
Musique tonitruante. Cris du public.
INT. - Alors, Monsieur Salers, euh... Salers, comme la race bovine ?
M. SALERS. - Absolument pas. Comme le fromage de la vache.
INT. - Ouais. Que pensez-vous de la censure ?
M.S. - Qu'elle fasse comme la césure : qu'elle reste à sa place et qu'elle ferme sa gueule !
INT. - Qu'on envoie une fille à poil pour M. Salers, une !
M.S. - C'est lamentable !
INT. - Vous n'aimez pas les filles à poil ?
M.S. - Si, bien sûr, mais pourquoi une seule ?
INT. - Ouais. Alors trois ! Ouais.
Musique tonitruante. Cris du public.
INT. - Attention, voici mon questionnaire "Spécial démocrates" ! Tous les deux, répondez-moi franchement, vous savez, on ne se ment pas, ici : vous préfereriez faire l'amour avec M.L.P., leader de l'extrême droite, ou voter pour lui ?
M.O. - Excusez-moi... Puis-je vomir ?
INT. - Ouais, non, désolé, vous avez déjà écrit un livre.
M.S. - Votre question n'est pas mauvaise, mais elle ne permet malheureusement pas d'éviter les réponses hypocrites. Nul n'osera avouer qu'il préfère voter pour cet odieux personnage plutôt que de coucher avec lui, et pourtant... Il faudrait donc évaluer le degré de leur sincérité en posant des questions telles que : "Préféreriez-vous subir une double pénétration sauvage et sans préliminaires ou vous taire complètement pendant deux jours ?" pour les dames ; et, pour les messieurs : "Préféreriez-vous baiser une mineure de treize ans ou une sexagénaire ?" Toutes celles et ceux qui vous diront choisir la seconde proposition seront forcément des menteurs. Evincez-les. Eviscérez-les, même.
INT. - Ha ha ha ! Très bien, on applaudit M.S. !
Musique tonitruante. Cris du public.
M.S. - Si Sade était là, probable qu'il vous poinçonnerait le scrotum d'un claquement de canines bien senti !
INT. - Ouais. Formidable ! Eh ben, Oualdick ? Vous en faites une tête !
M.O. - J'ai ravalé mon vomi.
INT. - Si seulement on pouvait vous cloner. Ouais, Salers ?
M.S. - Avec vomi, avec vos mots...
INT. - J'ai rien compris.
M.O. - Moignon pus, moi non plus..."
5. Le mardi 20 septembre 2005 à 06:50, par Berlol :
Justement, cet après-midi, dans une fromagerie, on voulait nous faire goûter du Salers. Mais comme le Cantal qu'on venait de tester était piquant, on a décliné l'offre.
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