Ping-pong aux étranges résultats... Je bats d'entrée Katsunori, pour me faire étaler juste après en trois manches par Manu. C'est le monde à l'envers ! Seule Hisae continue imperturbablement à gagner — elle reconnaît tout de même que le temps où on la battra n'est plus très loin (compassion ? coquetterie ?, je ne sais...). La plupart des manches ne sont gagnées qu'avec deux points d'écart, ce qui souligne l'ardeur des quatre. Assurément, une très belle reprise automnale, en accord avec le climat littéraire de Longue Vue, poursuivi dans le métro d'aller et de retour, et dont je vois le bout venir.
Au restaurant habituel (abandonné il y a quelques mois et auquel je proposais tout de même de retourner — pour vérifier ? pour contredire ?), les pâtes me déçurent : trop d'huile, pas assez de goût, quelque chose qui reste en bouche longtemps... Déjà la mauvaise habitude de la bonne sauce tomate ? Et puis j'en ai marre d'être dans cette cave !
Heureusement qu'il y a la conversation, pour donner bon gôut à tout cela : blogs sous Dotclear et perspectives de modifications (titres en rouge-orangé, réduction des caractères dans la colonne et en commentaires, etc.), tickets de tournoi de tennis et questionnement sur les comités d'entreprise au Japon, etc.

Bain au Houellebecq... juste après avoir appris le gain record à l'Euromillion d'un chômeur avec quatre enfants :
« La seule chose qui puisse vous enlever vos dernières illusions sur l'humanité, c'est de gagner rapidement une somme d'argent importante ; alors on les voit arriver, les vautours hypocrites. Il est capital, pour que le dessillement s'opère, de gagner cette somme d'argent : les riches véritables, nés riches, et n'ayant jamais connu d'autre ambiance que la richesse, semblent immunisés contre le phénomène, comme s'ils avaient hérité avec leur richesse d'une sorte de cynisme inconscient, impensé, qui leur fait savoir d'entrée de jeu qu'à peu près toutes les personnes qu'ils seront amenés à rencontrer n'auront d'autre but que de leur soutirer leur argent par tous les moyens imaginables ; ils se comportent ainsi avec prudence, et conservent en général leur capital intact. Pour ceux qui sont nés pauvres, la situation est beaucoup plus dangereuse ; enfin, j'étais moi-même sufisamment salaud et cynique pour me rendre compte, j'avais réussi à déjouer la plupart des pièges ; mais des amis, non, je n'en avais plus.» (Michel Houellebecq, La Possibilité d'une île, p. 66)
Cette sagesse des nations irrigue la littérature depuis le XVIIIe siècle, c'est-à-dire depuis qu'il est possible de changer de condition.
Plus j'avance dans ce roman, seulement au bain et mollement, plus je suis déçu par cette écriture de plus en plus académique. Elle enrobe les propos les plus sinistres d'un voile de banalité, et de tristesse qui apitoie tous les déçus de la société contemporaine. Un « vos dernières illusions sur l'humanité » ne fouille pas ce qu'est pour chacun l'humanité ; il en postule une, idéale et unique pour tous... et « vous » la retire !
Au demeurant, les choses sont claires : Houellebecq et tous ceux qui l'apprécient (j'ai suivi cela dans la presse et dans quelques dizaines de blogs) disent tout le mal qu'ils peuvent des auteurs dits du Nouveau Roman, c'est-à-dire de ceux qui ont expérimenté de nouvelles formes textuelles et narratives (ils ne sont d'ailleurs pas les seuls). Le paradoxe, c'est qu'ils invoquent souvent Céline à propos de Houellebecq (pour l'anarchisme de droite ?), alors que Houellebecq n'invente rien, ni en forme ni en langue. Linguistiquement, la plupart des paragraphes, comme celui ci-dessus, pourraient avoir été écrits vers 1830, par un clone de Balzac.

Jusqu'à minuit, Sayonara Party un soir de pleine lune et promesse de squash... C'est Christine qui part. Pour quelques mois, en Suisse. Mais aussi Thomas, demain matin, pour deux semaines. Mais encore Roland, qui rentre en Belgique. Et juste après lui peut-être Jephro et Franz, pour quelques jours de vacances.
Ça commence par un apéritif au Lillet chez Ch. & Th., bordelais d'origine, le temps que les dix s'assemblent. Puis ça se continue dans un restaurant de Kagurazaka, le Iori (où s'était achevé le premier week-end du colloque Sand en octobre dernier), où nous commandons à la carte des plats d'Izakaya façon chic, tous bons, d'ailleurs, sauf le tofu, fade.

Voilà à quel type de photos nous amène la privacy quand il est question de publier en ligne. Soit on demande expressément à chacun son autorisation (que l'on n'obtient pas nécessairement), soit on censure soi-même en coupant les têtes (soit on ne fait pas de photos du tout...). On pourrait censurer plus conventionnellement en floutant les visages, ou seulement les yeux. Mais la coupure de têtes est nettement plus un acte politique destiné à faire réfléchir.
Une dernière solution, que je vois de plus en plus se développer avec la photo numérique, même dans des sites sérieux et dans la presse, consiste à montrer des photos sur lesquelles le flou le dispute au bougé, où le mauvais cadrage souligne l'instant volé, sans flash surtout — des photos dont en fin de compte le ratage même fait la publiabilité.
Celle-ci n'est pas si ratée qu'on ne puisse y reconnaître Franz, Atsushi, voire Roland de profil, et même Christine bien qu'elle soit de dos. Bien sûr, l'ensemble bouteille, verres, plats, couverts donnne un aspect animé (にぎやかですね !!!) que confirment les sourires et les mains nombreuses, le fond sombre suggère l'intimité d'un coin de restaurant, voire d'un salon privé... Mais c'est quand même une mauvaise photo. (Les bonnes montrent trop bien les gens, elles leurs sont réservées.)
La promesse de squash vient de Thomas qui boudait le ping-pong mais qui ne savait pas si le squash m'intéressait... On ira dans deux ou trois semaines.