____________________Toast____
___Il est carré, il est mou, il est blanc
___Il va devenir légèrement croustillant
___Le beurre y fondra, le miel y coulera
___Vite dans le thé, tout ça ramollira

Ing-Ong, sans P.
Sans Précision ni Puissance, j'ai été battu par Hisae, par Katsunori et par Manu. Pas ma fête ! Juste passé un smash ; les autres coups sont restés dans le bras...
Pourtant, j'avais bien dormi, pris des vitamines, mis un maillot de sport rouge gagnant (勝), presque remporté une manche contre Hisae (13-11 !). Puis tout s'est détraqué...
Comme pour me consoler, Manu propose d'aller déjeuner à la crêperie Le Bretagne d'Omote-Sando. C'est à un quart d'heure à pied — presque une heure en fait, parce qu'on découvre un magasin de I-River, on visite une boutique Armani/Casa construite par Tadao Ando (ai un peu galéré pour trouver le site web...), etc. Toujours aussi bien, cette crêperie, le lieu, les crêpes, le service. À 13h15, on a eu une table pour quatre. Quinze minutes après, c'était complet.
Par hasard, première fois qu'on parle poterie ensemble ; un intérêt commun à approfondir (un stage poterie quelque part un de ces jours ?...). Puis, sous la crêperie, à la librairie d'art Nadiff, pour se nourrir d'autre chose avant de se quitter.
Revenu à Ichigaya, près du supermarché Hanamasa, ce bosquet en fleur à hauteur de pots d'échappement. Des fleurs qui ressemblent furieusement à des fleurs de courgette (en sont-ce ?) — Ah ! Les délicats beignets mangés à Paris le mois dernier...
Depuis des années, les appareils-photos se succédant, je cherche à faire cette photo de l'Institut en contre-plongée — et je n'y arrive pas. Chaque fois que je passe, je la vois dans ma tête. Quant à la réaliser... Il y a l'excès de lumière qui confond le blanc du bâtiment, le trop faible recul même avec un grand angle, etc.
Cette fois, ce n'est quand même pas trop mal, je crois. Surtout avec la vieille maison de droite, le minuscule temple et les chapeaux jaunes des deux enfants.

Pour revenir à la voix littéraire de mercredi et jeudi...
« Tous les poètes dont j'estime le travail ont des voix singulières, parfaitement reconnaissables. S'il y a une communauté de poètes, c'est une communauté de solitudes. Ceci n'empêche bien sûr ni l'amitié ni la fête, mais en écriture, chacun avance seul. Il en a peut-être toujours été ainsi, et c'est bien pourquoi je ne crois pas aux groupes, aux écoles, aux -ismes...
[...]
Mieux vaut laisser le désordre travailler. Avec un peu de patience, l'ordre s'établira : ordre précaire, variable sans doute suivant le lecteur, mais ordre. Donc ne pas s'interdire, ne pas s'obliger. Dans la force-forme qu'est un poème, se confier à la force, au risque aveugle qu'elle propose, quitte à être désorienté, apeuré. La forme ne peut être inexistante : il ne faut pas s'en préoccuper, mais s'en post-occuper.
[...]
Si une œuvre reste active, c'est que d'une façon ou de l'autre, elle a trouvé une force-forme capable un peu durablement de s'adresser au lecteur et de le mettre en route. Cette force-forme neuve, c'est peut-être ce que j'entends par
voix (Antoine Emaz, Lichen, lichen, p. 87-89).