On a rempli les soutes et les réservoirs, fermé les écoutilles, largué les amarres, fait provision de sucre et d'oxygène, serré les derniers boulons, mis de l'huile et lâché du lest. On est prêt pour la rentrée des classes. Levé aux aurores, douché, briqué, enfourné dans un shinkansen, exfiltré par un métro, je touche la poignée du bureau une heure avant d'aller retrouver mes ouailles. Et comme il y a quand même des jours où ça se passe bien, je trouve des oreilles propres dans lesquelles le son passe bien, des bouches qui articulent sans changer les fréquences, des cerveaux allumés qui modulent et démodulent en deux langues. On va faire un carton, ce trimestre.

C'est tellement loin déjà, tout ça : j'ai même oublié de signaler avant-hier la clôture de l'Expo Aichi 2005. Quelques images et quelques chiffres aperçus à la télévision font bien comprendre qu'il n'y a pas eu l'affluence attendue, que la quasi-totalité des visiteurs ont été des Japonais — ce qui n'a pas empêché des 4 ou 6 heures d'attente pour visiter l'un ou l'autre des principaux pavillons nippons (mauvaise organisation ? Excès de sécurité ?...). Bien sûr, il y eut l'heureux temps partagé avec Bikun. Et ce jour pluvieux où j'y suis allé avec Jean-Philippe Toussaint.
Il paraît qu'il y avait un pavillon français... Pas vu.

Dans mon courrier, j'ai eu le plaisir de trouver une grosse enveloppe avec dedans : Henri Meschonnic, la pensée et le poème. Sous la direction de Gérard Dessons, Serge Martin et Pascal Michon, Éditions In Press, 2005, 276 p (ISBN : 2848350857). Il s'agit des actes du colloque de Cerisy consacré à HM, avec HM, en juillet 2003, et auquel j'ai eu l'honneur et le plaisir de participer. Ce fut mon premier séjour à Cerisy et c'est à cette occasion que naquit le projet du colloque qui a eu lieu le mois dernier, sur un tout autre sujet, bien évidemment. Ma modeste intervention (c'est ce qu'on dit en telle occasion) y côtoie donc celles de Bernard Noël, Jacques Ancet, Béatrice Bonhomme ou Jean-Louis Chiss, pour n'en citer que quelques-uns. Quelques passages à citer dans les jours à venir...

Oui, l'annulation de la dette, me rappelle très justement David entre deux balles de ping-pong — et avant son fou-rire de 17h45. Éh bien, l'annulation de la dette, je la demandais le 1er janvier, tout simplement. À croire que quelqu'un du FMI lit mon journal... Quoique : faudrait voir ce qu'on appelle annulation.
Ici, je retrouve la joie d'échanger des balles et je comprends ma défaite de dimanche : manque d'échauffement !

J'ai peut-être été un peu dur avec Doubrovsky, hier. En repensant aux entretiens que j'avais pris plaisir à écouter, je me demande pourquoi son écriture me laisse une impression globalement désagréable. Facticité et complaisance, disais-je ? ou autre chose ? Faudrait reprendre le texte... au moins un peu...
Si je cherche quelque chose de « déstabilisant pour le raisonnement », comme Marie.Pool le suggère ? Un vrai chercheur peut-il faire autre chose ?...
Pour les marécages Duras, n'ayez crainte, on va y revenir. On ne va peut-être même faire que ça pendant trois mois. Y patauger, dans le Ravissement...