Provision de sucre et d'oxygène
Par Berlol, mardi 27 septembre 2005 à 23:59 :: General :: #22 :: rss
On a rempli les soutes et les réservoirs, fermé les écoutilles,
largué les amarres, fait provision de sucre et d'oxygène, serré
les derniers boulons, mis de l'huile et lâché du lest. On est
prêt pour la rentrée des classes. Levé aux aurores, douché,
briqué, enfourné dans un shinkansen, exfiltré par un
métro, je touche la poignée du bureau une heure avant d'aller
retrouver mes ouailles. Et comme il y a quand même des jours où
ça se passe bien, je trouve des oreilles propres dans lesquelles le
son passe bien, des bouches qui articulent sans changer les fréquences,
des cerveaux allumés qui modulent et démodulent en deux langues.
On va faire un carton, ce trimestre.
C'est tellement loin déjà, tout ça : j'ai même oublié de signaler avant-hier la clôture de l'Expo Aichi 2005. Quelques images et quelques chiffres aperçus à la télévision font bien comprendre qu'il n'y a pas eu l'affluence attendue, que la quasi-totalité des visiteurs ont été des Japonais — ce qui n'a pas empêché des 4 ou 6 heures d'attente pour visiter l'un ou l'autre des principaux pavillons nippons (mauvaise organisation ? Excès de sécurité ?...). Bien sûr, il y eut l'heureux temps partagé avec Bikun. Et ce jour pluvieux où j'y suis allé avec Jean-Philippe Toussaint.
Il paraît qu'il y avait un pavillon français... Pas vu.
Dans mon courrier, j'ai eu le plaisir de trouver une grosse enveloppe avec dedans : Henri Meschonnic, la pensée et le poème. Sous la direction de Gérard Dessons, Serge Martin et Pascal Michon, Éditions In Press, 2005, 276 p (ISBN : 2848350857). Il s'agit des actes du colloque de Cerisy consacré à HM, avec HM, en juillet 2003, et auquel j'ai eu l'honneur et le plaisir de participer. Ce fut mon premier séjour à Cerisy et c'est à cette occasion que naquit le projet du colloque qui a eu lieu le mois dernier, sur un tout autre sujet, bien évidemment. Ma modeste intervention (c'est ce qu'on dit en telle occasion) y côtoie donc celles de Bernard Noël, Jacques Ancet, Béatrice Bonhomme ou Jean-Louis Chiss, pour n'en citer que quelques-uns. Quelques passages à citer dans les jours à venir...
Oui, l'annulation de la dette, me rappelle très justement David entre deux balles de ping-pong — et avant son fou-rire de 17h45. Éh bien, l'annulation de la dette, je la demandais le 1er janvier, tout simplement. À croire que quelqu'un du FMI lit mon journal... Quoique : faudrait voir ce qu'on appelle annulation.
Ici, je retrouve la joie d'échanger des balles et je comprends ma défaite de dimanche : manque d'échauffement !
J'ai peut-être été un peu dur avec Doubrovsky, hier. En repensant aux entretiens que j'avais pris plaisir à écouter, je me demande pourquoi son écriture me laisse une impression globalement désagréable. Facticité et complaisance, disais-je ? ou autre chose ? Faudrait reprendre le texte... au moins un peu...
Si je cherche quelque chose de « déstabilisant pour le raisonnement », comme Marie.Pool le suggère ? Un vrai chercheur peut-il faire autre chose ?...
Pour les marécages Duras, n'ayez crainte, on va y revenir. On ne va peut-être même faire que ça pendant trois mois. Y patauger, dans le Ravissement...
C'est tellement loin déjà, tout ça : j'ai même oublié de signaler avant-hier la clôture de l'Expo Aichi 2005. Quelques images et quelques chiffres aperçus à la télévision font bien comprendre qu'il n'y a pas eu l'affluence attendue, que la quasi-totalité des visiteurs ont été des Japonais — ce qui n'a pas empêché des 4 ou 6 heures d'attente pour visiter l'un ou l'autre des principaux pavillons nippons (mauvaise organisation ? Excès de sécurité ?...). Bien sûr, il y eut l'heureux temps partagé avec Bikun. Et ce jour pluvieux où j'y suis allé avec Jean-Philippe Toussaint.
Il paraît qu'il y avait un pavillon français... Pas vu.
Dans mon courrier, j'ai eu le plaisir de trouver une grosse enveloppe avec dedans : Henri Meschonnic, la pensée et le poème. Sous la direction de Gérard Dessons, Serge Martin et Pascal Michon, Éditions In Press, 2005, 276 p (ISBN : 2848350857). Il s'agit des actes du colloque de Cerisy consacré à HM, avec HM, en juillet 2003, et auquel j'ai eu l'honneur et le plaisir de participer. Ce fut mon premier séjour à Cerisy et c'est à cette occasion que naquit le projet du colloque qui a eu lieu le mois dernier, sur un tout autre sujet, bien évidemment. Ma modeste intervention (c'est ce qu'on dit en telle occasion) y côtoie donc celles de Bernard Noël, Jacques Ancet, Béatrice Bonhomme ou Jean-Louis Chiss, pour n'en citer que quelques-uns. Quelques passages à citer dans les jours à venir...
Oui, l'annulation de la dette, me rappelle très justement David entre deux balles de ping-pong — et avant son fou-rire de 17h45. Éh bien, l'annulation de la dette, je la demandais le 1er janvier, tout simplement. À croire que quelqu'un du FMI lit mon journal... Quoique : faudrait voir ce qu'on appelle annulation.
Ici, je retrouve la joie d'échanger des balles et je comprends ma défaite de dimanche : manque d'échauffement !
J'ai peut-être été un peu dur avec Doubrovsky, hier. En repensant aux entretiens que j'avais pris plaisir à écouter, je me demande pourquoi son écriture me laisse une impression globalement désagréable. Facticité et complaisance, disais-je ? ou autre chose ? Faudrait reprendre le texte... au moins un peu...
Si je cherche quelque chose de « déstabilisant pour le raisonnement », comme Marie.Pool le suggère ? Un vrai chercheur peut-il faire autre chose ?...
Pour les marécages Duras, n'ayez crainte, on va y revenir. On ne va peut-être même faire que ça pendant trois mois. Y patauger, dans le Ravissement...
Commentaires
1. Le mardi 27 septembre 2005 à 16:29, par Marie.Pool :
Excusez-moi Berlol, j'ai lu récemment "La Méthode Mila" FICTION de Lydie Salvayre et il se peut que je me range momentanément , sans le savoir aux"visions" un peu "déstabilisantes" de son personnage principal anti-cartésien ostentatoire, sans pour autant que je renonce à maintenir une certaine douceur ( que S.L. récuse pour la démonstration dans son livre) à mes propos. Comme vous pouvez l'imaginer , j'aime bien essayer de comprendre pourquoi le "chercheur" cherche à tel endroit plutôt qu'à un autre.
2. Le mardi 27 septembre 2005 à 16:54, par Berlol :
Non, non, continuez, ne vous excusez pas ! Chacun cherche son chat. J'ai commandé la Méthode Mila mais mon colis n'arrivera que dans deux semaines, et puis j'ai d'autres livres en train... Mais pour avoir lu les précédents Salvayre, je vois à peu près ce que vous voulez dire.
3. Le mercredi 28 septembre 2005 à 03:53, par Cécile :
Tiens, ai abandonné mon mémoire de maîtrise consacré à Doubrovsky il y a une dizaine d'années parce que, entre autres raisons, mon engouement pour cette écriture et cette démarche autobiographique particulières n'avait pas résisté aux lectures répétées, sans délai salutaire entre les re(rere)lectures (puisqu'il fallait bien que notes se frisent, que travail se boucle et jean passe et ça me stressait) : ces textes que j'aimais s'étaient mis à m'exaspérer et je n'ai jamais réussi à démêler pourquoi précisément, ce qui aurait pu être une piste de travail intéressante (hormis justement, et Doubrovsky n’y était pour rien ! le caractère rédhibitoire pour moi de la pression du temps liée à ce contexte des études que je m’appropriais mal). Pourtant je m'insurge je m'inserge contre le reproche de "complaisance" que tu reconnais toi même être un peu excessif et pas tout à fait juste, justement non, mais qu’est-ce qui agace chez lui tout en touchant ? une limite ? un procédé (mais peut-il faire autrement ? il cherche son chat lui aussi) qui ne dévie point d’un livre à l’autre ?
A quel entretiens fais-tu allusion ? j'écouterais bien.
4. Le mercredi 28 septembre 2005 à 06:08, par Marie.Pool :
Qui dit chat, dit souris aussi... Je cherche plutôt le "soi" dans sa version la plus authentique, c'est-à-dire la plus influencée possible par l'expérience, la maturation de l'expérience, que l'on recoud en patchwork avec insistance dans l'écriture et l'art en général. Il n'est jamais possible de sauvegarder sur soi la même couverture de mots ,ainsi tressés. Il y a de l'effilochage qui rend triste ou plus courageux dans l'énonciation future. Je ne crois pas à une écriture ou à une lecture sans perte de substance. C'est ce qui explique peut-être la propension banale à fureter dans certains livres à la recherche de ce qu'on croit perdu ou détissé. L'empereur et ses habits invisibles serait peut-être un idéal de lecture, mais il faut y croire à chaque instant, comme lui, se sachant désormais moins nu... à la vie à la mort.
Je ne connais pas l'écriture de DOUBROVSKY, est-ce un tissu pour moi ? Faut voir... Votre critique me rend hésitante... Ouvrir un livre c'est s'atteler à une nouvelle trame de vie ... Il faut du désir et de l'énergie...
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