De la tenue quand ça pète
Par Berlol, jeudi 29 septembre 2005 à 23:55 :: General :: #24 :: rss
L'une des choses dont je m'amuse chaque jour (il m'en faut peu...), c'est
de ne pas savoir le titre qu'aura mon journal. D'ailleurs, je le commence
le plus souvent sans savoir ce qu'il contiendra, sans même connaître
le ton (la voix ?) qui va me venir. Alors le titre...
Je me dis à l'avance que je vais traiter de tel bout de livre qui m'est resté en mémoire, à une page que j'ai cornée, de tel aspect d'un film qui vient de me marquer. Et puis parfois je ne le fais pas, emporté par autre chose, dont je me dis au bout d'un moment que ça prend déjà assez de place, comme conscient d'une mesure, d'un calibre que je respecterais sans y être tenu.
Cela m'en fait bien un exercice à la fois de discipline et de liberté.
Discipline et liberté ne sont pas des mots qu'emploierait facilement le narrateur de Lendemain de fête. Il en est revenu, de ces mots-là. Pourtant, c'est bien de ceux-là que l'écriture de Jacques Séréna se nourrit pour se structurer. L'espèce d'opiniâtreté avec laquelle le narrateur se maintient dans des marges sociales (travail, logement, propreté, relations, sexualité) confine bien à la discipline — « j'avais le pathétique machinal, d'après lui, ou le sordide.» (p. 164) — tandis que l'illusion de départ (s'il y a jamais eu un départ, pour cet homme-là) était de ne faire que ce qu'on veut, sans concession, hypocrisie, comme sont obligés de le faire ceux qui tiennent à leur position, sans croire à la réussite ou à la richesse. Entre les deux, forcément, la corde est raide.
« Puis elle reprend sur moi, je ne suis jamais sorti de mon coin, n'ai rien lu, et j'ai un sens inné de la vie, ils me trouvaient malsain bien sûr je le suis mais subtil quand on me revoit, ma façon d'être, ça l'a remuée comme ça ne lui était arrivé qu'une fois avant avec Sang de chien de Savitzkaya à quatorze ans dans sa pinède seule avec ses fourmis.» (Jacques Séréna, Lendemain de fête, p. 46.)
Cet après-midi, au séminaire de français par le cinéma, on commence à visionner Bon Voyage. Sûr que le film ferait l'affaire, je me demandais tout de même qu'est-ce qui faisait que je l'avais choisi, parmi tous ceux que j'avais envisagés. Soudain, en même temps que JFM qui allait quitter le secrétariat et qui jetait un œil sur le générique du film, j'ai vu et compris ce qui avait pu faire la différence, peut-être — encore une affaire de ton, de voix : le scénario est co-écrit par Jean-Paul Rappeneau, qui signe la mise en scène, et... Patrick Modiano !
Est-ce par sa seule présence (ou est-ce grâce aux deux), que les dialogues ont souvent cette finesse retenue, et de la tenue quand ça pète (forcément, pendant la guerre, ça pète à plusieurs moments) ? Est-ce de son fait que plusieurs personnages ne nous lassent pas d'être mystérieux et imprévisibles ?
Et puis d'excellentes répliques parfois — lapidaires.
En juin 40, alors que tout le monde fuit Paris, on téléphone au théâtre que Viviane (Isabelle Adjani) a déjà quitté pour Bordeaux. Un technicien répond ça, qu'il n'y a plus personne, et qu'il reste, quant à lui. On ne sait pas quelle question lui est posée, dans le téléphone, mais il répond, fataliste : « J'apprends l'allemand.»
À Bordeaux où le gouvernement tente de s'installer, le ministre joué par Gérard Depardieu est excédé. Il n'a pas encore convaincu les autres de signer l'armistice et d'appeler Pétain à la rescousse, mais il se dispute avec sa maîtresse, Viviane. On entre pour lui annoncer que la voiture est en bas. Il répond sans réfléchir : « Qu'elle monte ! » — avant de se reprendre.
Je vais finir, pour aller me coucher. Et lire quelques pages de ce livre étrange que j'ai reçu récemment, dont je n'ai lu que six pages, avec des paragraphes — d'y reconnaître ici aussi une voix familière — déjà relus trois ou quatre fois. L'incipit :
« Les hélices du gros-porteur débroussaillaient l'air. L'appareil vira sur l'asphalte mouillé, dessina un lent C, compliqué en S, s'octroya un jambage insignifiant pour esquiver une rampe de balises, enfin bringuebala vers les hangars de fret, fendant l'eau de lignes délayées aussitôt dites. Tout au loin, le ciel s'abattait, noir, il allait encore pleuvoir en présence du soleil, il pleuvait déjà. Le soleil disparaîtrait. Toute la semaine, il avait fait ce temps.» (Alain Sevestre, Les Tristes, Gallimard, 2005, p. 9.)
Je me dis à l'avance que je vais traiter de tel bout de livre qui m'est resté en mémoire, à une page que j'ai cornée, de tel aspect d'un film qui vient de me marquer. Et puis parfois je ne le fais pas, emporté par autre chose, dont je me dis au bout d'un moment que ça prend déjà assez de place, comme conscient d'une mesure, d'un calibre que je respecterais sans y être tenu.
Cela m'en fait bien un exercice à la fois de discipline et de liberté.
Discipline et liberté ne sont pas des mots qu'emploierait facilement le narrateur de Lendemain de fête. Il en est revenu, de ces mots-là. Pourtant, c'est bien de ceux-là que l'écriture de Jacques Séréna se nourrit pour se structurer. L'espèce d'opiniâtreté avec laquelle le narrateur se maintient dans des marges sociales (travail, logement, propreté, relations, sexualité) confine bien à la discipline — « j'avais le pathétique machinal, d'après lui, ou le sordide.» (p. 164) — tandis que l'illusion de départ (s'il y a jamais eu un départ, pour cet homme-là) était de ne faire que ce qu'on veut, sans concession, hypocrisie, comme sont obligés de le faire ceux qui tiennent à leur position, sans croire à la réussite ou à la richesse. Entre les deux, forcément, la corde est raide.
« Puis elle reprend sur moi, je ne suis jamais sorti de mon coin, n'ai rien lu, et j'ai un sens inné de la vie, ils me trouvaient malsain bien sûr je le suis mais subtil quand on me revoit, ma façon d'être, ça l'a remuée comme ça ne lui était arrivé qu'une fois avant avec Sang de chien de Savitzkaya à quatorze ans dans sa pinède seule avec ses fourmis.» (Jacques Séréna, Lendemain de fête, p. 46.)
Cet après-midi, au séminaire de français par le cinéma, on commence à visionner Bon Voyage. Sûr que le film ferait l'affaire, je me demandais tout de même qu'est-ce qui faisait que je l'avais choisi, parmi tous ceux que j'avais envisagés. Soudain, en même temps que JFM qui allait quitter le secrétariat et qui jetait un œil sur le générique du film, j'ai vu et compris ce qui avait pu faire la différence, peut-être — encore une affaire de ton, de voix : le scénario est co-écrit par Jean-Paul Rappeneau, qui signe la mise en scène, et... Patrick Modiano !
Est-ce par sa seule présence (ou est-ce grâce aux deux), que les dialogues ont souvent cette finesse retenue, et de la tenue quand ça pète (forcément, pendant la guerre, ça pète à plusieurs moments) ? Est-ce de son fait que plusieurs personnages ne nous lassent pas d'être mystérieux et imprévisibles ?
Et puis d'excellentes répliques parfois — lapidaires.
En juin 40, alors que tout le monde fuit Paris, on téléphone au théâtre que Viviane (Isabelle Adjani) a déjà quitté pour Bordeaux. Un technicien répond ça, qu'il n'y a plus personne, et qu'il reste, quant à lui. On ne sait pas quelle question lui est posée, dans le téléphone, mais il répond, fataliste : « J'apprends l'allemand.»
À Bordeaux où le gouvernement tente de s'installer, le ministre joué par Gérard Depardieu est excédé. Il n'a pas encore convaincu les autres de signer l'armistice et d'appeler Pétain à la rescousse, mais il se dispute avec sa maîtresse, Viviane. On entre pour lui annoncer que la voiture est en bas. Il répond sans réfléchir : « Qu'elle monte ! » — avant de se reprendre.
Je vais finir, pour aller me coucher. Et lire quelques pages de ce livre étrange que j'ai reçu récemment, dont je n'ai lu que six pages, avec des paragraphes — d'y reconnaître ici aussi une voix familière — déjà relus trois ou quatre fois. L'incipit :
« Les hélices du gros-porteur débroussaillaient l'air. L'appareil vira sur l'asphalte mouillé, dessina un lent C, compliqué en S, s'octroya un jambage insignifiant pour esquiver une rampe de balises, enfin bringuebala vers les hangars de fret, fendant l'eau de lignes délayées aussitôt dites. Tout au loin, le ciel s'abattait, noir, il allait encore pleuvoir en présence du soleil, il pleuvait déjà. Le soleil disparaîtrait. Toute la semaine, il avait fait ce temps.» (Alain Sevestre, Les Tristes, Gallimard, 2005, p. 9.)
Commentaires
1. Le jeudi 29 septembre 2005 à 11:32, par Marie.Pool :
J'aime bien ce ton (nouveau ?) du blog, "lapidaire" mais à la façon des jeux de ricochets. Une invitation à la pensée, mais sans insistance. On peut ramasser le même caillou ou pas. Le garder en réserve en souriant. Il y a souvent des cailloux inconnus qui inciteraient à remonter à la carrière si on avait plus de temps. Dans la carrière des Editions de Minuit, il y a plusieurs filons qui méritent le détour. Mais ce sont des livres masculins et cela me retarde dans ma propension à quêter ce qu'Elles ont à dire tout aussi talentueusement. J'ai fait une excursion dans la carrière SEUIL avec DESBIOLLES et SALVAYRE et la carrière P.O.L avec DARRIEUSSECQ, j'attends avec impatience le prochain LAURENS... Je me suis régalée...Elles progressent , elles gagnent de la malice et du savoir-dire . Vous verrez peut-être BERLOL, DURAS vous amènera à certaines d'entre elles...Et je m'en réjouirai . Je continue aussi grâce à vous avec CAYROL,SIMON,EMAZ... J'essaie de ne pas vous perdre de lecture et cela me plaît...
2. Le vendredi 30 septembre 2005 à 11:47, par arte :
Au blind test, tout comme la litterature, la connerie n'a pas de sexe.
Si encore elle avait une limite !!!
3. Le vendredi 30 septembre 2005 à 12:35, par Bartlebooth :
Duras mène à toutes, à condition d'en sortir
4. Le vendredi 30 septembre 2005 à 18:23, par Marie.Pool :
Duras s'en fout (elle est morte vous savez...) et moi aussi ( je croyais l'avoir expliqué, mais ce n'est pas grave, comme on dit "personne n'écoute personne", alors il faut recommencer...).
Berlol a bien le droit à son âge de choisir le sexe de ses lectures . D'aillleurs, c'est pas mal écrit çà :
"L'appareil vira sur l'asphalte mouillé, dessina un lent C, compliqué en S, s'octroya un jambage insignifiant pour esquiver une rampe de balises, enfin bringuebala vers les hangars de fret, fendant l'eau de lignes délayées aussitôt dites. Tout au loin, le ciel s'abattait, noir, il allait encore pleuvoir en présence du soleil, il pleuvait déjà. Le soleil disparaîtrait."
Dommage !
Vive les papillons et... les escargots par temps de pluie !
5. Le vendredi 30 septembre 2005 à 18:59, par Berlol :
Pour ma part, je ne fais, en littérature, ni discrimination positive, ni ségrégation. Sarraute, Wittig, Duras, mais aussi Salvayre, Angot et quelques autres (Sand, Colette, Woolf...) font partie des auteurs que j'aime au même titre que Simon, Segalen, Giono, mais aussi Grozdanovitch, Toussaint et quelques autres (Diderot, Stendhal, Joyce...) — avec, comme ça et pour moi seul, des correspondances inexplicables.
Défendre et soutenir la cause des femmes dans le champ social ne m'entraîne pas à faire la promotion des femmes écrivains pour la seule raison qu'elles seraient des femmes, ça non !
6. Le samedi 1 octobre 2005 à 07:35, par Berlol :
«Il n'y a pas de littérature féminine pour moi, ça n'existe pas. En
littérature, je ne sépare pas les femmes des hommes. On est écrivain, ou pas. On est dans un espace mental où le sexe n'est pas déterminant. Il faut bien qu'on ait un espace de liberté. Le langage le permet. Il s'agit de construire une idée du neutre qui échapperait au sexuel.»
(Monique Wittig, dans Libération du 17 juin 1999)
7. Le samedi 1 octobre 2005 à 07:38, par Bartlebooth :
Oups, j'ai signé Berlol, j'ai pas fait exprès !
Je viens de lire trop de trucs concernant Wittig et sa pensée, ça a du me perturber.
8. Le samedi 1 octobre 2005 à 08:02, par Berlol :
Bien joué ! Et merci !
(Là, c'est le vrai Berlol qui signe !)
9. Le samedi 1 octobre 2005 à 08:17, par Marie.Pool :
"Le langage qui... une idée du neutre qui échapperait au sexuel". Voilà un scoop! Chapeau !
P.S Pas promotion des femmes, on n'est pas à monoprix. Simplement rattrapage du retard en littérature, une certaine littérature écrite par des femmes qui n'auraient pas pu s'exprimer aussi librement avant.
10. Le dimanche 2 octobre 2005 à 01:35, par vinteix :
Je rebondis sur la citation ci-dessus de Monique Wittig, qui me laisse un peu perplexe, meme si je suis tout a fait d'accord avec sa premiere partie ("Il n'y a pas de litterature feminine (...) En litterature, je ne separe pas les femmes des hommes") et les propos precedents de Berlol... Ce qui me gene davantage, c'est cette "idee du neutre qui echapperait au sexuel"... D'abord, je vois mal comment echapper vraiment au sexuel... ou a l'erotique, au sens large. Mais surtout, a mes yeux, et peut-etre en un sens assez proche de Blanchot, le "neutre" ne signifie pas l'absence de sexe. Sa racine, "ne uter", "ni l'un ni l'autre", signifie aussi "l'un et l'autre", dans une conjugaison ou alternance des contraires; ce neutre ne se laisse donc dire que dans une sorte d'entre-dire, entre deux (etres)... entre deux sexes (?) Il me semble que certains ecrivains (pour citer d'autres femmes), comme Joyce Mansour, Suzanne Lilar, Unica Zurn, Annie Le Brun ou Marina Tsvetaieva, se situent dans cet entre-deux, certainement pas asexue, mais peut-etre bisexue... (?) et il ne s'agit pas, bien sur, de litterature feminine.
11. Le dimanche 2 octobre 2005 à 03:38, par arte :
"Pas promotion des femmes... rattrapage du retard en littérature, une "CERTAINE" littérature écrite par des femmes ...".
Une CERTAINE litterature ?
Ce qui est insupportable, c'est que la littérature ici n'est que pretexte.
Il y a des causes que l'on dessert à les épouser pathologiquement. Une forme malsaine suinte à chaque détour d'une langue chatiée comme un masque. Une manière d'échapper au VULGAIRE, dégoutante comme le pue d'une plaie entretenue. Une langue VULVAIRE.
Ce qui me rassure, c'est que je peux heureusement ne pas aimer CERTAINE(s) femme(s), et me contrefoutre de ce qu'elles pensent, pourraient penser, pourraient répondre.
Si elles pouvaient seulement avoir conscience de la répetition psychotique où elles se trouvent !
12. Le dimanche 2 octobre 2005 à 05:12, par Berlol :
De la tenue quand ça pète, nom de dieu !
13. Le dimanche 2 octobre 2005 à 05:31, par cel :
www.sitaudis.com/Excitati...
14. Le dimanche 2 octobre 2005 à 05:46, par arte :
tu as dit "pète"... Mon dieu, un vent, quelle horreur !!!
(Il y a tenue, puisque le propos est précis, sans détours, allusions ou cynisme : il dit un dégout réel : la tenue serait de le taire ?).
Cel, tu ne t'attends pas de réponse n'est-ce pas ?
15. Le dimanche 2 octobre 2005 à 08:26, par v inteix :
le texte, avant tout, oui ! Mais le sexe est toujours la...
16. Le dimanche 2 octobre 2005 à 08:47, par Bartlebooth :
En réponse à vinteix :
Je précise d'abord que je ne connais qu'assez peu Monique Wittig, je n'ai lu d'elle qu' "Opoponax", qu'en conséquence je ne connais que d'assez loin son écriture et sa pensée, qui m'attirent ; je feuillette de temps à autre "Les Guérillères" et je pense que je vais bientôt me décider à acheter "Le Corps lesbien" chez ce bouquiniste.
Je ne pense pas qu'il faille entendre "sexuel" dans ce sens proche "d'érotique". Wittig, dans des ouvrages comme "La pensée straight" et "On ne naît pas femme" a remis en question, si j'ai bien compris, les catégories de genre et de sexe, de façon radicale, ce qui a pu l'amener à dire aussi :
« la catégorie "femme", aussi bien que la catégorie "homme" sont des catégories politiques et par conséquent ne sont pas éternelles. Notre combat vise à supprimer les hommes en tant que classe, au cours d'une lutte de classe politique non un génocide. Une fois que la classe des hommes aura disparu, les femmes, en tant que classe, disparaîtront à leur tour, car il n'y a pas d'esclaves sans maîtres ».
Il me semble que pour Wittig "ni l'un ni l'autre", ce n'est pas "l'un et l'autre", surtout pas un "entre-deux". Ni l'un ni l'autre, ce n'est pas entre, c'est au-delà, et au-delà de la catégorie sexuelle (voir sa fameuse phrase qui a fait scandale, "les lesbiennes ne sont pas des femmes").
une page sur Wittig que j'ai trouvé très intéressante : cineffable.free.fr/p_15wi...
17. Le dimanche 2 octobre 2005 à 12:09, par Marie.Pool :
"Le débat qui fait rage"... Berlol nous fait un diagnostic à la Pasteur ( Là au moins l'agent infectieux est identifiable) , ailleurs on parle de pathologie psychotique concernant ma propension à récuser le vulgaire dans les échanges ou à rappeler une conviction que j'ai sur l'écriture et que je ne "tiens" pas comme vérité universelle mais comme un positionnement dans lequel je me"tiens" volontiers. J'ai passé l'âge d'être impressionnée par l'hostilité que peut déclencher ce type d'attitude et je ne cherche même plus sur ce blog à me justifier .
Je constate avec intérêt que Vinteix étaye de façon moins vague la notion de "neutre" et c'est ce que je comptais faire. L'article cité par Cel est très intéressant mais il ne recouvre pas tout à fait le type de questionnement que je relance assez obstinément, je veux bien le reconnaître. Je souhaite que nous cessions tout à fait de nous renvoyer des balles traçantes sur des questions que nous ne pouvons apparemment pas aborder calmement ici.
Nous ne parlons pas de façon directe et nous ne nous connaissons pas suffisamment pour distinguer au milieu de cet "enragement" la légitimité des motivations de chacun sur ces questions sexuelles et textuelles. Sauf à vouloir lucidement "tuer" la pensée de l'autre et fraternellement manger sur son cadavre, je crois qu'il est vain de poursuivre un tel débat qui n'a pas à mon sens, de "retenue ". Travaillant pour de vrai avec des personnes psychotiques, je puis affirmer que la question de la rétention des pulsions destructrices est vraiment la seule chose utile en société. Je suis sans doute influencée par cette expérience et j'y suis immergée depuis de nombreuses années. C'est une militance à séquelles dont je ne souffre pas vraiment si cela peut rassurer. Pour l'écriture des femmes, je ne peux pas changer de cap non plus et je me réjouis sans bémol de voir le visage de Nathalie SARRAUTE derrière celui de François BON sur son site car il y a de la rencontre sans violence entre leurs écritures. Je doute qu'un échange "pétant" soit l'objet d'une telle image. Il y est question des "morts qui parlent en nous". Je vous donne là une piste de réflexion qui lme concerne intimement et je souhaite que cela fasse disparaître des agressions verbales qui sont comme autant de coups d'épée dans l'eau de mes pensées flottantes. Ne vous énervez pas pour" rien" !
18. Le dimanche 2 octobre 2005 à 13:35, par arte :
Dire à une personne (qui ne peut éviter de placer le sexuel et le "je travaille dans le Psy" partout où elle va ) qu'elle nous est antipathique, n'est nullement enervant, et n'est pas dit "pour rien".
"...je puis affirmer que la question de la rétention des pulsions destructrices est vraiment la seule chose utile en société. " Il ne vous est jamais venu à l'esprit que cela pouvait être l'inverse ? Rien ne tient !
Effectivement vos pensees sont flottantes ...
19. Le dimanche 2 octobre 2005 à 13:38, par cel :
[je trouve dommage de systématiquement fermer le débat sous le prétexte d'une certaine "agressivité" qui serait présente, je trouve dommage qu'en tant que personne si directement liée (professionnellement, est-il utile de le rappeler) au domaine de la psychiatrie et autres psy(...)s, vous agissiez comme si vous restiez incapable de percevoir l'idée émise au delà de l'ironie ou agressivité présumée de certaines tournures de propos. Ce n'est qu'opinion au passage.]
Que le texte que j'ai mis en lien ne recouvre pas, je ne le pense pas, je crois surtout que le "questionnement" qui est le vôtre est érroné, et qu'il n'y a vraiment pas lieu de nos jours (et ici, pays tout de même relativement égalitaire, non ?) de défendre ou de donner la primauté à une certaine littérature pour la seule raison qu'elle serait "faite par des femmes". Si autrefois les femmes ne bénéficiaient pas de conditions équivalentes à celles des hommes concernant l'accès au savoir et aux études, si de diverses manières et comme l'a bien détaillé Woolf elles étaient tenues hors de la place de la création artistique, ce n'est plus le cas, celles qui y participent à présent n'ont plus à se plaindre de telles différences et je ne vois pas pourquoi il faudrait les traiter autrement que leurs confrères. Cette place à part a tout lieu de ramener leurs productions à de simples "ouvrages de dames" quand je présume que pour la plupart elles prétendent à une autre reconnaissance.
20. Le dimanche 2 octobre 2005 à 14:57, par Marie.Pool :
Où est le débat Cel ? Que voulez-vous me faire dire ou retirer dans ces échanges ? Il y a des interventions que je ne comprends textuellement pas. Je m'y noie et je my ennuie. Voulez vous que je fasse semblant de rire ? Redire que dans la littérature, il y manque "encore"quantitativement et qualitativement de la "sensibilité" dite (pour faire vite) féminine, n'est pas une contre-vérité. Lorsque j'écris le mot "femme", je pense à toutes les femmes de la planète et non pas à ces privilégiées dont nous sommes sans doute.
Je ne donne pas de primauté à la littérature faite par des femmes, je dis simplement qu'actuellement, elle absorbe davantage mon intérêt de lectrice que celle opulente des hommes parce que j'y cherche justement l'évolution d'une "manière de dire" dans la langue de maintenant. J'apprécie au plus haut degré une écriture qui "prend soin" ... Je suis mère et soignante c'est un fait et je ne retrouve pas "encore" dans les livres, l'intégralité des choses que j'observe et je pense dans la vie que j'ai. Je ne cherche pas à me distraire en lisant, je cherche toujours à approfondir mon expérience de la vie. J'aime rire, mais pas de tout. Les blagues salaces et intestinales m'ennuient , c'est un fait. Dois-je m'immuniser comme on le fait pour la poussière de maison ? A mon âge, c'est trop tard...
"Percevoir une idée dans un halo d'ironie et d'agressivité" est malheureusement quelque chose que je ne parviens pas à faire. Je ne sais pas jouer à ces jeux turbulents.Par contre, je suis sensible à l'effort que vous faites pour essayer de me parler. De quoi ou de qui parlons-nous au juste ?
21. Le dimanche 2 octobre 2005 à 15:10, par Marie.Pool :
Pour ARTE : l'antipathie n'est pas une maladie.
Que vous la formuliez rend le débat plus clair . Votre virulence vous appartient. Je vous la renvoie telle quelle , encombrante, sans enlever l'emballage pour ne pas la disperser sur le blog de Berlol.
Même les psys , pardonnez le mot, peuvent trouver les autres très difficiles à côtoyer . Il est sain je vous l'accorde de le leur rappeler de temps en temps . Mais contrairement à vous, j'ai renoncé ici à tuer votre part de dérision.Vous êtes pour moi souverainement inconnu et invincible. Je ne suis pas de taille.
22. Le dimanche 2 octobre 2005 à 15:35, par arte :
"Je suis mère et soignante ..."
Et bien madame, sachez qu'on s'en contrefout !
23. Le dimanche 2 octobre 2005 à 15:43, par Marie.Pool :
Dédicace à "ON " très très énervé !
(Excusez-moi mais là, très franchement je n'ai pu retenir un sourire... )
"Que les femmes en attente
posant leurs urnes
lourdes de cendres
se laissent envelopper de brumes de douceur"
François CHENG / Double Chant
24. Le dimanche 2 octobre 2005 à 17:16, par Philippe De Jonckheere :
Et ben! J'imagine que ce n'est pas le moment de vous écrire dans ces lignes de commentaires la très belle contrepétrie qu'un mien cousin vient de m'envoyer, hein?, ça pourrait fâcher, plus que de raison (Evidemment les amateurs connaissent mon mail et peuvent subrepticement m'en demander l'intitulé, il n'y a pas obligation d'achat, je dis cela pour ceux qui ne goûtent pas ces jeux triviaux)
Juste ceci peut-être, n'avez-vous pas, les uns et les autres, déjà de très nombreuses raisons de vous saouler d'agressivité dans votre vie quotidienne? Dites-moi comment vivez-vous ce débat? Vous écrivez rageusement quelques lignes au clavier en vous disant que vous allez l'assaisonner l'autre qui est au bout du fil et que vous ne croiserez jamais, et puis anxieux (attention c'est au pluriel, pas au singulier du masculin) vous y retournez dans l'heure pour voir si l'autre a répondu, outrés par avance de ce que vous y lirez, sans le lire d'ailleurs, parce que déjà vos doigts fulminent sur le clavier.
Qui suis-je, vraiment!, pour vous recommander de sortir faire un tour? C'est ce que je m'apprête à faire après avoir lu vos lignes énervées, appliquées à faire des phrases, comme la duchesse de Guermantes qui se vante d'un de ses traits en le qualifiant de bien "rédigé".
Amicalement à toutes et tous.
Phil
25. Le dimanche 2 octobre 2005 à 17:40, par Berlol :
Beau dégagement en touche, cher Phil au bout du fil ! (à deux heures du matin ?)
N'est-ce pas toi qui me disais que le ballon de rubgy, c'était plus intéressant que le ballon de foot parce qu'on n'en prévoyait que très difficilement les rebonds ?...
Outre l'agressivité, qui n'est pas toujours évitable, je trouve fascinant de suivre les directions imprévisibles des commentaires. Le lien donné par Cel est tout à fait considérable, dans ce débat. Pour Marie.Pool, contre qui je n'ai pas de grief particulier, je me demande tout de même si elle ne nous considèrerait pas tous ici, involontairement, sans doute, comme des malades en puissance (ou en fait), encore et à tort, en liberté...
26. Le dimanche 2 octobre 2005 à 18:06, par vinteix :
En reponse a Bartlebooth :
Moi-meme, je ne connais que tres peu la pensee de Wittig... et ce que je disais du "neutre" etait ma propre conception... et non une interpretation des mots de Wittig. Que dans sa pensee, le terme "sexuel" recouvre celui de "genres", dans une perspective politique, tres bien... Mais je reste encore perplexe quant a la fin de la premiere citation ou elle parlait la de litterature et de langage et de "neutre qui echapperait au sexuel"...
Quant a moi, je prefere voir le neutre et les sexes comme une combinaison-alternance des deux (masculin-feminin), sorte de "nostalgie" ou continuite de l'hermaphrodite que nous avons tous ete a un moment... Je me rappelle vaguement a ce sujet de tres belles pages dans "Le couple" de Suzanne Lilar.
27. Le dimanche 2 octobre 2005 à 18:26, par Marie.Pool :
J'en étais à la tisane "nuit tranquille", entre deux kleenex (j'pleure pas, c'est mon nez qui coule !)et j'en offrirais bien une ou cinq tasses si le virtuel ne nous en empêchait pas.
Phil.de J a entièrement raison: ces joutes sont parfaitement dérisoires et font monter le niveau hormonal d'agressivité pour quedale (ne cherchez pas de contrepèterade, y'en a pas ! ). J'ai pas été trempée toute petite dans la marmite et devenue comme je suis , c'est à dire vieille et coriace, ce type de contact déclenche des fourmillements désagréables sous le revêtement du crâne. Je m'abstiens bien donc.
Pfff Berlol! Je ne vois pas de "malades" sur les blogs,nous le sommes tous de toute façon, à un moment ou à un autre (Tenez, un exemple ! J'ai un rhume de cerveau et ça peut s'aggraver en commotion frontale... je commence à avoir la trouille).
Je réagis ou non à des propos en fonction d'une expérience humaine que je ne peux pas brimer à longueur de temps. Oui, je préfère les pensées flottantes aux pensées pesantes , c'est une question d'habitude et d 'attitude qui me convient .Cela m'amène à ne prélever dans le réel que ce qui est compréhensible pour moi et à laisser de côté ce qui m'est inaccessible. Il n'est pas possible sur ce blog de faire cela calmement. "On" en veut à la personne et "on " l'a déclare "antipathique" pour qu'elle rabatte son caquet . Alors, forcément ça rebiffe, et ça en remet une couche de lettres sur le clavier. Mais , à quoi bon ? J'ai essayé le contraire : ne pas répondre, et cela est devenu un festival de picadors... Alors ça rend un peu perplexe... Berlol , qui n'a pas de grief (Ouf ! )s'est mis (comme au ping-pong) à compter les points et il s'amuse plus que nous en fait. Lui aussi a raison. Il s'en fout un peu lui aussi me semble-t-il. Lâcher le morceau n'est pas infâmant et c'est ce que je vais faire après ma tisane . Je peux répondre aux gens corrects. Mais pour les griefs n'insistez pas ,je les assume et vous souhaite une bonne rémission de colère. La nuit
porte sommeil dit-on .
28. Le lundi 3 octobre 2005 à 11:12, par Bartlebooth :
Dégagement, certes, mais hors-jeu, réducteur et caricatural. S'il n'y avait pas le style, la référence à Proust et la signature, je m'imaginerais un ado peace and love, ou un curé qui contrepète en catimini mais catéchise à contre-pied, ou un gentil tenant du léger qui sort prendre l'air comme mary pool prend le thé, ou un comique formé à l'école Bigard, voire comme un naïf qui ne voit pas que les apparences de l'énervement sont inévitables dans la discussion, que si cet énervement peut être bien réel il peut aussi être simulé ou (in)volontairement exagéré et surtout, j'y tiens, que tout le monde, dans ces discussions/disputes, ne veut pas seulement "assaisonner l'autre", qu'il y a aussi l'expression d'une réflexion (et c'est bien plus barbare de l'ignorer, de l'évincer, que, par exemple, essayer de ridiculiser les arguments de l'autre). Je trouve dommage d'associer l'agressivité que vous voyez ici à celle insignifiante de la vie quotidienne. Enfin, pour répondre à la question, "comment vivez-vous ce débat", même si je n'y ai participé que par petite touches, je dirai juste que je le vis bien et que je trouve la révolte plus saine que la fuite ou le retrait dès que ça pense .
Sur ce, je sors aussi et vais essayer de trouver un arbre avec qui causer littérature.
Amicalement itou.
29. Le lundi 3 octobre 2005 à 11:31, par Roger Couderc :
Allez les petits !
30. Le lundi 3 octobre 2005 à 11:51, par Bartlebooth :
à vinteix :
pour en revenir à ce "neutre qui échapperait au sexuel", au niveau du langage il y a peut-être quelque chose de ce genre dans "Le Corps lesbien" de Wittig, quelque chose qui m'a frappé visuellement et qui pourrait se rapprocher de ce que tu dis ensuite avec l'hermaphrodite primordial :
un "je" coupé en deux, se présentant ainsi : "j/e", et les pronoms possessifs qui l'accompagnent, "m/a", "m/es"
31. Le lundi 3 octobre 2005 à 12:22, par arte :
D'ailleurs, où voyez vous la colère ou l'énervement? Il n'y a qu'une franche et calme dénonciation de la bêtise !
Hors de question de débattre sur des présupposés imbéciles, et dans des formes toujours centrées sur l'égo ! Car le débat n'est ici qu'un pretexte. Non ! Simplement dire :""Vous m'emmerdez !" et rejoindre quelques convives plus intelligents, auprès de qui la censure perverse du "bien-pensé", avec son maquillage habituel d'engagement militant, n'aurait pas prise.
En tout cas pas au point d'empêcher une bonne petite contrepèterie entre amis (dont je suis preneur...).
32. Le lundi 3 octobre 2005 à 12:46, par cel :
marie pool > où est le débat ? ben y'en a pas vraiment et pourtant ç'aurait été possible, les liens posés par bartlebooth n'intéressent visiblement que vinteix, c'est regrettable, je regrette aussi le manque d'à propos, prétendre parler de toutes les femmes quand les auteurs que vous citiez ne sont que des privilégiées comme nous le sommes sans doute, comme vous le dites. Je ne suis pas contre l'idée de mettre en avant celles et ceux sur la "planète" qui ne sont pas défendus par les éditions de minuit, c'est bien dans ce sens que je précisais que je parlais bien d'ici et de maintenant, et pas d'un pays où les femmes n'ont pas la parole, ni d'un temps où ici-même elles ne l'avaient pas. Les auteurs que vous donniez en exemple, elles n'en ont pas besoin. Ce que disais l'article sur Sitaudis, c'est qu'il est aberrant de présenter systématiquement le texte par le sexe (même si l'acte est bourré de bonnes intentions), tout comme il est je crois aberrant de prétendre qu'un auteur femme écrit de la littérature de femme, quoi qu'on mette dans cette notion, sensibilité féminine, rapport à la maternité ou autres, je considère que son caractère arbitraire la rend nulle. Exemple, puisqu'on parle ici aussi de nos expériences intimes ou professionnelles (mère, psy etc), le seul texte jusqu'ici qui m'aie touchée concernant le fait d'être parent est un texte d'henri michaux, quand par exemple je n'ai rien trouvé chez duras qui m'atteigne de ce côté (mais d'autres choses chez Duras, qui ne sont pas du versant que l'on qualifie à priori de féminin). Par contre, sans rapport avec la maternité mais du peu que j'en ai lu sur le lien donné plus haut, je pense que wittig mérite d'être lue car il semble que ce qu'elle apporte aille au delà de ces catégories trop faciles (sensibilité féminine par exemple, même en précisant que c'est pour dire vite...). Mince, si autour de tout ça y'a pas de quoi débattre !
Cependant effectivement lisez ce qui vous touche, femme ou homme et plus femme qu'homme si ça vous intéresse et parle particulièrement de la manière que vous voulez. C'est quand vous parlez de réequilibrage de bibliothèque (je ne sais plus si c'est chez berlol ou chez toussaint louverture que j'ai lu ça de vous), je trouve ça un peu excessif : de tout ce qu'on sait de l'histoire (et de la rareté jusque récemment) de la création faite par des femmes, je vois mal comment en quelques décennies on pourrait combler l'écart de quantité, sauf à combler avec du vent. Je pense qu'avec notre position confortable de pays privilégié (et tout le tintouin) on peut largement laisser le temps aux choses de se faire, qu'il n'y a pas de raison de se précipiter ou de privilégier - "elles progressent, elles gagnent de la malice" : bof, Sarraute qui est venue avant, Stein et d'autres à ce qu'il me semble vont plus loin que Darrieussecq. Il ne s'agit pas de progresser, mais de continuer à faire du bon boulot, et heureusement il y en a qui (j'ai lu un Quintane vachement bien dernièrement)
PS : Sans agressivité aucune, un verre de vin à la main, je trinque à tous et toutes
33. Le lundi 3 octobre 2005 à 12:52, par arte :
Bon, et si on s'enculait ?
34. Le lundi 3 octobre 2005 à 13:07, par Bartlebooth :
Entre nous pas de problème, mon coquin,
sinon faudrait extraire quelques manches à balai, mais bon, un peu de tenue !
35. Le lundi 3 octobre 2005 à 13:09, par arte :
:))
36. Le lundi 3 octobre 2005 à 13:14, par cel :
ben oui tenue correcte du manche sinon ça pète (et on s'applique plus bien à faire des phrases)
37. Le lundi 3 octobre 2005 à 13:16, par cel :
"festival de picadors"
38. Le lundi 3 octobre 2005 à 13:16, par arte :
perfectionniste va ! :d
39. Le lundi 3 octobre 2005 à 13:37, par Marie.Pool :
Et après çà ,"on" dira que c'est moi qui insiste sur la chose...
La sodomie est jouissive certes,mais sauf erreur d'observation, unilatéralement, (les partenaires masochistes s'en accommodent il est vrai , certains pour quelques pièces en or ...) et elle a l'inconvénient de mettre en contact avec de la matière nauséabonde. On a beau dire,même avec préservatif, c'est pas ragoûtant...Sans compter les saignements inesthétiques et douloureux ... Les proctologues en savent plus que nous sur le motif...Pas étonnant donc qu'"on" se noie dans l'emm----ment !
Manque de pot mon brave , la causeuse intempestive que je suis préfère les relations moins embourbées et notamment les caresses verbales parfumées. Rêver n'est pas atteindre...
Pour Cel, je ne pense pas que l'écart entre nos points de vue soit aussi éloigné que cela. Simplement, laissez-moi libre d'accorder mon attention à cette question et d'encourager ouvertement cette évolution de l'écriture des femmes dans la production littéraire . Je ne fais pas de hiérarchie entre SARRAUTE et DARRIEUSSECQ, pour moi, elles sont complémentaires. Je n'ai pas vraiment le réflexe de trier dans le genre "çà c'est de la grande littérature" ou " çà c'est du troisième choix". Le fait même qu'une personne, quelle qu'elle soit ait le courage de publier un livre ou d'écrire quelque chose à partager me semble déjà une bonne chose. Pour le résultat , autrement dit l'audience et la pertinence ( autant dire la chance d'émerger à un moment où la thématique plaît à un éditeur qui en fait la promotion) , ce sont les acheteurs qui en décident sans toujours savoir qu'ils ont acheté sous influence. Mais pour les "vraies" écritures abouties, c'est à dire qui donnent l'impression d'être uniques tout en touchant à l'universel, je ne crois pas qu'on se trompe beaucoup. Ceux qui resteraient en retrait seraient alors ceux qui, au bout du compte, avaient le besoin d'écrire , mais pas celui d'être publiés. Je pense parfois qu'ils sont très nombreux. Et a fortiori dans les endroits où l'illettrisme sévit,il peut y avoir renforcement de cette pulsion de prise de parole "à tout prix". Cela me donne l'occasion de rappeler un lieu commun :l'écriture est affaire personnelle avant de se diluer dans une communauté de lecture et d'écriture.
Je n'ai pas lu QUINTANE mais j'irai voir si vous me dites lequel a attiré votre attention.
Pour DURAS , il suffit de récouter ses entretiens radiophoniques pour découvrir l'importance de la maternité dans sa vie et dans son oeuvre.
Pour" le rééquilibrage des bibliothèques", je persiste et signe, c'est une nécessité éthique, sociologique et littéraire . Je trinque avec vous à ce type de progrès humain !
Pour les interventions récentes de Bartlebooth qui sont pour la plupart redevenues lisibles, je n'ai pas trop envie de réitérer les discussions de sourds du passé. Sa syntaxe très particulière a des effets poétiques intéressants mais je n'ai pas suffisamment de clés pour ouvrir toutes les subtilités du discours. C'est dommage mais comme il a été , lui aussi, très désagréable à lire, je garde ma réserve ce qui ne m'empêche nullement d'apprécier certaines de ses contributions. Il a deux types d'écriture dont une est assez hermétique pour le sens commun, elle est peut-être expérimentale aussi je ne peux que respecter et laisser les autres en parler. Je ne suis pas rancunière de toute façon .
Bien cordialement.
40. Le lundi 3 octobre 2005 à 14:08, par Marie.Pool :
Entre vous pas de problème! Comme dirait le film où il y avait LUCCHINI : "Tout çà pour çà !" Pour d'autres c'est autre chose...qu'à cela ne tienne... Amusez-vous, Tuez vous, disait la maîtrese, mais ne vous faites pas mal ! *[;-)))
41. Le lundi 3 octobre 2005 à 14:47, par Berlol :
Je me lève à peine, et y'a tout ça à lire !
Ça a l'air jouissif !
J'y reviendrai cet après-midi...
42. Le lundi 3 octobre 2005 à 18:32, par vinteix :
Je ne crois vraiment pas que le fait que "tout le monde" ou presque ecrive et publie soit "une bonne chose"... Vraiment pas ! Au contraire, a mes yeux, aujourd'hui, trop de gens ecrivent et publient (avant tout des "romans", precisons-le bien)... Mais bon, ce serait long a expliquer... Quant a dire aussi que "l'on ne se trompe pas beaucoup" dans le jugement sur ceux qui font vraiment de la "vraie litterature"... la aussi, la marge d'incertitude et d'ignorance est grande et l'on pourrait citer un bon paquet de "grands" ecrivains, qui, certes, sont ou ont ete publies, mais sont tres largement ignores...
(Dans mon petit "pantheon" personnel, je citerais entre autres Michel Fardoulis-Lagrange, Armel Guerne, Gherasim Luca, Bernard Manciet, Charles Duits, Georges Henein, Malcolm de Chazal... Il est vrai qu'il s'agit la, avant tout, de poesie, "l'enfant pauvre" de ce monde, qui veut surtout un "or du temps" monnayable et miserable)
43. Le mardi 4 octobre 2005 à 04:20, par Marie.Pool :
Ce qui est important, Vinteix, c'est que la parole soit donnée à tout le monde lorsque lui ou elle se sentent prêt à énoncer quelque chose d'important à formuler publiquement. L'ignorance et la reconnaissance sont un autre palier de décompression (si j'ose dire). Le second est moins probable que le premier mais qu'est-ce que ça change au mouvement initial qui est toujours une façon de sortir de soi pour se rencontrer sous une autre forme au milieu des autres ? Oui, les poètes sont moins populaires que les romanciers peut-être parce qu'ils ne racontent pas d'histoire. Les humains aiment qu'on leur raconte des histoires pour faire rire, pleurer, aimer, frémir.Il existe une frange, une marge dans la population humaine (j'ignore quantitativement à combien elle chiffre) qui est complètement coupée de l'écriture mais qui n'est pas (sauf à être dans le coma , et encore...) insensible aux mots proférés. Je fais partie des gens qui croient au "bain de langage".
Il est le préalable de toute lecture ultérieure. Dire que "trop de gens écrivent et publient" me chagrine un peu. Mais j'attends des compléments à votre déclaration. Je ne sais pas à quel point de vue vous vous ralliez en proférant cette mise en garde qui peut avoir des effets anti-démocratiques. Le Roman, le roman bas de gamme existe, c'est un fait (c'est la différence entre la soupe grasse au gruau et le consommé aux asperges) mais c'est au lecteur de faire la préférence et l'auteur d'en tirer les conséquences sur la portée de son travail. Il me semble que tout écrivain est un artisan qui s'améliore au fil du temps et qui n'est pas à l'abri d'un accident biographique qui le contraint à la réserve, voire au silence. Vient un moment où son oeuvre lui échappe, c'est peut-être le moment le plus convoité par ceux qui tiennent à "réussir" dans la publication.
44. Le mardi 4 octobre 2005 à 07:10, par arte :
Connaissez-vous Bartlebooth ? Je n'irais pas jusqu'à le conseiller, mais
"Sa syntaxe très particulière a des effets poétiques intéressants" ...
En progrès. Bartlebooth : 12/20.
Berlol, il y a du mieux dans votre style, il est moins empoulé-frites, comme dirait nos amis proctologues, cependant s'agit-il d'une " "vraies" écritures abouties, c'est à dire qui donnent l'impression d'être uniques tout en touchant à l'universel... ? ".
Peu importe d'ailleurs, car "Je n'ai pas vraiment le réflexe de trier dans le genre "çà c'est de la grande littérature" ou " çà c'est du troisième choix" ". Vous êtes nul MAIS vous écrivez, donc vous prenez la parole... C'est bien, continuez Berlol, vous êtes sur la voie. Ensuite, vous passerez à l'Atelier Poterie ...
Comment, vous ne saviez pas que les " "vraies" écritures abouties ... donnent l'impression d'êtres uniques en touchant l'universel ?". Mon Dieu, que l'on m'apporte mes escargots et mes papillons !
"Ce qui est important, Vinteix", c'est que vous n'avez rien compris.
Donc, "j'attends des compléments à votre déclaration". Apportez moi votre carnet : le petit Vinteix met en danger la démocratie. Voila, vous me le rapporterez signé par vos parents.
Sur ce, je vais faire un gros pipi, parce que j'ai bu UN TOUT PETIT PEU TROP de tizane, là...
45. Le mardi 4 octobre 2005 à 07:31, par Berlol :
Je rêve de l'atelier poterie !
Oui, uniqueversel, je le suis. Je suis de la grande littérature, mais il ne faut pas le dire sinon le succès tuera ma poule aux œufs d'or, mon centre atomique, ma bouse sacrée et tout le toutim.
46. Le mardi 4 octobre 2005 à 08:49, par vinteix :
ouais... je vais prendre un bon bain... d'eau chaude...
moi aussi, j'ai un peu force sur la tisane, ce soir...
47. Le mardi 4 octobre 2005 à 09:34, par Marie.Pool :
La terre glaise est un bon médiateur artistique Berlol . On peut la modeler à sa guise et lui faire dire ce qu'on veut. Il faut s'entraîner tout de même ...L'épreuve de vérité c'est le four et l'éventuel émaillage. En littérature c'est un peu pareil, il y a des pots qui ne tiennent pas à la cuisson, mais comme l'a dit un cinéaste (je ne sais plus lequel) ce qui est intéressant avec les pots fêlés c'est qu'ils laissent passer la lumière...
A-t-on le droit sur le blog de BERLOL de dire que j'apprécie la nouvelle façon de dire émaillée de citations fines ? Lorsque REBOLLAR écrira son prochain livre, il est certain que je l'achèterai car cela m'intéresse. Pour les notations scolaires, admettons qu'il un fantasme de potache . Les livres à lire pour moi, c'est plutôt : Oui ! Non ! Peut-être ... Pourquoi pas ? Plus tard ... Je suis si bête à foin que je m'en contente.
Vinteix, je vous offre un peu de Tisane, on peut pas la boire ici en papotant, les soucoupes volent encore trop bas.
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