Tout était resté en l'état chez moi depuis à peu près le 9 mars... Un peu de rangement et d'aspirateur de temps en temps, par Bikun ou par moi, mais en gros ça n'avait pas bougé. Depuis son départ non plus. Et pour cause, j'étais en France ou à Tokyo. Ce matin, au lieu d'aller au sport, je m'attaque donc au ménage et au rangement à grande échelle, sur les 4 pièces en même temps, déplaçant aussi toute la chaîne hi-fi dont le lecteur de cédés ne fonctionne plus (elle avait été achetée en 1993) pour qu'elle serve bientôt à récupérer plus de 200 MD en MP3, soit tous les enregistrements de France Culture effectués entre 1998 et 2001, si ma mémoire est bonne, c'est-à-dire jusqu'à ce que j'acquière le logiciel Total Recorder qui enregistre directement le son reçu par l'ordinateur.
Tout ça, c'est au moins aussi crevant que le vélo, les haltères, etc., sauf que je ne peux pas lire en même temps.

Déjeuner avec David et deux autres collègues, dans un restaurant nommé Kamakura (bien que l'on soit à Nagoya), à moins de cent mètres de chez moi. C'est dans ce restaurant, qui portait alors un autre nom (ce que je m'explique mal puisque la décoration japonaise rustique est exactement la même), que notre département avait officiellement remercié Henri Meschonnic de sa venue pour une conférence sur les Psaumes, fin octobre 2002, en marge du colloque Hugo qui se déroulait à Tokyo. On avait aussi déjeuné chez Chitaka, le restaurant de tonkatsu maintenant disparu, on avait visité un peu le campus, été en voiture dans le beau quartier de Kakuozan, etc.
De ces lieux délavés par les ans, rendus transparents à mes yeux par les passages quotidiens, j'ai aujourd'hui du mal à croire qu'ils ont pu être le théâtre d'événements exceptionnels — alors même que j'en ai de vifs souvenirs, qu'il y a des photos, des témoins, etc.
Voilà ce qui arrive quand on remue trop la poussière !...

Reprise intensive des consultations du dévédé de la revue Europe, pour finaliser un article. Au passage, je tombe sur Jean Cayrol (citation à venir demain)...
À relire ainsi une cinquantaine d'articles étalés sur une trentaine d'années, je ne vois pas passer les deux heures de shinkansen. Un peu comme s'il allait encore trois fois plus vite...