Comme l'an dernier, le 16 octobre, je suis en phase avec l'actu de l'Institut. On projette des films de Marguerite Duras, on invite Dominique Auvray qui a été la monteuse de plusieur de ses films, et c'est très bien. Félicitations !
Mais dans les bureaux du culturel de l'Institut, a-t-on remarqué qu'il y avait, dans le même bâtiment et pendant tout le trimestre, un cours consacré à Duras ? Non, les bureaux du culturel de l'Institut sont très très loin des bureaux du pédagogique. Les programmes des cours ne leur arrivent jamais et ils ne prennent jamais le temps d'aller en chercher un pour voir si par hasard... Inversement, je me demande si les bureaux du pédagogique sont au courant de ce que concoctent les bureaux du culturel, car la distance est la même, approximativement. Et puis qu'est-ce qu'on en ferait, du prof et de ses étudiants en phase avec l'actu ?

Ce matin, j'ai vu Baxter, Vera Baxter (1977). À recommander aux amateurs de Lol V. Stein — ainsi qu'aux amateurs de flute indienne... ; on y baigne dans un climat durassien, on voit comment des femmes conversent ensemble (Delphine Seyrig et Claudine Gabay) à propos de l'impossibilité de l'amour et de l'inévitable trivialité de l'argent, par exemple. Le fait que Duras montre souvent des gens de milieux aisés ne signifie pas qu'elle les aime, comme il arrive que certains spectateurs ou lecteurs le croient. Ce serait plutôt le contraire...

« J'ai eu cette chance, d'être reléguée au rang des indigènes. C'est pour ça que j'ai écrit, je pense, aussi. J'ai pu soulever tout ce que ça recouvrait. C'est une très grande force, chez un enfant, cette liberté que donne la pauvreté, je peux dire la misère à certains moments.» (dans Marguerite, telle qu'en elle-même, documentaire de Dominique Auvray, 2002.)

Quarante secondes ! C'est le temps — très long — qu'a duré le tremblement de terre de cet après-midi dans la région de Tokyo. Frayeur bien normale de Dominique Auvray, puisque c'était le premier séisme qu'elle ressentait — sur scène, avec une traductrice, pour répondre aux questions de la salle. Pas de panique. Deux mètres au-dessus de moi, un projecteur de 7 ou 8 kilos... qui n'a pas bougé. Ouf !
Les courageux, salle comble, ont ensuite assisté à la projection de Liberté, la nuit de Philippe Garrel (1983). Émotion forte, voir ensemble Maurice Garrel, Emmanuelle Riva et Christine Boisson, dans le contexte de la fin de la guerre d'Algérie, un noir et blanc d'élimination d'opposants qui coupe le souffle.