La discussion comme jamais cet appartement
Par Berlol, lundi 17 octobre 2005 à 23:57 :: General :: #42 :: rss
Gris clair en matinée pendant que je lis
lumineux pour un déjeuner de retrouvailles
ses reflets durcissent l'après-midi encore à gué
finissent grisaille noyée chute continue dans l'oreille.
lumineux pour un déjeuner de retrouvailles
ses reflets durcissent l'après-midi encore à gué
finissent grisaille noyée chute continue dans l'oreille.
Se retrouver, DG et moi, c'est essayer dans un désordre concis et alternatif de savoir ce qui s'est passé depuis sept ans. Tentative avec du sourire et sans hypocrisie. Après ses années à Hong-Kong, le retour à Tokyo ne semble pas trop difficile. Connaître le Saint-Martin sera je l'espère un atout de plus, d'autant qu'on y sert aujourd'hui pour la première fois du confit de porc à l'orange — juste équilibre entre l'épaisseur salée de la viande et le velouté acidulé de la sauce à l'orange. DG a retrouvé quelques cours à donner, des amis avec qui sortir, un rythme. De mon côté, j'explique mes semaines binaires, le cours à l'Institut, le GRAAL. D'autres choses, bien sûr, comme les activités de T. ou le journal à écrire et mettre en ligne chaque soir, de son côté le conjoint et l'enfant, la préparation d'un master de FLE. C'est rare, la bonne entente, et la retrouver, c'est précieux.
Séance spéciale du GRAAL, qui nécessite un peu de préparation, de mise en scène... Comme notre salle de réunion de la Maison franco-japonaise est exceptionnellement prise, nous nous réunissons dans l'appartement au-dessus de chez nous, où logeait le père de T., qui nous a quittés en mai — reste l'urne et la maison des ancêtres (お仏壇). Pour l'occasion, Daniella m'a proposé d'ouvrir un bloc de foie gras qu'elle n'arriverait pas à consommer seule, et de l'accompagner d'un sauternes. Cela ne se refuse pas ! — et m'avait déterminé samedi à ce passage de colis en pleine librairie à Shinjuku. Depuis, j'y ai adjoint quelques autres bricoles...
Rendez-vous dans le hall de l'Institut (je recroise DG qui y descend aussi... normal, son logis est à deux rues du nôtre ! Ah, Kagurazaka, la colline des Français !...) pour ramener mes graalistes à la maison. Malgré la pluie, ils sont tous à l'heure. Arrivés à la maison, accrochés les parapluies, chacun se recueille spontanément devant le portrait et l'urne de l'honnête vieillard — et va que tinte la cloche ! Puis ils l'oublient — tant mieux — et se plongent dans la discussion comme jamais cet appartement n'en a résonné.
Pour contextualiser un peu mieux Assia Djebar et son recueil de nouvelles, j'ai fait appel à deux ressources électroniques, aboutissements d'étonnantes entreprises humaines, de celles qui redonnent de l'espoir quand les guerres passées et à venir nous en privent : d'une part le dévédé d'Europe dont j'ai imprimé et photocopié deux articles d'un numéro de juillet-août 1976 dont il a déjà été question, d'autre part le fabuleux travail de Jean-Claude Bourdais autour du tableau de Delacroix qui intitule le recueil d'Assia Djebar : Femmes d'Alger dans leur appartement. Je montre plusieurs pages du journal de JCB en expliquant sa démarche, résumant ses explications, ses propositions. Il peut être fier de lui — et satisfait de notre bon escient.
Guerre à venir. Koizumi joue avec le feu, de façon de plus en plus ostentatoire. Hélicoptères ce matin, entendus malgré la grisaille, doute... Oui, c'est bien Koizumi, à moins de deux kilomètres, en visite officielle au temple de la guerre, Yasukuni, là où des criminels de guerre sont honorés en même temps que des victimes. Réactions instantanées de la Chine et de la Corée. Depuis sa victoire aux élections, Koizumi ne se sent plus, dictateur de jour en jour. Pire à craindre.
Tard, nous resteront à goûter, T. et moi, les délicieux sarments citron et orange au chocolat que Fumie nous a offerts. Merci !
Commentaires
1. Le lundi 17 octobre 2005 à 10:40, par alain :
Le titre, d'abord, "la discussion...", qui convoque Duras sur la rupture de construction. De toute façon, je peux bien écrire avec du vin. Toujours obligé de se justifier ici. Il faudrait des tirets. Des mises à niveau. Le "bon escient" tordu ici à bon escient. D'où ça vient, escient ?
Alors, voilà, j'étais parti en Hongrie, invité depuis des semaines, comme Français, avec des poètes que je ne connaissais pas, francophones.
Une canadienne, incertaine jusqu'à la fin, ne vint pas. Nous ne fûmes que des hommes à représenter la francophonie à Pècs, université à 200 km de Budapest. Les poètes m'ont d'abord fait poireauter plus d'une heure à l'aéroport parce que leur avion arrivait après le mien. Nous prîmes ensuite un mini-bus loué pour l'occasion où s'était calée une femme grosse, hongroise, je veux dire qu'elle ne décrocha pas un mot francophone du trajet, qui devait rejoindre à moindre frais sans doute une destination intermédiaire et qui reçut de nombreux coups de téléphone sur son mobile (maintenant je dis mobile, plus portable) qui entonnait une musique connue mais laquelle ? Le poète à côté duquel je me plaçais mettait régulièrement sa main en cornet derrière son oreille pour entendre ce que je lui disais. Lui, deux jours après, au cours d'un dîner arrosé d'un délicieux Villanyi, j'ai failli lui mettre ma main dans la gueule pour des propos... Je vous raconterai.
2. Le lundi 17 octobre 2005 à 19:02, par Bartlebooth :
J'espère que ce n'est pas l'auteur de Bang ! qui a échappé à la senestre.
3. Le mardi 18 octobre 2005 à 06:22, par Berlol :
C'est quoi, ça, l'auteur de Bang !?
Je suis dépassé, là ! Bartlebooth, tu m'expliques ?
4. Le mardi 18 octobre 2005 à 07:52, par alain :
moi aussi.
5. Le mardi 18 octobre 2005 à 08:57, par Bartlebooth :
extraits : www.kuleuven.ac.be/vlr/99...
discussion : elvir.univ-poitiers.fr/te...
élargissement : www.maulpoix.net/1990.htm
6. Le mardi 18 octobre 2005 à 09:05, par Berlol :
Bon bah c'est pour toi, Alain. Moi, je vais me coucher...
7. Le mardi 18 octobre 2005 à 10:25, par alain :
Oh lala ! Je ne sais qui est sous Bartlebooth, mais comment dire ? quelle joie de retrouver ce qui a fait ma surprise, mon intérêt, ma découverte (je ne connais pas grand chose) durant ce séjour en Hongrie dans les conversations que nous avions, Vincent et moi, et Vincent qui me faisait découvrir des façons, des lectures, des expériences poétiques, et voilà trois liens magnifiques.
Comment aurais-je pu m'emporter contre l'auteur de Bang ! Bien au contraire, c'est lui qui, durant ce repas arrosé (en fait, nous n'avions pas beaucoup bu durant le repas, nous ne pouvions pas, nous ne pouvions plus, mais nous avions bu toute la journée, et nous n'en pouvions plus, je crois, de ce délicieux Villanyi), c'est lui qui, du regard, de l'autre côté de la table, prenait appui, me soutenait muettement et levait les yeux au delà des conneries tranquillement racistes d'un poète, paraît-il, invité comme tel.
Non, non, Bartlebooth, Vincent fut pour moi une rencontre, et il rebondissait sur Christophe Tarkos, et Vincent Prigent, et d'autres. C'était vraiment bien, et dès le premier soir. Et Vincent est tout en discrétion, retenue, écoute.
Merci beaucoup pour ces liens.
Il s'est passé d'autres choses.
Je vous raconterai.
8. Le mardi 18 octobre 2005 à 19:40, par vinteix :
Christian Prigent, non ?
9. Le mardi 18 octobre 2005 à 19:53, par alain :
oui, Christian Prigent.
Et Vincent Tholomé.
10. Le mercredi 19 octobre 2005 à 06:37, par Bartlebooth :
Ah ! content que Vincent Tholomé vous ait laissé un si bon souvenir.
Dans un récent Action Poétique, il y a de lui le plus bel hommage à Tarkos que j'ai lu. Et c'est kèkchose pour moi Tarkos, comme Prigent, un chic type, et forcément Tholomé.
Sous Bartlebooth, juste un passionné et un curieux, qui essaie aussi de faire kèkchose.
11. Le mercredi 19 octobre 2005 à 07:49, par alain :
Oui, Tarkos, Vincent m'en a parlé longtemps avec admiration, non pas admiration, intérêt, passion, ...
Merci encore, Bartlebooth.
Au reste, je suis allé sur votre site plusieurs fois. Pour voir le kékchose dont vous faites mention, à moins que ce soit autre part.
12. Le mercredi 19 octobre 2005 à 08:57, par Bartlebooth :
Oui, et ailleurs, dans l'informulé surtout.
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