[RLVS-5] On parle peu de la vitesse des textes. Ici, vous avez dix pages qui traitent de quelques heures dans la vie des personnages. Là, vous avez cinq ou six pages qui vous font traverser dix ans de leur vie. Ces vitesses et ces changements de braquet sont conditionnés par la visée du texte : il faut que nous soyons impressionnés par la scène de bal, il faut que quelques semaines de prostration mènent au désir d'aller marcher dans les rues, il faut détailler les deux ou trois heures passées avec Jean Bedford, puis il faut accélérer à fond pour la décennie de Lol mariée, Lol Machine, Lol raisonnable et docile, sans intérêt. Il le faut pour que le narrateur en arrive à son temps à lui, tout en ayant assez bâti pour y loger l'intérêt du lecteur. L'élasticité du temps narré dans le temps narratif est sans doute un des éléments les plus structurants et les moins visibles des romans, alors que c'est un des plaisirs de l'auteur. [/RLVS-5] 
De cela et d'autres choses, en détail, je parle mes deux heures. Le reste de la journée, j'écoute plutôt.

J'ai du retard dans les émissions de la semaine, sur France Culture. Sylvie Germain sur Magnus aujourd'hui chez Veinstein, Bayon et ses Pays immobiles avant-hier. Colas Duflo sur Le Neveu de Rameau dans les Vendredis de la philo d'hier. Mardi, commencera un feuilleton alléchant, en vingt épisodes : Grande et petite histoire de la Comédie-Française.
J'écoute T. et Yukie, au Saint-Martin, en me délectant de mon poulet-frites.
J'écoute Daniel Pennac au 13-heures de France 2 jeudi, après avoir lu qu'il y était dans un blog inconnu et pas mal écrit.
J'écoute quelques collègues de l'Institut plus que je ne leur parle. Ils me voient rarement le samedi après-midi, leur étonnement les amène à me parler. J'y suis revenu parce que je n'en pouvais plus des bruits de destruction et de machines vibrantes dans l'appartement d'à côté. Certains finissent leurs cours et vont rentrer chez eux, d'autres vont commencer ou sont en pause, quelques-uns viennent pour le film de 17h30, S'en fout la mort de Claire Denis que je n'ai pas envie de revoir. J'en ai profité pour rendre les deux Mocky empruntés la semaine dernière et en sortir deux autres : Un Linceul n'a pas de poches (1975) et L'Albatros (1971).

Encore un léger tremblement de terre, ce soir. Sans conséquence. On peut dormir tranquille. D'ailleurs, je vais me coucher tôt, j'ai aussi du retard de sommeil.