Ne m'appelez pas "maître", on voit vos dents !
Par Berlol, lundi 24 octobre 2005 à 23:55 :: General :: #49 :: rss
Plutôt repos... me disais-je, ce matin.
Sur le tempo gracquien de François, je poursuis vite mon idée de vitesse.
Chez Lionel, un petit amusement qui m'a attiré un message d'une bête méchanceté (la personne commence par citer mon jeu de mot à deux balles) :
« "Du français sans accents, c'est comme du café sans caféine, du coca sans cocaïne, de la fél sans féline..." Au risque de passer pour un attarde, a part la repetition des "ine" qui lui donne une touche aliterationnesque (barbarisme ? neologisme ? je vous laisse juge) je trouve cette reflexion bien indigne de vous cher maitre... En outre je ne sais pas ce qu'est une "fel", il est vrai que je ne possede pas de dictionnaire (et une fel sans accent doit sans doute etre loin d'avoir vos faveurs). Si vous voulez mon avis je trouve ces blogs d'erudits expatries chiants comme la pluie, et ceux qui touchent au Japon, pour une raison qui m'echappe encore, semblent l'etre plus encore. Lionel Dersot se regarde ecrire, c'est plus fort que lui (vous aussi du reste), et tous ces blogeurs du coin qui viennent se renifler sous la queue ! Vous trouvez pas que ca sent l'ecrivain refoule tout ca ? En cliquant "Berlol" sous votre commentaire je suis alle sur votre blog, puis votre site, puis en googlant votre nom j'ai finalement lu votre C.V. Pffuiiiit ! Mazette ! muscle du cerveau le gonze ! Et puis on vous la fait pas sur le Japon, vous devez desormais savoir aussi bien rouler les maki que les joints ! Vous en savez meme peut-etre plus sur le sumo que Chirac. Ahh ! Le Japon ! Je comprends qu'on puisse trouver ce pays fascinant. Ce raffinement a la lisiere du divin, cette merveilleuse culture envoutante, impenetrable, intemporelle; ses traditions seculaires, ses bateaux-usines a cetaces, ses historiens amnesiques... J'arrete ici, je vais deraper.»
À quoi j'ai répondu ce matin (moins la première phrase, en rapport avec l'identité de la personne) :
« [...] "fél", ça doit être une abréviation de fellation, j'imagine... Pas vous ? C'est un petit jeu de mot sans prétention. Pas vraiment besoin d'être musclé du cerveau, comme vous dites.
Vous avez droit à votre avis, même s'il est faux. Par exemple, je ne sais presque rien du Japon, je passe trop de temps à essayer de bien faire mon travail d'enseignant avec quelques dizaines d'étudiants qui pensent à tout autre chose qu'au français. Et puis à suivre l'actualité littéraire francophone et à relire quelques classiques, voir quelques films, avoir du bon temps avec quelques amis. Je ne suis pas du tout "japonisant", comme on dit ici.
Ainsi, si vous trouvez des blogs chiants, arrêtez de les lire, ou n'allez que sur ceux qui vous plaisent, ou faites-en un vous même. Et si tout vous emmerde, c'est que vous devez mal fonctionner de quelque part. Changez de vie. Partez. Ou suicidez-vous, que sais-je.
Et ne m'appelez pas "maître", on voit vos dents !
PS : pour les historiens amnésiques, je suis d'accord avec vous ; il y a des Japonais qui souhaitent ce travail de mémoire mais le pouvoir actuel serait plutôt du genre à réécrire l'Histoire. J'ai plusieurs fois protesté, dans ce JLR ou en classe, mais ce que dit un étranger leur est à peu près égal...»
Le fond, c'est donc qu'il existe des individus dits français et qui, parce qu'ils habitent aux États-Unis et sont plutôt pragmatiques, refusent d'écrire leur langue avec des accents. Outre le fait que le problème est anachronique, car cela fait bien dix ans qu'il existe des raccourcis clavier et cinq ou six ans qu'il existe un environnement multilingue permettant de changer de langue à condition de savoir où sont les cinq ou six signes utiles, ce qui en principe n'occupe pas beaucoup de mémoire humaine, ces personnes n'ont donc aucune conscience de la valeur historique de leur langue d'une part, ni aucune conscience de la guerre linguistique rampante entre l'anglais et les autres langues, dont le français, d'autre part. Je ne parle pas de ceux qui, passant par hasard dans un pays étranger et n'ayant que quelques minutes pour rédiger quelque chose le font sans accent, mais de ceux qui, y résidant en permanence, collaborent avec l'ennemi à l'éradication des langues au profit d'un sous-produit de l'anglais composé de cinq cents mots de moins de dix lettres.
Il y a dix ans, quand je disais à des collègues japonais qu'ils pouvaient avoir des accents aigus, graves, etc., ils invoquaient leur incompétence à comprendre ce qu'il fallait faire — et ils n'avaient pas tout à fait tort. Aujourd'hui, ils écrivent sans difficulté la langue de Molière, surtout avec le programme du clavier français canadien qui correspond au QWERTY de base qui sert au japonais. Et il m'arrive de temps en temps d'écrire du japonais avec mon clavier AZERTY — et un petit effort de mémoire. On appelle ça le respect mutuel.
Remontons à la surface. Il a fait beau et je n'ai pas eu mal aux dents, moi. Au saint-Martin, il restait une portion de boudin, que j'ai prise, avec des frites au lieu de la purée. T. a pris du roti de porc qui avait aussi l'air très bon. Je suis revenu et j'ai préparé le GRAAL sur Assia Djebar dans les bruits de travaux, ceux d'à-côté et ceux d'en-face.
Une fois à la Maison franco-japonaise, nous avons repris Femmes d'Alger dans leur appartement, en commentant la nouvelle la plus ancienne, Il n'y a pas d'exil, qui date de mars 1959. Une femme de 25 ans que sa famille veut remarier, les lamentations des voisines qui pleurent le fils mortellement accidenté le matin même, la situation de réfugiés, les paroles de femmes qui osent exposer leur conscience d'être à la fois femmes et algériennes, tout cela par touches, ambiances, petits mouvements et paroles apparemment anodines, sans volonté pédagogique, sans vouloir mettre la littérature au service d'un combat. La grande classe.
Ensuite, restaurant italien, un peu bruyant mais bon et sympathique, dans le quartier d'Ebisu. S'appelle Vacanza. On cause fort nous aussi. Laurent dit que Roméo et Juliette est une des plus profondes tragédies de Shakespeare. C'est vrai. Moi, je trouve regrettable que Roméo se tue alors que Juliette n'était pas vraiment morte, c'est tout.
Sur le tempo gracquien de François, je poursuis vite mon idée de vitesse.
Chez Lionel, un petit amusement qui m'a attiré un message d'une bête méchanceté (la personne commence par citer mon jeu de mot à deux balles) :
« "Du français sans accents, c'est comme du café sans caféine, du coca sans cocaïne, de la fél sans féline..." Au risque de passer pour un attarde, a part la repetition des "ine" qui lui donne une touche aliterationnesque (barbarisme ? neologisme ? je vous laisse juge) je trouve cette reflexion bien indigne de vous cher maitre... En outre je ne sais pas ce qu'est une "fel", il est vrai que je ne possede pas de dictionnaire (et une fel sans accent doit sans doute etre loin d'avoir vos faveurs). Si vous voulez mon avis je trouve ces blogs d'erudits expatries chiants comme la pluie, et ceux qui touchent au Japon, pour une raison qui m'echappe encore, semblent l'etre plus encore. Lionel Dersot se regarde ecrire, c'est plus fort que lui (vous aussi du reste), et tous ces blogeurs du coin qui viennent se renifler sous la queue ! Vous trouvez pas que ca sent l'ecrivain refoule tout ca ? En cliquant "Berlol" sous votre commentaire je suis alle sur votre blog, puis votre site, puis en googlant votre nom j'ai finalement lu votre C.V. Pffuiiiit ! Mazette ! muscle du cerveau le gonze ! Et puis on vous la fait pas sur le Japon, vous devez desormais savoir aussi bien rouler les maki que les joints ! Vous en savez meme peut-etre plus sur le sumo que Chirac. Ahh ! Le Japon ! Je comprends qu'on puisse trouver ce pays fascinant. Ce raffinement a la lisiere du divin, cette merveilleuse culture envoutante, impenetrable, intemporelle; ses traditions seculaires, ses bateaux-usines a cetaces, ses historiens amnesiques... J'arrete ici, je vais deraper.»
À quoi j'ai répondu ce matin (moins la première phrase, en rapport avec l'identité de la personne) :
« [...] "fél", ça doit être une abréviation de fellation, j'imagine... Pas vous ? C'est un petit jeu de mot sans prétention. Pas vraiment besoin d'être musclé du cerveau, comme vous dites.
Vous avez droit à votre avis, même s'il est faux. Par exemple, je ne sais presque rien du Japon, je passe trop de temps à essayer de bien faire mon travail d'enseignant avec quelques dizaines d'étudiants qui pensent à tout autre chose qu'au français. Et puis à suivre l'actualité littéraire francophone et à relire quelques classiques, voir quelques films, avoir du bon temps avec quelques amis. Je ne suis pas du tout "japonisant", comme on dit ici.
Ainsi, si vous trouvez des blogs chiants, arrêtez de les lire, ou n'allez que sur ceux qui vous plaisent, ou faites-en un vous même. Et si tout vous emmerde, c'est que vous devez mal fonctionner de quelque part. Changez de vie. Partez. Ou suicidez-vous, que sais-je.
Et ne m'appelez pas "maître", on voit vos dents !
PS : pour les historiens amnésiques, je suis d'accord avec vous ; il y a des Japonais qui souhaitent ce travail de mémoire mais le pouvoir actuel serait plutôt du genre à réécrire l'Histoire. J'ai plusieurs fois protesté, dans ce JLR ou en classe, mais ce que dit un étranger leur est à peu près égal...»
Le fond, c'est donc qu'il existe des individus dits français et qui, parce qu'ils habitent aux États-Unis et sont plutôt pragmatiques, refusent d'écrire leur langue avec des accents. Outre le fait que le problème est anachronique, car cela fait bien dix ans qu'il existe des raccourcis clavier et cinq ou six ans qu'il existe un environnement multilingue permettant de changer de langue à condition de savoir où sont les cinq ou six signes utiles, ce qui en principe n'occupe pas beaucoup de mémoire humaine, ces personnes n'ont donc aucune conscience de la valeur historique de leur langue d'une part, ni aucune conscience de la guerre linguistique rampante entre l'anglais et les autres langues, dont le français, d'autre part. Je ne parle pas de ceux qui, passant par hasard dans un pays étranger et n'ayant que quelques minutes pour rédiger quelque chose le font sans accent, mais de ceux qui, y résidant en permanence, collaborent avec l'ennemi à l'éradication des langues au profit d'un sous-produit de l'anglais composé de cinq cents mots de moins de dix lettres.
Il y a dix ans, quand je disais à des collègues japonais qu'ils pouvaient avoir des accents aigus, graves, etc., ils invoquaient leur incompétence à comprendre ce qu'il fallait faire — et ils n'avaient pas tout à fait tort. Aujourd'hui, ils écrivent sans difficulté la langue de Molière, surtout avec le programme du clavier français canadien qui correspond au QWERTY de base qui sert au japonais. Et il m'arrive de temps en temps d'écrire du japonais avec mon clavier AZERTY — et un petit effort de mémoire. On appelle ça le respect mutuel.
Remontons à la surface. Il a fait beau et je n'ai pas eu mal aux dents, moi. Au saint-Martin, il restait une portion de boudin, que j'ai prise, avec des frites au lieu de la purée. T. a pris du roti de porc qui avait aussi l'air très bon. Je suis revenu et j'ai préparé le GRAAL sur Assia Djebar dans les bruits de travaux, ceux d'à-côté et ceux d'en-face.
Une fois à la Maison franco-japonaise, nous avons repris Femmes d'Alger dans leur appartement, en commentant la nouvelle la plus ancienne, Il n'y a pas d'exil, qui date de mars 1959. Une femme de 25 ans que sa famille veut remarier, les lamentations des voisines qui pleurent le fils mortellement accidenté le matin même, la situation de réfugiés, les paroles de femmes qui osent exposer leur conscience d'être à la fois femmes et algériennes, tout cela par touches, ambiances, petits mouvements et paroles apparemment anodines, sans volonté pédagogique, sans vouloir mettre la littérature au service d'un combat. La grande classe.
Ensuite, restaurant italien, un peu bruyant mais bon et sympathique, dans le quartier d'Ebisu. S'appelle Vacanza. On cause fort nous aussi. Laurent dit que Roméo et Juliette est une des plus profondes tragédies de Shakespeare. C'est vrai. Moi, je trouve regrettable que Roméo se tue alors que Juliette n'était pas vraiment morte, c'est tout.
Commentaires
1. Le lundi 24 octobre 2005 à 10:55, par arte :
Juliette Gréco (é ?) n'est VRAIMENT morte ???
2. Le lundi 24 octobre 2005 à 10:58, par Marie.Pool :
"Moi, je trouve regrettable que Roméo se tue alors que Juliette n'était pas vraiment morte, c'est tout. "
Cette phrase est d'un pragmatisme "magistral" et m'amuse beaucoup. Il est vrai que tuer des gens avant d'avoir réussi à leur parler aimablement c'est du vrai- de -vrai gâchis. Le monde est parfois ainsi qu'il confond l'insulte et la caresse. Par ailleurs, je n'ai pas encore compris l'intérêt d'aduler une citation Coréenne pour parler de quelque chose que la plupart des amoureux affectionnent. Peut-être était-ce à cause de la proximité entre Cor ( qui brame au fond des bois comme le cerf) et corps, cet ustensile si précieux que nous immobilisons parfois devant un écran vidé de ses attraits sensuels et conviviaux. BERLOL, parfois... vous m'étonnez !
L'insulte de votre détracteur est à l'efficacité ce que la caféine est au sommeil bienfaisant.
Mais il y a plus intéressant dans le lièvre que lève ce "méchant virtuel". Lorsqu'il parle d'expatrié et grosso modo de graine avortée d'écrivain. Est-ce que l'expatriation joue un rôle dans le désir d'écrire ? Est-ce que l'expatrié qui écrit est un écrivain qui s'ignore ? Tout cela sent pour finir son relent de rivalité un peu grotesque. Qu'est-ce qu'un écrivain aujourd'hui ? Son domaine est-il jalousement gardé pour éviter de confondre la truffe et le mousseron ? Je pense aux champignons parce que ça pousse comme les blogs et les sites où ça écrit dans tous les coins.
Je pense bien plus encore au travail collectif de François BON qui justement veut dépasser l'idée de livre à tout prix pour donner l'occasion d 'écrire et de lire à un maximum de gens écrivains et non écrivains (connectés sinon interactifs).
Le livre est ainsi désacralisé et c'est une chance pour lui, même si cela rend plus difficile le choix du lecteur qui doit se bâtir son propre itinéraire dans la pulpe littéraire.
Pour revenir à DURAS, je crois en explorant avec "ravissement " tout ce que ça génère comme écriture, indifférence, passion, érudition, simplification... qu'elle a bien fait son boulot d'écrivain : passer le mot , restituer la violence de la vague, de la mer , de l'amour, rater sa vie par certains côtés ( elle le disait: l'a-t-on réellement entendue ?). L'écriture, c'est terrible et fabuleux, comme l'alcool et tout ce qui aide en général à supporter la douleur humaine.
3. Le lundi 24 octobre 2005 à 11:21, par vinteix :
L'allusion au "maitre" dans le titre du jour m'a rappele cette anecdote savoureuse : je ne sais plus qui (Louis Jouvet ???) allant voir un jour Cocteau dont le majordome dit en ouvrant la porte :
- C'est pour le Maitre ?
- Non, c'est pour le voir.
Quant a l'ami Chicoree, agace par ses jactances (et peut-etre aussi par certains de mes etudiants, si nuls, si mous, dont une m'a recemment montre une page trouvee sur le web avec un poeme de Chenier qu'elle pensait ecrit en francais, alors qu'il s'agissait d'une traduction en italien !!! 4eme annee de francais a 1.000.000 de yens l'inscription annuelle = 7.400 euros ! Merci papa, merci maman !)... bref, j'ai adresse sur le blog de Lionel Dersot deux billets doux a ce pisse-lyre eructant.
PS : quant aux accents, mea culpa (je suis bien conscient de ce "peche capital")... je m'en explique d'ailleurs, sans m'en satisfaire, dans le premier message a l'ami Chicoree... Je vais tacher d'y remedier quand meme...
4. Le lundi 24 octobre 2005 à 12:08, par FB :
c'est écrit trop petit pour que j'arrive à lire... je suis aussi un peu réticent sur l'idée du "livre collectif", Marie-Pool, en atelier on n'a pas pour but d'aller au livre, plutôt d'accompagner chacun jusqu'à l'endroit où il saura travailler seul _ et "tumulte" c'est quand même d'abord un chemin personnel, même si je suis très heureux des démultiplications, rebonds, détournements qui viennent s'y mettre (sans jeu de mots, profitons que Jean Marais n'est pas là) par les contributions lecteurs _ en tout cas ce rapport de croisements et miroirs est aussi étrange que chez Berlol, même sur une gamme autre, mais ne supprime pas le chemin personnel, je n'ai jamais cru à une écriture "pour" _ et si l'idée d' "écrivain" ou "non écrivain" n'a guère de pertinence pour là d'où surgit la littérature (penser aux collègues de travail de Kafka), reste que la discipline, sa pratique, reste d'une exigence infinie et terrible, quand bien même on y est si pâteux ou maladroit, ou qu'on passe des mois dans les blogs parce qu'on ne sait plus par quel bout rejoindre la table de travail, la même table à laquelle Kafka disait qu'il fallait s'y tenir "avec les dents" _ Berlol, un petit effort sur la police des comments ? tu peux pas faire du template dans ta salle de gym sur ton portable en sudant à vélo toutes tes frites au boudin ?
5. Le lundi 24 octobre 2005 à 14:56, par Berlol :
Voilà ! j'ai retrouvé l'endroit où j'avais moi-même mis "small" pour les commentaires le mois dernier... et je l'ai retiré. Résultat : textes des commentaires au même niveau que le texte du billet. Normal. Ça économisera les yeux de tout le monde...
6. Le lundi 24 octobre 2005 à 17:22, par Francois Chicoree :
Jus de citron sur ecorchure .
c'est le titre: "jus de citron" c'est moi, Chicoree, apres tout moi aussi je peux en faire des titres...
Boudiou ! boudiou ! comme quoi rien de tel qu'un petit commentaire un peu provocant sur le blog "Tokyo: 5 minutes" pour reveiller les passions. C'est vrai que ca ronronnait un peu au Pays du Soleil Levant. Et moi qui pensais que mon courriel (plus de mots anglais c'est promis) resterait prive cher Berlol, force est de constater qu'une bonne abeille fait son miel avec toutes les fleurs qu'elle butine, y compris celle de cette merveilleuse plante qu'est la chicoree. Malgre tout ca fait plaisir de voir les intellos se sortir un peu les doigts de leur braguette rachidienne, meme si c'est pour y aller de leur prose rabaissante en clouant un compatriote eloigne au pilori. Je ne pensais pas avoir ete mechant cependant, peut-etre bete... FB par contre semble mechant, sanguin, a la limite de l'irraisonne; je crois qu'il serait surement capable d'assommer un etudiant avec un dico ce type la. A surveiller... Je dois aussi m'excuser aupres de vous car je ne suis pas du tout litteraire. Je ne lis pas, ou tres peu, mais j'aime les choses bien ecrites. Ca peut sembler paradoxal, je sais... mais c'est comme ca. J'ai obtenu le Certificat d'Etude Primaire la derniere annee ou on le faisait passer (72 ou 73, sais plus trop..). J'ai donc eu une dictee a faire, ma derniere. J'aime la ponctuation qui rythme, et les accents quand je peux en mettre. J'ai eu un prof merveilleux au lycee de Libourne qui s'appelle Jacques Abeille. Il a ecrit qques bouquins. Il aimait Gerard de Nerval. Un jour en cours, il nous a meme raconte son suicide, avec une corde trop longue attachee a un peron; il a fallu qu'il decolle ses pieds du sol pour arriver a ses (sa) fins. Chapeau bas Gerard ! Votre suggestion a ce sujet cher Berol ne me tente pas du tout.
Pour ce qui est du neologisme "googlant" du verbe "googler", j'avoue l'avoir fait un peu expres. Ce neologisme existe deja en anglais et comme il n'y a plus d'ocean Atlantique, je donne au terme quelques dizaines de mois avant que l'Academie l'ajoute au Larousse. Donc, a l'instar d'Antoine, je ne fais qu'etre en avance de 2 ou trois longueurs.
Je vous ai appele "maitre" car votre CV indique que vous etes maitre de conferences. Savais pas non plus qu'il y avait une guerre linguistique rampante entre la baguette et le rosbif...
Bon, c'est pas tout ca, faut que j'aille relire Mein Kampf. A propos, saviez vous qu'Hitler n'avait qu'une couille ?
7. Le lundi 24 octobre 2005 à 18:02, par Manu :
C'est mieux comme ça les commentaires, mais il me semble que c'était déjà pour FB que tu avais diminué la taille de la police ; il disait qu'ils prenaient trop de place et qu'il y avait trop d'espace vide, si j'ai bonne mémoire...
8. Le lundi 24 octobre 2005 à 18:55, par vinteix :
Ne vous inquietez pas, l'ami Chicoree, au Japon, ca ronronne beaucoup moins qu'il ne vous semble... Quant a Hitler qui n'avait qu'une couille, Nerval qui s'est pendu avec une corde trop courte, Jacques Abeille qui ecrit des livres... tout cela est connu... de meme que si il n'y a pas "une guerre linguistique entre la baguette et le rosbif", il y a quand meme beaucoup a dire a ce sujet... bref, je vais boire m................on cafe.
9. Le lundi 24 octobre 2005 à 20:46, par vinteix :
Au fait, Monsieur Chicorée, vous qui êtes à L.A. ou S.F. depuis 20 ans, vous avez dû voir ce beau rêve américain, généreux et fraternel, s'effondrer quelque peu, non ? "L'Amérique, ça n'existe pas; je le sais, j'y suis allé." Vous rappelez-vous qui est votre gouverneur actuel ? On est bien dans ce cauchemar des images qui rendent aveugles dont parle Bernard Stiegler. Pas de quoi faire le fier... à part le fier à bras, peut-être, si l'on mesure l'humanité à l'aune de son tour de biceps plutot qu'à celle des "muscles du cerveau". Que tous ces abrutis amphétaminés aillent se faire foutre, et bon dimanche !
L'on vous cloue là où votre bêtise vous enchaîne.
Je ne déteste rien tant que les donneurs de leçons, surtout quand leur cynisme est agrémenté de bêtise ! Alors, comme vous m'agacez et m'amusez à la fois, je joue un peu les Flaubert, ce grand pourfendeur de la bêtise, en toute modestie bien sûr.
Et puisque votre vision du Japon semble se réuire à quelques clichés et a priori frappés du sceau de l'ignorance, permettez-moi de m'amuser à faire vibrer la corde de ma sympathie toute relative pour le pays dans lequel vous vivez (sans que cela soit de "l'anti-américanisme primaire", comme on dit... Il y a beaucoup de choses à prendre...). Il y a belle lurette que le rêve américain n'existe plus et a trahi son beau credo de liberté... Hermann Melville le disait déjà, il y a 150 ans. L'Amérique : une belle invention, certes, mais le trésor est désormais relégué dans l'imagination des enfants, renvoyé à son île, imaginaire.
C'est dit.... je vais me laver les mains.
10. Le lundi 24 octobre 2005 à 21:16, par Marie.Pool :
"je suis aussi un peu réticent sur l'idée du "livre collectif", Marie-Pool, en atelier on n'a pas pour but d'aller au livre, plutôt d'accompagner chacun jusqu'à l'endroit où il saura travailler seul ." FB
"Je pense bien plus encore au travail collectif de François BON qui justement veut dépasser l'idée de livre à tout prix pour donner l'occasion d 'écrire et de lire à un maximum de gens écrivains et non écrivains (connectés sinon interactifs). " M.pOOl
On se lit imparfaitement les uns les autres ... Manque d'attention , de persévérance ? C'est pourtant vrai que je ne pensais pas dévoyer la démarche, entendant l'idée de collectif dans le sens de collecte, collection pas vraiment, collation c'est peut-être le sens le plus "convivial", encore que...Bien sûr qu'on écrit seul et qu'on en est où on en est dans les ateliers. L'écrire à plusieurs , unité de lieu, de temps,de thème est matériellement possible, elle ne recouvre jamais la simultanéité de l'acte d'écrire (même si elle la convoque) , écrire ensemble et pourtant pas la même chose que d'écrire tout(e) seul (e)et parfois en secret. Bien évident que la position d'un animateur d'atelier d'écriture, a fortiori celle d'un écrivain n'est pas la même que celle des participants. Ce que je soulignais sans le savoir, c'est la générosité du site et son accessibilité qui en fait un lieu de rencontre inédit et fécond. Le Tumulte est pour moi indéfinissable et j'accepte d'ignorer ce qu'il remue dans le magma des mots.C'est comme un cours d'eau inconnu dont on suivrait les méandres et les réenfouissements sous la vôute de la page. On peut faire confiance, l'eau peut ressurgir là où ailleurs et elle est porteuse d'une mémoire qui n'est pas aussi captive que celles des livres finis.
Je ne sais pas si c'est plus clair. Le laudatif n'est pas forcément une bonne approche lorsque cela n'est pas reçu comme tel. Mais reformuler ce qui est mal dit n'est jamais inutile.
11. Le lundi 24 octobre 2005 à 22:33, par FB :
merci, Patrick, c'est nettement mieux pour la lecture
ce qui est bizarre, c'est que tu ne puisses pas mettre tout simplement la taille de la police
si l'instruction "small" fait passer de 12 à 9 c'est vraiment beaucoup, et c'était vraiment illisible - mais tu pourrais nous laisser, les commentateurs infinis, à 10 ce serait suffisant, et ça respecterait que le bloggeur-maître on lise son texte différemment ? ("font-size: 10px;" ou par exemple en écrivant "smaller" au lieu de "small" ? et pour Manu je confirme : on a moins d'ascenseur à prendre, c'est quand même plus fastoche!)
et une autre couleur pour les titres, pendant que tu y es ?
et merci à M-P one more time, amitié à la cuisine avec le four qui réchauffe encore une fois ses lasagnes
12. Le mardi 25 octobre 2005 à 00:04, par Cristina :
Pour aller dans le sens du respect linguistique mutuel et de la maîtrise du clavier, je voudrais juste signaler le blog bilingue en français et en japonais d'un ami étudiant français à Tokyo : leilujapan.free.fr/
13. Le mardi 25 octobre 2005 à 08:33, par vinteix :
...ceci dit, en revenant un instant sur les propos de l'ami Chicoree... (aurais-je mis ce soir un peu d'eau dans mon sake ? Mazette ! Quel sacrilege !... dans mon "chouchu" alors...) bref, l'ami Chicoree n'a pas dit que des betises, en particulier en parlant des "historiens amnesiques" (ce a quoi Berlol a fait allusion aussi)... mais plus generalement, je constate aussi moi-meme qu'il y a pas mal "d'intellos" francais "japonisants" "qui se la petent un peu" et se regardent beaucoup (ecrire, parler, vivre, paraitre...) Cela meriterait peut-etre de plus amples reflexions et explications, bien que le sujet ne me passionne guere, mais je le dis comme une impression intuitivement et sensiblement ressentie, a de multiples reprises depuis que j'habite ici et deja auparavant, a Paris, quand je frequentais certains "milieux" franco-japonais.
14. Le mardi 25 octobre 2005 à 09:50, par Berlol :
Sais pas... n'ai presque jamais fréquenté les milieux franco-japonais... On y reviendra.
Merci, Cristina, effectivement pas mal, ce blog... vais le suivre.
Oui, Manu, je crois aussi. Mais bon, on bricole, on rectifie, etc. Au fait, je n'avais pas vu que tu m'avais répondu chez Bikun pour dimanche. Dimanche prochain, c'est l'anniversaire d'Hisae, fais un effort !
15. Le mardi 25 octobre 2005 à 20:54, par vinteix :
"Sais pas..."
Si, si, je t'assure.
16. Le mardi 25 octobre 2005 à 23:13, par Manu :
J'ai failli te répondre ici, mais les autres ne nous auraient pas compris... C'est surtout mon corps qui doit faire un effort. C'est toujours latent.
17. Le mercredi 26 octobre 2005 à 17:03, par Dominique :
Le reve Americain c'est la maison en carton, un bout de terrain et ne pas parler a son voisin..
La realite Francaise Les intellos qui nous les brisent ...
Mais o diable!!! Qui voyagent prive...avec restau et hotel gratos...
Un pays de d'intellectuels a ceci pour garantie: enorme chomage et salaire de misere...
Allez je m'en vais....
18. Le mercredi 26 octobre 2005 à 22:54, par vinteix :
Dominique, votre remarque serait-elle de l'anti-intellectualisme de base ? C'est vrai que c'est assez à la mode en ce moment, en France (et ailleurs), mais ne confondez pas tout : le chômage, les salaires de misère... n'on rien à voir avec les intellectuels... adressez-vous plutôt aux politiques qui, eux aussi d'ailleurs, font beaucoup d'anti-intellectualisme en ce moment. Si vous appelez "intellectuels" les gens qui tentent de réfléchir et de penser le monde et si ce genre de personnes équivaut pour vous à "briseurs de couilles", c'est un peu court et con... certes on peut toujours "vivre et penser comme des porcs"... triste condition.
Et que veut dire "qui voyagent avec restos et hôtels gratos..."?????????? Si certains "intellectuels" (écrivains, philosophes, enseignants, artistes, etc.) sont PARFOIS invités ici ou là, je ne crois pas qu'il s'agisse des gens qui bénéficient des plus fastueux avantages dans ce monde... réfléchissez un peu avant de lancer votre venin. Et s'ils sont PARFOIS invités, c'est peut-être aussi qu'ils ont travaillé en amont et ont quelques chose à dire ou à présenter en aval...
Quant au rêve américain, il a existé à une époque mais s'est effrité dès l'époque de la guerre de Sécession... mais c'était un beau rêve, fraternel et généreux, comme le rêve communiste... cela n'empêche pas de croire au devenir de certaines utopies... mai je sens que je vous les brise sûrement... alors je m'arrête là...
19. Le jeudi 27 octobre 2005 à 05:44, par Berlol :
Je ne vois même pas pourquoi tu discutes, Vinteix...
20. Le jeudi 27 octobre 2005 à 06:34, par vinteix :
Oui, c'est vrai... perte de temps... peut-etre que je traverse une periode d'enervement qui se traduit par de vaines polemiques.
21. Le jeudi 27 octobre 2005 à 07:17, par Berlol :
Vas-y, allonge-toi, raconte-moi tes derniers rêves, ou ce que tu voudras.
C'est 10.000 la séance...
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