Mutisme presque total, monacal
Par Berlol, mercredi 26 octobre 2005 à 23:52 :: General :: #51 :: rss
Difficile d'être à l'heure, ce matin. Nuit trop courte, sommeil
léger.
En cours, les étudiantes parlent mieux que l'an dernier. J'ai changé de méthode : au lieu de demander que toutes préparent le même texte pour discuter des idées qu'il contient, je leur ai proposé de chercher pendant la semaine puis de présenter aux autres des documents sur un aspect (du Protocole de Kyoto) qui soit spécifique et intéressant à leurs yeux, dans des magazines ou dans l'internet, en français ou en japonais, puis de présenter aux autres, qui n'ont pas le document, les point essentiels des textes choisis. Je crois que ça marche précisément parce que les autres n'ont pas sous les yeux le texte de celle qui essaie d'en parler : tout circule par la parole. Ce n'est qu'après qu'on écrit quelque chose.
Autre amélioration, il y a parmi elles une étudiante française, de japonais, qui va vite se faire des copines. Ça change l'ambiance.
Je déjeune d'un sandwich pour préparer des oraux à faire passer à 13h30. Et à 15 heures, c'est la réunion des profs de la faculté. Pendant 90 minutes ; durée tout à fait raisonnable si l'on sait que dans certaines universités, ces réunions peuvent durer des 7 ou 8 heures d'affilée.
Après 17h, vanné, j'essaie de me reconcentrer sur Europe. Sans succès, aujourd'hui.
Par intermèdes, je regarde les commentaires qui sont plus ou moins aimablement déposés sous le JLR — plutôt plus que moins, dans l'ensemble —, avec des ouvertures imprévues, des embranchements vers d'autres sujets, des clins d'œil, etc. Je suis parfois saisi d'un vertige à l'idée de cette multiplicité de lieux planétaires d'où l'on se lit et se répond alors qu'ici même je puis me replier dans un mutisme presque total, monacal. En conséquence, il est probable qu'on en sait plus sur moi à six ou dix mille kilomètres sans m'avoir jamais serré la main que certains collègues d'ici que je salue tous les jours. Et ça n'est pas prêt de changer, bien au contraire.
Dernier de ma série de Mocky, L'Albatros (1971) est aussi le plus poignant. Marion Game et Mocky lui-même y sont épatants, mis en valeur par les candidats d'une campagne électorale bien glauque. Le rythme du road-movie de fuyards ne s'effondre pas dans la vulgarité, sans pour autant tomber dans le panneau inverse de l'embellissement romantique de l'homme traqué.
D'inspiration baudelairienne et soutenu par les boucles musicales et vocales de Léo Ferré, le héros de Mocky a effectivement dans sa tête des ailes trop longues qui l'empêchent de marcher.
C'est l'heure d'Alain Sevestre, je vais essayer de lire un peu de Tristes...
En cours, les étudiantes parlent mieux que l'an dernier. J'ai changé de méthode : au lieu de demander que toutes préparent le même texte pour discuter des idées qu'il contient, je leur ai proposé de chercher pendant la semaine puis de présenter aux autres des documents sur un aspect (du Protocole de Kyoto) qui soit spécifique et intéressant à leurs yeux, dans des magazines ou dans l'internet, en français ou en japonais, puis de présenter aux autres, qui n'ont pas le document, les point essentiels des textes choisis. Je crois que ça marche précisément parce que les autres n'ont pas sous les yeux le texte de celle qui essaie d'en parler : tout circule par la parole. Ce n'est qu'après qu'on écrit quelque chose.
Autre amélioration, il y a parmi elles une étudiante française, de japonais, qui va vite se faire des copines. Ça change l'ambiance.
Je déjeune d'un sandwich pour préparer des oraux à faire passer à 13h30. Et à 15 heures, c'est la réunion des profs de la faculté. Pendant 90 minutes ; durée tout à fait raisonnable si l'on sait que dans certaines universités, ces réunions peuvent durer des 7 ou 8 heures d'affilée.
Après 17h, vanné, j'essaie de me reconcentrer sur Europe. Sans succès, aujourd'hui.
Par intermèdes, je regarde les commentaires qui sont plus ou moins aimablement déposés sous le JLR — plutôt plus que moins, dans l'ensemble —, avec des ouvertures imprévues, des embranchements vers d'autres sujets, des clins d'œil, etc. Je suis parfois saisi d'un vertige à l'idée de cette multiplicité de lieux planétaires d'où l'on se lit et se répond alors qu'ici même je puis me replier dans un mutisme presque total, monacal. En conséquence, il est probable qu'on en sait plus sur moi à six ou dix mille kilomètres sans m'avoir jamais serré la main que certains collègues d'ici que je salue tous les jours. Et ça n'est pas prêt de changer, bien au contraire.
Dernier de ma série de Mocky, L'Albatros (1971) est aussi le plus poignant. Marion Game et Mocky lui-même y sont épatants, mis en valeur par les candidats d'une campagne électorale bien glauque. Le rythme du road-movie de fuyards ne s'effondre pas dans la vulgarité, sans pour autant tomber dans le panneau inverse de l'embellissement romantique de l'homme traqué.
D'inspiration baudelairienne et soutenu par les boucles musicales et vocales de Léo Ferré, le héros de Mocky a effectivement dans sa tête des ailes trop longues qui l'empêchent de marcher.
C'est l'heure d'Alain Sevestre, je vais essayer de lire un peu de Tristes...
Commentaires
1. Le mercredi 26 octobre 2005 à 23:09, par vinteix :
Le Maître en venin... et géographie, Monsieur Chicorée, pour ne pas le nommer, fait des émules et s'est trouvé un disciple et digne successeur en la personne de Dominique... voir commentaire 17 sur ce blog à la date du lundi 24 octobre ("Ne m'appelez pas Maître...")
Je le cite : "la réalité française : les intellos qui nous les brisent"
Voilà un autre poète !
Je me demande parfois si je ne vais pas arrêter de lire ce blog... pardon Berlol... béotien que je suis, c'est pourtant le premier que j'ai découvert il y a environ un an et le seul que je lis régulièrement... mais à voir à quel point la bêtise - et parfois la méchanceté - pullule et s'exprime sans ciller, avec une assurance effrayante et une naïveté de nouveau-né... j'ai parfois envie d'arrêter là... bien sûr, c'est aussi un reflet du monde et on ne va certainement pas rétablir la censure... la sens-sure existe déjà bien assez. Mais j'ai parfois envie de pester comme ce cher Flaubert...
Allez, Dominique, va, toi aussi... je ne te hais point.
2. Le jeudi 27 octobre 2005 à 00:01, par vinteix :
Mais heureusement il n'y a pas sur ce blog que des "renifleurs" qui prennent la littérature et d'autres belles choses pour des "graffiti d'urinoirs" (citation de Maître Chicorée, chaire de lourderie à San Francisco)...Il vaut mieux, en effet, lire Duras, Bataille ou Pierre Bayard, par exemple...
3. Le jeudi 27 octobre 2005 à 00:05, par vinteix :
... ou alors boire un bon pinard ou un bon saké...
Bon, je soliloque un peu là... j'arrête là...
4. Le jeudi 27 octobre 2005 à 05:51, par Berlol :
Mais non, t'es pas tout seul, Jef...
J'étais occupé. Les autres, ch'ais pas, prennent des vacances, aujourd'hui... Z'ont bien raison. Ne t'inquiète pas, la littérature va revenir, araignée de la grande espèce...
Ajouter un commentaire
Les commentaires pour ce billet sont fermés.