Difficile d'être à l'heure, ce matin. Nuit trop courte, sommeil léger.
En cours, les étudiantes parlent mieux que l'an dernier. J'ai changé de méthode : au lieu de demander que toutes préparent le même texte pour discuter des idées qu'il contient, je leur ai proposé de chercher pendant la semaine puis de présenter aux autres des documents sur un aspect (du Protocole de Kyoto) qui soit spécifique et intéressant à leurs yeux, dans des magazines ou dans l'internet, en français ou en japonais, puis de présenter aux autres, qui n'ont pas le document, les point essentiels des textes choisis. Je crois que ça marche précisément parce que les autres n'ont pas sous les yeux le texte de celle qui essaie d'en parler : tout circule par la parole. Ce n'est qu'après qu'on écrit quelque chose.
Autre amélioration, il y a parmi elles une étudiante française, de japonais, qui va vite se faire des copines. Ça change l'ambiance.
Je déjeune d'un sandwich pour préparer des oraux à faire passer à 13h30. Et à 15 heures, c'est la réunion des profs de la faculté. Pendant 90 minutes ; durée tout à fait raisonnable si l'on sait que dans certaines universités, ces réunions peuvent durer des 7 ou 8 heures d'affilée.
Après 17h, vanné, j'essaie de me reconcentrer sur Europe. Sans succès, aujourd'hui.

Par intermèdes, je regarde les commentaires qui sont plus ou moins aimablement déposés sous le JLR — plutôt plus que moins, dans l'ensemble —, avec des ouvertures imprévues, des embranchements vers d'autres sujets, des clins d'œil, etc. Je suis parfois saisi d'un vertige à l'idée de cette multiplicité de lieux planétaires d'où l'on se lit et se répond alors qu'ici même je puis me replier dans un mutisme presque total, monacal. En conséquence, il est probable qu'on en sait plus sur moi à six ou dix mille kilomètres sans m'avoir jamais serré la main que certains collègues d'ici que je salue tous les jours. Et ça n'est pas prêt de changer, bien au contraire.

Dernier de ma série de Mocky, L'Albatros (1971) est aussi le plus poignant. Marion Game et Mocky lui-même y sont épatants, mis en valeur par les candidats d'une campagne électorale bien glauque. Le rythme du road-movie de fuyards ne s'effondre pas dans la vulgarité, sans pour autant tomber dans le panneau inverse de l'embellissement romantique de l'homme traqué.
D'inspiration baudelairienne et soutenu par les boucles musicales et vocales de Léo Ferré, le héros de Mocky a effectivement dans sa tête des ailes trop longues qui l'empêchent de marcher.

C'est l'heure d'Alain Sevestre, je vais essayer de lire un peu de Tristes...