Je dîne et je suis à toi...
Par Berlol, vendredi 28 octobre 2005 à 23:59 :: General :: #53 :: rss
Même dans le plus mauvais livre, on trouvera d'excellentes
paroles.Plus j'avance dans celui-ci, plus je m'y ennuie. Un épisode de secte était un peu plus animé mais il s'est achevé sans suite ni résultat. Le décousu du personnage est tellement pathétique que je ne lis plus que pour savoir ce qu'il peut y avoir de pire — littérairement parlant. Dire que ce truc risque d'avoir le Goncourt, c'est dire le total discrédit de ce jury. Avec aussi de la franche immoralité, qui ne date pas d'aujourd'hui : il y a un siècle, ce prix était conçu pour aider un nouvel auteur, prometteur et plutôt dans le besoin...
Bien sûr, si Toussaint l'a, je dirai que c'est un jury intelligent. Même Weyergans...
« Je me sentais de plus en plus mal à l'aise : on m'avait souvent parlé show-business, plan médias, microsociologie aussi ; mais art, jamais, et j'étais gagné par le pressentiment d'une chose nouvelle, dangereuse, mortelle probablement ; d'un domaine où il n'y avait — un peu comme dans l'amour — à peu près rien à gagner, et presque tout à perdre.» (Michel Houellebecq, La Possibilité d'une île, p. 153-154)
J'ai dû ressentir ça quand j'avais treize ou quatorze ans. Bienvenue au club.
Je ne suis pas non plus très emballé par l'Histoire de la lecture qu'essaie de nous conter Alberto Manguel. Dissertations d'érudit à déguster dans un bon fauteuil cuir, avec des glaçons sucés et resucés. Mauvais départ : tout de suite centré sur l'Occident, Saint-Augustin et tout ça... Tel que c'est parti, ça va être une histoire de la lecture humaniste et bourgeoise. Trop peu pour moi. Je n'ai rien contre l'humanisme mais ce n'est pas objectif. La lecture, ça commence avec des traces d'oiseaux dans la neige, des couleurs de nuages, des bornages de terrains, des barres griffées à des troncs pour compter des bêtes...
Non, je n'ai pas mauvais caractère. Mais mon temps est compté.
Avec un mal de tête. Et des travaux juste devant nos fenêtres.
Je sors me promener un peu dans l'après-midi. Je marche jusqu'à
l'hôtel Edmont, dans ce quartier
en totale modernisation depuis trois ou quatre ans, bureaux et administrations,
et où la vie commence à s'étoffer. M'assied sur un banc
pour préparer un peu mon cours de demain. Prends quelques photos.
Dont celle de ces bureaux où, à chaque étage, trônent
des portraits de personnages mêmement disposés, sans doute importants
pour l'entreprise ou la famille, mais pas les mêmes...Remonté au hasard jusqu'à la station Suidobashi, j'entre dans l'enceinte du Tokyo Dome, immense stade couvert entouré d'un parc de loisir et d'attractions foraines. Pas de match aujourd'hui, c'est relativement calme, c'est-à-dire tout de même très animé. La grande roue est vraiment haute et permet sans doute de voir loin, jusqu'au Mont fuji, et toute la mégapole de Tokyo. Elle n'a pas d'axe, la grande roue, pas de rayons, alors on y a fait passer des montagnes russes qui traversent aussi un bâtiment, derrière.
C'est à ce moment que David m'appelle, me rappelle plutôt
puisque j'avais essayé de le joindre en début d'après-midi.
Je voulais lui dire que le document
de l'Ambassade au sujet de l'ilotage de secours des Français en
cas d'extrême nécessité (séisme ou autre), trouvé
dans un recoin du site web de ladite ambassade par le pugnace Christian,
ne mentionnait que le Japon de l'Est (la Circonscription consulaire de
Tokyo). David me confirme que Nagoya fait partie de l'ouest, doit donc
être géré par le Consulat à Osaka. Mais pas de
lien web de Tokyo à Osaka ! Sur cette page,
on parle bien d'Osakaka (kaka, si, si !), mais pas de lien vers là-bas.
Trop loin, sans doute. On n'a pas leur adresse web. Si mes parents me cherchaient
par exemple, dans l'urgence d'une catastrophe, il faudrait déjà
qu'ils aient un mode d'emploi du Japon ! (L'autre bout du Japon, il est là
!, avec des infos périmées, d'ailleurs...)Après cet intermède, je reprends ma promenade, au hasard, comme Lol dans les rues de S. Tahla. Oui, parce que je continue à lire, de temps en temps... Vers le nord du Tokyo Dome, je ne suis jamais allé à pied à la station de Korakuen. J'y suis déjà passé en métro. C'est même pas loin de là, dans le quartier de Koishikawa, un peu plus au Nord de Korakuen, qu'il y a treize ans et quelques mois, mon ex (qui n'était pas encore mon ex) et moi avions été logés par l'université qui m'invitait au Japon. Sur les lieux de ce passé, j'avance toujours prudemment. Mais rien n'est reconnaissable. Il y a maintenant un immense centre commercial en bordure du parc d'attraction, mêlé à lui et à la station de métro. S'appelle LaQua. Décline le thème de l'eau... Du bon boulot. Je ramasse des infos pour de futures promenades avec T. car après tout ce n'est jamais qu'à vingt minutes à pied de chez nous, si l'on vient directement ; ça en fait le centre commercial le plus proche.
Voilà, Lola, je rentre, je fais la sieste, je dîne et je suis à toi...
Commentaires
1. Le vendredi 28 octobre 2005 à 10:54, par alain :
On raconte (je n'ai pas tapé google) que les couilles du personnage de la sculpture d'inspiration assyrienne (selon Pierre Bayard) qui orne la tombe d'Oscar Wilde au Père-Lachaise, couilles absentes, ont été cassées d'un coup de parapluie. Une Anglaise aurait été choquée par la vision du mâle pendentif. L'objet trônerait sur un bureau, plutôt celui du directeur du cimetière.
C'est l'histoire.
De fait, elles manquent.
Ce n'est pas le sujet du livre "Demain est écrit" qui s'ouvre cependant sur une description dudit mausolée.
J'avoue, François, Cécile (et Bartlebooth qui semble connaître (mais peut-être que non)), pour parler du reste, que l'argument (j'en suis page 49) ou la thèse de départ m'intimide par son inintérêt et je n'y vois pour le moment qu'une façon de prêter ou d'arracher aux textes un fatum, un destin.
Mais j'attends. L'auteur n'a pas encore brûlé toutes ses cartouches.
Mais c'est peut-être une mauvaise période. J'ai du mal avec Cingria (alors qu'il était (joie) présenté en quatrième par Jacques Réda). Pareil pour Ramuz.
Heureusement, je viens de trouver Passage Jouffroy, un Tanguy Viel que je n'avais pas lu et, beaucoup plus ancien, "Rauque la ville" de Jean-Pierre Ceton. Vous connaissez ? Il y avait plein de Minuit, des Tony Duvert.
Tony Duvert, que devient-il ? Où est-il ?
2. Le vendredi 28 octobre 2005 à 14:27, par Bartlebooth :
Je ne connais ce livre que par les recommandations qui en ont été faites ici et par la critique que je suis allé lire chez fabula.org et, de loin, je reste très sceptique sur cette "psy-chic-fantasy". D'autant qu'une fois, je me souviens, j'en frémis encore, j'avais feuilleté ce livre, "Comment améliorer les oeuvres ratées", et j'avais trouvé ça ni drôle ni intéressant, juste condensé de blanchisserie (hm ?).
3. Le vendredi 28 octobre 2005 à 15:11, par FB :
oui, je connais bien la bouquinerie du passage Jouffroy, et le Tanguy ci-dessus on s'est causé par mail cet aprem
"rauque la ville", beau souvenir
pour Bayard, si, c'est la façon de voir à l'envers qui est intéressante, en ce qu'elle détourne l'idée habituelle de causalité ou de fatum
je ne connais pas Oscar Wilde alors ce point d'appui ne m'aidait pas pour avancer dans son bouquin, mais les chapitres sur Borges, Proust, Maupassant ont de belles résonances, il ajoute un petit caillou à notre vocabulaire intérieur de lecteur : peut-être qu'il faut commencer à considérer le boulot de Bayard dans son ensemble, un travail tout en creux, par l'extérieur des oeuvres, évidemment dans ce livre-ci par une stratégie de l'impossible, mais chaque fois quand même nous déplaçant dans notre rapport au mémorial, et c'est suffisamment rare ? pendant que notre hôte se goberge, je retourne à la bio de Michaux par JP Martin : pareil, combien d'énervements je me prends, et pourtant chaque fois d'autres pistes complètement nécessaires qui obligent à prendre et continuer
4. Le vendredi 28 octobre 2005 à 18:51, par alain :
3 heures 47.
Et Tony Duvert ?
5. Le vendredi 28 octobre 2005 à 18:56, par Bartlebooth :
Tony Duvert, c'est Renaud Camus, mais chut faut pas le dire.
6. Le vendredi 28 octobre 2005 à 19:04, par cel :
Renaud Duvert, c'est Tony Duparc, mais chut
7. Le vendredi 28 octobre 2005 à 19:08, par Bartlebooth :
Jean-Denis Duparc, c'est Renaud Duvert mais flûte
8. Le vendredi 28 octobre 2005 à 19:11, par cel :
on a perdu denis duvert dans l'histoire
9. Le vendredi 28 octobre 2005 à 19:12, par cel :
4h11
et Tony Camus ?
10. Le vendredi 28 octobre 2005 à 19:23, par Bartlebooth :
Tony aurait été Denise si quatre mains avaient écrit
4.22
11. Le vendredi 28 octobre 2005 à 20:16, par alain :
5 h 08
Une petite pluie commence à tomber (comme l'autre jour mais quand presque à la même heure!) sur les toits endormis.
Tout le monde est debout sur cette page, à cette heure ? (A moins que vous soyez au bout du monde)
Tony Duvert-Renaud Camus. Je ne comprends pas. Ce sont les mêmes ?
12. Le vendredi 28 octobre 2005 à 23:56, par FB :
sur Bayard, je réponds sur mon propre blog, mais je n'aurais pas écrit cette réponse sans ce dialogue ici chez Berlol
www.tierslivre.net/spip/a...
13. Le samedi 29 octobre 2005 à 00:32, par alain :
J'ai lu le lien sur tierslivre.net, qui est plus intéressant que le livre dont il part.
"Demain est écrit" s'encourage d'une caution critique et ce qui gêne tout de suite, c'est de prendre l'oeuvre sous ces aspects les plus factuels (la rencontre amoureuse chez Rousseau, la prison chez Wilde...) et de faire des allers et retours, des ponts, entre la vie d'un auteur et ses écrits. Pierre Bayard (là où j'en suis) évoque immanquablement ces vieux manuels scolaires (Castex et Surer, Lagarde et Michard) qui voyaient d'abord chez l'écrivain une carrière marquée de moments forts et ancrée dans un destin qui menait à cette oeuvre unique que les quatre vulgarisateurs paraphrasaient ensuite.
Autrement intéressante est la démarche de Rabaté autour du deuil et du manque, ou celle de Starobinsky (que je relis aussi et dont je pourrais citer des pages entières (sur l'imagination, le fanstasme...)). Et puis, l'écriture de Starobinsky!
14. Le samedi 29 octobre 2005 à 00:56, par FB :
ah la la, s'agit pas de jouer Bayard contre Rabaté ou le contraire : dans ma caisse à clous j'enlève pas les tournevis sous-prétexte qu'il me faut une pince multiprise
et Bayard là ce serait plutôt le petit bout de fil de fer qui sauve là où la perceuse ultramoderne coince
désolé pour la métaphore simplissime, je suis en 56k
vais par contre me mettre à Starobinski à votre santé, très longtemps que je n'y suis pas allé voir...
15. Le samedi 29 octobre 2005 à 01:37, par Berlol :
Intéressante discussion, ici...
Suis entre les mouches et les orgueilleux. Je vous raconterai.16. Le samedi 29 octobre 2005 à 03:13, par FB :
c'est bien qu'on t'intéresse, nous qui faisions gaffe à pas faire trop de bruit pour pas déranger ta best-seller sieste...
17. Le samedi 29 octobre 2005 à 03:53, par alain :
Comme c'est bien de ne pas connaître personnellement les gens, de ne pas les voir, de ne pas leur parler et, cependant, ici, percevoir quelques voix sur des thèmes familiers.
Vive ce blog !
(qu'est-ce que j'ai ? Je vais aller dormir aussi. Oui, c'est l'heure.)
Je raconterai comment je range mes scies, mes marteaux, mes vis et autres outils. J'ai un bac technique, à l'époque ça s'appelait bac E.
18. Le samedi 29 octobre 2005 à 16:10, par Cécile :
Alain, je n'ai que commandé pour l'instant demain est écrit, je l'attends... (cette phrase quand on y pense !) Le problème c'est qu'entre un bout de fil de fer et la pince multi-prise... j'aime bien les petits trucs de rien qui font bien d'être là, la bonne bricole qu'on fait avec des bouts, mais à choisir et pour rompre là la métaphore fil-ée, j'ai du coup bien envie de lire aussi (comment fait-on, Berlol, pour souligner un mot ?) Rabaté et Starobinsky (rien que ça, tout ça, et en plus merci)... Chez Vendredi, zauront bien ça ?...
19. Le dimanche 30 octobre 2005 à 00:14, par alain :
Vendredi, Cécile, vous connaissez la librairie Vendredi ?
Tout le monde habite le quartier!
Dans "Demain est écrit", j'ai poursuivi sur V. Wolf de plus en plus sceptique. François a parlé de Proust, j'ai ouvert ma boîte à outils, j'attends Bayard sur Proust.
(au reste, moi non plus, je ne sais pas comment on souligne)
20. Le dimanche 30 octobre 2005 à 01:40, par Bartlebooth :
Dans le genre (science-)fiction littéraire, je suis sûr de préférer Enrique Vila-Matas (le Mal de Montano, les bartlebys, les shandys) - et lui est vraiment dans la fiction... Le problème avec Bayard, - voyez avec quelle effronterie je me permets d'en parler sans l'avoir lu, mais je ne vais pas m'empêcher d'en penser quelque chose sous prétexte que je ne peux pas m'acheter du superflu (ça me rappelle qu'hier d'ailleurs, en passant à Culture avant d'aller voir Dada, j'ai vu "Célébration de la poésie" de Mescho mais que soldé à 11€ il était encore trop cher pour m'apporter pas beaucoup plus que ce que j'en pense déjà) - le problème, ce doit être qu'il n'est ni un fou littéraire ni un rigolard qui ferait dans le canular. Non, il est sérieux et a des idées dont la bêtise a la prétention (ou l'inverse) de vouloir troubler notre rapport au temps et à la littérature, et avec un ton philopsy, berk.
Par contre, la biographie de Michaux par J.P. Martin : très très bon. Elle agit fortement en moi. Faut d'ailleurs que je la reprenne, j'avais interrompu au milieu la lecture à la fin de l'été. En plus, elle m'a fait découvrir le parc de Clères qui se trouve tout près de chez moi.
Duvert-Camus, pourquoi pas, en tous cas je me suis souvent posé souvent question - des coïncidences, et Camus balaise - il faudrait en inventer la fiction littéraire (haha).
En parlant d'outils, je pensais récemment à Roland Dubillard à cause de Berlol qui mentionnait un film de Mocky où il fait une belle apparition, et il y a de lui un beau recueil de poèmes intitulé "La Boîte à outils". Je vous offre celui sur la scie débandée :
"La scie débandée,
Suspendue par son cadre
A un clou qui veillait pour elle dans le mur,
La tresse ayant relâché son étreinte
(Et le bois du cadre a gémi)
La scie enfin pour la nuit laissée aux faiblesses tendres du sommeil
Quel somnambule s'en saisirait mollement
Et pour faire quoi de sa lame molle ?
Quel bois conviendrait aux dents de la scie débandée
Chantourneuse ou d'abattage ?
Quel bois à scier pour l'acier qui n'est plus que ruban,
Lanière, serpillière,
Plutôt apte à l'écoute du vent
Qu'à la découpe d'un crayon,
Faiseuse de rondelles quand le soleil est là,
Mais dans sa nuit drapeau éprise d'épopée ?
Elle allonge ses dents cependant
Selon le trait du crayon sur la planche irréelle
Que lui crée le rêve,
Elle, l'avaleuse et la cracheuse de sciure,
Dans un va-et-vient somnolent, comme des pattes d'un chien endormi et qui court en rêvant.
Elle est toujours elle-même la scie
Qui sépare, mais le bois qu'elle croit couper
C'est déjà de la sciure devant elle.
De sorte que rien n'a lieu vraiment
Que la naissance d'une absence de cri et de coupure
Dans cette planche absente et sans sa poussière ;
Rien qu'un événement qui ne peut se rendre sensible
A rien, sauf peut-être à cet oeil lumineux
Qui veille sur la scie et sur son être de scie :
Cette tête du clou qui tient une scie en suspens
Et qui seul brille sur sa nuit
Et veillera par un bout de ficelle
Jusqu'au matin sur elle.
La section triangulaire du tiers-point
Affûtera demain matin,
Quand on l'aura de nouveau rendue raide
Cette mâchoire machinale
Dont les dents se succèdent tout en longueur
Et tracent une ligne droite,
D'un trait voulu par une poigne en bois
Qui malgré sa vigueur, n'atteindra jamais l'horizon."
21. Le dimanche 30 octobre 2005 à 14:21, par Cécile :
Oh oui Dubillard ! suis juste en train de lire un texte de lui, que je savoure petit à petit depuis quelques semaines, il est dans mon sac et je le sors dans le métro, or souvent il y a à regarder dans le métro donc je prends mon temps pour ce court texte, acheté malgré son allure marketting (Folio 2 euros, texte extrait pour l’occase de l’ensemble "Olga ma vache,…"), mais suis fauchée moi aussi (il nous sert mal cet outil là !), et cette illustration au dessous du titre d’irrésistibles belles et bonnes cigarettes, moi qui venait tout juste d’arrêter de fumer (la contradiction tuera plus que le tabac !!) bref : Confessions d'un fumeur de tabac français, et c'est un régal, drôlerie, finesse, justesse, écriture qui surprend à chaque ligne ! Je ne connaissais pas du tout ce recueil La boîte à outils, on dirait un peu Ponge, mais qui ?vole? pluss. J’emporte ce poème-ci…
Sur les outils, il y a aussi ce magnifique livre de Bergounioux, Miette (je crois), où je me souviens qu'il décrit comme les gens souffraient dans leur corps avant, tout au long de la vie, mais sans penser à s’en apercevoir, en maniant des outils qu'on peut, nous aujourd’hui, à peine soulever. M'avait marqué, ça.
JP Martin, qui a bossé en usine, voyagé, été artisan et paysan en Auvergne, qui est musicien de jazz, écrivain (Le Laminoir, roman sur ses années d’usine, nouvelles malicieuses et sensuelles, Le piano d’Epictète, etc, et cet essai assez controversé sur Céline enfin contre, "Contre Céline", et ces énormes livres sur Michaux, bref une personne passionnée et multiple, aux positions surprenantes, jamais conventionnelles) est en plus un très chouette prof, de ceux qu'on n'oublie pas, chaleureux, personnel, amical, une manière passionnante de parler et faire penser à propos de Michaux, Segalen…
Et oui Vendredi, je n’habite pas très loin… J’en suis désolée pour votre incognito, Alain, mais… je vous reconnaîtrai :-), une planche sous le bras et l’herbe des talus poussant de votre poche…
Je décolle rarement de l’énumération, du « moi aussi » et d'un peu de vie personnelle, mais (je n’y peux pas grand chose) tant pis ? espérant juste que ce n'est pas trop inintéressant à lire (?).
L’autre jour avec Isabelle A. (qui venait de Lyon intervenir à la BPI dans le cadre des rencontres « Littératures pirates », et qui m’a dit, Berlol, que vous seriez en France au mois de mars ??), on se disait que de passer désormais ce temps quotidien à lire assidûment quelques blogs et sites littéraires (des forums de discussion consacrés à la littérature) est du temps que l’on ne consacre plus, ou moins, forcément, puisque ce satané temps, toujours lui, n’est pas élastique, à la lecture des livres et auteurs dont on vient précisément quêter la (re)découverte par d’autres voix, et alors ce n’est pas regrettable (vraiment pas, puisqu’en même temps on découvre d’autres écrivains, ceux qui écrivent chaque jour ces textes en ligne, et de nouvelles, autres, manières de lire et d’écrire), mais, on se disait, juste : c’est aussi un peu paradoxal.
Ce film de Lubitch, tout à l’heure, au Forum des Images, The shop around the corner ! suivi d’une heure oulipienne où tout le monde riait, quel dimanche.
22. Le dimanche 30 octobre 2005 à 18:17, par Berlol :
Chère Cécile,
Sur ou avec Dubillard, j'ai une douzaine d'émissions de FC de 2003 et 2004...
L'incognito d'Alain... s'effrite, ces temps-ci...
Oui, je viendrai en mars... On se verra. Passe mon bonjour à Isabelle.
23. Le dimanche 30 octobre 2005 à 20:49, par alain :
Oh lala, que de choses à lire ou lues, et les films (ce film de Lubitch, The shop aroud the corner, j'en garde un souvenir de joie proche de la lecture des Fioretti, de saint François, ou des Récits d'un pélerin russe (je ne crois pas en dieu), l'enthousiasme, la générosité, la fraternité (des valeurs qui puent des pieds souvent mais pas dans ce film)). Et le poème de Dubillard, vachement bien. Et J.P. Martin, que je ne connaissais pas.
Cependant qu'avec ce maudit changement d'heure, levé à 5 heures 16, je ne sais plus quelle heure il est.
L'herbe des talus dans la poche, merde, je suis repéré.
Une planche sous le bras ? Quelle type de planche ? Une planche neuve ou trouvée dans la rue ? Dans le neuvième, les gens jettent de ces trucs! Hier, à la poubelle, un petit vase en verre rouge. L'autre jour, une guirlande électrique avec une seule ampoule grillée. Il y a trois ans, des fauteuils à oreilles; et puis des pieds de lampe, à croire qu'on sait pas changer une ampoule dans le quartier; et puis des étagères.
Mais la planche, je ne vois pas. Ce n'est peut-être pas moi. Je démens.
Ou alors, si, mais pas une planche, un bâton. Avenue Trudaine, on taillait les platanes et j'ai ramassé une branche sciée. Comme j'allais à la librairie Vendredi, je l'y ai laissée. Maintenant, Gil raconte que c'est le totem.
En plus de tenir la librairie, Gil (Gilberte de Poncheville) joue dans L'Amante anglaise, au Théâtre de l'Ile Saint-Louis Paul Rey, 39, quai d'Anjou 75004, du 11 octobre au 13 novembre, à 21 h, du mardi au samedi, à 17 h 30, les dimanches et le mardi 1er novembre.
24. Le lundi 31 octobre 2005 à 00:55, par vinteix :
Alain : "l'enthousiasme, la générosité, la fraternité (des valeurs qui puent des pieds souvent"...
Ah bon ?
On doit pas avoir les pieds qui puent de la meme facon...
Cécile : "on découvre d’autres écrivains, ceux qui écrivent chaque jour ces textes en ligne" ...
Est-ce si frequent ? Je pose la question. Personnellement, je n'appelle pas "écrivains" tous les gens qui écrivent (des blogs et meme des livres...)
25. Le lundi 31 octobre 2005 à 09:38, par Cécile :
Vinteix : bien sûr, non, les écrivains qu'on reconnaît comme tels ne sont pas foison, pas plus en ligne que dans les librairies... ce n'est pas la profusion des sites-blogs qui me donne le sentiment de découvrir des voix et de nouvelles manières (d'écrire, de lire, d'aborder la littérature), mais la densité et la vivacité des 4, allez 5 sites qu'on a enregistrés dans ses favoris..
Alain : vous n’auriez pas trouvé aussi un téléphone portable dans la rue ? qu’on me l’a piqué hier soir entre Lubitch et Jacques Jouet… Autrement pourriez m’en fabriquer un ? fil de fer, écorce de platane, éclat de vieux solex, hop ? allez quoi… et je vous promets que je fais semblant de ne pas vous reconnaître même avec deux planches de récup sous le bras..
Berlol : oui à Dubillard en écoute ! (je ne l’ai jamais entendu, je l’ai découvert par les livres et c’est seulement après qu’on m’a raconté l’homme de radio et tout).
Je repense à la scène finale de The shop around the corner : quand enfin les deux correspondants anonymes se découvrent, la donzelle demande au type, juste AVANT le baiser final, enfin final : pré-bague au doigt comme il se doit, de relever le bas de son pantalon pour vérifier qu’il n'est pas "bancal" (sic, with ze accent), qu’il ne clopine pas, qu’il n’est pas handicapé quoi, god ! Et comme les deux mollets poilus s'avèrent irrésistiblement droits et sains sous le fixe-chaussettes, elle se jette éperdument alors, entendez ALORS SEULEMENT, dans les bras de son grand amour…. C’est drôle bien sûr, mais en même temps un peu plus acide que d’habitude, je me suis dit entre deux rires, fausse note satyrique dans le happy end qui fait semblant d'être hollywoodien, d’habitude dans les films de Lubitch que j’avais vus, les amoureux étaient tendrement épargnés justement!
26. Le lundi 31 octobre 2005 à 13:01, par alain :
Oh oui ! comme on a envie qu'ils s'embrassent ! Et le coeur qu'on a pour eux en même temps qu'eux !
C'est pas drôle de perdre son portable, je crois. Je m'en sers très peu, j'ai horreur du téléphone mais je vous comprends, Cécile.
Vinteix, je vais essayer de répondre deux jours plus tard, là où vous écrivez déjà.
27. Le vendredi 13 octobre 2006 à 14:13, par Hervé :
Duvert-Camus, le même ?
Camus n'aurait jamais pu écrire "L'anneau d'argent à l'oreille"
et Duvert ne serait pas fan de Villiers.
( Ce commentaire s'applique à un dialogue (églogues?) précedent(s).)
28. Le vendredi 13 octobre 2006 à 14:49, par Berlol :
Avec un an de retard ! (Bienvenue tout de même — et je pense en effet, que Camus n'a pas la modernité d'écriture de Duvert... Je ne sais plus pourquoi je n'étais pas entré dans le débat, l'an dernier).
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