Des canards des tubes
Par Berlol, mardi 1 novembre 2005 à 23:46 :: General :: #57 :: rss
Presque rien lu, presque pas de temps devant l'ordinateur. En revanche, déplacement
ferroviaire en finissant ma nuit, air brassé en classe et bonne réactivité
des étudiants, performance pongistique avec David qui se découvre
smasheur, puis discussion dînatoire avec Clotilde chez Rhubarbe.
Donc, que de bonnes choses mais de ces journées où l'on n'a pas cinq minutes à soi dans la succession des activités. Journée active mais journée blanche pour la pensée en soi. Ou pour la psyché... Comment dire ? Ou c'est de la fatigue.
Ou alors un effet 1er novembre (les morts, la grisaille, on est peu de chose...).
Élargissement. Plus on fait travailler de gens et plus on fait travailler les gens, plus on a de journées blanches enfilées les unes dans les autres. Au point que ce sont finalement les gens eux-mêmes qui sont blancs, vides, mécanisés, lobotomisés de leur conscience d'être, et habitués à cela — certains allant même jusqu'à le revendiquer, refuser de penser sur soi. Aubaine pour tous les simplificateurs (politiques, scientifiques, sociaux, publicitaires, etc.) qui les manipulent.
Une matière blanche de ne pas penser à elle-même. Juste produire et consommer. Comme on dit des canards des tubes digestifs... Comment aimer son prochain, dans ces conditions ? Où trouver l'enthousiasme pour lequel on garde idéalement l'idée idéale qu'il serait bon, qu'il serait bon qu'il y en ait si tout le monde en avait ? À moins que ce ne soit qu'une illusion de nos cerveaux malades de christianocentrisme.
Le sage chinois ne cherche que l'harmonie.
En moins d'une semaine, on a mis le maillot de corps, le petit pull ou la veste chaude et l'écharpe. Belle journée de soleil mais dix degrés de moins dès qu'il se retire. À surveiller : c'est généralement la période où j'attrape ce satané rhume bête et qui me tient trois semaines... Un homme averti (par son blog) en vaut deux.
Donc, que de bonnes choses mais de ces journées où l'on n'a pas cinq minutes à soi dans la succession des activités. Journée active mais journée blanche pour la pensée en soi. Ou pour la psyché... Comment dire ? Ou c'est de la fatigue.
Ou alors un effet 1er novembre (les morts, la grisaille, on est peu de chose...).
Élargissement. Plus on fait travailler de gens et plus on fait travailler les gens, plus on a de journées blanches enfilées les unes dans les autres. Au point que ce sont finalement les gens eux-mêmes qui sont blancs, vides, mécanisés, lobotomisés de leur conscience d'être, et habitués à cela — certains allant même jusqu'à le revendiquer, refuser de penser sur soi. Aubaine pour tous les simplificateurs (politiques, scientifiques, sociaux, publicitaires, etc.) qui les manipulent.
Une matière blanche de ne pas penser à elle-même. Juste produire et consommer. Comme on dit des canards des tubes digestifs... Comment aimer son prochain, dans ces conditions ? Où trouver l'enthousiasme pour lequel on garde idéalement l'idée idéale qu'il serait bon, qu'il serait bon qu'il y en ait si tout le monde en avait ? À moins que ce ne soit qu'une illusion de nos cerveaux malades de christianocentrisme.
Le sage chinois ne cherche que l'harmonie.
En moins d'une semaine, on a mis le maillot de corps, le petit pull ou la veste chaude et l'écharpe. Belle journée de soleil mais dix degrés de moins dès qu'il se retire. À surveiller : c'est généralement la période où j'attrape ce satané rhume bête et qui me tient trois semaines... Un homme averti (par son blog) en vaut deux.
Commentaires
1. Le mardi 1 novembre 2005 à 09:57, par Arte :
Absolument.
2. Le mardi 1 novembre 2005 à 10:53, par alain :
Bartlebooth, oui, c'est cela, manquait l'exaltation qui pousse à la joie, l'approbation complète, l'adhésion totale pour me transporter dans le 16ème et voir Coco Rosie.
Elles repassent au Divan du monde dans le mois. Il faudrait que je coalise quelques forces pour voir ce qu'elles donnent sur scène. Sauf que Devendra m'indiffère.
François, Cécile, je ne sais si vous passerez par ici, mais je commence à prendre intérêt à P. Bayard; quelque chose prend à partir de Melville d'une imagination critique, d'un délire. Peut-être aussi que c'est, depuis les premières pages, le premier auteur qui m'importe. Enfin merci.
3. Le mardi 1 novembre 2005 à 11:40, par Arte :
Absolument.
4. Le mardi 1 novembre 2005 à 12:43, par cel :
Cocorosie, elles donnent sur scène, même avec une mauvaise mise en son (cf à Evreux cet été), Devendra aussi, qui en prime en moins d'une demi-heure tombe la liquette brodée, le maillot de corps, le petit pull ou la veste et l'écharpe selon la saison pour se tortiller en tatouages (absolument)
5. Le mardi 1 novembre 2005 à 13:43, par FB :
oui oui, on passe par là
j'en étais à cette phrase berlolienne "plus on fait travailler DE gens, plus on fait travailler LES gens" et c'est évidemment quelque chose qui me prend en plein, demain serai en atelier d'écriture une fois de plus, et mardi prochain entamer cycle de 10 semaines avec des enseignants formation atelier, savoir d'avance qu'on en sortira tel qu'il le dit, incapable de travailler pour soi et que pourtant on le regrettera pas et que pourtant et que pourtant
à part ça, content, j'aurai pas à rembourser le Bayard !
6. Le mardi 1 novembre 2005 à 14:12, par Berlol :
Y'a pas de petites économies ! et puis je vais même finir par le lire, moi qui n'en ai pas pipé mot jusqu'ici... Comme quoi faut jamais être d'un avis définitif. Côté atelier, je viens de lire chez toi que c'était parfois un peu galère. Donc crevant au physique comme au moral. Alors : amitié et soutien moral.
7. Le mardi 1 novembre 2005 à 14:18, par FB :
si ce que tu as lu c'est ça
www.tierslivre.net/spip/a...
oui, on est dans toutes les contradictions du monde ramassées ensemble
mais c'est bien pour ça aussi qu'on y va...
8. Le mardi 1 novembre 2005 à 14:31, par Berlol :
Exactement. Et parfois, c'est lourd à ramasser. Mais c'est ainsi que les hommes vivent, comme dit à peu près le poète...
9. Le mercredi 2 novembre 2005 à 00:32, par Arte :
Certes.
10. Le mercredi 2 novembre 2005 à 21:51, par Manu :
Je me suis récemment posé cette question de cette accélération de notre rythme de vie quotidien, qu'est-ce qui fait qu'on en soit arrivé là, pourquoi la subissons-nous, pouvons-nous ralentir, qui tire les ficelles, est-ce (en partie) la faute aux progrès technologiques ?...
Et toutes les conséquences qui vont avec, qui elles aussi s'accélèrent : production, consommation, pollution, réchauffement planétaire, catastrophes naturelles plus fréquentes, épidémies mondiales... Une société qui se suiciderait sans vraiment avoir le temps de s’en soucier ?
Très condensé, je suis pressé...
11. Le mercredi 2 novembre 2005 à 21:53, par Manu :
Tiens, j'aurais dû mettre "naturelles" entre guillemets...
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