Il est 9 heures moins cinq, heure du Japon.  Dans quelques minutes, on saura le nom du lauréat du Goncourt... Quand on me lira, il sera déjà connu, sauf de ceux qui auraient du retard à l'information. Alors pourquoi mettre ça en scène de cette façon ? Pour inscrire ma première réaction, ma propre surprise.

Ah, c'est Weyergans ! (Voir ce qu'en disait Éric Naulleau hier...) Va pouvoir s'acheter une maison... Enfin, c'est ce qu'il disait dans le Tout arrive du 27 octobre...

On écoute le direct : La violence dans les quartiers... Un psychologue de Garges-les-gonesses (où j'ai habité jusqu'à 14-15 ans)... De Villiers et les français qui souffrent...  Une commémoration des Camps... Chirac et la vigilance... « Car rien n'est jamais définitivement acquis.»... Marseille, les transports et la médiation impossible... achever les HP... Procès Jean-Claude Brisseau, harcèlement contre perversité... Retour à Drouant... Ambiance survoltée... et peu de réaction... Weyergans, par six voix contre quatre... « Le grand perdant, c'est Michel Houellebecq... », dit la journaliste du 13-heures de France Culture. Le Renaudot pour Nina Bouraoui, tout le monde est surpris... mais ça s'explique...

Je n'en suis pas sûr, pour le grand perdant. Ses partisans vont en faire un martyr.
Non, en revanche, j'ai vraiment une larme de déception pour Jean-Philippe.

Retour en arrière. Petit matin de jour férié ; jour de la culture au Japon. Première lecture et totale sympathie avec JCB que je remercie pour ses fleurs. Thé anglais et œufs brouillés. Une autre planète littéraire dans l'oreille : quel drôle d'oiseau, ce Dominique Meens ! et combien était beau son Surpris par la nuit tiré de l'Ornithologie du promeneur !

Translation de quelques centaines de kilomètres pour écouter quatre interventions du colloque Sartre (Penseur pour le XXIe siècle ? — heureusement qu'il y a un point d'interrogation...) à l'Université Aoyama Gakuin. J'y retrouve quelques connaissances chercheuses : Patrice, Michaël, Hervé, Brigite, Bill. Beaucoup de collègues japonais...
À ce propos, on m'a demandé un jour pourquoi je citais plus volontiers les noms des Français que des Japonais que je rencontre. La réponse est assez simple : je ne maîtrise pas les codes de connivence liés à la culture japonaise et aux niveaux hiérarchiques des personnes dont je pourrais parler. Par conséquent, il pourrait arriver que je froisse des personnes, franchisse quelque ligne invisible sans m'en rendre compte, que l'on me considère ensuite comme un ingrat, un goujat, un graphomane, un malade, etc. Donc, éviter le poteau noir pour ne pas avoir à ramer.
Sauf quand la présence d'une personne est officielle, liée à un évenement, comme c'est le cas aujourd'hui. Ainsi je peux dire que j'ai écouté avec plaisir Nao Sawada que je connais bien parler de Sartre biographe malgré lui, puis Atsuko Ubukata, que je ne connais pas, sur la psychologie du développement et enfin l'ami François Bizet sur la littérature comme commerce (ce qui recoupe en partie mes soucis des Salons littéraires sont dans l'internet... sans doute ne le sait-il pas...).
Mais j'étais surtout venu pour écouter Gilles Philippe, comme je l'annonçais lundi soir, et je n'ai pas été déçu — encore qu'une bonne partie de son exposé était déjà dans son Sujet, verbe, complément... Mais tout de même, oralement ça irrigue différemment le cerveau, ça fait réfléchir sur un autre mode... en tout cas, pour moi. Je le reverrai demain, à la MFJ à Ebisu, pour une journée de documentaires sur Sartre.

« Ce n'est donc pas contre Proust que Sartre lit Flaubert, mais avec Lanson, c'est-à-dire par le prisme d'une norme grammaticale et stylistique que lui a inculquée l'école de la IIIe République.» (Gille Philippe, Sujet, verbe, complément. Le moment grammatical de la littérature française, 1890-1940, Gallimard, p. 175.)