Ce goût de vitesse amère, Cyrano !
Par Berlol, mercredi 9 novembre 2005 à 23:51 :: General :: #65 :: rss
Encore une journée qui passe trop vite sans qu'on sache bien comment.
L'essentiel a été fait — des cours et des courses. Un peu de
superflu a même été obtenu — lecture en pédalant
au centre de sport, déambulation dans un magasin d'éléctro-ménager
avec David. Malgré cela, j'ai ce goût de vitesse amère
qui me reste — et qui ne va pas me permettre de m'éterniser sur le
journal parce qu'il y a encore trois cours demain.
La lecture, c'était, par exemple :
« — Tu vois (un temps) ce que tu viens de dire, cette phrase, c'est comme une détonation. Je pensais à ça au même instant ; je n'allais peut-être pas le dire, mais j'étais exactement, précisément, dans l'état d'esprit de dire ça, de me fondre dans le plaisir de me promener en mangeant un sandwich. C'est comme si, parce que je suis tellement d'accord avec toi, comme si nous étions d'accord sur tout. C'est minuscule comme relation aux choses... mais c'est ça.» (Alain Sevestre, Les Tristes, p. 226-227 — un peu Bouvard et Pécuchet sur le Méridien de Greenwich...)
Suis enfin arrivé à courir (sur tapis) une demi-heure. Les fois précédentes, depuis le retour des vacances, je calais après 25 minutes. Il suffisait (le but étant de perdre du poids) de ne pas dépasser les 9,5 km/h, vitesse au-dessus de laquelle le manque d'entraînement fait que je m'essouffle — sauf dans les 5 dernières minutes, je pousse à 12. Reprise après-demain.
Juste à l'heure pour aller avec David m'acheter un chauffage au gaz. Il s'agit d'un appareil mobile à poser au sol, de 40x40 cm sur 10 d'épaisseur, un tuyau vers une prise de gaz murale, un fil électrique pour les fonctions de contrôle (thermostat, ventilation et programmation : mode nocture et déclenchement matinal), coupure automatique en cas de mouvement brusque ou d'arrivée de gaz inégale. Un bijou de technologie qui ne paie pas de mine, qui ne risque pas de faire sauter les plombs et qui, à chauffage raisonnable, ne coûte que 14 yens de l'heure (10 centimes d'euro, nonobstant l'amortissement du prix de l'appareil).
J'ai l'air de cocooner, comme ça, mais je reste informé. L'état d'urgence, tout ça, j'ai suivi. Les motions du PS, les risques pour Hollande, j'ai compris. Le rythme de François, la ligne solidaire et la dérive, la mutation des dimanches, la possibilité d'un Interallié... J'ai même enregistré la Mort d'Agrippine, seule tragédie de Cyrano de Bergerac, enregistrée en 1969 et rediffusée dans la nuit de France Culture (ce matin, pour moi).
C'est là, entre autres, qu'il est question de se hâter lentement, ce que je vais faire sur le champ.
La lecture, c'était, par exemple :
« — Tu vois (un temps) ce que tu viens de dire, cette phrase, c'est comme une détonation. Je pensais à ça au même instant ; je n'allais peut-être pas le dire, mais j'étais exactement, précisément, dans l'état d'esprit de dire ça, de me fondre dans le plaisir de me promener en mangeant un sandwich. C'est comme si, parce que je suis tellement d'accord avec toi, comme si nous étions d'accord sur tout. C'est minuscule comme relation aux choses... mais c'est ça.» (Alain Sevestre, Les Tristes, p. 226-227 — un peu Bouvard et Pécuchet sur le Méridien de Greenwich...)
Suis enfin arrivé à courir (sur tapis) une demi-heure. Les fois précédentes, depuis le retour des vacances, je calais après 25 minutes. Il suffisait (le but étant de perdre du poids) de ne pas dépasser les 9,5 km/h, vitesse au-dessus de laquelle le manque d'entraînement fait que je m'essouffle — sauf dans les 5 dernières minutes, je pousse à 12. Reprise après-demain.
Juste à l'heure pour aller avec David m'acheter un chauffage au gaz. Il s'agit d'un appareil mobile à poser au sol, de 40x40 cm sur 10 d'épaisseur, un tuyau vers une prise de gaz murale, un fil électrique pour les fonctions de contrôle (thermostat, ventilation et programmation : mode nocture et déclenchement matinal), coupure automatique en cas de mouvement brusque ou d'arrivée de gaz inégale. Un bijou de technologie qui ne paie pas de mine, qui ne risque pas de faire sauter les plombs et qui, à chauffage raisonnable, ne coûte que 14 yens de l'heure (10 centimes d'euro, nonobstant l'amortissement du prix de l'appareil).
J'ai l'air de cocooner, comme ça, mais je reste informé. L'état d'urgence, tout ça, j'ai suivi. Les motions du PS, les risques pour Hollande, j'ai compris. Le rythme de François, la ligne solidaire et la dérive, la mutation des dimanches, la possibilité d'un Interallié... J'ai même enregistré la Mort d'Agrippine, seule tragédie de Cyrano de Bergerac, enregistrée en 1969 et rediffusée dans la nuit de France Culture (ce matin, pour moi).
C'est là, entre autres, qu'il est question de se hâter lentement, ce que je vais faire sur le champ.
Commentaires
1. Le mercredi 9 novembre 2005 à 10:20, par alain :
40 par 40.
Etrange, ce sont les dimensions, je crois, du carré qu'Ulysse trace au sol pour faire venir les âmes (psyché) et qu'il doit repousser parce que toutes viennent assoiffées du sang qu'il y répand.
(je devrais vérifier tout ça avant d'écrire ici, bon sang)
2. Le mercredi 9 novembre 2005 à 12:22, par Arte :
Ulysse se fait attacher au mat, non pour resister au chant des sirènes, mais pour les entendre, encore, et encore ...
Absolument.
3. Le jeudi 10 novembre 2005 à 01:00, par alain :
"Là, Pérymède, avec Euryloque, maintint
les victimes; tirant mon épée sur ma cuisse,
je fis d'abord un trou d'une coudée carrée;
je répandis autour la libation à tous les morts,
d'abord le lait liellé, ensuite le vin doux,
l'eau en troisième, et dessus, la farine blanche..."
L'odyssée, chant XI, trad. P. Jacottet
Mais la coudée mesure 46,3 cm.
Je repasserai.
4. Le jeudi 10 novembre 2005 à 05:06, par Berlol :
Alors, Arte, le carré et le mât, c'est quand même pas la même chose ! Ou tu l'as fait exprès...
Alain ayant été secouru, j'ai retiré ton commentaire avec ton adresse mail. Il y a sans doute quelques moteurs qui l'ont pompée, tout de même. Méfie-toi !
5. Le jeudi 10 novembre 2005 à 06:38, par Arte :
Moteurs, espèce de shadoks va !
Ben je croyais que l'interro portait sur Ulysse ! Et je n'avais révisé que le mât ...
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