Moutons à tondre et à sonder
Par Berlol, vendredi 11 novembre 2005 à 09:54 :: General :: #67 :: rss
Philippe, je te mets ici mon commentaire, puisqu'il n'y a pas d'espace pour
cela chez toi.
J'ai bien apprécié ton travail litanique sur la phrase médiatique selon laquelle 57% des personnes interrogées auraient une bonne image de Sarko. Comme toi, je trouve cela insupportable et obscène, dans le contexte actuel de misère, de répression, de régression sociale qui est celui de la France, où de grandes entreprises font des bénéfices record, rappelons-le, tout le monde le sait.
Ce qui m'hérisse plus encore poils et neurones, derrière cette obscénité, c'est cette façon qu'ont les médias d'amener un chiffre, comme on amène un drapeau. Sur ordre.
Quelles "personnes interrogées" ? Où ? Dans quel beau quartier ? Dans quelle cité délabrée ? Dans quel commissariat ? À quelle heure ? Avec quelle(s) question(s) ? Avec quelle arme économique posée sur la tempe des personnes interrogées ?
N'y a-t-il que 57% des personnes interrogeables qui ont suffisamment de biens à défendre pour en être à mépriser la misère et la vie d'autres Français ? N'y a-t-il que 57% des personnes interrogeables qui ont tellement peur pour leur propre vie que ça les empêche de faire la différence entre l'expression du désespoir et la criminalité gratuite ?
Pour certains médias, j'ai l'impression que tous ces événements ne sont que le décor d'un jeu vidéo dans lequel deux candidats ont des épreuves à passer, des cibles mouvantes à dégommer, des précipices à sauter, des bonus à ramasser pour passer au niveau supérieur, jusqu'au face à face des armes dégainées de la présidentielle. Chaque acte ou parole est d'abord inscrit dans cette perspective, et secondairement important dans sa réalité intrinsèque. Là, il y a vraiment de l'obscénité et de la vulgarité.
La phrase médiatique est encore plus nocive : elle dit que 57% "estiment avoir" une bonne image. Comment les gens "estiment" cela ? Au poids ? Au vu ? À l'oreille ? À l'odeur ? On ne mesure que du vent, de l'apparence, du pas sérieux. Et on le dit. À l'instar de la Bourse qui fonctionne de plus en plus sur des estimations de variations d'estimations de variations d'indices économiques avant résultats...
Elle dit aussi, cette phrase, que les personnes estiment avoir une "bonne image". Comment la perçoivent-ils, cette image ? Qui la leur donne et depuis quand ? Les médias ne font là que ramasser ce qu'ils ont eux-mêmes lancé dans la tête des gens. Comme un bon chien-chien qui ramène sa baballe, les personnes interrogées rendent l'image dans l'état où on la leur a donnée.
On ne sait pas ce qu'il y a à l'intérieur du Sarko, de quoi il est capable, ou pas capable, c'est une boîte noire, on n'a jamais vu son programme politique. Tout ce qu'on a vu, ce sont ses réactions pragmatiques, ses paroles publiques et ses ordres à ses sbires. De l'image sans profondeur, sans contexte autre que celui des faiseurs d'images, des faiseurs de cadrage — politique et médiatique.
Dans la boîte noire de Sarko, moi, je vois de la graine d'Hitler. Le visage d'Hitler, la voix d'Hitler, l'air désolé et missionné et emporté d'Hitler. Déformée par un autre temps et une autre sonorité ambiante, c'est l'image que j'estime avoir de l'individu. Ce que j'estime personnellement, je n'ai pas besoin de le confronter à quelque pourcentage que ce soit. Je n'ai pas besoin des autres pour-cents pour soutenir et confirmer mon image. Je ne suis pas un mouton à tondre ni à sonder.
22 heures. Par ailleurs, c'est la commémoration de l'armistice de 1918 et j'ai une explication de texte à préparer...
Le lendemain.
Sans commentaire, Philippe a mis une fenêtre dans sa page qui affiche la mienne, celle-ci, pour que ses lecteurs commentent éventuellement ici. Il aime bien les circulations moebiennes, Philippe...
Un autre qui aime bien renverser les choses, c'est Pierre Bayard, par exemple dans Demain est écrit. Il s'en explique instructivement dans le Du jour au lendemain d'hier. Cela fera plaisir à quelques-uns.
Nouvelle lecture au sport. Je pédale pour Fuir, maintenant.
Ayant avalé un excellent hambourgeois de chez Downey avec David, je suis remonté au bureau finir mes documents administratifs et préparations de cours pour la semaine prochaine. Les commentaires à ma sarkose supra commençaient à pleuvoir. J'ai néanmoins repris le chemin de la maison et passé deux heures dans le dévédé d'Europe pour avancer mes recherches (ce que j'aurais dû finir... pour le 15 octobre) pendant que mon train s'enfilait l'aurore nippone.
« Je me promenais dans la ville, je mangeais au hasard, des brochettes de rognons épicées au coin des rues, des bols de nouilles brûlants dans des bouis-bouis bondés, parfois des menus plus élaborés dans des restaurants de grands hôtels, où je consultais longuement la carte dans des salles à manger kitsch et désertes. L'après-midi, je faisais la sieste dans ma chambre, et je ne ressortais qu'à la nuit tombée, quand l'air s'était un peu rafraîchi.» (Jean-Philippe Toussaint, Fuir, Éditions de Minuit, 2005, p. 19)
Et il s'était nettement rafraîchi lorsque j'arrivai dans nos rues tokyoïtes, l'air.
J'ai bien apprécié ton travail litanique sur la phrase médiatique selon laquelle 57% des personnes interrogées auraient une bonne image de Sarko. Comme toi, je trouve cela insupportable et obscène, dans le contexte actuel de misère, de répression, de régression sociale qui est celui de la France, où de grandes entreprises font des bénéfices record, rappelons-le, tout le monde le sait.
Ce qui m'hérisse plus encore poils et neurones, derrière cette obscénité, c'est cette façon qu'ont les médias d'amener un chiffre, comme on amène un drapeau. Sur ordre.
Quelles "personnes interrogées" ? Où ? Dans quel beau quartier ? Dans quelle cité délabrée ? Dans quel commissariat ? À quelle heure ? Avec quelle(s) question(s) ? Avec quelle arme économique posée sur la tempe des personnes interrogées ?
N'y a-t-il que 57% des personnes interrogeables qui ont suffisamment de biens à défendre pour en être à mépriser la misère et la vie d'autres Français ? N'y a-t-il que 57% des personnes interrogeables qui ont tellement peur pour leur propre vie que ça les empêche de faire la différence entre l'expression du désespoir et la criminalité gratuite ?
Pour certains médias, j'ai l'impression que tous ces événements ne sont que le décor d'un jeu vidéo dans lequel deux candidats ont des épreuves à passer, des cibles mouvantes à dégommer, des précipices à sauter, des bonus à ramasser pour passer au niveau supérieur, jusqu'au face à face des armes dégainées de la présidentielle. Chaque acte ou parole est d'abord inscrit dans cette perspective, et secondairement important dans sa réalité intrinsèque. Là, il y a vraiment de l'obscénité et de la vulgarité.
La phrase médiatique est encore plus nocive : elle dit que 57% "estiment avoir" une bonne image. Comment les gens "estiment" cela ? Au poids ? Au vu ? À l'oreille ? À l'odeur ? On ne mesure que du vent, de l'apparence, du pas sérieux. Et on le dit. À l'instar de la Bourse qui fonctionne de plus en plus sur des estimations de variations d'estimations de variations d'indices économiques avant résultats...
Elle dit aussi, cette phrase, que les personnes estiment avoir une "bonne image". Comment la perçoivent-ils, cette image ? Qui la leur donne et depuis quand ? Les médias ne font là que ramasser ce qu'ils ont eux-mêmes lancé dans la tête des gens. Comme un bon chien-chien qui ramène sa baballe, les personnes interrogées rendent l'image dans l'état où on la leur a donnée.
On ne sait pas ce qu'il y a à l'intérieur du Sarko, de quoi il est capable, ou pas capable, c'est une boîte noire, on n'a jamais vu son programme politique. Tout ce qu'on a vu, ce sont ses réactions pragmatiques, ses paroles publiques et ses ordres à ses sbires. De l'image sans profondeur, sans contexte autre que celui des faiseurs d'images, des faiseurs de cadrage — politique et médiatique.
Dans la boîte noire de Sarko, moi, je vois de la graine d'Hitler. Le visage d'Hitler, la voix d'Hitler, l'air désolé et missionné et emporté d'Hitler. Déformée par un autre temps et une autre sonorité ambiante, c'est l'image que j'estime avoir de l'individu. Ce que j'estime personnellement, je n'ai pas besoin de le confronter à quelque pourcentage que ce soit. Je n'ai pas besoin des autres pour-cents pour soutenir et confirmer mon image. Je ne suis pas un mouton à tondre ni à sonder.
22 heures. Par ailleurs, c'est la commémoration de l'armistice de 1918 et j'ai une explication de texte à préparer...
Le lendemain.
Sans commentaire, Philippe a mis une fenêtre dans sa page qui affiche la mienne, celle-ci, pour que ses lecteurs commentent éventuellement ici. Il aime bien les circulations moebiennes, Philippe...
Un autre qui aime bien renverser les choses, c'est Pierre Bayard, par exemple dans Demain est écrit. Il s'en explique instructivement dans le Du jour au lendemain d'hier. Cela fera plaisir à quelques-uns.
Nouvelle lecture au sport. Je pédale pour Fuir, maintenant.
Ayant avalé un excellent hambourgeois de chez Downey avec David, je suis remonté au bureau finir mes documents administratifs et préparations de cours pour la semaine prochaine. Les commentaires à ma sarkose supra commençaient à pleuvoir. J'ai néanmoins repris le chemin de la maison et passé deux heures dans le dévédé d'Europe pour avancer mes recherches (ce que j'aurais dû finir... pour le 15 octobre) pendant que mon train s'enfilait l'aurore nippone.
« Je me promenais dans la ville, je mangeais au hasard, des brochettes de rognons épicées au coin des rues, des bols de nouilles brûlants dans des bouis-bouis bondés, parfois des menus plus élaborés dans des restaurants de grands hôtels, où je consultais longuement la carte dans des salles à manger kitsch et désertes. L'après-midi, je faisais la sieste dans ma chambre, et je ne ressortais qu'à la nuit tombée, quand l'air s'était un peu rafraîchi.» (Jean-Philippe Toussaint, Fuir, Éditions de Minuit, 2005, p. 19)
Et il s'était nettement rafraîchi lorsque j'arrivai dans nos rues tokyoïtes, l'air.
Commentaires
1. Le jeudi 10 novembre 2005 à 20:57, par Arnaud :
Je pense que tu as raison d'insister sur ces causes structurelles et historiques, de l'après-guerre, mais, dans un même temps, je pense que l'on ne peut pas réfléchir sur l'organisation d'une société sans évoquer la possibilité que certains de ses éléments puissent irrémédiablement ne pas vouloir être intégrés. On ne peut pas nier cette possibilité et faire porter l'entière responsabilité d'une crise sur des mots, flous, comme "l'État".
Les responsabilités sont souvent partagées. Et si l'on veut vraiment rechercher des responsabilités particulières alors l'on ne peut pas exclure a priori celles des personnes mentionnées ci-dessus, c'est-à-dire ceux qui, irrémédiablement, ne voudraient pas être intégrés. Croire que si tout le monde était riche tout le monde serait heureux en France, je pense que c'est une erreur majeure de l'idéologie bourgeoise-capitaliste en fait. La société, avant d'être du bien-être, c'est une unité politique, au sens strict. C'est étrange de retrouver ce mirage interprétatif même à gauche.
Il s'agit de poser un problème de façon terre à terre, rien de plus.
Je dis tout cela parce que l'on ne peut pas parler de la banlieue (du moins ces banlieues-là) sans y être ou y vivre, car aujourd'hui le contact et l'information réelle a été remplacé par le discours idéologique des médias. Et parce qu'on ne peut pas victimiser toute délinquence de façon systématique, ni interpréter 200 millions d'euros de dégât, des blessés et des morts simplement comme un cri de désespoir.
Tout ce que tu dis sur Sarko, moi je suis d'accord. En ce moment, il ferait mieux de se taire et de faire son travail de ministre de l'Intérieur, plutôt que de discutailler présidentielles.
Mais en même temps, on ne peut pas le critiquer dans l'exercice de son travail, comme beaucoup le font, non ? Sauf à vouloir supprimer le ministère de l'Intérieur et la police. Remarque, on pourrait hein ? Mais il faudrait alors repréciser quelle société on veut.
2. Le jeudi 10 novembre 2005 à 21:19, par Acheron :
Je partage globalement l'analyse de Berlol. Mais il y a plusieurs points que je ne peux pas faire miens. La comparaison avec Hitler, pour commencer. Sarko n'a pas dans l'intention de faire "son regroupement politique". Il est au sein de l'UMP. Ce n'est par ailleurs pas un idéologue, quoi qu'on puisse en penser. Il ne théorise rien, n'a pas de programme, comme tu le dis et à la grosse différence d'Hitler. Tu ne peux pas faire un rappel historique sur la situation des banlieues comme l'autre jour, et tomber dans le non-sens historique d'une comparaison Hitler/Sarko.
Autre point d'importance : la question de l'intégration et de l'expression du désespoir. Les clochards sont désespérés, et ils ne brûlent pas de voitures, ne violent pas en réunion, ne dealent pas de la drogue. Ainsi que la majorité des gens qui sont coincés dans leur banlieue. Ceux qui foutent la merde, sont surtout des dangers pour eux mêmes et leur entourage. Si le problème de des destruction en banlieue était un "simple" problème de détresse sociale, c'est alors la totalité des habitants des cités qui feraient la révolution. Or, la majorité des habitants des cités, ils font tout ce qu'ils peuvent pour s'en sortir, et évitent de brûler la voiture de leur propre voisin.
Il n'y a rien à gagner à victimiser les casseurs. Ils sont victimes autant que les autres habitants des cités. Ce qui est un scandale, et qui fait la honte de notre république. Mais passé cela, ils n'ont aucun droit de violence sur la société. Et la société ne leur accordera rien d'autre que davantage de mépris si les choses se poursuivent ainsi. La société, quand elle se sent menacée, est prête à tout, même au pire. C'est là que l'État doit tenir un rôle de flic, à la fois pour empêcher les débordements, mais pour éviter que la société se mette à avoir des réactions de paniques.
3. Le jeudi 10 novembre 2005 à 21:52, par Berlol :
Je suis content que vous apportiez de l'étayage et de la contradiction sociologique et historique. Vous avez évidemment raison sur les rôles de l'État et de la police nationale. Mon point de vue est plus psychologique. Si ladite "racaille" avait une réelle intention de révolte et de menace sur la société dans sa structure d'ensemble, elle irait brûler des voitures dans les beaux quartiers, elle essaierait de s'attaquer à des objectifs politiquement valables. Or ce n'est pas le cas. S'il s'agissait de bandes organisées et criminelles, elle n'auraient intérêt à se faire remarquer de la sorte, comme quelqu'un le rappelait récemment. Entre les deux, il y a l'explication de l'auto-mutilation : un organisme, plus ou moins bien constitué, que l'on peut nommer "la banlieue" ou "la cité de banlieue", et qui est constitué d'individus de différents âges et situations, et dont une partie ne voyant pas ou plus de solution exprime ce qu'elle ne sait pas être une expression de désespoir sous une apparence de jeu et de challenge vis-à-vis des médias et d'un ministre prompt à dégainer et à jouer au même jeu, en fait.
Quant à la comparaison Sarko/Hitler, elle n'a rien d'historique. Il s'agit d'une image, d'une figure de style, d'une menace transhistorique et presque fantasmatique. Ceci dit, Hitler a profité d'une période au frais pour écrire son gros ouvrage de "théorie"... Sarko aurait peut-être besoin d'aller se reposer derrière des barreaux...
4. Le jeudi 10 novembre 2005 à 22:58, par Christian :
Mais, qu'est-ce qu'il a fait de mal, Sarko??!
Pourquoi tant de haine?
Réaction de l'épouse japonaise d'un des participants aux forums de france-japon.net (sur les violences récentes):
-"Pourquoi est ce que dans un pays où tout le monde peut aller à l'école et être soigné, peut trouver de l'aide pour manger à sa faim même sans revenus et recevoir de l'argent de l'État tous les mois simplement en en faisant la demande on trouve des gens qui prétextent leur pauvreté pour faire les sauvages? Franchement, c'est qu'on veut bien les laisser faire, non ?"
5. Le jeudi 10 novembre 2005 à 23:23, par Marie :
Dans un pays comme la France où les concitoyens, de façon générale, demeurent très près de l'état, toujours à le surveiller, le critiquer, ne lui laissant que très peu d'espace de manoeuvre - oui, pour moi, le Français est encore "relativement" engagé ! - il m'est difficile de comprendre comment un politique comme Sarkozy fait pour survivre. Maudit monde d'images !
6. Le vendredi 11 novembre 2005 à 00:26, par Arnaud :
Salut Christian.
Merci beaucoup pour cette citation fort intéressante.
J'ai envie de répondre : oui, mais non. Les Japonais, vu comment ils ont traité les Coréens (issus dans ce cas aussi de la colonisation) après-guerre et continuent de les traiter aujourd'hui, ou comment ils pratiquent les renvois en masse des étrangers au moindre problème chez un nombre pourtant restreint d'individus (je pense aux renvois massifs d'Iraniens il y a trois ans), je pense qu'ils sont très mal placés pour faire la leçon à qui que se soit en matière de politique de gestion des ressortissants issus de l'immigration (surtout qu'au Japon, ceux-là sont toujours des "immigrés", même trois générations après).
7. Le vendredi 11 novembre 2005 à 02:06, par Marie.Pool :
Tout leader politique ou religieux ( où est passée la possibilité d'être laïquement tranquilles dans ce pays ?) ayant pignon sur rue porte une responsabilité dans les mots d'ordre qu'il profère à l'attention de ses "fidèles". Et ceux qui veulent la paix sociale ne s'y retrouveront que difficilement. Je suis comme Berlol dans une lecture psychologique des phénomènes même si elle est insuffisante, pragmatiquement, pour prendre en compte la complexité extrême des phénomènes d'embrasement d'une société et les passages à l'acte (archi-connus)qui s'ensuivent. Un leader qui désigne du doigt une catégorie d'humains est frappé de paranoïa évidente, il est de fait dangereux... et cela donne au bout du compte ce qu'on connaît par coeur: la discrimination par l'origine raciale , culturelle et religieuse, la découpe sombre et meurtrière. Personne n'a a donner de leçon à personne sur ces questions. Les victimes potentielles ou avérées sont de toutes les communautés. Reste que la question de l'auto-mutilation et du suicide collectif reste bien pertinentes. Je pense surtout aux adolescents qui ne trouvent pas leur place autrement que dans la prise de risque et le renoncement plus ou moins motivé à une réussite scolaire. Ils voient l'argent facile, la loi du plus fort qui en découle et ils n'ont aucune confiance dans les prophéties des adultes , en échec eux aussi sur les questions de moralité et d'avenir. Ceux qui ont la chance d'avoir un modèle parental et familial qui tient encore la route, s'y accrochent comme à une bouée au milieu de la tempête.C'est comme cela que je m'explique en partie cette régresssion de la liberté des filles qui préfèrent la protection d'un clan où leur place inégalitaire est assignée plutôt que de subir la jungle extérieure et ses valeurs de corps commercialisable... Je n'approuve pas du tout ce grand retour en arrière et je pense aux mécanismes d'aliénation judéo-chrétiens qui restent tout aussi pernicieux et implacables. S'il n'y a pas de place pour tous sur le marché du travail, il est tentant de remettre les filles aux tâches d'intendance et de maternité,il ne faut pas négliger le fait que l'incitation à la maternité est aussi un moyen de conforter en quantité le nombre d'humains susceptibles de devenir des forces de survie pour une communauté de faible influence économique. L'individu compte peu comme dans les pays communistes ou intégristes. La mort d'un enfant ne serait plus qu'un "détail" dans l'histoire des femmes et c'est contre cela qu'il convient de s'insurger. Nombre de femmes d'immigrés ne sont venues en France que parce que leur époux le leur avait imposé et promis qu'ici les enfants ne mourraient plus aussi nombreux en bas âge de faim ou de maladie... Les enfants de la quatrième génération ignorent peut-être ces motifs qui sont fondamentaux pour tenter de comprendre les passages de frontières illégaux ou non. Si je veux sauver ma peau ou celle de mes proches, ne prendrais-je pas tous les risques, y compris ceux de la délinquance et du système D ? La liberté d'aller là où il y a de la vie moins dure et une moindre souffrance n'est-elle pas légitime ? Le privilège de vivre dans un pays démocratique doit -il être bradé au nom d'une conviction douteuse qu'elle soit d'origine religieuse ou politique ? Pour que chacun soit respecté et épaulé, il ne faut pas transiger sur les conditions préalables. L'argent et les moyens matériels d'existence doivent être mieux répartis et la notion de commerce équitable doit être reliée à celle de libre entreprise,sans manichéisme, sans entourloupe. J'accepte de payer plus cher des biens de consommation courante si je sais que d'autres gens en tirent des moyens de vie décente. Je n'accepte pas ce que je vois dans la rue, toute cette misère ambulante (Européenne désormais) qui vient mendier aux portes des villes et qui sont l'objet d'opprobe , de défiance et de méfiance. Je n'accepte pas de voir ces jeunes femmes de l'Est ou d'Afrique parquées dans des litanies de camionnettes blanches, pour soutirer le sperme de mecs incapables d'amour non vénal (l'immémoriale femme serpillière...), je n'accepte pas de voir des bébés ensuqués à ras des pots d'échappement pour soutirer quelques centimes d'euros à des passants excédés, je n'accepte pas qu'un type de 40 ans soit licencié du jour au lendemain et se coltine les reproches de sa famille au moment des achats de fin d'année :"le nul de chez nul qui n'a pas su garder son emploi !"..., je n'accepte pas l'hypocrisie dans les rapports humains et le détournement de regard à la vue "criante" de la détresse, je n'accepte pas que les ados disjonctent et se mettent en danger pour avoir le droit de grandir en dignité et en sécurité, je n'accepte pas qu'on fouille au corps et qu'on brutalise un jeune dont la pudeur et la peur sont réelles sous prétexte qu'il est dans la rue avec plusieurs potes au lieu d'être devant la Star Académy, je ne supporte pas qu'un ado insulte sa soeur, son frère, son père, sa mère, ses anciens, ses professeurs, je ne supporte pas qu'on laisse des jeunes sans réponse sur les questions essentielles dont l'avenir personnel et l'écologie sont les plus cruciaux points... Je continue de penser, malgré le découragement ambiant, qu'il faut agir là où on vit.
A l'hôpital par exemple, il faut offrir des escales et des répits, des lieux d'accueil et de soutien, des moments d'humanité vraie, non intéressée. Je me fous complètement du coût ( ça aussi c'est une arnaque gigantesque : on va bientôt culpabiliser les gens qui tombent malades du fait de leurs conditions de vie et de désespoir et on va faire des Risettes à pourboire à la Dame à bijoux qui vient se faire remonter la peau des zygomatiques,... c'est intolérable !). Ma colère n'est pas clastique, mais je vous garantis qu'elle est profonde, profonde... et je ne cesserai pas de la promener partout où le sens de l'humain exixte encore.
Nicolas SARKOSI est un homme malheureux, tourmenté, vélléitaire et manipulé, il se croit le sauveur des Banlieues, il s'y prend mal et contrôle mal sa propre violence. Le courage politique véritable, c'est de parvenir à la gouverner. Les gosses à cagoule et casquette que ses fonctionnaires affrontent s'excitent au contact de l'arbitraire et en cela, ils font eux leur boulot d'adolescents, mais ils le font à leurs dépens. On aide pas un jeune à grandir en lui cognant dessus et en l'entassant avec d'autres déboussolés dans des cellules de prison de 9m2...
8. Le vendredi 11 novembre 2005 à 02:38, par Arnaud :
Je pense qu'il faudait arrêter d'employer ce mot de "jeunes" à propos des fauves. On ne peut pas mettre sur un même plan — sauf au prix d'une réduction insupportable, ou sauf à observer tout de loin — la majorité qui essaie de s'en sortir et la minorité des voyous.
Tout le monde a été jeune en banlieue. Mais tout le monde n'a pas été comme ça.
9. Le vendredi 11 novembre 2005 à 03:19, par Arte :
Je lis ceci :
"c'est-à-dire ceux qui, irrémédiablement, ne voudraient pas être intégrés."
et je suis sidéré.
"Ne pas vouloir ETRE INTEGRE"... c'est terrible, les ravages de la langue.
Il n'y a donc plus qu'à rapprocher ces mots de celui de "sauvages", et on monte une expo avec des "jeunes" dans leur hall d'immeuble à la Porte Dorée. Dans un pays sous loi d'exception, ça "sonne" bien, non ?
Reste que sur un article qui développe de façon étayée l'idée que "L'opinion n'existe pas" (dans la lignée d'un P. Bourdieu), voici en commentaire l'exact développement de ce que la langue "savante" fait passer pour "pensée" et qui n'est qu'un slogan, une "impensée", un pli du cerveau.
La pensée c'est un lent travail de l'esprit (P. Valéry) : Vous avez réfléchi combien de temps avant de balancer : "ne voudraient pas ETRE INTEGRES"
Dans les campagnes, l'analogie avec Hitler se développe de la part de gens peu érudits, mais assez agés pour savoir de quoi ils parlent. Et ils n'ont pourtant pas lu Hannah Arendt sur la prise de pouvoir par la force ... (faute de véritable puissance), eux !
Je suis sidéré, parce que ce que le plus à craindre chez un Hitler, ce sont les citoyens qui le portent au pouvoir.
Je préfère le texte de Bartlebooth "à Dominique de villepin" : il s'agit de "langue", qui ne se trompe pas de cible... ni dans son corps, ni dans son destinataire !
(bartle je t'embrasse).
10. Le vendredi 11 novembre 2005 à 03:24, par Arnaud :
Que vous pensiez qu'ils puissent élire à nouveau Hitler, ou bien que vous les laissez avec condescendance au milieu de leurs voitures brûlées, on sent que vous les aimez beaucoup, "les citoyens", comme vous dites.
Quant aux désirs ou aux velléités des cogneurs de la banlieue, vous pourriez aller vous en enquérir sur place ?
11. Le vendredi 11 novembre 2005 à 03:31, par Arnaud :
Je remarque tout de même (deux fois en cinq jours) que vous laissez facilement entendre que ceux qui ne critiquent pas assez Sarko & consorts à votre goût seraient de fait des pro-nazis, "plus à craindre que Hitler", cher Arte.
De même pour le condescendant : "vous avez réfléchi combien de temps ?". Vous savez, ce n'est pas parce que l'on arrive à des conclusions différentes des vôtres que l'on ne réfléchit pas, cher Arte.
Moi, ces problèmes, je les vois depuis que je suis né. Et je n'emploie pas pour autant l'anathème "Hitler" chaque fois que je parle hein.
12. Le vendredi 11 novembre 2005 à 03:55, par Berlol :
Allons, allons, ne vous chamaillez pas, l'heure est grave ! Sinon, je décrète l'état d'urgence et la fermeture des commentaires après 22 heures ! Et merci de vos contributions, quand elles ajoutent quelque chose à l'entendement des questions.
13. Le vendredi 11 novembre 2005 à 04:35, par Arte :
Arnaud, je ne vous dis pas "Cher". Par contre je repete : reflechissez avant de parler : "Quant aux désirs ou aux velléités des cogneurs de la banlieue, vous pourriez aller vous en enquérir sur place ?"
Je vous invite à venir "tourner" comme je le fais avec le maire de ma commune depuis 3 nuits, dans l'agglomération de communes où je réside, pour "parler" avec les gamins venus brûler les bâtiments publics.
14. Le vendredi 11 novembre 2005 à 04:44, par patapon :
Berlol, du calme ! Hitler, Hitler... arretons avec cela ! On peut ne pas aimer Sarkozy, sans se croire pour autant tenu de lui preter l'intention d'ouvrir des camps d'extermnination (en Lozere ?), ou de faire patrouiller des SS dans les rues de Saint-Denis...
Sortir Hitler a tout propos, c'est banaliser le nazisme. Il est vrai que je reconnais moi aussi mes torts: j'ai eu la faiblesse d'esprit que considerer que certains "jeunes des cites" (terme obligatoire), capables de tuer pour un appareil photo ou d'asperger d'essence une personne handicapee, et animes le plus souvent d'un antisemitisme rabique, pourraient faire, a defaut d'"excellents Francais", d'excellents SS...
15. Le vendredi 11 novembre 2005 à 04:59, par Berlol :
Oh, Patapon, ça faisait un bail ! J'ai dit que le recours à la figure hitlérienne n'était pas une comparaison historique mais une sorte d'image fantasmatique... pas très loin de tes torts, en fait.
Arte, fais attention à toi, quand même ! et mets une petite laine !
16. Le vendredi 11 novembre 2005 à 05:15, par Arnaud :
Excusez-moi, mais lorsque 1,3 milliard de francs appartenant à la collectivité partent en furmée, on peut au moins douter de la volonté d'intégration des casseurs. Surtout quand on les voit casser depuis vingt-cinq ans. Surtout aussi que ce n'est pas l'ensemble des banlieues ou des cités qui casse.
Bien sûr, on peut relancer l'éternel débat sur la nature essentiellement de victimes des voyous et des criminels. Mais certainement pas critiquer unilatéralement ceux qui sont d'un avis différent.
Pratique mais dangereux, les dichotomies. On peut penser différement tout en continuant à penser. Vive la pluralité.
17. Le vendredi 11 novembre 2005 à 05:25, par Bartlebooth :
Vous vous étonnez de peu, Arnaud. Le gouvernement, les ministres ont des manières de faire et de dire qui évoquent, me semble-t-il avec évidence, un comportement fasciste. C'est bien dommage que vous le regrettiez : si vous n'avez pas l'inquiétude de cette déviance, j'ai bien peur que vous trouviez normal que l'Etat considère une partie de ses citoyens comme de simples bêtes, ce qui est déjà un peu le cas. Mais comment s'attendre à mieux de quelqu'un qui parle de "fauves" ? Vous donnez vous même de quoi alimenter la comparaison qui vous chiffonne et de poursuivre l'idée d'Arte (kiss kiss !) d'une expo qui après la partie ethnologique des sauvages en halls d'immeubles aurait celle zoologique des fauves encagés dans les commissariats et les prisons, de quoi préparer sérieusement pour 2012 le 75e anniversaire des "arts dégénérés".
18. Le vendredi 11 novembre 2005 à 05:36, par Arte :
Penser ce n'est pas "repeter" éternellement le mot INTEGRER.
Et quand "dire" ressemble à un discours dominant, à une "opinion publique", je ne vois pas là une "pensée", et je m'en méfie terriblement, quitte à me faire ranger (sans avoir jamais pourtant parler de victime, de droit de casser ou autre) dans "l'opinion" adverse. Dichotomie, c'est celui qui dit qui y est !
Berlol, je mets mon cuir, protection froid et coup : double-en-un, et MON maire fait 1,90 de haut par 1,90 de large.
Anecdocte :
Quartier Plein Sud, 3h du matin :
Le maire : - vous savez que les voitures que vous brûlez ce sont celles de vos voisins de quartier ?
- un djeun's : ah ben ouaiii, c'est naze... y'a qu'à aller au quartier Nord !
Vous voyez, suffit de parler ...
19. Le vendredi 11 novembre 2005 à 06:03, par Bartlebooth :
Au fait, je viens de découvrir le groupe rap La Rumeur. J'écoute leur album "Regain de tension" (2004) : très très très bon, non seulement ça pulse bien musicalement, mais en plus ils ont du texte, du bon, qui sonne, sans compromis, dur et lucide. Et, comment dire, dans le contexte actuel ça résonne bien.
J'avais du passer à côté de l'info à l'époque, le groupe avait été poursuivi devant les tribunaux, par le ministère de l'Intérieur et la police, pour avoir écrit entre autres : « Les rapports du ministère de l’intérieur ne feront jamais état des centaines de nos frères abattus par les forces de police sans qu’aucun des assassins n’ait été inquiété. » et « La réalité est que vivre aujourd’hui dans nos quartiers c’est avoir plus de chance de vivre des situations d’abandon économique, de fragilisation psychologique, de discrimination à l’embauche, de précarité du logement, d’humiliations policières régulières » Ils ont été relaxé. Pour en savoir plus : www.acontresens.com/contr...
et pour apprécier l'intelligence de ces rappeurs, ces interviews :
www.acontresens.com/musiq...
www.acontresens.com/musiq...
20. Le vendredi 11 novembre 2005 à 06:05, par cel :
Des ados qui font "les cons", certes, qui crament des poubelles et bagnoles, quelques violences d'un autre ordre (bien plus rares) j'ai été sidérée de découvrir des images télé hier (moi qui n'avait suivi les infos qu'à la radio) et de me rendre compte de l'aberration que constituait les termes de "guerre civile" qu'on a pas mal lus de part et d'autre ces temps ci (ouais, tous les mots sont importants).
Par contre j'ai eu un vrai dégout en entendant sarkozy tenter de profiter du marasme pour faire passer une mesure réellement raciste, (consistant en le renvoi dans leur "pays d'origine" de personnes qui se rendraient coupables de certains délit, qu'ils détiennent ou non un permis de séjour en règle) et les propositions qui sont sensées montrer les bonnes intentions sociales de l'état, avec par exemple la "possibilité" pour les collégiens de débuter un apprentissage à 14 ans - plus grave que ça en a l'air, quand on sait comment les jeunes sont déjà orientés "à l'arrache" par les conseillers pédagogiques et autres conseillers d'orientations d'établissements : n'ont souvent pas le choix, dirigés en apprentissage malgré eux (en tout cas sans réelle discussion, surtout sans vraiment savoir dans quoi ils vont tomber) et encore plus souvent dans une formation qu'ils n'ont pas choisie (un gosse demande ébenisterie parce que ça, ça le botte, on lui demande de mettre un second choix, il ne voit rien d'autre, met plomberie parce qu'il faut bien remplir toutes les cases du formulaire - se retrouve en plomberie parce que trop peu de places, voire en maintenance de machines à laver), sans concertation avec les parents (qui ne parlent parfois pas français, mais le gosse ou son grand frère pourrait traduire...).
Vu de loin ça parait du blabla social hors sujet, cependant savoir qu'on répond à de vrais problèmes (qui espèrent profiter du soulèvement médiatique pour être traités sérieusement, pour de bon) par des mesures qui vont encore dans le sens d'une inégalité notoire, qui la renforcent, c'est à vous dégoûter (d'ailleurs, je ne veux pas être intégrée)
-"Pourquoi est ce que dans un pays où tout le monde peut aller à l'école et être soigné, peut trouver de l'aide pour manger à sa faim même sans revenus et recevoir de l'argent de l'État tous les mois simplement en en faisant la demande on trouve des gens qui prétextent leur pauvreté pour faire les sauvages?" : parce que ces droits se résument souvents à caches misères, demi mesures ou simples truanderies d'éligibles
"Les clochards sont désespérés, et ils ne brûlent pas de voitures, ne violent pas en réunion, ne dealent pas de la drogue (...). Si le problème de des destruction en banlieue était un "simple" problème de détresse sociale, c'est alors la totalité des habitants des cités qui feraient la révolution"
Les clochards cités ne sont ni celestes ni révolutionnaires, surement plutôt des gens abattus, et dans la totalité des habitants des cités il y a certainement beaucoup de résignés, qui ne font que ce qu'ils croient pouvoir. Je ne défend pas le viol collectif, je trouve simplement lamentable de montrer l'abattement ou la résignation en exemple
21. Le vendredi 11 novembre 2005 à 06:21, par Marie.Pool :
Ils continueront à brûler ce qui ne leur appartient pas autant de temps que le jeu leur plaira et qu'ils ne trouveront pas en face des interlocuteurs non haineux mais sans complaisance. Chaque délit doit être sanctionné et l'agresseur confronté à sa victime.
J'espère qu'il s'agira de la voisine de palier qui lui dira comment il lui empoisonne la vie qui n'est déjà pas si facile et qu'elle le regardera droit dans les yeux pour qu'il reconnaisse bien qui il attaque, sa mère ou sa famille en fait ... Aller dans les beaux quartiers n'est qu'une affaire de cran supplémentaire si l'ordre à l'échelle familiale et locale n'est pas rétabli rapidement. Un adulte qui n'empêche pas ses adolescents d'aller faire des dégâts est un adulte irresponsable qui délègue à la police le droit de le faire à sa place avec tous les risques de débordement que l'on imagine. Ceux qui aiment la baston y prennent un plaisir qui ne s'avoue pas facilement. Et il y en a des deux côtés, comme toujours.On a les rites initiatiques qu'on peut... Je serais curieuse de voir des statistiques sur le nombre de jeunes filles impliquées dans les émeutes récentes. Leur faut-il une vraie guerre à tous ces casseurs pour voir à quoi ça ressemble quand l'exode est le seul salut improbable ? Les leçons d'Holocauste, de machettes Rwandaises,de crimes contre l'humanité yougoslaves, de tortures coloniales, d 'expulsions au bulldozer, de gosses électrocutés ne suffisent pas, il faut encore rajouter des couches et des couches de violence inutile !
A qui profite toute cette bêtise destructive qui n'est pas si généralisable qu'on veut bien le faire croire ?
22. Le vendredi 11 novembre 2005 à 06:27, par Arte :
...mais Cel, l'image du clochard est explicite, sinon volontaire. Il y a une parole delivrée depuis longtemps sur le Darwinisme économique : "Tu essaies de t'en sortir" (s'integrer ?) et si tu n'y arrives pas, tu la fermes." Evidemment que ces gosses refusent la dépression qu'on leur propose à 30 ans !
Sur le terrain, ils disent que lorsque leurs parents ont cherché à qui parler, ils n'ont trouvé personne. Alors aujourd'hui, on va peut-être les écouter. Evidemment ils ne le disent pas avec ces mots. Et si on leur demande ce qu'ils ont à dire, ils répondent : "Nous, on sait pas dire !".
Ils n'ont pas "la parole" !
Bande d'animaux, va !
23. Le vendredi 11 novembre 2005 à 06:40, par Arte :
"Un adulte qui n'empêche pas ses adolescents d'aller faire des dégâts est un adulte irresponsable ".
Alors, moi, je ne lache plus !!!! marre ! Il n'y a pas des Stiegler d'un coté, qui se casse la tête à PENSER VRAIMENT, pour voir de l'autre les idées reçues se répandre dans les couches pourtant les mieux préparées à ENTENDRE ce qu'ils ont à leur apprendre. Surtout de la part de ceux qui devraient savoir que la Libido, c'est pas un truc illimité, et que les parents qui retrent le soir après s'être levés à 5h du matin en sont vidés, que d'ailleurs cela ne concerne pas que les PAUVRES, mais toutes les classes sociales, et que de la libido, il en faut un peu pour sublimer, et donc éduquer ses gosses !
La condition préalable au rétablissement de l'ordre devrait être des excuses publiques des plus hautes instances de l'état (notion pas floue du tout) à une population traitée comme du surplus depuis 30 ans !
Là, ça se calmerait. Ca marche comme ça, la réparation du mépris.
24. Le vendredi 11 novembre 2005 à 06:50, par Bartlebooth :
Ces mots plein l'écran, en boucle en grand,
Des cénacles aux plateaux, des plateaux aux éditos,
Ces mots comme l'hymne royal de la fringale des squales, ces mots,
Ces serres, ces crocs exonérés d'impôt sur ma sueur et sur ma peau,
Flexibles et souples, privatisés au double,
Ces mots qui ne laissent rien, laissent crever, laissent faire,
Ces mots qu'on tire tout chaud de la cuisse d'un Francis Mer,
Ces mots qui ont le bâton, le bras long,
La sympathie du fisc et les fluctuations du CAC 40 pour horizon,
Ces mots qui montent en grade selon la marge et l'offre,
Ces mots qui montent la garde de chaque côté du coffre,
Ces mots qui traquent mon froc, ma thune et mes allocs,
Mes pauvres 507 heures et mon ticket modérateur,
Ces mots qui se marrent déjà du peu qu'il restera
Et qui te soufflent que le beau gâteau là-bas n'est pas pour toi.
Refrain
Maîtres mots et mots de maître,
Maîtres mots à suivre à la lettre,
Ordre des mots et mots de l'ordre,
Ordre des mots dressés pour mordre.
C'est mots dans le barillet des sécurités
Qui retrouvent ma trace et ouvrent la chasse,
Ces mots sans sommation, sans scrupule ni regret,
Ces mots à te faire peur, ces mots à te faire taire,
Ces mots qui regardent ailleurs quand Habib est tué à terre,
Le 9 bis pour tout drap mortuaire,
Ces mots qui ont dans la poche un juge et une quinte floche,
Ces mots qui ont dans l'œil la poutre d'une guerre sans deuil.
Souvenirs au cri du temps béni des colonies,
Pour peu qu'on gratte, pour peu qu'on se batte,
Pour peu qu'ils craquent,
Ces mots quoiqu'on y fasse qui refont toujours surface,
Ces mots, ces coups, ces coupables désignés,
Ces Mohamed, ces moricauds,
Ces mauvaises bêtes à mauvaise peaux,
Ces mots mors que je portent si bien qu'ils collent à mon ADN,
Ces mots que je porte si loin qu'ils en deviennent des chaînes.
Refrain
(Hamé / Soul G) - La Rumeur -
25. Le vendredi 11 novembre 2005 à 06:58, par cel :
Arte, excuses d'un état qui met 30 ans à reconnaitre que quelque chose à eu lieu en octobre 61, d'un de villepin qui au lieu des excuses demandées pour l'envoi de grenades lacrymo ("qui correspondent aux modèles utilisés dans le secteur de la police" - ou autre charabia du genre) aux portes d'une mosquée en pleine cérémonie présente simplement quelques mots de "sympathie" au cours d'une interview chez ppda (et je crois après plusieurs jours)... mal barré
26. Le vendredi 11 novembre 2005 à 07:31, par Marie.Pool :
N'empêche...
Quand on met un gamin au monde, on a des responsabilités à la fois personnelles et politiques.
Par ailleurs, faut-il l'ébruiter dans ces temps de tumulte, la libido est d'essence illimitée et elle a bénéfice (non forcément immédiat) à être "éduquée" elle aussi , pour faire sinon son propre bonheur ( peu y parviennent car cela demande de l'humilité et un grand sens de la vie), mais le moins de dégâts possible. "A parents malheureux , enfants malheureux "est une équation à mon sens, un peu trop rapide. Nous sommes tous responsables de nos paroles et de nos actes. Chacun à notre niveau et c'est déjà un vaste chantier d'apaisement souhaitable.Aller conflictualiser la frustration dans la rue n'est peut-être pas pour moi le bon choix. Le choix est politique.
27. Le vendredi 11 novembre 2005 à 07:33, par Arnaud :
Vous pensez que si "l'État" - celui de Vichy n'est pas celui qui avait Papon comme préfet de police, ni celui de la V République — allait discuter d'égal à égal avec les casseurs, en leur proposant par exemple un traité de frontières entre la République et les cités, ça s'arrangerait ? Vous croyez que c'est le moment de discuter ? Si les 1800 personnes qui ont été arrêtées ne l'avaient pas été, le calme serait-il (relativement) revenu de lui-même ?
Comment ne pas trouver contradictoire que l'on puisse dans un même temps affirmer qu'une fraction de la population "française" (faut-il comprendre : blanche ?) serait fermée au dialogue et aimerait la violence pour la violence, tout en affirmant que l'intégralité des populations issues de l'immigration serait à 100% victime ? C'est sidérant.
28. Le vendredi 11 novembre 2005 à 07:49, par Arte :
voulez vous ecouter stiegler Marie Pool.
www.megaupload.com/fr/?d=...
(Sur la libido illimitée, je ne peux pas vous suivre.).
29. Le vendredi 11 novembre 2005 à 07:50, par cel :
un traité de frontières ???? oula, mais on est en plein délire...
Si le calme (résigné ?) n'avait pas été bouculé, aborderait-on actuellement "le pb des banlieues" ou est-ce qu'il ne passerait pas à l'as comme d'habitude. Oui, c'est le moment de discuter, ce n'est pas un moment qui arrive souvent et il serait dommage de ne pas le saisir.
30. Le vendredi 11 novembre 2005 à 07:55, par Arte :
Arnaud c'est du monologue votre truc. Je vous soupçonne d'aimer mettre dans la bouche des autres ce qui vous arrange. Il pourrait vous arriver de penser que vous n'avez pas affaire qu'à des abrutis quand vous parlez aux autres ?
31. Le vendredi 11 novembre 2005 à 08:51, par Marie.Pool :
Le lien stiegler ne fonctionne pas , désolée !
Je parle exclusivement que de ce que par expérience et observation je connais bien en matière de libido. J'en côtoie suffisamment les insuffisances et les excès pour ne pas me sentir démunie devant toute opinion non compatible avec la mienne . Encore faudrait-il savoir très exactement de quoi on parle en utilisant ce vocable d'origine psychanalytique. L'essentiel est de tenter de comprendre les phénomènes en fonction de ce que je sais de la vie ordinaire et des gens autour. J'ai déjà beaucoup à faire. Je suis pour la paix inconditionnelle des paliers et je reste domiciliée dans un quartier dit "sensible" où, curieusement ce qui se passe ailleurs ne se passe (encore) pas ici... Ceux qui ont mis le souk l'autre soir sont des syndicalistes d'EDF qui ont coupé le jus et plongé tout l'arrondissement dans le noir , pour un peu on aurait cru à un attentat de voyous ! Et je connais nombre de familles et des professeurs qui font tout pour que les gamins ne soient pas éjectés du collège prématurément. L'école est le seul endroit où la libido est mise au service de l'acquisition d'outils pour penser et agir dans un intérêt partagé. Un gamin qui s'instruit est moins démuni devant la vie et ses choix sont plus lucides. Les filles d'origine maghrébine l'ont compris depuis longtemps et elles font le maximum pour étudier. Je les retrouve à l'hôpital et elles sont d'une maturité remarquable. L'intégration c'est l'intégrité de sa propre capacité de raisonnement et de jugement au delà des limitations culturelles et religieuses.
32. Le vendredi 11 novembre 2005 à 08:57, par Arte :
ah ! cela fonctionne pour moi.
www.megaupload.com/fr/?d=...
Berlol, cher maître, liez-vous Stiegler correctement ?
(Cliquer sur le lien, sur le site Upload, patienter 45 secondes (pub) puis cliquer Télécharger : environ 1h et quelques... Ne pas sortir de l'écran upload pendant ce temps...)
33. Le vendredi 11 novembre 2005 à 15:27, par Acheron :
Le problème des familles est un vrai problème. On a l'impression qu'elle ne peuvent rien faire. Quand des enfants de 13 à 16 ans brûlent des voitures et que leurs familles ne peuvent pas réagir, alors c'est virtuellement impossible pour l'État de compenser le rôle familial.
Quand aux clochards, je persiste, ils n'emmerdent personne. Et je parle pour moi, mais je préfère bosser aux resto du cœur pour aider à ma mesure ces gens en détresse sociale, ou des familles en situation précaire, plutôt que de donner un centime et 1 seconde de mon temps à des types qui ne connaissent que le langage de la haine raciale. Car oui, là où le langage de la haine raciale est le plus fort n'est pas qu'au front national, mais bien chez certains "jeunes des cités". À qui pourtant, vous remarquerez, il serait impossable de ne pas avoir le dernier téléphone portable de chez Motorolla ou Ericson…
34. Le vendredi 11 novembre 2005 à 16:38, par Arnaud :
Arte, (je cite)
« Je vous soupçonne d'aimer mettre dans la bouche des autres ce qui vous arrange. Il pourrait vous arriver de penser que vous n'avez pas affaire qu'à des abrutis quand vous parlez aux autres ? »
C'est vous qui me dites cela ? Alors que vous prenez un mot par-ci un mot par-là pour conférer du sur-sens, donner des intentions et des volontés qu'ils n'ont pas aux autres ? Alors que vous les accusez de ne pas "penser" ? Voire d'être des socio-darwnistes fachos en puissance ?
Votre passion pour périphrases condescendantes et pour les jeux de mots à la : je te cite un bout je te fais dire n'importe quoi, m'a lassé. Ciao.
35. Le vendredi 11 novembre 2005 à 16:45, par Arnaud :
Ca, Acheron, je suis tout à fait d'accord.
Et c'est d'ailleurs ce que je disais plus haut (11/11/05 7h33) : il me semble sidérant de voir des gens capables ainsi de catégoriser une partie de la population française comme "fachos-FN" irrécupérables avec tant d'aisance, tout en affirmant en même temps que les populations issus de l'immigration sont à 100% des victimes (et que la cause ayant produite les casseurs serait à rechercher ici). C'est hallucinant. Il y a un moment où il faut rester cohérent.
Mais tout le débat depuis hier ne porte que sur ce point en réalité.
Quant à l'exemple des frontières, c'est que je voulais juste demander à tout le monde : avec qui voulez-vous que "l'État" (Villepin ?) discute ? Pendant ce temps, arrête-t-on toute surveillance ? C'est tout.
36. Le vendredi 11 novembre 2005 à 18:49, par Berlol :
Moi aussi je suis lassé de ces disputes incessantes pour un mot trop haut ou trop bas. A quoi vous servent toutes vos lectures et tous vos diplômes si vous n'arrivez pas à vous concentrer sur l'essentiel des textes et semblez au contraire éprouver un malin plaisir à partir en vrille.
Je remarque d'une façon générale qu'on ne répond pas au sujet principal de mon billet, le sondage, ce que j'en dis et ce qu'en disait Philippe De Jonckheere...
37. Le vendredi 11 novembre 2005 à 19:05, par Arnaud :
Pour ce qui sont intéressés, je redonne les informations concernant l'exposition Hokusai 北斎展, au Muséum national de Tôkyô 東京国立博物館, à Ueno :
Du 25/10 au 4/12 2005
Ouvert de 9h30 à 17h00 (20h00 le vendredi)
Fermé le lundi
Prix de l'entrée : 1500 yens
À Ueno : gare JR, sortie vers le parc 公園口
wwww.hokusaiten.jp
38. Le vendredi 11 novembre 2005 à 19:07, par Arnaud :
pardon :
www.hokusaiten.jp
(il y avait un W en trop ^_^)
39. Le vendredi 11 novembre 2005 à 19:10, par Marie.Pool :
C'est aussi avant 13 ans et le "feu pubertaire" qu'il faut poser les jalons du respect de l'autre et de la citoyenneté.Dès la maternelle et la primaire on est tenus de civiliser les pulsions infantiles qui vont du "moi d'abord" au "tout tout de suite",à "j'ai besoin, je prends !". A l'adolescence l'affirmation de soi passe toujours par la rébellion et il faut que ça tienne en face, sinon ça prend assez fréquemment des proportions fâcheuses. Une fois que le gamin est étiqueté délinquant il est stigmatisé socialement et son groupe d'appartenance devient le refuge dans lequel il trouve l'alibi de ses exactions, il peut même assez facilement considérer ses "exploits" comme des preuves de virilité et des épreuves de passage dans la catégorie du mec qui ne se laisse pas "niquer". Il y a des paliers dans les comportements antisociaux que certains jeunes franchissent d'autant plus facilement que c'est devenu la norme de conduite dans leur milieu et qu'il n'est pas question de rendre des comptes à qui que ce soit. Certains aussi se confortent dans l'idée que le racisme explique tout, y compris l'échec scolaire ce qui est d'autant plus faux que les enseignants aujourd'hui se recrutent dans les populations dont ils s'occupent. Le problème se situe dans le type d'étayage éducatif que l'on peut fournir aux enfants qui en manquent et cela devient un problème collectif. Par ailleurs, sans argent suffisant aujourd'hui, il est très difficile de mener des études longues et qualifiantes, il existe toute une frange d'étudiants qui est obligée de travailler à des tâches peu rémunérées et selon des horaires très fatigants. L 'aide aux plus motivés est dérisoire et la qualité diététique des repas adolescents ( au moment où physiologiquement ils ont besoin de dévorer) est déplorable.Il leur faut un moral d'acier pour tenir dans la course aux places de concours et il règne dans les amphis des ambiances de lutte à mort, les redoublants empêchant les cours de se dérouler normalement pour gratter des places. Les diplômes obtenus sont des parcours du combattant et le stress est permanent. L'abandon des études dès 16 ans et parfois avant constitue un problème très préoccupant au moment où la vitalité et le potentiel sont au maximum. Faire du sport ou zoner dans les centres commerciaux ne remplissent pas la journée de façon lucrative. L 'envie de tout foutre en l'air devient une façon d'échapper à l'ennui et au sentiment de nullité personnelle. La jalousie prend le pas sur le reste et les mécanismes de revanche prenent leur essor. S'ils ne sont pas enrayés ils ne vont jamais dans le sens de la paix sociale c'est l'évidence. La prime à la délinquance c'est le sentiment de toute-puissance qui attend d'être battu en brèche par le couperet implacable de la loi.
L'ennui étant que l'exemple de la délinquance et de la malversation se situe aussi dans les sphères ministérielles ( "les affaires" comme on dit) et il n'échappe pas aux petits malfrats de quartier que l'impunité existe , qu'il faut en profiter pour essayer de passer entre les mailles en sacrifiant plus petit que soi. L'incurie et l'incohérence de l'autorité se nourrit de ces anomalies,c'est pourquoi le discours officiel n'inspire aucune confiance a priori et lorsqu'il se durçit il a des connotations arbitraires et réductrices. Une démocratie doit supporter ce type d'antagonismes mais elle doit aussi avoir l'ambition d'assainir le système. Ce ne sont pas les ambitions électorales personnelles qui sauveront la mise et il faut aujourd'hui pour gouverner d'autres personnages que des "harangueurs" et des séducteurs sans morale. Essayer de faire croire par exemple qu'une politique de gauche équivaut à une politique de droite relève de la malhonnêteté intellectuelle et opportuniste. Barricader la France et expulser tout ceux qui ne sont soi-disant pas "intégrables" relève d'une naïveté époustouflante qui aboutira probablement à un retour en force sous forme de guerre soutenue de l'intérieur par les revanchards de la fracture sociale. On oppresse pas impunément certaines populations, la mémoire collective est récurrente et lorsqu'elle n'est pas pacifiée les brulôts de violence et d'anarchie reprennent de la vigueur là où on les croyait révolus. La démocratie est exigeante, elle intègre les droits de l'homme et du citoyen et c'est cela qui empêche on l'espère vivement de redevenir des barbares,chacun à son niveau.
40. Le vendredi 11 novembre 2005 à 19:35, par Marie.Pool :
Pour la question des sondages je ne leur attribue aucune valeur prospective . Je suis profondément convaincue que l'effet Panurge, les revirements ou les embardées d'opinion obéissent presque toujours à des réflexes de protection non argumentés longtemps à la sortie des urnes. On délègue quelque chose de l'ordre d'un projet économique et social à des préposés que l'on ne connaît pas et on les juge sur des actes concrets.Si le mécontentement social monte, on en déduit qu'ils laissent tanguer le bateau et on se méfie des grands coups de barre où ceux qui sont en fond de cale se font écraser. Je ne m'intéresse aux pourcentages que lorsque je choisis un fromage. J'aime encore beaucoup le choix que nous avons en France et la variété des goûts dont nous disposons.Depuis quelques années je me suis mise à la Mozarella , un peu plus de mal avec les fromages Corses, la vache qui rit restant ma préférée lorsque le frigo est presque vide... Je ne regarde jamais les sondages avant de glisser mon bulletin de vote dans une urne . J'écoute ce que les hommes politiques racontent et j'essaie de repérer le discours le plus sincère . En général c'est aussi celui le plus modeste et le plus courageux que je choisis. J'apprécie les hommes politiques intelligents qui ne font pas semblant d'aimer les gens, tous les gens. Il y en a de temps en temps.
41. Le vendredi 11 novembre 2005 à 19:46, par Arnaud :
Marie Pool, tes posts sont très intéressants.
Par contre, s'il te plaît, pense à sauter des lignes de temps en temps.
42. Le vendredi 11 novembre 2005 à 20:16, par vinteix :
Dans beaucoup de ces commentaires, je remarque une tendance assez generale au manicheisme, aux dichotomies simplistes : "si t'es pas assez contre Sarko, t'es facho..." (je caricature, a peine...) Pas tres envie d'entrer dans ce debat... Si nos politiques, depuis des dizaines d'annees, sont LARGEMENT responsables de cette "crise des banlieues", je pense aussi qu'ils n'ont pas une responsabilite totale dans les violences actuelles et passees.
43. Le samedi 12 novembre 2005 à 01:15, par Berlol :
Belles charges de Philippe Boisnard contre le monstre... (merci Constance)
44. Le samedi 12 novembre 2005 à 01:42, par Arnaud :
Tout à fait d'accord avec toi, cher Vinteix.
Je reviens de l'exposition Hokusai à Ueno. C'est vraiment exceptionnel. Ils ont réuni quelques six cents pièces, venues aussi bien des grands musées japonais qu'européens (Berlin, Londres, Paris, Amsterdam, etc.) et américains. Il y a beaucoup de monde (qui se tasse surtout dans les deux salles d'entrée de couloir et dans la salle où sont exposées les Trente-six vues du mont Fuji 富嶽三十六景 ), mais en patientant dans les queures on y arrive ! Le livre de l'exposition est également très bon, pour à peine 3000 yens.
45. Le samedi 12 novembre 2005 à 04:38, par JoseAngel :
Je trouve que les réflexions de MariePool sur l'orientation de la libido sont très pertinentes. Pour être plus précis, ne s'agit-il pas ici d'un problème d'identité sexuelle masculine? Car, je n'ai pas de statistiques bien sûr, mais ne s'agit-il pas d'un 99% ou un 100% de violence masculine? Les femmes des banlieues ethniques sont sûrement aussi oppréssées ou marginalisées que les hommes, mais on ne voit pas des équipes de gamines à faire la guerrilla urbaine. Du moins, je ne les ai pas vus. Un problème de testosterone, alors, ou d'affirmation du pouvoir mâle?
46. Le samedi 12 novembre 2005 à 11:09, par Bartlebooth :
57 % des personnes interrogées ne pensent pas que les élections prévues fin janvier en Irak conduiront à un gouvernement stable
57 % des personnes interrogées pensent que l’influence de la France en Europe ne sera pas affaiblie par le rejet du traité européen
57 % des personnes interrogées souhaitent le départ de Raffarin
57 % des personnes interrogées perçoivent l’exclusion comme une menace personnelle
57 % des personnes interrogées ont jugé que le gouvernement en fait « trop » pour les grandes fortunes
57 % des personnes interrogées ont vu ou entendu parler de la publicité
57 % des personnes interrogées se déclarent opposées à l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne
57 % des personnes interrogées veulent faire de l’ « Europe sociale » une priorité
57 % des personnes interrogées font confiance à la hiérarchie de leur entreprise
57 % des personnes interrogées ont approuvé les accords de Munich
57 % des personnes interrogées estiment qu’il existe une dégradation du travail par l’accroissement de son rythme et de son intensité
57 % des personnes interrogées déclarent qu’elles ont modifié leur comportement d’achat, notamment en privilégiant les petits commerçants
57 % des personnes interrogées considèrent la grande corruption, ou corruption politique, comme un « gros problème »
57 % des personnes interrogées ont déclaré que le contrôle des aliments génétiquement modifiés n’était pas suffisant
57 % des personnes interrogées estiment qu’Internet est le moyen le plus approprié pour acheter et vendre des actions en Bourse
57 % des personnes interrogées soutiennent plutôt ou totalement l’adhésion à l’Europe
57 % des personnes interrogées pensent que l’olivier est la culture emblématique de la Provence
57 % des personnes interrogées auraient préféré que le nombre de députés de la prochaine Assemblée nationale soit diminué plutôt qu’augmenté
57 % des personnes interrogées estiment qu’il faut protéger les parcelles d’essais OGM contre les destructions
57 % des personnes interrogées considèrent que la femme est dépensière
57 % des personnes interrogées condamnent la torture pratiquée par l’armée pendant la guerre d’Algérie
57 % des personnes interrogées clampent et coupent le cordon seulement s’il est très serré
57 % des personnes interrogées perçoivent l’écologie comme un projet de transformation en profondeur de la société
57 % des personnes interrogées pensent que les transports publics se sont améliorés
57 % des personnes interrogées achètent leurs chaussons une à deux tailles en dessous de leur taille de ville
57 % des personnes interrogées estiment que les adultes arrêtés pour la détention de petites quantités de marijuana ne devraient encourir aucune sanction pénale
57 % des personnes interrogées voudraient que le drapeau britannique ne figure plus sur le coin supérieur gauche du drapeau australien
57 % des personnes interrogées n’ont pas une opinion favorable pour le président américain
57 % des personnes interrogées à propos du tourisme fluvial sur le canal de Bourgogne aiment le calme
57 % des personnes interrogées affirment avoir « souvent » le sentiment que les milieux économiques ne sont pas à la hauteur de leur tâche dans les domaines décisifs
57 % des personnes interrogées ont déclaré que la guerre en Irak ne valait pas le coup
57 % des personnes interrogées disent éprouver de l’antipathie envers la France
57 % des personnes interrogées répondent par l’affirmative à la question « Êtes-vous favorable ou opposé à une attaque américaine contre l’Irak en vue de liquider le régime de Saddam Hussein ? »
57 % des personnes interrogées estiment que les journalistes ne décrivent pas honnêtement la réalité des faits
57 % des personnes interrogées disent frapper leur ordinateur lorsqu’il n’obtempère pas
57 % des personnes interrogées affirment acheter parfois des produits respectueux de l’environnement
57 % des personnes interrogées ont l’impression que la charge fiscale en Suisse est plus forte que la moyenne de l’UE
57 % des personnes interrogées sont venues à Lille attirées par les feux de la capitale européenne de la culture
57 % des personnes interrogées veulent voir abordé le thème de la sécurité lors de la campagne présidentielle
57 % des personnes interrogées au Brésil espèrent que le candidat démocrate John Kerry remportera les élections aux Etats-Unis
57 % des personnes interrogées pensent que Villepin ne réussira pas à redonner confiance aux français
57 % des personnes interrogées dans les médias locaux sont inquiétés par le poids des impératifs économiques
57 % des personnes interrogées disent avoir choisi leur opérateur GSM en fonction de celui de leurs contacts
57 % des personnes interrogées jugent le bilan de Jacques Chirac plutôt négatif
57 % des personnes interrogées ne changeraient en aucun cas l’actuel régime contre un autre
57 % des personnes interrogées sont pour la poursuite de « Vidéo-Gag » et de « Bigdil »
57 % des personnes interrogées jugent la construction de logements sociaux insuffisante
57 % des personnes interrogées jugent les conseillers généraux honnêtes
57 % des personnes interrogées connaissent une femme victime de violences
57 % des personnes interrogées jugent la médecine du travail utile
57 % des personnes interrogées jugent que les autorités doivent se tenir au recomptage des voix
57 % des personnes interrogées associent le mot-symbole « Canada » au gouvernement du Canada
57 % des personnes interrogées disent faire extrêmement ou très attention à la démarche éthique des entreprises
57 % des personnes interrogées aux Etats-Unis s’estiment « très satisfaites » de leur vie
57 % des personnes interrogées désapprouvent la gestion par Bush du dossier irakien
57 % des personnes interrogées jugent que la réforme institutionnelle la plus efficace est la mise en place d’un conseil de sécurité de proximité sous la présidence du maire regroupant les polices, les services sociaux, l’éducation nationale et la justice
57 % des personnes interrogées se disent opposées à ce que le prochain Président de la République passe l’éponge sur les amendes
57 % des personnes interrogées n’ont pas une opinion favorable des pop-ups et considèrent que ce type de publicité n’est pas cautionné par les société leaders du marché
57 % des personnes interrogées ayant initié une stratégie de gestion de la relation clients estiment être en cela au même niveau que les compétiteurs
57 % des personnes interrogées disent ne pas avoir entendu parler des discussions MEDEF-syndicats
57 % des personnes interrogées ne prêtent à Charles Millon aucun avenir politique
57 % des personnes interrogées considèrent le véhicule d’entreprise comme l’avantage le plus important qu’un employeur puisse offrir
57 % des personnes interrogées désapprouvent la politique d’Ariel Sharon
57 % des personnes interrogées estiment accomplir leur travail dans des conditions stressantes
57 % des personnes interrogées se déclarent « assez opposées » ou « très opposées » aux mesures d’interdiction de la mendicité
57 % des personnes interrogées sur les sites touristiques du patrimoine français critiquent l’absence de points d’eau
57 % des personnes interrogées s’intéressent peu ou pas du tout aux nouvelles technologies (Internet, multimédia, numérique)
57 % des personnes interrogées déclarent ne pas avoir accès à l’Internet
57 % des personnes interrogées estiment que le système de santé va se dégrader dans les années à venir
57 % des personnes interrogées estiment que la lutte contre le régime irakien mérite que des Américains perdent la vie au combat
57 % des personnes interrogées estiment que le prix est le premier facteur de motivation pour l’achat en ligne
57 % des personnes interrogées disent que leurs amis consomment de l’alcool
57 % des personnes interrogées font confiance au président de la République pour « affronter les principaux problèmes qui se posent au pays »
57 % des personnes interrogées manifestent des sentiments critiques à l’égard des entreprises multinationales
57 % des personnes interrogées préféraient Bush à Kerry pour gérer la question du terrorisme
57 % des personnes interrogées considèrent que la pénétration du haut débit, l’infrastructure technologique de l’entreprise et les logiciels ont atteint le niveau de maturité permettant à la « révolution du temps-réel » de devenir une réalité
57 % des personnes interrogées parmi les visiteurs d’Europa-Park passent la nuit dans la région de la Forêt Noire
57 % des personnes interrogées sont favorables au mariage homosexuel
57 % des personnes interrogées pensent qu’Internet est indispensable et incontournable
57 % des personnes interrogées disent s’opposer au cessez-le-feu en Afghanistan
57 % des personnes interrogées estiment que de porter ostensiblement des signes d’appartenance religieuse tels que grande croix, voile ou kippa représente une menace pour la cohésion nationale
57 % des personnes interrogées estiment que parmi les différentes formes de handicaps, ce sont les maladies infectieuses comme le SIDA qui sont « les moins bien acceptées dans l’entreprise »
57 % des personnes interrogées sont hostiles à l’emploi par les journalistes d’un micro ou d’une caméra cachée
57 % des personnes interrogées sont favorables au droit de vote des résidents étrangers aux élections municipales et européennes
57 % des personnes interrogées ont indiqué que si les pays africains supprimaient les obstacles à l’importation de produits en provenance des Etats-Unis, ce pays devrait faire de même pour les obstacles à l’importation de produits africains
57 % des personnes interrogées consomment moins de 1.5 litre d’eau par jour
57 % des personnes interrogées renégocieraient leur contrat d’assurance de prêt avec un autre organisme si on leur proposait un coût inférieur à celui proposé par leur organisme prêteur
57 % des personnes interrogées pensent que l’état de santé des Français s’est amélioré au cours des dix dernières années
57 % des personnes interrogées tolèrent une participation active des autorités dans la réglementation de l’emploi d’allochtones dans leur environnement de travail
57 % des personnes interrogées considèrent que le diplôme est l’un des critères les plus importants pour accéder à de hautes responsabilités dans une entreprise
57 % des personnes interrogées consacrent 3,05 € à 4,57 € à un repas au restaurant de leur entreprise
57 % des personnes interrogées ne considèrent pas Sharon digne de confiance
57 % des personnes interrogées jugent la fréquentation touristique étrangère dans les grandes villes d’Aquitaine mauvaise
57 % des personnes interrogées estiment que Helmut Kohl devrait démissionner du Bundestag et se retirer de la vie politique
57 % des personnes interrogées n’ont pas d’opinion
57 % des personnes interrogées estiment que l’information est peu ou pas fiable
47. Le samedi 12 novembre 2005 à 14:49, par Arte :
Bartlebooth, je trouve que ce que tu dis est très interessant, mais, pourrais-tu (je te le demande avec la marge d'erreur nécessaire) mettre ( oh ouiiiii) quelques lignes ( re oh ouiiiiii !!!) multicolores de temps en temps sera instable, soleil voilé sur la majeure partie des Françaises des banlieues issues d' arabes d'origine défavorisés, ne craignons pas la contradiction, vu mon expérience en milieu psychédélique !
48. Le samedi 12 novembre 2005 à 16:20, par Berlol :
Très intéressant, Bartlebooth !
Vraiment une belle enfilade d'approximations et de contre-vérités, avec une terrible vitesse d'obsolescence... (Ça me rappelle Jean-Charles Masséra ; il n'a rien sorti cet automne ?)
S'agit-il d'un relevé dans un corpus ? Et si oui, lequel ? Google ? Le Monde ? etc.
L'effet poético-politique est certain mais on a besoin de savoir si ces chiffres sont/étaient fiables...
49. Le samedi 12 novembre 2005 à 19:21, par Christian :
Arnaud, visiblement, tu n'as pas lu mon message! Je pourrais être tenté d'en faire autant avec les tiens. Mais je préfère te demander de relire et de ne pas répondre à côté. Élève Arnaud, vous êtes hors sujet!
50. Le samedi 12 novembre 2005 à 21:06, par Arnaud :
Le message où tu citais une internaute ? Mais je l'ai mentionné ensuite, cher Christian, et Arte l'a mentionné aussi, à peu près dans le même sens que moi.
C'était si important ?
51. Le dimanche 13 novembre 2005 à 04:48, par Christian :
Arnaud, ce qui est important c'est de ne pas répondre à côté. Il n'y a pas 2 types de messages: ceux d'Arnaud (les importants) et... les autres.
Voilà mon message:
Réaction de l'épouse japonaise d'un des participants aux forums de france-japon.net (sur les violences récentes):
-"Pourquoi est ce que dans un pays où tout le monde peut aller à l'école et être soigné, peut trouver de l'aide pour manger à sa faim même sans revenus et recevoir de l'argent de l'État tous les mois simplement en en faisant la demande on trouve des gens qui prétextent leur pauvreté pour faire les sauvages? Franchement, c'est qu'on veut bien les laisser faire, non?"
Et voilà ta réponse:
"J'ai envie de répondre : oui, mais non. Les Japonais, vu comment ils ont traité les Coréens (issus dans ce cas aussi de la colonisation) après-guerre et continuent de les traiter aujourd'hui, ou comment ils pratiquent les renvois en masse des étrangers au moindre problème chez un nombre pourtant restreint d'individus (je pense aux renvois massifs d'Iraniens il y a trois ans), je pense qu'ils sont très mal placés pour faire la leçon à qui que se soit en matière de politique de gestion des ressortissants issus de l'immigration (surtout qu'au Japon, ceux-là sont toujours des "immigrés", même trois générations après)."
---
Relis les 2 messages et le décalage te sautera aux yeux. On parle d'immigrés? De plus, je cite un message d'une Japonaise, disons moyenne, et tu réponds par un commentaire sur la politique japonaise à l'égard des immigrés. Mépriserais-tu le témoignage de cette brave dame? En tout cas, tu n'y réponds pas sur le fond.
Et puis, je préfèrerais que le "cher untel" que tu affectes d'utiliser dans tes messages soit remplacé par un peu plus d'attention à ce que les autres écrivent.
52. Le dimanche 13 novembre 2005 à 04:55, par Arnaud :
Bonsoir.
Sans vouloir relancer le débat, je me permets de signaler l'article suivant de Marc Hatzfeld, dans Le Monde : « Je suis une racaille »
www.lemonde.fr/web/articl...
Bien que l'exposé historique et structurel soit intéressant, et condense il me semble assez bien une bonne partie des points déjà discutés ici selon une certaine position, pour ma part je trouve son discours fortement orienté, et idéalisant beaucoup les personnes évoquées.
Je vous conseille aussi d'aller lire les commentaires des abonné(e)s du Monde.
www.lemonde.fr/web/articl...
Il y a une itéressante oscillation entre le fanatisme des supporters du journal et de son discours moralisateur habituel (que cet article illustre fort bien) d'une part, et, d'autre part, des points de vues bien moins idéalistes et doutant franchement du caractère « révolutionnaire » de ces « profondément républicains » (dixit Hatzfeld), ou encore du bien-fondé de l'association entre les casseurs et l'ensemble des jeunes de banlieue.
Voilà, pour information. ^-^
53. Le dimanche 13 novembre 2005 à 05:00, par Arnaud :
Christian, je ne comprends pas ce que tu cherches à dire. Bien sûr que les problèmes actuels en France sont liés aux politiques d'immigration depuis un demi-siècle, et bien sûr que les populations dont on discute sont issues de l'immigration. Tu le sais bien sûr ? Il n'y a aucun "décalage".
L'avis de cette personne est intéressant. Mais moi j'ai bien le droit d'avoir un avis sur son avis. Et d'ajouter qu'on ne peut pas parler unilatérament sur un pays comme elle le fait. Mais peut-être est-elle une personne active pour faire reconnaître les droits des Coréens au Japon ?
54. Le dimanche 13 novembre 2005 à 05:22, par Arnaud :
Christian, je me permets de reformuler plus précisément ce que je voulais dire. Sans vouloir t'offenser, bien sûr.
Ce qui m'avait frappé, c'est que cette internaute, finalement, disait : "ils n'ont qu'à fermer
leur gueule". Alors forcément, on s'étonne. Parce que, même moi, qui suis pour une attitude ferme vis-à-vis des violences, je ne dis pas ça. S'ils manifestaient, je les soutiendrais hein ! Je ne suis pas contre leurs revendications : s'il y en avait une d'affichée déjà.
Tandis que cette internaute, elle, elle leur nie le droit même de revendiquer. Alors je me suis dis, mais que doit-elle penser des immigrés au Japon... ... Autant parler avec le PLD si c'est pour dire cela.
55. Le dimanche 13 novembre 2005 à 05:40, par Berlol :
Je suis assez d'accord avec Arnaud, Christian. Ce que dit cette internaute japonaise est plus proche de la c... désinformation assimilée que d'autre chose. Il est faux qu'en France "tout le monde" puisse ceci ou cela comme elle le croit. De plus, quand bien même des gens le pourraient, beaucoup d'entre eux (pas tous) le feraient à regret et dans l'espoir d'en sortir tout simplement parce qu'ils ont une dignité, et que la conscience de cette dignité baffouée par l'acceptation de la situation d'assisté ne procure pas beaucoup de plaisir. C'est ce que voulait peut-être dire Cel au commentaire n°20.
Comment des Japonais arrivent à penser comme cela ? Je pense que c'est encore à cause des médias, et d'un secret plaisir à se dire qu'ailleurs c'est pire que chez eux (où ce n'est pas brillant, côté droits de l'homme). À la télévision japonaise, à deux reprises, hier et aujourd'hui, un prof de l'université Hitotsubashi (pas n'importe quoi, hein !), est venu dire doctement que les bandes qui organisaient en France cette terreur au niveau national étaient toutes des dangereuses organisations musulmanes et que les "racailles" étaient tous des immigrés (sous-entendu non-Français). Pour en arriver à une telle contre-vérité, il faut vraiment avoir de la merde dans les yeux, pardonnez-moi !
56. Le dimanche 13 novembre 2005 à 05:49, par Christian :
Bonsoir,
Arnaud, je comprends mieux. Non, je ne crois pas que cette internaute voulait dire "ils n'ont qu'à fermer leur gueule". Cette interprétation est possible, certes, mais il me semblait plus simplement que le message de cette Japonaise pouvait être interprété aussi comme voulant dire que la France n'est pas le pays où on est le plus malheureux dans le monde, comme exprimant un souhait de relativiser les situations.
Il y a des problèmes, bien sûrs, mais je trouve toujours étonnant que les Français revendiquent un tas de trucs sans connaître le monde qui les entoure, sans relativiser, sans se rendre compte qu'il y a aussi du bon dans la société française.
On finit par ne parler que de ce qui ne va pas. Et heureusement, au fond, mais replaçons les choses dans un ensemble.
Tu me diras que mes arguments risquent de porter peu auprès de chômeurs, etc...
57. Le dimanche 13 novembre 2005 à 07:03, par cel :
(je voulais surtout dire que ces dispositifs et aides, si certes ils existent sont insuffisants, et sans même de conscience bien développée on ne peut pas dignement vivre en s'en contentant. L'école pour tous est un minimum, la sécu est insuffisante et ne couvre que très mal certains soins essentiels, les hôpitaux sont bondés, la cmu accessible seulement en cas de grande pauvreté, le rmi une vrai misère qu'on ne revalorise qu'au compte goutte sans tenir compte de l'évolution en paralèlle des charges qui tombent sur chacun. Sans parler des allocations de chômage qui sont ont été revues en 2003 dans le sens d'un décalage plus qu'absurde par rapport à l'évolution du marché du travail (accessibles à partir de 6 mois de travail effectués contre 4 mois précédemment, alors que les contrats de travail de très courte durée se généralisent). Dire que la France est un pays pas aussi pourri que certains autres est une chose (bien des gens en sont conscients je crois), mais ce ne sont pas sur ces autres qu'il faut s'aligner, connaître l'existence des conditions plus difficiles autour n'empêche pas de garder la tête froide sur les nécessités du coin (ou même de s'échauffer). On peut à peine vivre avec un smic, il y a plein de clochards qui touchent le rmi et dorment tout de même dans la rue (faute de HLM, et exigences incroyables quant au fiches de paye et autres justificatifs de stabilité pour les propriétaires autres), les restos du coeur ne parviennent souvent pas à couvrir toutes les demandes, beaucoup de structures de ec type ne fonctionnent que l'hiver etc. Les exemples courent les rues, je pourrais faire une liste plus longue que celle des 57% de Bartlebooth rien qu'en laissant aller mes doigts sur le clavier. Beaucoup de gens qu'ils travaillent ou non se maintiennent à une lisière proche de la pauvreté, situation inquiétante qui fait que la crainte du basculement martèle et que les revendications viennent assez naturellement, faute de pouvoir tranquillement penser à autre chose qu'au peu qu'on peut perdre. Il me semble qu'il faut aussi se méfier de la relativisation excessive, à prendre trop de distance avec certaines réalités effectives et quotidiennes on risque de voir un monde de loin, un peu trop bien carré.)
58. Le lundi 14 novembre 2005 à 15:19, par Christian :
Les messages sont parfois postés en même temps, ce qui fait qu'on peut donner l'impression d'avoir ignoré un message en répondant...
Oui, Berlol, je suis d'accord avec toi, et avec Arnaud, mais il n'empêche que je crois qu'il faut quand même essayer de relativiser les situations, la situation en France.
Je disais... "relativiser".
Quant aux positions japonaises, y compris celles de professeurs de français ou de littérature française, ne perdons pas de vue qu'elles s'inscrivent souvent dans un cadre général de développement de l'influence japonaise dans beaucoup de pays du monde.
Comme pour les États-Unis, affaiblir la France ou l'Europe renforce ipso facto les positions du Japon.
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