Il est entré dans le siècle
Par Berlol, lundi 14 novembre 2005 à 23:46 :: General :: #70 :: rss
Bataillé
toute la journée avec le web
et la Pléiade pour cadrer l'Histoire de l'œil.
En même temps, toujours du courrier, le suivi des commentaires des jours précédents... Il faut se faire à l'idée que ce qu'un billet journalier expose, détaille, avec parfois une précision millimétrique, soit pris à la légère, au débotté, en enfilade, au flan par une diversité de lecteurs tous occupés et préoccupés diversement. Ensuite ils s'échauffent les uns les autres et sortent totalement du décor... D'aucuns diront alors que les commentaires sont plus du bavardage qu'autre chose, sous-entendu que l'on pourrait aisément s'en passer, que ce serait même mieux de s'en passer. Je n'irai pas jusque-là, même si des dérapages m'exaspèrent, comme sur des peaux de banane alors que mon texte n'en contenait pas. Il faut comprendre que c'est une loi du genre — et que l'on a du mal à l'admettre parce que le genre est nouveau.
Pour moi, la position à tenir est simple (mais je n'y oblige personne) : les commentaires doivent être autorisés, par principe. Je ne sais pas si je suis artiste ou non, écrivain ou pas, mais l'idée que j'ai de l'esprit démocratique (m')impose que la parole soit ouverte. L'interdire reviendrait à me rendre inaccessible, incommentable, donc élitaire.
Il se peut que j'aie tort. Qu'on me le prouve.
Donc Bataille. Ce soir au GRAAL, déplacé à la salle 508 de la MFJ du fait d'un séminaire exceptionnel en 601 (où j'ai d'ailleurs noté la présence de ma collègue CM), en présence de François Bizet, présentation de quelques documents, des photocopies d'un numéro de la revue Critique de 1963 (réédité en 2002) et des pages de biographie de la collection Écrivains de toujours, apportées par Daniella, et du volume Pléiade Romans et récits de Georges Bataille paru l'année dernière. Nous nous attardons dans la Chronologie établie par Marina Galletti (p. XCIII-CXXXVIII), commentant et recadrant les événements de la naissance de Georges (1897) à l'année de publication de l'Histoire de l'œil (1928), notant quelques différences avec les dates données dans la collection Écrivains de toujours (date de mariage, notamment). Ce qui étonne le plus, et que l'on ignore souvent, c'est qu'il était d'abord archiviste-paléographe, après avoir été sérieusement tenté par la religion. Nommé élève à l'École des chartes le 8 novembre 1918, trois jours avant l'armistice, il s'installe à Paris, continue d'aller à la messe et lit le Latin mystique de Remy de Gourmont. Cinq ans plus tard, il est entré dans le siècle, il connaît une quantité fabuleuse de jeunes et de moins jeunes qui forment et formeront en partie l'élite intellectuelle et littéraire du XXe siècle. Il est anti-Dada, goûte peu le surréalisme, aime le jazz, se marie, commence à publier... Ces cinq années-là, j'aimerais bien en voir le film se dérouler !
La suite dans une semaine...
En même temps, toujours du courrier, le suivi des commentaires des jours précédents... Il faut se faire à l'idée que ce qu'un billet journalier expose, détaille, avec parfois une précision millimétrique, soit pris à la légère, au débotté, en enfilade, au flan par une diversité de lecteurs tous occupés et préoccupés diversement. Ensuite ils s'échauffent les uns les autres et sortent totalement du décor... D'aucuns diront alors que les commentaires sont plus du bavardage qu'autre chose, sous-entendu que l'on pourrait aisément s'en passer, que ce serait même mieux de s'en passer. Je n'irai pas jusque-là, même si des dérapages m'exaspèrent, comme sur des peaux de banane alors que mon texte n'en contenait pas. Il faut comprendre que c'est une loi du genre — et que l'on a du mal à l'admettre parce que le genre est nouveau.
Pour moi, la position à tenir est simple (mais je n'y oblige personne) : les commentaires doivent être autorisés, par principe. Je ne sais pas si je suis artiste ou non, écrivain ou pas, mais l'idée que j'ai de l'esprit démocratique (m')impose que la parole soit ouverte. L'interdire reviendrait à me rendre inaccessible, incommentable, donc élitaire.
Il se peut que j'aie tort. Qu'on me le prouve.
Donc Bataille. Ce soir au GRAAL, déplacé à la salle 508 de la MFJ du fait d'un séminaire exceptionnel en 601 (où j'ai d'ailleurs noté la présence de ma collègue CM), en présence de François Bizet, présentation de quelques documents, des photocopies d'un numéro de la revue Critique de 1963 (réédité en 2002) et des pages de biographie de la collection Écrivains de toujours, apportées par Daniella, et du volume Pléiade Romans et récits de Georges Bataille paru l'année dernière. Nous nous attardons dans la Chronologie établie par Marina Galletti (p. XCIII-CXXXVIII), commentant et recadrant les événements de la naissance de Georges (1897) à l'année de publication de l'Histoire de l'œil (1928), notant quelques différences avec les dates données dans la collection Écrivains de toujours (date de mariage, notamment). Ce qui étonne le plus, et que l'on ignore souvent, c'est qu'il était d'abord archiviste-paléographe, après avoir été sérieusement tenté par la religion. Nommé élève à l'École des chartes le 8 novembre 1918, trois jours avant l'armistice, il s'installe à Paris, continue d'aller à la messe et lit le Latin mystique de Remy de Gourmont. Cinq ans plus tard, il est entré dans le siècle, il connaît une quantité fabuleuse de jeunes et de moins jeunes qui forment et formeront en partie l'élite intellectuelle et littéraire du XXe siècle. Il est anti-Dada, goûte peu le surréalisme, aime le jazz, se marie, commence à publier... Ces cinq années-là, j'aimerais bien en voir le film se dérouler !
La suite dans une semaine...
Commentaires
1. Le lundi 14 novembre 2005 à 09:39, par Arte :
mgmmmmmm
2. Le lundi 14 novembre 2005 à 10:59, par Bartlebooth :
Mais être anti-dada, c'est encore être dada (qui est "tout et son contraire"), surtout quand on veut "lancer un mouvement Oui, impliquant un perpétuel acquiescement à toutes choses et qui aurait sur le mouvement Non qu'avait été Dada la supériorité d'échapper à ce qu'a de puéril une négation systématiquement provocante" (Michel Leiris, A propos de Georges Bataille), non ? D'ailleurs dada signifie ouioui.
Maintenant que Lord Auch est sur papier bible, ne devrait-on pas imprimer la bible sur papier cul ?
3. Le lundi 14 novembre 2005 à 11:22, par vinteix :
"Papier bible" ou "papier cul", on s'en fout ! Le texte !
Mais OUI, OUI... l'opposition de Bataille par rapport a Dada comme par rapport au surrealisme a ete trop souvent caricaturee... "Je suis l'ennemi du dedans", comme il le disait lui-meme.
4. Le lundi 14 novembre 2005 à 11:40, par Marie.Pool :
Franchement !
5. Le lundi 14 novembre 2005 à 15:03, par jabberwocky :
Non, nous n'oublions pas le passage de Bataille, notamment à la Bibliothèque nationale, mais par contre ayant relu récemment "Histoire de l'œil", j'ai été frappé par la qualité de l'écriture que l'on pourrait qualifier de "maigre" ; je m'explique : une écriture sans gras, sans rien à retirer, c'est-à-dire sans rien en trop, d'une évidence un peu provoquante. Bref, un texte surprenant, à relire d'urgence en ces temps "de possibilité d'île" et autres...
6. Le lundi 14 novembre 2005 à 19:07, par vinteix :
... a relire surtout dans la premiere version (1928).
7. Le mardi 15 novembre 2005 à 03:09, par vinteix :
Sans vouloir te chatouiller, cher Berlol, petite precision, sans grande importance, et qui n'interessera que les "specialistes", mais G.B. ne publie rien avant 1926... encore ne s'agit-il a ce moment-la que de 3 ou 4 articles erudits de numismatique. En fait, "Histoire de l'oeil" par Lord Auch est bien son premier livre publie (1928), meme s'il n'en reconnaitra jamais publiquement, officiellement, la paternite (secret de polichinelle, pour ses proches en tout cas).
8. Le mardi 15 novembre 2005 à 03:42, par caroline :
Mais il est chose importante qui se passe aujourd'hui au Japon et vous ne nous en parlez même pas!!!
"Finie la vie de palais
mardi 15 novembre 2005 - 11:30
La princesse Sayako, 36 ans, fille unique de l'empereur Akihito, a épousé mardi un roturier. L'homme, Sayako Kuroda, de quatre années plus âgée qu'elle, est un simple fonctionnaire de la municipalité de Tokyo. La princesse elle-même a été ravalée au rang de roturière du fait de ce mariage hors de la famille royale - affligée depuis des années par une pénurie d'hommes. Une crise de succession à l'endroit de l'empereur Akihito est d'ailleurs certaine, ce dernier étant dépourvu d'héritier masculin. Aucun héritier mâle n'a été produit depuis 40 ans dans le palais. Aussi rigide sur le protocole qu'un maître japonais devant ses élèves, la maison royale refuse d'accorder aux femmes le droit de devenir reine. P.G.
(Libération.fr)"
Il ne connaissent pas la parité ? S'ils voyaient comme dans notre pays, ça pas changé grand chose !
9. Le mardi 15 novembre 2005 à 03:55, par vinteix :
Le mariage du jour... ouais... ils nous bassinent avec ca : le journal de NHK de ce soir n'a parle pratiquement que de ca pendant 35 minutes. Ca en dit long sur l'etat de l'information au Japon et sur le poids toujours immense du symbole imperial.
Quant aux journalistes de "Liberation", ils devraient travailler un peu mieux... "Une crise de succession à l'endroit de l'empereur Akihito est d'ailleurs certaine, ce dernier étant dépourvu d'héritier masculin." ??? Si la crise est a venir, elle n'est pas immediate car l'empereur a deux fils dont le prince héritier Naruhito (né en 1960).
10. Le mardi 15 novembre 2005 à 06:07, par Arte :
Certes.
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