Je voyais des montagnes au loin
Par Berlol, jeudi 24 novembre 2005 à 23:57 :: General :: #80 :: rss
Hier, je voulais finir (fuir ?) sur « les retrouvailles, la
camionnette...», je trouvais ça beau, et il était
minuit passé, du coup je n'ai pas parlé du film que j'avais
vu et qui me laissait perplexe. D'un côté, Michel Bouquet et
Jalil Lespert étaient convaincants dans leur rôle, de l'autre
je n'avais ni appris ni ressenti quoi que ce soit d'humain ou de politique
en suivant les derniers pas de ce Promeneur
du Champ de Mars (2005).
Au point que j'allais l'oublier, s'il n'avait fallu que je rende le dévédé ce midi.
Guédiguian se serait-il planté ? Lui dont j'admire les précédents films, la série marseillaise. Je pense plutôt que la commande, à la base, était mauvaise, biaise. Dans l'entretien proposé avec le dévédé, Bouquet ressert — très bien — le Paradoxe sur le comédien de Diderot et Guédiguian essaie de faire croire que c'est un film de Guédiguian, que c'est de la fiction et pas du documentaire alors qu'il passe plus de la moitié du temps à parler des sources, de leur vérité, de la vérité des détails et de celle qui est derrière les apparences, etc. Qu'il ait été fasciné par le personnage de Mitterrand, soit. Qu'il ait eu besoin de se l'expliquer à lui-même après avoir été d'un autre bord en 1981, soit encore. Mais cette sélection d'instants et de propos redondants sur l'origine et la fin du règne, c'est indigne et inintéressant.
En revanche, Après la vie (2002), suite à Un Couple épatant et Cavale, soit la trilogie de Lucas Belvaux, donne une dimension supplémentaire au cinéma comme genre en réussissant à mettre strictement sur le même plan l'indépendance de chaque film ET l'interdépendance des trois. L'un est centré sur un hypocondriaque (et ce que son entourage s'imagine), le second sur un obsessionnel (et son combat obsolète), le troisième sur un introverti (et toute la misère du monde). Et l'on ne sait pas ce qui est le plus savoureux du plein de chaque œuvre ou des articulations du triptyque.
Trois cours, une réunion et quelques autres soucis freinent mon neurone et ma plume. J'ai su qu'il a fait beau mais n'ai pu en profiter. Je voyais des montagnes au loin mais inaccessibles. Il est tard, j'ai rangé tous mes compartiments. La nuit m'entoure, et le bruit du gaz de chauffage. Je vais finir Fuir au lit.
Au point que j'allais l'oublier, s'il n'avait fallu que je rende le dévédé ce midi.
Guédiguian se serait-il planté ? Lui dont j'admire les précédents films, la série marseillaise. Je pense plutôt que la commande, à la base, était mauvaise, biaise. Dans l'entretien proposé avec le dévédé, Bouquet ressert — très bien — le Paradoxe sur le comédien de Diderot et Guédiguian essaie de faire croire que c'est un film de Guédiguian, que c'est de la fiction et pas du documentaire alors qu'il passe plus de la moitié du temps à parler des sources, de leur vérité, de la vérité des détails et de celle qui est derrière les apparences, etc. Qu'il ait été fasciné par le personnage de Mitterrand, soit. Qu'il ait eu besoin de se l'expliquer à lui-même après avoir été d'un autre bord en 1981, soit encore. Mais cette sélection d'instants et de propos redondants sur l'origine et la fin du règne, c'est indigne et inintéressant.
En revanche, Après la vie (2002), suite à Un Couple épatant et Cavale, soit la trilogie de Lucas Belvaux, donne une dimension supplémentaire au cinéma comme genre en réussissant à mettre strictement sur le même plan l'indépendance de chaque film ET l'interdépendance des trois. L'un est centré sur un hypocondriaque (et ce que son entourage s'imagine), le second sur un obsessionnel (et son combat obsolète), le troisième sur un introverti (et toute la misère du monde). Et l'on ne sait pas ce qui est le plus savoureux du plein de chaque œuvre ou des articulations du triptyque.
Trois cours, une réunion et quelques autres soucis freinent mon neurone et ma plume. J'ai su qu'il a fait beau mais n'ai pu en profiter. Je voyais des montagnes au loin mais inaccessibles. Il est tard, j'ai rangé tous mes compartiments. La nuit m'entoure, et le bruit du gaz de chauffage. Je vais finir Fuir au lit.
Commentaires
1. Le jeudi 24 novembre 2005 à 09:28, par fg | parl :
je suis impressionné par ta régularité _ outre la quotidienneté parfaite de tes écrits _ je m'aperçois que, sauf exception, tous tes billets sont postés entre 23h45 et 23h57 _ quelle constance dans la fourniture du contenu ! compartiments impeccables ! belle écriture "métronimique" ! pas plus adapté au blog que toi, ou alors le blog est-il l'outil que l'évolution de l'homoréticulaire a produit ? _ il y a le silex pour celui qui a besoin de découper de la viande crue, et il y a le blog pour celui qui une régularité démoniaque _ je ne me moque pas, j'admire...
2. Le jeudi 24 novembre 2005 à 13:03, par k :
je l'ai le duras sous le yeux demain, je ne vais pas travailler beaucoup, j'ai cette chance de pouvoir lire à mon travail. c'est la que je l'ai lu entre les coups de téléphone, les fax, la frappe et les gens qui passent,et c'était bien, parce que lire duras, c'est dure, enfin moi ça me déchire, un coup de téléphone me permettais de revenir et de ne pas me perdre dans les larmes. je ne peux pas la lire seule ou je suis dans un état tel que j'ai peur pour moi, vraiment, dans une telle souffrance, dans la conscience de la souffrance dans laquelle je vis, dans laquelle j'ai vecu en me cachant tous en ne voulant rien voir.l'homme de nancy place de la bastille il est pour moi cet homme atlantique, cette abscence toujours. elle dit "c'est difficille, très difficile. l'homme atlantique, c'est très difficile, mais c'est si beau que ce n'est pas difficile.même si on ne le comprend pas. on ne peux pas comprendre d'ailleurs ces livres là. ce n'est pas le mot. il s'agit d'une relation, entre le livre et le lecteur. on se plaint et on pleure, ensemble."
3. Le jeudi 24 novembre 2005 à 13:21, par k :
dans l'herne duras l y a :
"elle : oui.elle pleure. elle croit pleurer sur son royaume saccagé, sur le vide effrayant qui l'attend. elle vit parcequ'elle pleure. c'est de ces pleurs qu'elle subsiste. c'est de cette connaissance aveuglée de larmes qu'elle l'aime, qu'elle vit."
j'ai juste lu ça et j'ai refermé, refermé car les larmes coulent pendant que je tape, ce n'est pas la peine de lire plus, surtout ce soir, demain nous sommes vendredi, 10 semaines, 10 semaines que je ne l'ai pas revu, il ne peut vivre que comme cela en ne sachant pas s'il va revenir, et je le comprends aussi,mais ce n'est pas facile à gérer.sans savoir s'il reviendra un jour, de toute façon il est en moi, à jamais et pour toujours et bien avant que je naisse il était là, c'est ainsi.Je suis un femme avec un lac à l'interieur, et pafois il déborde, il se rempli trop vite,je ne supporte rien, tous m'effraye tous me tue, tous, tous.... alors je zappe, j'oublie. je l'ai effacé de ma mémoire pendant 14 années,14 années, j'ai refusé de voir cela, c'est en le retrouvant ce 1 avril dernier quand il est venu quelques jours plustard que je me suis rendu compte. 14 ans que je n'avais revue son visage, pour moi, je ne le voyez plus, je le visitais souvent, mais son visage je l'avais perdu, il était toujurs dans la pénombre, mais c'était lui, je savais que c'était lui.
4. Le jeudi 24 novembre 2005 à 13:30, par k :
quand il est venu cette année en avril, on s'était donné rendez vous dans un lieu public, avec plein de monde, et je l'ai reconnu, tous de suite, je l'ai reconnu, je savais que je le reconnaitrais. mais je ne savais pas qu'en le revoyant, j'allais me rendre compte qu'en fait depuis ces 14 années, tous les amants que j'avais eu lui ressemblais, chacun avez quelque chose de lui, un regard, une odeur. Il n'était même arrivé après ma séparation d'avec mon mari, sachant alors qu'il fallait que je trouve pourquoi j'étais toujours à la recherche de je ne savais qui de me retrouver avec un amant sans savoir pourquoi j'étais avec lui, me demandant mais qu'est ce que tu lui trouves à cet homme, maintenant je sais, je l'avais effacé de ma mémoire pour ne pas souffrir, mais au plus profond de moi son image, ses gestes son odeur, sa peau tous étaient encré dans ma chaire,mon sang. Toujours j'ai recherché son visage, sa peau sa voix, sa bouche.....
5. Le jeudi 24 novembre 2005 à 13:45, par k :
je fais un solliloque tanpis, je ne vais pas ouvrir duras ce soir non, demain il ne faut me réveiller travailler emmener L à l'école et peut être espérer que sur mon portable j'aurais un message disant "si j'arrive ce soir j'abuse?" et je dirais viens, c'est au dessus de moi. je ne sais pas comment je fais en ce moment, je ne sais pas je dors 4 5 heures je mange quand il faut manger avec L, je fais 46 k toute habillé, je fume, je me coupe les cheveux très court avec les ciseaux, je fais des troues qui laissent apparaitre le crane, je ne veux pas qu'on me dise "tu es belle" et malgré ça plus je fais et plus on me dis "ça te va bien" c'est vraiment du grand m'importe quoi., j'ai la fièvre un rhume depuis 10 jours qui ne passe pas, mais j'aime cette état, je suis bien en faite, cette douleur me cajole m'accompagne et m'aide à surmonté mes peurs, je ne sais pas.
berlol, entre deux larmes, quelles heures sommes nous 22h38 ici + 8 chez vous ca fait 6 heures du matin, alors demain ayez une petite pensée pour cette pauvre folle, ici qui va se coucher, vomir ses larmes, dormir un peu et se réveillera pour joué la comédie, toujours et encore car à qui puis je dire cet amour ou je me tiens, personne ne peux, oser comprendre ni meme imaginer( à part elle ). Je vais dormir sur son épaule, il est toujours là, il n'est jamais loin, il ne l'a dit et je le sais en moi à jamais. bien à vous tous et toutes j'arrête de faire chier je me couche.k
6. Le jeudi 24 novembre 2005 à 15:55, par jcb :
Où diable k trouvez vous toute cette eau, ces sels minéraux , sans compter tous les antiseptiques qui composent (lysozymes et lactotransferrine) vos larmes ?
Vous devez boire beaucoup.
La sécrétion normale est de 0,1 ml par heure. Normalement les larmes sont faites pour protéger la conjonctive et la cornée et éliminer les " corps étrangers ".
Normalement la sécrétion des glandes lacrymales diminue la nuit, mais aussi avec l'âge.
Mais de grâce, à chaque fois que vous parlez de Marguerite Duras, arrêtez de pleurer, ça me fait mal.
J'en déduis que vous êtes bien jeune et qu'il faut en profiter.
je sais aussi que la sécrétion des larmes est augmentée avec la peine, l'émotion, la joie, le rire, et bien sûr les infections de la conjonctive. Visiblement k, vous êtes émotive, ce qui me touche bien sûr.
Mais à la longue, ça va me faire quitter le blog de Patrick qui malgré tous ses défauts et ses qualités, n'a jamais été jusqu'ici dégoulinant.
La littérature n'est pas larmoyante.
Quand Reverdy écrivait quelque chose de triste, ou qu'il était triste, il décrivait sa fenêtre, et le ciel derrière.
Bien sûr, rassurez-vous, je regretterai d'avoir écrit ce mail, dès que je l'enverrai, et bien sûr je n'ai absolument rien contre vous.
Pourquoi vous en voudrais-je de quoi que ce soit d'ailleurs ?
7. Le jeudi 24 novembre 2005 à 17:10, par Berlol :
Dis donc, il est bien tard, chez toi !
Je t'accorde que quand ça pleure trop, c'est lassant. K fait ses premiers pas dans l'internet, des confidences, prend la lecture à cœur... Nous sommes tous étonnés et sympathiques. Et espérons pour elle que ça évolue positivement, même si nous n'y pouvons rien concrètement.
Je remarque que de tous les auteurs lus et critiqués depuis deux ans dans ce JLR, Duras est la seule à déclencher de la sorte la venue d'une personne "vivant" ce que son texte décrit (ou croyant vivre quelque chose d'approchant...). Dans le même temps, des centaines (des milliers ?) d'agrégatifs préparent leurs épreuves sur le Ravissement... en n'en ayant peut-être rien à f... de Duras. Certains passent par ces pages balisées [RLVS], en profitent ou pas, je n'en sais rien car ce sont des gens qui ont fait vœu de silence (comme on nous l'a expliqué précédemment). Alors entre eux et K, ça fait un équilibre, une moyenne, non ?
Te rappelles-tu que Fuir finit dans la mer et dans les larmes ?...
8. Le jeudi 24 novembre 2005 à 17:20, par Berlol :
Cher FG, justement quand je parle des montagnes, te voilà !
Ta remarque sur "entre 23h45 et 23h57" correspond bien sûr à une convention, parfois c'est prêt avant, parfois plus tard... Comme l'a découvert Manu, je modifie l'heure, et les minutes quand c'est dans le dernier quart de l'heure. Mais cela ne change rien au fait que j'écris tous les jours, oui. Discipline, auto-nettoyage, dépôt excrémentiel (comme ce que Claude Coste analysait chez Barthes...), challenge bartleboothien. Je ne le sais moi-même. Le saurais-je que j'arrêterais peut-être.
9. Le jeudi 24 novembre 2005 à 21:36, par k :
remarque : ces larmes ne sont pas triste, non au contraire .....bonne journée
10. Le vendredi 25 novembre 2005 à 00:26, par arte ( far away from home ...) :
Les larmes comme l'océan, si ce n'était que du sel et de l'eau ...
(j'ai bon là ?)
Que celui qui a déjà fait du Kata sous la neige me jette la première boule !
11. Le vendredi 25 novembre 2005 à 03:13, par k :
pas de kata, mais un taka, une plante des marées. je me le suis offert, c'est une plante avec une fleur centrale toute noire avec au milieu des tas de petites fleures noires et des filaments qui essayent de toucher le sol, comme de pleurs. super, nom clone. je sais pas si on peut trouver des images sur le net. je chercherais sur un blog on peut vous envoyer des photos ou non???
12. Le vendredi 25 novembre 2005 à 04:01, par Berlol :
"far" c'est où, en Bretagne ? Tu m'en ramènes, du far ?
Pour les photos, K, ce n'est pas possible. Mais on peut mettre une adresse web qui permettra d'aller voir, par exemple ça : http://www.bigflower.co.jp/H/hati-gazou/gazou-hana/seda-taka.jpg, ou ça http://www.cflorchidsociety.org/images/orchids/Onc%20Taka.jpg — C'est pas pareil !
13. Le vendredi 25 novembre 2005 à 04:22, par k :
j'ai regardé vos adresse berlol, mais c'est pas mon taka, moi c'est une grand fleure noire, j'ai pas trouvé sur le net
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