Ma raquette une rape à fromage
Par Berlol, dimanche 27 novembre 2005 à 23:52 :: General :: #83 :: rss
De la même façon qu'elle avait dénoncé l'inhumanité
du coupeur d'eau, je
suis sûr que Marguerite Duras aurait dénoncé la criminalité
de l'expulseur. Il y a quelques jours, un homme est mort de froid dans sa
voiture en Haute-Saône, après trois semaines d'errance, suite
à son expulsion
manu militari la veille de la trêve hivernale. La veille, oui.
Il habitait un hameau où les loyers sont ridicules en comparaison
de ceux de Paris ou de Lyon.
Le policier applique la loi, le propriétaire se frotte les mains, le chômeur meurt.
La souplesse dans les relations sociales tend à disparaître.
Pendant ce temps, un intellectuel français, de ceux qui tiennent tribune et pupitre, se permet des propos intolérables qu'il tente de rétracter en accusant un journal étranger d'être fauteur d'amalgame. Regrettant à juste titre le communautarisme qui se pratique ailleurs et qui menacerait la France, il semblait vouloir qu'une communauté, une seule, ait tout de même la priorité dans la concurrence qui ne fait pas rage.
La plus mauvaise nouvelle, c'est qu'il y a maintenant deux Finkielkraut...
« Le personnage que désigne cet article m'inspire du mépris, et même du dégoût. Je ne suis pas ce frontiste excité nostalgique de l'épopée coloniale. J'essaie seulement de déchirer le rideau des discours convenus sur les événements actuels. Lui, c'est lui, et moi c'est moi. A ma grande stupeur, depuis mercredi, nous portons le même nom.» (in Le Monde du 26/11/2005 — je ne mets pas de lien parce que ce n'est pas pérenne...)
Même en ayant tort, il veut encore avoir raison.
Ou : comment celui qui s'estime être parmi les plus intelligents de son époque se trouve par amour-propre dans l'impossibilité de tout simplement s'excuser, sans argumenter, sans monter de baratin ou de mayonnaise. Juste reconnaître sa faute et se taire.
Ou agir. Je pose une question simple : le bon Finkielkraut a-t-il porté plainte contre le journal Haaretz pour avoir fabriqué le mauvais Finkielkraut ?
Au Japon, une chute de dominos est en cours dans une volumineuse escroquerie impliquant architectes, entrepreneurs immobiliers et pouvoirs publics. De nombreuses résidences récentes censées être aux normes anti-sismiques ne le sont pas. Des bâtiments devront être détruits et reconstruits, des propriétaires indemnisés, etc.
Des suicides ont lieu, d'autres se préparent.
C'est dans cet état d'esprit que je suis quand même allé à Shibuya retrouver mes pongistes dominicaux (et non les claudéliens, encore une fois). J'étais en retard, suite à une panne d'oreiller. Je ne suis pas sûr qu'il y ait eu un jour où j'aie aussi mal joué qu'aujourd'hui. C'était affligeant. Non, ce n'était pas moi, celui qui jouait si mal. Je n'ai pas à m'en prendre qu'à moi. Comme si mon bras n'était pas mon bras, ou ma main pas ma main, ou ma raquette une rape à fromage. Mon n'importe quoi a porté ses fruits malgré moi ; il a déstabilisé le jeu de Katsunori, qui a perdu une seconde manche 14 à 12, puis la troisième. Ainsi, c'est le jour où je n'étais pas moi que j'ai gagné.
Le limier qui m'habite est ensuite allé pister quelques centaines de modèles de chaussures de sport dans un magasin Asbee, jusqu'à trouver celles qui me permettraient de courir athlétiquement sans avoir mal aux pieds et sans trop me tasser la colonne. C'est une paire d'Adidas Fortitude 2 Wide noires qui l'a emporté ; la semelle me rappelait vaguement un titre de Le Clézio — que je n'ai pas lu, d'ailleurs.
Le policier applique la loi, le propriétaire se frotte les mains, le chômeur meurt.
La souplesse dans les relations sociales tend à disparaître.
Pendant ce temps, un intellectuel français, de ceux qui tiennent tribune et pupitre, se permet des propos intolérables qu'il tente de rétracter en accusant un journal étranger d'être fauteur d'amalgame. Regrettant à juste titre le communautarisme qui se pratique ailleurs et qui menacerait la France, il semblait vouloir qu'une communauté, une seule, ait tout de même la priorité dans la concurrence qui ne fait pas rage.
La plus mauvaise nouvelle, c'est qu'il y a maintenant deux Finkielkraut...
« Le personnage que désigne cet article m'inspire du mépris, et même du dégoût. Je ne suis pas ce frontiste excité nostalgique de l'épopée coloniale. J'essaie seulement de déchirer le rideau des discours convenus sur les événements actuels. Lui, c'est lui, et moi c'est moi. A ma grande stupeur, depuis mercredi, nous portons le même nom.» (in Le Monde du 26/11/2005 — je ne mets pas de lien parce que ce n'est pas pérenne...)
Même en ayant tort, il veut encore avoir raison.
Ou : comment celui qui s'estime être parmi les plus intelligents de son époque se trouve par amour-propre dans l'impossibilité de tout simplement s'excuser, sans argumenter, sans monter de baratin ou de mayonnaise. Juste reconnaître sa faute et se taire.
Ou agir. Je pose une question simple : le bon Finkielkraut a-t-il porté plainte contre le journal Haaretz pour avoir fabriqué le mauvais Finkielkraut ?
Au Japon, une chute de dominos est en cours dans une volumineuse escroquerie impliquant architectes, entrepreneurs immobiliers et pouvoirs publics. De nombreuses résidences récentes censées être aux normes anti-sismiques ne le sont pas. Des bâtiments devront être détruits et reconstruits, des propriétaires indemnisés, etc.
Des suicides ont lieu, d'autres se préparent.
C'est dans cet état d'esprit que je suis quand même allé à Shibuya retrouver mes pongistes dominicaux (et non les claudéliens, encore une fois). J'étais en retard, suite à une panne d'oreiller. Je ne suis pas sûr qu'il y ait eu un jour où j'aie aussi mal joué qu'aujourd'hui. C'était affligeant. Non, ce n'était pas moi, celui qui jouait si mal. Je n'ai pas à m'en prendre qu'à moi. Comme si mon bras n'était pas mon bras, ou ma main pas ma main, ou ma raquette une rape à fromage. Mon n'importe quoi a porté ses fruits malgré moi ; il a déstabilisé le jeu de Katsunori, qui a perdu une seconde manche 14 à 12, puis la troisième. Ainsi, c'est le jour où je n'étais pas moi que j'ai gagné.
Le limier qui m'habite est ensuite allé pister quelques centaines de modèles de chaussures de sport dans un magasin Asbee, jusqu'à trouver celles qui me permettraient de courir athlétiquement sans avoir mal aux pieds et sans trop me tasser la colonne. C'est une paire d'Adidas Fortitude 2 Wide noires qui l'a emporté ; la semelle me rappelait vaguement un titre de Le Clézio — que je n'ai pas lu, d'ailleurs.
Commentaires
1. Le dimanche 27 novembre 2005 à 07:42, par Arnaud :
Pour remonter quelque peu le niveau du débat, je vous signale l'article « Les feux de la haine » d'André Glucksmann (sans doute un jeu de mot avec Les feux de l'amour ??), encore consultable sur Le Monde au lien suivant :

www.lemonde.fr/web/articl...
Le propos est un peu moins éparpillé.
Au sujet du projet du MRAP de porter plainte contre Finkielkraut, et de l'avis de Wieviorka dans Le Nouvel Obs :
www.lemonde.fr/web/articl...
Comme quoi ils ont tous leur public
2. Le dimanche 27 novembre 2005 à 09:23, par k pour arte :
je continue mais je serai surement moins bavarde, et puis j(ai l'impression d'avoir mis le zouk, mais c'est normale, il y a chez moi quelque chose qui cloche sans doute, partout ou je passe, je fou la merde, je m'iame pas que les gens se balancent des rucs à la figure, ça ne sert à rien, la vie et déjà en elle même suffisament dure à porter sans que l'on vienne s'en rajouter, mais ce n'est pas le fort de l'être humain de se rendre la vie plus simple
3. Le dimanche 27 novembre 2005 à 09:55, par Arte :
Pas d'inquiétude K, avec MP c'est affectif !
Berlol, tu nous en veux pas, on papote, hein !
4. Le dimanche 27 novembre 2005 à 10:05, par k :
c'est juste que je veux pas faire chier certains qui doivent touver mes propos nuls, et qui du coup ne vont peut etre plus venir, ou ne rien dire, je voudrais pas géner la bonne marche du blog, remarque on est pas obligé de lire ce que j'écris, L sort du bain plein de bulle, elle sent bon, a moi maintenant, avant lecture pour L, elle semble pas emballée, mais faut ce qu'il faut un petit mot par ci par la, tralala, c'est moi gafi le fantome...
5. Le dimanche 27 novembre 2005 à 11:01, par FB :
en fait non, on ne t'a jamais vu gagner au pingpong dans cette belle fiction Internet, c'est comme Proust : il aurait dit avoir réussi à écrire un livre avant d'avoir fini la Recherche ça fichait tout en l'air
tu peux me donner le mail du type pour le sponsoring Adidas ? il suffit de raconter ça pour avoir les 365 repas annuels payés au Saint-Martin ?
6. Le dimanche 27 novembre 2005 à 11:52, par Bikun :
Une âme charitable pour envoyer quelques tables de ping-pong dans mon Dushanbe adoré...pour que je puisse continuer à pratiquer pour me battre honorablement contre ces pongistes dominicaux de Shibuya...et pourquoi pas aussi un jour monter une équipe Tajik?! Une bien belle idée...
7. Le dimanche 27 novembre 2005 à 12:50, par k :
bon je viens de finir les étagères, ouai..je me fais chereau, enfin je sias pas trop si y serait dakodak a toute
8. Le dimanche 27 novembre 2005 à 14:50, par grapheus tis :
Mais où va le monde des blogues si la raquette de Berlol devient "finkielkhrautienne", ne sachant plus qui la manie ?
À moins que ce ne soit le doux baragwinage de "k" qui trouble les revers ?
9. Le dimanche 27 novembre 2005 à 14:57, par Berlol :
Souscription pour Bikun. Qui veut donner cent balles ?
10. Le dimanche 27 novembre 2005 à 15:36, par k :
je dis 200 qui dit mieux, dasn un sac par bateau sa flotte non?
11. Le dimanche 27 novembre 2005 à 19:04, par Berlol :
Merci Arnaud, très justes, les propos de Wieviorka : "Interrogé sur le site du Nouvel Observateur, le sociologue Michel Wieviorka estime qu'Alain Finkielkraut "fait partie de cet ensemble d'intellectuels qui, depuis vingt-cinq ans, ont mis en avant une vision outrée et "républicaniste" de l'idée républicaine. Du coup, ses propos sont devenus de plus en plus incantatoires et éloignés des réalités." Pour M. Wieviorka, l'écrivain porte "une responsabilité dans les événements récents des banlieues. (...) Son discours a contribué à creuser l'écart entre les promesses de la République et la réalité"."

Par contre, Glucksmann, je ne vois pas où il veut en venir. Dire que l'intégration a réussi et que ce qu'elle a réussi c'est à foutre le bordel, je ne vois pas où ça va...
Pour K : il ne faut surtout pas vous sentir responsable de la petite flambée d'hier. C'était un truc mal éteint depuis un bon moment, depuis les élections, peut-être bien... Ça couvait. C'est toujours malsain, le feu qui couve.
Merci, cher Grapheus, de voir le fil qui relie les paragraphes...
12. Le dimanche 27 novembre 2005 à 20:37, par Arnaud :
Berlol,
Moi je pense que Viewiorka est dans le vrai. Le vrai problème de Finkielkraut, ce n'est pas qu'il soit "conservateur" ou non, mais plutôt qu'il soit un "idéologue". Au sens où il poursuit un modèle idéal et qu'il semble déconnecté du réel.
Du coup, moi je suis plutôt d'accord avec certains de ses arguments, en même temps je suis bien obligé d'admettre tous les problèmes que tu soulevais. Et cette contradiction apparente s'expliquerait comme le fait Viewiorka, je pense.
Quant à Glucksmann, je pense qu'il voulait dire la même chose qu'Emmanuel Todd, dans son article « Rien ne sépare les immigrés du reste de la société », qui est encore consultable ici :
www.lemonde.fr/web/articl...
Attention : c'est "du Todd" hein ! Là aussi, il dit des choses intéressantes, et chiffrées, mais mélangées avec ses schémas habituels... Todd disait donc que c'est précisément parce que ces « enfants d'immigrés » sont intégrés à la société française qu'ils ont pu réaliser de telles violences.
Bon, c'est une remarque intéressante en soi. Mais ça ne fait pas vraiment avancer le débat...
13. Le mardi 29 novembre 2005 à 07:12, par Christian :
Berlol, finalement, t'es meilleur quand t'es pas toi?! Mais c'est une super découverte. Ou bien, c'est l'effet de surprise qui a "joué"...
Au fait, as-tu stripé ton blog? Vas-y, n'aies pas peur! (On regarde pas):
minilien.com/?gPvKMXZlYn
Et n'oublie pas de descendre l'ascenseur de la fenêtre...
Ce truc, c'est pour quand les mots fatiguent et qu'on ne veut voir que les images d'un site.
14. Le mardi 29 novembre 2005 à 07:17, par Berlol :
Ouais, ouais, j'ai vu, c'est chouette. T'as de ces trucs, toi, alors ! C'est vrai qu'y a des sites où vaut mieux voir que les images...
15. Le mardi 29 novembre 2005 à 12:53, par Soliloque :
"La plus mauvaise nouvelle, c'est qu'il y a maintenant deux Finkielkraut..."
Se méfier des philosophes qui ne rient jamais!
F.N (Friedrich nietzsche), je sais, le jeu de mot est vaseux, mais confére plus haut...se méfier, etc...boule de neige...
16. Le jeudi 1 décembre 2005 à 16:24, par Christian :
Cher Berlol,
Merci d'avoir essayé ce petit strip... D'un seul coup, on voit le blog nu, heu... sans texte... Moi, je trouve ça amusant. Tu devrais le proposer en lien permanent dans ton menu avec de belles photos comme tu sais si bien en faire et la mention:
"Ce blog vous fatigue? Reposez-vous avec les images et les photos! @+"
minilien.com/?gPvKMXZlYn
17. Le jeudi 1 décembre 2005 à 16:50, par Berlol :
Le mieux, et je ne l'avais pas encore compris, c'est donc bien que tu y reviennes, c'est que ça permet de visualiser aussi les images vers lesquelles j'ai mis un lien sans les insérer graphiquement ! Fabulous ! 本とにありがとございました。 (pour les non-japonisants, ça veut dire merci...)
18. Le samedi 3 décembre 2005 à 02:14, par Christian :
Donc, on fait encore des découvertes! Il y a des objets cachés. D'ailleurs, les liens, c'est un peu ça, on sait pas vraiment ce qu'on va trouver derrière... Un vrai jeu de piste!
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