Que les médias traditionnels et de masse ne conçoivent qu'avec aigreur et ressentiment qu'il existe de nouvelles formes de savoirs qui se partagent dans le cadre d'une diffusion qui leur échappe totalement, nous le savions déjà, blog ou pas blog. Philippe De Jonckheere, tombant par hasard sur une émission de radio, nous en apporte un nouveau témoignage, avec le sel qu'il sait y mettre et en donnant accès à l'émission en question.

Je l'ai fait ! Un problème de remplissage de baignoire avec une tasse et un autre de Hambourg-Séville (2000 km) avec consommation d'essence et temps de voyage arrêts compris. Dictée, calcul, questions, réponses, le tout écrit et oral. Ça amuse et ça instruit. En fin de deuxième année, les étudiants sont tout à fait capables de ce type de lecture mise en scène. Et moi, ça m'éclate.

Je lévitai je les évitais
leurs vétilles verbeuses loin devant derrière
mes rêves de vent de feuilles chues
le retour de leur silence m'abîme chaque année
vénéneuses avenues de la resquille
Heureuse elle vient aux eaux vertes
premier baiser sous des troènes couchés
Oh laisse-la glisser dans le nuage s'y fondre
ouverte
au vert

Réunion au neuvième étage. Vue dégagée sur la plaine et plus loin, des crêtes, d'épais nuages bleus et roses qui contrastent avec la clarté électrique du centre ville. Cherchant tout autre chose dans ce livre, je tombe sur un passage de Claude Coste qui est raccord avec ce que j'écrivais hier :
« Dans Histoire de l'œil, l'érotisme de l'écriture réside moins dans la thématique que dans le jeu avec la langue. Ce sont les transgressions de la langue en tant que telles qui deviennent érotiques et traduisent la présence sensuelle de celui qui écrit. Transgression de la langue et, par là même, de l'érotisme qui sort des limites étroites du sexuel, sans donner prise à la moindre entreprise de sublimation.» (Claude Coste, « Comment ne pas manquer le corps ? Barthes, lecteur des surréalistes », dans Barthes, au lieu du roman, sous la direction de Marielle Macé et Alexandre Gefen, Paris : Éditions Desjonquères, Éditions Nota Bene, 2002, p. 62-63)

Au centre de sport, plein d'aventures.
Commencer un nouveau livre — L'Affectation d'Alain Sevestre — et mettre à l'épreuve les nouvelles chaussures. Sur les trois premiers chapitres pédalés, je retrouve l'étonnement de mes propres débuts : le cœur du métier d'enseignant — donner des cours — est beaucoup moins problématique que la gestion de l'environnement, qu'il s'agisse de la hiérarchie ou des collègues. Je ne sais pas encore ce qui va se passer, mais je suis déjà de plain-pied.
Courir, le moulé d'un chausson, le guindé de la cheville, le sabot à ressort, et devant moi, l'écran d'une nouvelle machine qui indique la vitesse, la distance, les calories, mais qui accueille aussi les chaines de télévision. Et ma foi, quand on court une demi-heure sur un tapis, c'est bien utile.

« Elle, je ne sais pas comment elle se débrouilla, se mit du chocolat dans les cheveux. Debout, par la suite, devant la machine à café, je croisai les pieds, avant-bras au mur, l'écoutai raconter mon cas, déhanché, comme si j'étais sorti depuis longtemps de mon histoire, cow-boy mature, ne m'en laissai pas compter. Et même lorsque, confirmant mes suppositions, elle m'apprit qu'adolescente elle avait détenu deux ans le record de France de saut en longueur, toujours déhanché, je restai sur ma position.» (Alain Sevestre, L'Affectation, Paris : Gallimard, 1997, p. 19-20)

Dîner. D'une grosse tomate, j'essaie de faire quelque chose de provencal, au four puis au grill, avec de l'ail et de l'huile d'olive. Ça cuit à peu près, la chair de tomate tient bien, mais au lieu de dorer, la purée d'ail devient... verte ! Néanmoins, c'est excellent. Comme des tomates provencales au four !