Avenues de la resquille
Par Berlol, mercredi 30 novembre 2005 à 23:36 :: General :: #86 :: rss
Que les médias traditionnels et de masse ne conçoivent qu'avec
aigreur et ressentiment qu'il existe de nouvelles formes de savoirs qui se
partagent dans le cadre d'une diffusion qui leur échappe totalement,
nous le savions déjà, blog ou pas blog. Philippe De Jonckheere, tombant par hasard sur une émission
de radio, nous en apporte un nouveau témoignage, avec le sel qu'il
sait y mettre et en donnant accès à l'émission en question.
Je l'ai fait ! Un problème de remplissage de baignoire avec une tasse et un autre de Hambourg-Séville (2000 km) avec consommation d'essence et temps de voyage arrêts compris. Dictée, calcul, questions, réponses, le tout écrit et oral. Ça amuse et ça instruit. En fin de deuxième année, les étudiants sont tout à fait capables de ce type de lecture mise en scène. Et moi, ça m'éclate.
Réunion au neuvième étage. Vue dégagée sur la plaine et plus loin, des crêtes, d'épais nuages bleus et roses qui contrastent avec la clarté électrique du centre ville. Cherchant tout autre chose dans ce livre, je tombe sur un passage de Claude Coste qui est raccord avec ce que j'écrivais hier :
« Dans Histoire de l'œil, l'érotisme de l'écriture réside moins dans la thématique que dans le jeu avec la langue. Ce sont les transgressions de la langue en tant que telles qui deviennent érotiques et traduisent la présence sensuelle de celui qui écrit. Transgression de la langue et, par là même, de l'érotisme qui sort des limites étroites du sexuel, sans donner prise à la moindre entreprise de sublimation.» (Claude Coste, « Comment ne pas manquer le corps ? Barthes, lecteur des surréalistes », dans Barthes, au lieu du roman, sous la direction de Marielle Macé et Alexandre Gefen, Paris : Éditions Desjonquères, Éditions Nota Bene, 2002, p. 62-63)
Au centre de sport, plein d'aventures.
Commencer un nouveau livre — L'Affectation d'Alain Sevestre — et mettre à l'épreuve les nouvelles chaussures. Sur les trois premiers chapitres pédalés, je retrouve l'étonnement de mes propres débuts : le cœur du métier d'enseignant — donner des cours — est beaucoup moins problématique que la gestion de l'environnement, qu'il s'agisse de la hiérarchie ou des collègues. Je ne sais pas encore ce qui va se passer, mais je suis déjà de plain-pied.
Courir, le moulé d'un chausson, le guindé de la cheville, le sabot à ressort, et devant moi, l'écran d'une nouvelle machine qui indique la vitesse, la distance, les calories, mais qui accueille aussi les chaines de télévision. Et ma foi, quand on court une demi-heure sur un tapis, c'est bien utile.
« Elle, je ne sais pas comment elle se débrouilla, se mit du chocolat dans les cheveux. Debout, par la suite, devant la machine à café, je croisai les pieds, avant-bras au mur, l'écoutai raconter mon cas, déhanché, comme si j'étais sorti depuis longtemps de mon histoire, cow-boy mature, ne m'en laissai pas compter. Et même lorsque, confirmant mes suppositions, elle m'apprit qu'adolescente elle avait détenu deux ans le record de France de saut en longueur, toujours déhanché, je restai sur ma position.» (Alain Sevestre, L'Affectation, Paris : Gallimard, 1997, p. 19-20)
Dîner. D'une grosse tomate, j'essaie de faire quelque chose de provencal, au four puis au grill, avec de l'ail et de l'huile d'olive. Ça cuit à peu près, la chair de tomate tient bien, mais au lieu de dorer, la purée d'ail devient... verte ! Néanmoins, c'est excellent. Comme des tomates provencales au four !
Je l'ai fait ! Un problème de remplissage de baignoire avec une tasse et un autre de Hambourg-Séville (2000 km) avec consommation d'essence et temps de voyage arrêts compris. Dictée, calcul, questions, réponses, le tout écrit et oral. Ça amuse et ça instruit. En fin de deuxième année, les étudiants sont tout à fait capables de ce type de lecture mise en scène. Et moi, ça m'éclate.
Je lévitai je les évitais
leurs vétilles verbeuses loin devant derrière
mes rêves de vent de feuilles chues
le retour de leur silence m'abîme chaque année
vénéneuses avenues de la resquille
Heureuse elle vient aux eaux vertes
premier baiser sous des troènes couchés
Oh laisse-la glisser dans le nuage s'y fondre
ouverte
au vert
leurs vétilles verbeuses loin devant derrière
mes rêves de vent de feuilles chues
le retour de leur silence m'abîme chaque année
vénéneuses avenues de la resquille
Heureuse elle vient aux eaux vertes
premier baiser sous des troènes couchés
Oh laisse-la glisser dans le nuage s'y fondre
ouverte
au vert
Réunion au neuvième étage. Vue dégagée sur la plaine et plus loin, des crêtes, d'épais nuages bleus et roses qui contrastent avec la clarté électrique du centre ville. Cherchant tout autre chose dans ce livre, je tombe sur un passage de Claude Coste qui est raccord avec ce que j'écrivais hier :
« Dans Histoire de l'œil, l'érotisme de l'écriture réside moins dans la thématique que dans le jeu avec la langue. Ce sont les transgressions de la langue en tant que telles qui deviennent érotiques et traduisent la présence sensuelle de celui qui écrit. Transgression de la langue et, par là même, de l'érotisme qui sort des limites étroites du sexuel, sans donner prise à la moindre entreprise de sublimation.» (Claude Coste, « Comment ne pas manquer le corps ? Barthes, lecteur des surréalistes », dans Barthes, au lieu du roman, sous la direction de Marielle Macé et Alexandre Gefen, Paris : Éditions Desjonquères, Éditions Nota Bene, 2002, p. 62-63)
Au centre de sport, plein d'aventures.
Commencer un nouveau livre — L'Affectation d'Alain Sevestre — et mettre à l'épreuve les nouvelles chaussures. Sur les trois premiers chapitres pédalés, je retrouve l'étonnement de mes propres débuts : le cœur du métier d'enseignant — donner des cours — est beaucoup moins problématique que la gestion de l'environnement, qu'il s'agisse de la hiérarchie ou des collègues. Je ne sais pas encore ce qui va se passer, mais je suis déjà de plain-pied.
Courir, le moulé d'un chausson, le guindé de la cheville, le sabot à ressort, et devant moi, l'écran d'une nouvelle machine qui indique la vitesse, la distance, les calories, mais qui accueille aussi les chaines de télévision. Et ma foi, quand on court une demi-heure sur un tapis, c'est bien utile.
« Elle, je ne sais pas comment elle se débrouilla, se mit du chocolat dans les cheveux. Debout, par la suite, devant la machine à café, je croisai les pieds, avant-bras au mur, l'écoutai raconter mon cas, déhanché, comme si j'étais sorti depuis longtemps de mon histoire, cow-boy mature, ne m'en laissai pas compter. Et même lorsque, confirmant mes suppositions, elle m'apprit qu'adolescente elle avait détenu deux ans le record de France de saut en longueur, toujours déhanché, je restai sur ma position.» (Alain Sevestre, L'Affectation, Paris : Gallimard, 1997, p. 19-20)
Dîner. D'une grosse tomate, j'essaie de faire quelque chose de provencal, au four puis au grill, avec de l'ail et de l'huile d'olive. Ça cuit à peu près, la chair de tomate tient bien, mais au lieu de dorer, la purée d'ail devient... verte ! Néanmoins, c'est excellent. Comme des tomates provencales au four !
Commentaires
1. Le mercredi 30 novembre 2005 à 11:06, par Arte :
Je souhaite vous parler de Robert Musil.
Robert Musil est né le 6 novembre 1880, à Klagenfurt (Autriche).
Demain, nous parlerons du décès de Robert Musil.
2. Le mercredi 30 novembre 2005 à 11:12, par alain :
Plus de vin.
Ressortir?
Trop froid. C'est alors que, bon, cette bouteille apportée un soir par des invités illustres et que nous ne bûmes pas (d'autres vins les attendaient (en prirent-ils ombrage ? Je ne les vois guère)) tend son goulot en bas du buffet (ce n'est pas un buffet mais je ne vais pas non plus me lancer dans la description de mon chez moi). Elle est en bas.
J'avise l'étiquette. Corton-Charlemagne, grand cru, 2001 (n°1896), mis en bouteille par J. D'Issoncourt Lorraine, négociant éleveur à Nuit-Saint-Georges. J'aime bien l'apostrophe du nom.
L'ouvrir ? La laisser ?
J'ouvre. Je n'en ai jamais bu. C'est délicieux. Je vous la recommande. (c'est du vin blanc mais à ce niveau (comment je parle ?) il n'y a plus de blanc plus de rouge.
Au passage.
Je viens de découvrir un vin rouge à 5 euros très bon. Avec un nom pas piqué des vers.
Un caviste la vend rue de Rochechouart, au 54.
Ceux que ça intéresse. (comment je parle ! je n'en suis qu'à mon troisième verre mais c'est vrai qu'il cogne, 13% vol)
3. Le mercredi 30 novembre 2005 à 11:14, par alain :
J'ai dû mettre plus de six minutes à écrire mon machin parce qu'il n'y avait pas de commentaires à l'instant.
Bon, faut que je recadre Robert Musil.
4. Le mercredi 30 novembre 2005 à 11:43, par FB :
rue de Rochechouart à Nagoya, ou rue de Rochechouart à Tokyo : faut savoir ? décidément de plus en plus polyvalente, la maison Berlol !
5. Le mercredi 30 novembre 2005 à 11:57, par k :
bonsoir, moi aussi je boirais bienun petit verre de ce vin, il a l'air bien bon. sinon c'est bien robert musil??? encore un truc qu'on trouve pas en bibli j'parie. Bon faut que je finisse les étagère pour L. C'était bien intimité de chereau, ne suis fait "de battre mon coeur c'est arrêté" par trop mal et puis y'a le beau vincent,un fils à tricotter (en file ou l'on peut tricotter devant sans probléme)
6. Le mercredi 30 novembre 2005 à 12:05, par Arte :
Nous parlerons DEMAIN, du décès de Robert Musil, puis nous évoquerons les 57 % de la première page lue (par nous < ---- moi !). Pas de précipitation...
7. Le mercredi 30 novembre 2005 à 12:10, par Arte :
(c'est quand même genant de commenter Alain Sevestre quand il est saoul !!! Non?)
8. Le mercredi 30 novembre 2005 à 13:04, par k :
La pluie….
C’est ce qui ne manque le plus je crois, ne pas pouvoir être sous elle, lorsqu’elle arrive, doucement, brutalement, n’importe quand. Elle est là et je l’entends, je sens sa présence, son appel mêlé au vent. C’est ce qui me manque le plus de ne pouvoir la rejoindre n’importe quand. Elle est là, incessante et ce manque intolérable de ne pouvoir en être imprégnée…doucement brutalement. Marcher avec elle dans les rues, les rues de cette ville, la nuit me mêler à elle, cette pluie qui doucement brutalement me pénètre , m’englobe dans sa totalité.
Les larmes sur mes joues peuvent enfin couler, on ne sait plus on les confond avec cette pluie. Avec la pluie ces gouttes salines, je les entends s’écraser telles des balles de plomb sur mon corps. Elles me caressent me transpercent, d’où viennent t’elles des ces yeux du ciel, de ce ciel couleur d’ombre….va savoir…
Mais dans ce tout confondu, elle, elle peut enfin sortir, contenue dans ce corps depuis des siècles, elle attends ce moment je la libère, elle s’apaise, pour me revenir plus violente encore mais qu’importe.
Ce jour là, c’était un jour où l’on pouvait vivre nu, ni trop chaud, ni trop froid. Ces jours où le temps est d’une insipidité monstrueuse. Elle, elle aurait pu prendre corps avec ce cri, si terrible, si déchirant qu’il en est resté muet. Comme L V Stein lors de ce bal tout comme elle. Il est resté muet, prisonnier, c’est incorporé dans chaque cellule, dans leur noyau même insidieusement comme cette pluie.
9. Le mercredi 30 novembre 2005 à 13:05, par Bartlebooth :
(bah non ! ça ne devrait pas être plus gênant qu'il écrive alors qu'il est saoul)
Nous, on est en train de boire un blanc à 13,5°. 2,45 € la bouteille. Ben, pas mal du tout !
10. Le mercredi 30 novembre 2005 à 13:31, par jcb :
Mon cher Alain,
à 85 euros la bouteille, je l'aurais bue avec mes " invités illustres ".
Au fait qu'appelez-vous invités " illustres " ?
Je voudrais les noms .
JCB
11. Le mercredi 30 novembre 2005 à 13:53, par Bartlebooth :
à 85 euros la bouteille, faut pas hésiter et improviser un boeuf au vin
12. Le mercredi 30 novembre 2005 à 15:58, par Berlol :
Euh..., à ce prix-là, t'aurais pu nous attendre !
Tout' façon, c'est pas la peine de rien dire, i cuve, à l'heure qu'il est...
13. Le mercredi 30 novembre 2005 à 19:45, par alain :
Sauf que qui veille le clavier à 4 heures 30 et des poussières, c'est moi.
85 euros. Bon sang!
Je ne vois qu'une chose, les invités ont dû se la faire offrir et tiens ! oui, apportons ça ce soir. Sans savoir.
Non, peu probable.
Le prix.
Et dire que pendant une semaine je n'ai rien pu tirer avec ma CB parce que j'étais déjà à découvert du mois qui vient et que la putain de banque va encore me facturer des agios, sans parler des frais de je ne sais quoi.
14. Le mercredi 30 novembre 2005 à 20:30, par alain :
Et voilà, je lance un jeu-concours sans lots sur le nom d'un vin bien moins cher et on désire plutôt le nom d'invités ! Ah lala. Je vous le dirais mais pas ici, autre part, je ne sais pas trop où, en fait.
J'ai vu qu'on parlait d'Adidas dans un billet supra.
Vends (je ne recule devant rien) Adidas, édition limitée à 1000 ex. ou 3000 (j'ai oublié)(on me l'a dit, j'ai voulu vérifier mais il y a tellement de pages sur le sujet que j'ai renoncé), sorties à l'occasion des 35 ans de la marque, taille 10, série I love NY.
Sur ebay, c'est compliqué (pour moi).
Elles sont neuves. Je veux dire que mon voisin ne les a jamais portées.
J'ai d'autres trucs à vendre.
15. Le jeudi 1 décembre 2005 à 02:38, par Cécile :
[aparté marketting :
on fait un deal : grâce à votre appareil numérique, je photographie les deux (superbes) robes et le (mirifique) manteau neufs que je veux justement fourguer sur ebay depuis quelques temps pour apaiser ma carte bleue, ooh là ooh là la CB (sur le ton au baudet) laquelle ne désourcille pas, elle, depuis presque trois semaines (qui dit mieux ? c'est un nouveau jeu sans lot) et je veux bien m'occuper des chaussures sur ebay, j'ai fait ça pendant un an pour le compte de mon patron fou, à fourguer des horribles poupées "d'artiste" allemandes signées Kathe machin, aryennes et poussièreuses, 200 euros pièce en départ d'enchère pour les plus petites, et le pire du pire, mais en même temps c'est la bonne nouvelle du jour, Alain, c'est qu'elles ont été achetées (simplement, quelques mois après j'ai réussi à négocier un licenciement mais c'est une autre histoire).
sérieusement, si vous m'envoyez deux trois photos de vos Love NY, je peux essayer.]
16. Le jeudi 1 décembre 2005 à 02:42, par Cécile :
[en même temps aparté système D avenue de la resquille c'est bien]
17. Le jeudi 1 décembre 2005 à 12:05, par alain :
Cécile, oui, je veux bien de l'aide. Que dois-je faire ? Les photos, oui, je peux, je les envoie où ?
18. Le jeudi 1 décembre 2005 à 13:08, par cécile :
vous trouverez ce qu'il faut ici www.zazieweb.fr/site/pers... ...
Juste deux trois photos, et une description la plus complète possible(état neuf ou comme neuf, lacet gauche frisé, semelle auto-courante sur pelouse non tondue, toile auto-grattante la nuit, tout ça).
19. Le jeudi 1 décembre 2005 à 13:37, par k :
hello cécile komment vas, tu te lance dans les affaires
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