Plus au large et en terre neuve
Par Berlol, samedi 17 décembre 2005 à 23:47 :: General :: #104 :: rss
Jour de train et jour de marche
— esprit en chemin
Par grand soleil et manteaux ouverts, longue promenade avec T. pour digérer le gigot d'agneau-frites du Saint-Martin. Jusqu'à Jimbocho puis Ochanomizu, quartiers des magasins de sport et des bouquinistes, voisinage qui nous convient. On regarde les vélos, pour T. Ce serait d'une grande nouveauté. Interdit par sa mère car trop dangereux et trop peuple, elle en a très peu fait, a toujours craint les chutes, en a envie maintenant. On n'a pas encore choisi le vélo qu'elle parle déjà du casque, de son design.
Avant l'acquisition, nous devons cependant attendre... la décision du syndic de notre immeuble ! L'espace étant limité, une autorisation de garer un vélo a été décrétée il y a deux ans, après que j'avais apporté celui que Bikun m'avait laissé, qui n'a jamais vraiment bien marché (roulé !), d'ailleurs, le vélo, et qui avait l'immense défaut, aux yeux des vieux péquenots qui font la loi dans cet immeuble, de ne pas avoir de système de soutien vertical — et la béquille que j'y avais greffée n'avait rien changé à l'ire péquenote puisque le vélo penchait et occupait selon eux la place de deux...
Au-dessus du magasin de jardinage où l'on a acheté le citronnier il y a deux ans : ICI Sports, beaucoup de vêtements, plutôt pro que mode. T. trouvera deux pantalons et moi un bonnet qui couvre vraiment les oreilles — il paraît que de grands froids approchent... En redescendant, on demande conseil pour notre arbre qui végète depuis le printemps (et qui n'a pas donné de fruits cette année) : il est fort possible, nous dit-on, que la terre soit devenue alcaline, attendre le printemps pour le rempoter plus au large et en terre neuve.
Juste à côté, en face de la librairie Tamura (vieil immeuble dont l'escalier penche à faire peur), Hakusuidou, chocolats, marrons glacés, magasin qui ne paie pas de mine de l'extérieur, en fait vieux style de fabricant de gâteaux à l'occidentale, marbre, espace vide, presque aseptisé, sans fioriture. On entre, T. connaît, et, comme les marrons entiers sont un peu chers, elle m'offre, sur ma recommandation, un sachet de brisures de marrons, presque entiers, en fait. J'y goûte dès la sortie et... ils sont excellents ! Un petit goût de rhum, pas trop sucrés, pas mous : c'est Noël !
J'ai repensé à ce que disait Éric Sadin hier. J'ai réécouté l'enregistrement pirate dont je l'ai informé après. Ça part dans tous les sens mais ça se tient, malgré le désagrément qu'il a dû ressentir à l'empêchement technique et le choix qu'il a fait de parler sans note. Allez, quand même un bonus collector de 7 minutes (il m'a autorisé), avec lecture d'un extrait de Tokyo, ce qu'il dit ne jamais faire...
Puisqu'il est question de penser et techniquer, j'en profite pour informer les tokyoïtes mobiles lundi qu'il y a une journée spéciale à la Maison franco-japonaise, avec un film, The Ister, que je ne sais pas si j'irai le voir parce qu'il est un peu longuet, et surtout un débat avec Bernard Stiegler et trois universitaires japonais, Osamu Nishitani, Watanabe Moriaki et Ishida Hidetaka.
— esprit en chemin
Tiré d'un travail en cours
dirais-je si j'étais artiste — ou le prétendais
mais même pas
juste tâtonner
être un peu satisfait
dirais-je si j'étais artiste — ou le prétendais
mais même pas
juste tâtonner
être un peu satisfait
Par grand soleil et manteaux ouverts, longue promenade avec T. pour digérer le gigot d'agneau-frites du Saint-Martin. Jusqu'à Jimbocho puis Ochanomizu, quartiers des magasins de sport et des bouquinistes, voisinage qui nous convient. On regarde les vélos, pour T. Ce serait d'une grande nouveauté. Interdit par sa mère car trop dangereux et trop peuple, elle en a très peu fait, a toujours craint les chutes, en a envie maintenant. On n'a pas encore choisi le vélo qu'elle parle déjà du casque, de son design.
Avant l'acquisition, nous devons cependant attendre... la décision du syndic de notre immeuble ! L'espace étant limité, une autorisation de garer un vélo a été décrétée il y a deux ans, après que j'avais apporté celui que Bikun m'avait laissé, qui n'a jamais vraiment bien marché (roulé !), d'ailleurs, le vélo, et qui avait l'immense défaut, aux yeux des vieux péquenots qui font la loi dans cet immeuble, de ne pas avoir de système de soutien vertical — et la béquille que j'y avais greffée n'avait rien changé à l'ire péquenote puisque le vélo penchait et occupait selon eux la place de deux...
Au-dessus du magasin de jardinage où l'on a acheté le citronnier il y a deux ans : ICI Sports, beaucoup de vêtements, plutôt pro que mode. T. trouvera deux pantalons et moi un bonnet qui couvre vraiment les oreilles — il paraît que de grands froids approchent... En redescendant, on demande conseil pour notre arbre qui végète depuis le printemps (et qui n'a pas donné de fruits cette année) : il est fort possible, nous dit-on, que la terre soit devenue alcaline, attendre le printemps pour le rempoter plus au large et en terre neuve.
Juste à côté, en face de la librairie Tamura (vieil immeuble dont l'escalier penche à faire peur), Hakusuidou, chocolats, marrons glacés, magasin qui ne paie pas de mine de l'extérieur, en fait vieux style de fabricant de gâteaux à l'occidentale, marbre, espace vide, presque aseptisé, sans fioriture. On entre, T. connaît, et, comme les marrons entiers sont un peu chers, elle m'offre, sur ma recommandation, un sachet de brisures de marrons, presque entiers, en fait. J'y goûte dès la sortie et... ils sont excellents ! Un petit goût de rhum, pas trop sucrés, pas mous : c'est Noël !
J'ai repensé à ce que disait Éric Sadin hier. J'ai réécouté l'enregistrement pirate dont je l'ai informé après. Ça part dans tous les sens mais ça se tient, malgré le désagrément qu'il a dû ressentir à l'empêchement technique et le choix qu'il a fait de parler sans note. Allez, quand même un bonus collector de 7 minutes (il m'a autorisé), avec lecture d'un extrait de Tokyo, ce qu'il dit ne jamais faire...
Puisqu'il est question de penser et techniquer, j'en profite pour informer les tokyoïtes mobiles lundi qu'il y a une journée spéciale à la Maison franco-japonaise, avec un film, The Ister, que je ne sais pas si j'irai le voir parce qu'il est un peu longuet, et surtout un débat avec Bernard Stiegler et trois universitaires japonais, Osamu Nishitani, Watanabe Moriaki et Ishida Hidetaka.
Commentaires
1. Le samedi 17 décembre 2005 à 08:34, par FB :
Passage recopié chez Elisabeth F., à ajouter à ta thésaurisation de tout ce qui concerne les salons, voir :
elizabethflory.blogs.com/...
Amette est toutefois pertinent, passée l’ironie qui guide sa plume, lorsqu’il reconnaît la place donnée par les sites et blogs littéraires aux lecteurs : « Par pseudos interposés, on se siffle, on s'appelle, on s'interpelle, on se soulage, on fusille ou on porte aux nues. Il s'y invente une nouvelle critique littéraire spontanée, brute de décoffrage, mitrailleuse, dans laquelle la nuance a peu de place. » Il est juste de parler de « mutation » de la posture du lisant : « C'est le plus grand lieu de rencontres, davantage foire du livre que salon XVIIIe genre Mme du Deffand. Car c'est l'irruption de cet homme muet et caché, ce fantôme, cet inconnu dans la maison littérature, le lecteur qui bouleverse la donne. Ça permet de relancer une nouvelle dynamique, comme si un Mai 68 avait saisi le village littéraire mondial. Ça représente la plus ahurissante parlerie offerte à ceux auxquels le silence de la lecture traditionnelle ne suffit plus. »
et tu nous enregistres Stiegler au Mp3 ?
(plus ta photo avec le bonnet)
2. Le samedi 17 décembre 2005 à 09:19, par Arte :
Oui, Stiegler, suis preneur. Il y a dans ses analyses (peu littéraires), une perséverance à montrer comment se fabrique la mémoire collective. A insister sur ce que cette disposition à "concentrer" l'histoire obère, interdit, réduit et donc conduit à abaisser le NOUS au ON au profit d'un microcosme des JE (le village mondial ?).
3. Le samedi 17 décembre 2005 à 09:45, par FB :
Bernard Stiegler travaille au dictaphone, sans doute ça contribue à ses formes discursives et c'est sans doute aussi ce qui rend bien vivants ses 2 derniers bouquins d'entretiens "Constituer l'Europe". Si on a cet enregistrement mp3, on pourra le mettre en ligne conjointement avec Ars Industrialis (dont la webmaster accompagne BS ce voyage!).
celui qui n'accorde même pas sa guitare pour la mise en ligne 
www.arsindustrialis.org/
remue.net contribuera à diffuser l'info... ouf, y a plus de guitare électrique dans mes sous-sols, le gamin de 15 ans avait invité ses potes, c'était comme d'être sur le site de Bartlebooth
4. Le samedi 17 décembre 2005 à 10:32, par Arte :
jaune (la ligne : cf. Prigent)
5. Le samedi 17 décembre 2005 à 12:14, par Bartlebooth :
l'ironie - restons dans le ton de celui qui me juvénilise, paradoxalement comme un écolier lance une boulette de papier mâché à un camarade (non de lutte, hein, nous n'avons pas les mêmes valeurs, je crois) - est que j'ai rêvé de FB pendant la diffusion sur france cul : je ne me souviens que d'une bouille qui me paraissait étrangement adolescente. J'ai réécouté l'émission en état de veille, et je comprends mieux mon impression.
S'il s'agit d'accorder sa guitare comme certains sont dans le compromis littéraire, alors bien sûr : fuck off !
"Il y a dans cette littérature une sorte d'effort exigeant, habile, tendu (mais à mon sens un peu désespéré) pour trouver un compromis entre l'excès de la phrase réaliste que j'appelle "catastrophique" et l'effort réaliste traditionnel ("balzacien") pour rendre compte d'un réel présentable, romanesquement viable. Cela donne, certes, de "beaux" livres, sans commune mesure avec le tout-venant qui déferle sur les rayons. Et c'est sans doute le mieux que puisse faire aujourd'hui un romancier au fait de ce qu'a opéré la "modernité", un romancier soucieux de faire de la littérature autrement que pour simplement augmenter la masse imprimée, un romancier dominé aussi par l'exigence du "lisible" et le désir de dire en clair quelque chose du dehors social.
Mais c'est aussi une belle illustration de ce qu'il en est aujourd'hui massivement du genre romanesque comme formation de compromis, comme forme du compromis littéraire avec la commande sociale d'époque. [...]"
(Christian Prigent, in "Ceux qui merdRent", 1991)
FB : lisez-vous ce qui s'écrit aujourd'hui de ce qu'on qualifie rapidement d' "illisible" comme vous entendez l' "inécoutable" d'une guitare désaccordée et le bruit que font votre "gamin" et ses "potes" ? quatorze ans après, votre faculté de compromis est-elle égale ou supérieure à vos capacités de caricature et de rancune ?
6. Le samedi 17 décembre 2005 à 12:39, par cel :
Tout celà n'a rien d'une attaque en règle, rebondissement sur rebondissement ça donne que plusieurs peuvent réagir au même moment sur des points qui titillaient. Quand je lis, FB, ce que vous avez choisi de citer, dans la façon "brute de décoffrage" puisque cet extrait n'est en rien entouré par la moindre indication de ce que vous, vous en pensez, donc quand je lis dans la citation : (mettons que je me dise, que, citant tel quel, vous acceptez tel quel ce qui s'y dit, donc, bref
"la nuance a peu de place". Cet avis de critique qui ne va pas bien loin (comme éliflory a au moins le mérite de l'encadrer), qu'est-ce qu'il fait ici, repris par vous, à part vous placer en position d'auteur et nous, eux, les autres, en position de commentateurs un peu légers, un peu pas à la (h)auteur, une matière brute de lecteur qui agit et réagit en deça de toute réflexion appuyée ? C'est marrant cette manie de prêter attention au lecteur, aussi à celui qui réagit, tout en le maintenant dans une position de masse bouffonne et imprécise, voire d'assemblage de gueulards irréfléchis, ah on reconnait par là au moins que c'est vivant (dans le grouillant) mais finalement jamais tout à fait digne d'intérêt, disons que ça fait certainement cool d'affirmer qu'on la considère, cette masse.
Et puis allant dans le sens de Bartlebooth, comment peut-on d'un côté affirmer son total respect pour Guyotat (je pense à un commentaire chez Refonder) et d'un autre sacrifier aux (presques) qualifications d'inaudible ou d'illisible pour d'autres choses (certes non Gallimard) qui vous tombent sous les yeux. N'est on pas encore dans un type de logique de l'acceptable par l'accepté ?
Derniere petite chose, ça fait des mois que je me demande dans quel sens est ou était utilisé le terme "impertinent" dans votre decription du lien sur Bartlebooth sur remue.net ?
7. Le samedi 17 décembre 2005 à 14:59, par Berlol :
Eli écrit presque en tête de son billet, à propos de l'article d'Amette : "En guise de tour d’horizon, un photomaton pris du haut de l’iceberg…" Ça dit bien les choses, ce me semble.
Un peu tard pour recommander à M. Amette de lire un LIVRE qui l'a largement (et avantageusement, peut-être) précédé : Les salons littéraires sont dans l'internet, PUF, 2005 (coll. Écritures électroniques).
Pour Stiegler, il est prévu que j'enregistre. Merci de la proposition, François, ce serait peut-être souhaitable, si le débat ne tourne pas au banal... Mais je ne sais si on pourra diffuser, je demanderai aux responsables...
Je thésaurise, je thésaurise...
Vous noterez que l'article d'Amette est suivi d'une belle publicité pour le blog d'Assouline et pour le site de Werber. Je crois que je vais encore casser du sucre...
À propos de la photo, je précise puisqu'on me l'a demandé : oui, la position du "à" est choisie pour produire l'hésitation d'une double lecture.
8. Le samedi 17 décembre 2005 à 22:02, par alain :
Quelle belle citation de Prigent ! oui, compromis, et puis tourmente, et puis déchirement tout le temps, et puis impossibilité d'apparaître nulle part physiquement en tant que quoi (et donc se sentir bien ici même, car rien n'est réclamé).
Et puis impossibilité de lire ses propres textes à voix haute devant qui que ce soit. Pas de voix. Et faire de ses textes des choses pas lisibles. Quelque chose ne colle pas, ne va pas. Ça n'est jamais ça.
Raconter l'histoire de ces compromis, de ses compromis.
Dès qu'on connaît les gens, on sympathise dans la crasse d'une humanité. Rester à sa place, se défier tout le temps des gens. Il n'y a pas volonté de ça, ça vient tout seul. Ne pas sortir, ne pas en sortir. N'avancer à rien. Qu'est-ce que ça vient faire là ?
Bartlebooth, Cel, oh oui!
Je retourne à mes romans.
9. Le samedi 17 décembre 2005 à 22:19, par FB :
des titres, des titres, des titres ! j'aimerais qu'on référence cet "illisible", histoire de savoir de quoi on parle ? pour le "fuck off" je suis d'accord, mais disons que même chez Sex Pistols ou Gun Club on perdait pas de vue le rapport à l'auditeur
qu'est-ce qu'on met dans cet "illisible" qui doit être notre premier à lire ? les tautologies provocatrices de Duras, les incertitudes de Sarraute, oui pour moi en ce moment c'est au premier rang - et Faulkner nous enracine là
l'an dernier ce bizarre livre "Onuma Nemon"
chez Tarkos cette couche d'illlisibilité, parfois très mince ou fine, mais que j'interprète toujours comme un reste nécessaire de bruit, poussé en avant du texte, lui aussi au premier rang en ce moment
ce serait génial qu'on fasse cette liste ensemble
pour revenir à Cel, j'ai pas compris grand chose - sauf que ma mention de la musique en ligne de Bartlebooth n'était pas "ironique" mais complice (je mets aussi de la guitare en ligne, et je ne suis pas musicien), et ce n'était pas "inaudible", la preuve c'est que j'ai entendu et écouté, comme en ce moment j'écoute Serge Teyssot-Gay et je ne crois pas qu'on puisse écouter Sergio si on ne pratique pas soi-même la matière, quitte à l'aporie, et sans doute en écriture c'est la même chose : oui, égalité de lecteur, humilité commune de commentateur et c'est ce qu'il y avait de bien dans ce qu'on a suivi de Berlol sur Marguerite
ensemble donc parmi les gueulards irréfléchis et c'est même cela qui ferait du bien, bon dimanche
10. Le dimanche 18 décembre 2005 à 02:41, par Arte :
Mouaiiiiii !
11. Le dimanche 18 décembre 2005 à 03:46, par Arte :
"village mondial" ? C'est chiant, face à la revendication sans doute sincère du Littéraire pour une sensibilité particulière aux mots, de le voir charrier de citations en clichés, des formules débiles, le transformant en gentil colporteur d'un inconscient collectif préfabriqué. Sans vouloir faire dans la sensiblerie, LeS mondeS, ce sont des lambeaux de mains, souvent noires de peau ou de crasse, accrochées à des grillages barbelés, de l'autre coté de l'enceinte du joli village selon Al Gore, marchand d'autoroutes reconverti au numérique, inventant la formule dans un discours électoral !
Et si les gueulards réfléchis propagent des expressions toutes faites comme "un mai 68 dans le village littéraire mondial" (non mais sincèrement, vous l'avez lue, cette phrase ?) pour un petit machin qui n'a jamais déplacé un CRS, on n'est pas prêt d'avoir envie de les lire. (Et qu'on ne me cite pas Brice Petit, lui ne fait pas dans le pré-maché en arrière-cour).
D'autres, qui accèdent à la parole légitime (radio, etc.), ne pourraient-ils pas tordre le cou une fois pour toutes à cette énorme connerie de "village mondial" ?
12. Le dimanche 18 décembre 2005 à 04:00, par k :
et bien voila tout rentre dans l'ordre
13. Le dimanche 18 décembre 2005 à 04:46, par Berlol :
Pour ce qui est de la "parole légitime (radio, etc.)", je crois qu'on s'illusionne un peu. Je vais en parler...
14. Le dimanche 18 décembre 2005 à 05:40, par Arte :
eh eh, bonjour K.
15. Le dimanche 18 décembre 2005 à 06:13, par Bartlebooth :
- pour ce qui est de référencer et de circonscrire l' "illisible", ça a déjà été fait par Prigent, encore, voir "Une erreur de la nature" (je voulais d'ailleurs y revenir dans cette discussion que j'engageais autour de la conférence de Ouellet -quand il parle de "pathologie langagière"-, à cette idée de l'illisible comme erreur de la nature, ou de la culture). Je n'ai pas envie de participer à cette liste, bien que, parce que perecquien mais pas seulement pour cela, j'aime beaucoup les listes (c'est d'ailleurs par mon intérêt pour elles que j'ai découvert simultanément internet et pdj). Je mets en fin de commentaire le premier chapitre du livre de Prigent, qui fournit de nombreux noms, et vous remarquerez que nous sommes loin de Duras et Sarraute, loin, pour beaucoup d'entre eux, des célébrés, des admis.
- oui oui pour les Sex Pistols, on peut même les résumer à un sympathique boys band à l'image savemment polie par McLaren
- Onuma Nemon est le nom de l'auteur du livre "Quartiers de On", votre erreur ou l'imprécision de votre évocation est un signe de passage à la trappe ?
- ah Tarkos, j'ai failli vous en parler, vous ne vous y êtes jamais autant référé que depuis qu'il est dedans la tombe et donc célébré. Moi je vous dis bravo et vive la mort !
"Je suis de ces écrivains qu'on dit difficiles, voire illisibles.
Ce n'est pas être en mauvaise compagnie.
Compagnie disparate, d'ailleurs. On y trouve aussi bien Pétrarque (il préférait "être incompris plutôt que d'être approuvé") que Tristan Tzara (qui voulait faire "des oeuvres fortes, droites, à jamais incomprises"). Les uns ont cultivé un hermétisme savant (Scève, Mallarmé). D'autres ont chiffré narquoisement l'obscène (Rabelais, Rimbaud). D'autres encore ont fait de la surprise scandaleuse du "nouveau" une valeur en soi : punching-ball ducassien sur les Grandes-Têtes-Molles, plumes de plomb des futuristes, poétique au marteau des dadaïstes, imprécations à la Péret ou mirlitonades coprolaliques à la Cravan.
Je suis de ceux qui aiment ces auteurs que le monde culturel de leur temps (le nôtre, par exemple) considère comme gentiment délirants, drôlement macaroniques voire carrément incompréhensibles.
J'aime en somme ceux qui n'ont pas vraiment "réussi" - ou plutôt ceux dont la réussite se mesure d'une certaine manière à leur ratage anthume : ceux, bien sûr, qu'a ignorés la masse des lecteurs de leur temps ; mais aussi (ce sont souvent les mêmes) ceux qui n'ont pas réussi leur "oeuvre", si l'on entend par oeuvre cette sorte de totalité progressivement accomplie, homogénéisée et clôturée, dans laquelle l'histoire littéraire et l'hagiographie patrimoniale peuvent reconnaître la trace d'un destin comme toujours-déjà verni d'exemplarité.
J'aime par-dessus tout des oeuvres qui ont fait oeuvre de l'impossibilité de faire oeuvre : la trace suspendue laissée par Lautréamont et par Rimbaud, la graphomanie inachevable d'Aimable Jayet, de Jules Doudin ou de Jeanne Tripier, l'espace lacunaire où semble finir par s'évaporer la poésie de Hölderlin et ce chantier désordonné, perpétuellement replâtré et définitivement non clos que sont des entreprises comme celles de Jarry, Cingria ou de Khlebnikov.
Je suis même de ceux qui inclinent à penser que c'est en ces auteurs-là que la littérature vit sa vie puisque c'est par eux qu'en elle-même éternellement elle se change. Je crois que la littérature, au plus essentiel, si essence d'elle il y a, c'est le trobar clus d'Arnaut Daniel ou de Raimbaut d'Orange, la virtuosité pince-sans-rire des Grands Rhétoriqueurs, les mondes renversés de Saint-Amant ou de Théophile, les scansions démantibulées de Corbière, les inscapes condensés d'Hopkins, la langue inouïe de Wolfson, les spéculations étymologiques de Biély ou de Brisset, les mécaniques ironiquement désaffectées de Roussel, les créations verbales de Villon, de Lewis Carroll, de Clément Pansaers ou de Michaux (aujourd'hui celles d'Oskar Pastior, de Patrick Beurard ou de Pierre Le Pillouër), les pictogrammes grinçants de Maurice Roche, le journal labyrinthique d'Arno Schmidt, l'énergie abstraite qu'impose la matière phonique redistribuée et traitée vocalement par Kurt Schwitters, Gherasim Luca ou Bernard Heidsieck.
C'est une bibliothèque.
Il en est de pire.
Je suis de ceux qui l'aiment plus qu'aucune autre."
(Christian Prigent, in "Une erreur de la nature", 1996)
Voila, c'est un bon début pour votre inventaire. Je pense que ça permet de s'ouvrir un maximum : il n'y a pas que de l'institutionnel.
"gentiment délirants, drôlement macaroniques voire carrément incompréhensibles." : vous en proposeriez combien au prix Bartlebooth ?
16. Le dimanche 18 décembre 2005 à 06:43, par Berlol :
Tu sais que tu peux dire tout ça et même plus avec le sourire, Bartlebooth. Pourquoi ce ton un peu cassant de vertu outragée ? On est tous égaux, ici. Pour moi, l'illisible, c'est de l'illisible. Désolé, je préfère Sarraute. Et ce n'est pas parce qu'on vient après, qu'on est forcément meilleur.
17. Le dimanche 18 décembre 2005 à 06:44, par Bartlebooth :
Ok, j'y vais de mon smiley

et kiss kiss
18. Le dimanche 18 décembre 2005 à 06:51, par Berlol :
Arigato !
19. Le dimanche 18 décembre 2005 à 06:51, par cel :
FB, je réagis ici à ce que j'ai lu chez vous qui nous y renvoyais.
Ce que je vous disais hier n'allait pas très loin sans pour autant vous "en vouloir", non. Je dis que ça me titille, je m'interroge, l'esprit de sagesse et de mesure qui ressort, l'écrivain François Bon (ici FB) qui est un personnage campé, parfait. Un talent de plume appuyé d'une conscience de son temps, et de frappantes références littéraires dont certaines semblent presque trop rock N'roll : FB qui commente me fait douter (ce n'est pas négatif) de François Bon qui écrit, car FB si mesuré, recadrant et s'il le faut par le rejet ou la qualification d'inintérêt d'autres plutôt bancals qui ne font que dériver du Littéraire, ou depuis (ou déraper sur ?).
Une manière de ne pas y toucher qui porte le quiproquo à bout de bras, car moi non plus souvent ici je ne comprends pas précisémment ce que vous dites, ni si vous voulez dire quelque chose (comme cet article que vous citez qui ne dit rien d'autre que : des choses existent. Cet article qui n'en pense rien) Cette position, de puissance inattaquable finalement, de dire sans vraiment dire, disons de signaler, de garder le soi à l'écart, de ne rien en penser (ou de ce qu'on pense ne rien en dire). Paradoxal, finalement, que je vois ça comme une position, puisque jonglant entre le demi-mot (est peut-être là l'humilité ?) et l'arbitrage. D'une certaine manière il me semble que vous ne vous mêlez pas, ici, et ça me surprend puisque votre écriture elle, semble vouloir s'enrichir du mélange.
Donc ce n'était que ça, je ne pense pas que ce soit tellement revenchard...
20. Le dimanche 18 décembre 2005 à 06:59, par k :
"vint la nuit et fut accomplie la conquête de l'esclave...Tandis que plus doux, déjà près de s'éteindre encore régnait dans le lointain le souvenir d'Elle"DC
pour lui j'étais ce texte, je le mettrais en entier un soir
rien à voir là, mais je suis toujours en décalé, et puis là pas le temps il me faut aller voir happy,
harry potter avec L et son pote D et plein de pop corn et des bonbons
vite vite ou est ma baguette magique..........
ah oui c'est à cause du mot esclave sur le site de B mais j'ai pas eu le temps de lire, à cause qu'il faudrait déjà que je sois partie,
ah oui le cinéma.................
je suis en retard, je suis en retard.................
21. Le dimanche 18 décembre 2005 à 07:08, par FB :
pour Bartlebooth :
si Sarraute est dans les admis, j'aimerais bien savoir dans les admis de qui
s'il faut exhiber un passeport avec à quelle date on a commencé à lire un auteur c'est vraiment du sarkozysme en littérature et ce comportement de flic à préjugé fait que je ne reviendrai plus discuter avec vous
en l'occurrence, ce que nous avons porté de Tarkos, et que je n'ai certainement pas eu besoin de mettre sur la place publique, c'est que depuis longtemps il la portait en lui, la mort rongeante, et que ce n'était pas pour autant la leçon que nous donnait son écriture
je me souviens avec lui de notre voisinage lors lecture intégrale de Proust à Beaubourg, le temps et la langue comme soudain cela devenait physiquement perceptible
et merci à CEL, leçon comprise, je n'interviendrai plus ici par commentaires : mais là encore, quelle idée ringarde et passéiste vous vous faites d'un statut de l'écrivain dont aucun de ceux de ma génération ni ne dispose, ni ne souhaite
pour l'évidence enfin de la sous-merde d'Amette (ce monsieur critiquait en 1971 "Disent les imbéciles..." de Sarraute sous prétexte qu'en tant que "roman" ce n'était pas très réussi, l'article est dans le Pléiade) si je ne commentais pas c'est pour l'évidence du peu de pensée que ça supposait, c'est bien pour ça aussi qu'E Flory l'avait épinglé, c'était juste pour son archivage
là-dessus au revoir et bonne route, je m'en retourne chez ceux qui merdRent où y a du grand R
22. Le dimanche 18 décembre 2005 à 07:17, par Bartlebooth :
ce qui me rassure - non, je doute -, ce que je souhaite, c'est qu'il y ait toujours de l'entendu dans le malentendu, un fond d'entendu qui dépasse le malentendu
maladroits de tous les bords, unissez-vous !
23. Le dimanche 18 décembre 2005 à 07:24, par Berlol :
Ouais, ben, ch'ais pas si c'est avec ça qu'i reviendra, mon FB. Bien vrai que le dissensus nous bouffe ! Sur ce, j'y vais...
24. Le dimanche 18 décembre 2005 à 08:40, par Arte :
Ouaiii, ben vous commencez à faire chier les érudits, les écrivains, les "pensants".
François, réagir comme ça c'est vraiment dire : rien à écouter de vos conneries. Comme lorsque vous disiez :
"enfin bon, ça devient vraiment encombré par ici, et pas toujours pour dire grand chose -- tu nous referais pas un blog à côté, Berlol, qu'on t'entende parler un peu plus de Ouellet ?"
Alors moi, après ça, et d'autre, j'ai compris la citation en question dans le même esprit ! Vous comprenez ? Comme une réponse à une critique d'un Lisant (sur votre intervention FCu qui était nulle, Berlol expliquant un peu pourquoi !). Si ce n'est pas le cas, il n'y a pas de mal à rectifier le tir ! Des deux cotés. Mais les effets de toge, ça va bien ! Et que Bartlebooth soit un peu vif, c'est quoi le problème ? Valéry, vous appréciez ? Valéry, je ne le cite pas, mais sur la dispute, il y a quand même de belles choses à lire !
Et une critique de Cel sur les commentaires, ça ne demande pas de vous taire, ça propose une question ; ça dit de jolies choses sur votre écriture, et moins jolies sur l'"ici" et ça interroge : et vous ne gardez que le pas joli ! Comprends pas... Vraiment !!! Ca ne vous intéresse pas, ce paradoxe qu'elle perçoit ? Il n'y a pas matière à prendre la question calmement, c'est à dire comme elle est posée, et à VOUS la poser en retour ?
Cel, je n'arrête pas de l'emmerder sur son travail, elle ne jette pas son écharpe par derrière son épaule en boudant, elle répond, elle explique, elle bagarre ! Et Bartlebooth ne s'avisera plus de parler du lyrisme de Char ... (ptit con), enfin si, mais expres, pour me faire .... ! (vous avez remarqué combien je deteste la grossiereté, hein).
Bref ! je retourne à mes imbécilités. Cf article ci-dessus ! Comprennent qui(e) pourra. Vous répondez, vous revenez sur votre boudage ( <--- perche), ou vous êtes un p'tit con !
25. Le dimanche 18 décembre 2005 à 08:48, par cel :
Je ne comprends pas, je comprends de moins en moins, on se comprends vraiment de travers. Je ne croyais pas faire la leçon, faut-t-il toujours préciser qu'en emettant quelque chose on ne prétend pas nécessairement avoir le dernier mot, ni connaître le fin mot ? Je ne parle nulle part d'un statut de l'écrivain, je parlais de ce que je perçois d'une position qu'il m'a semblé voir, qu'il m'a semblé que vous aviez quand vous commentez ici. Et quoi ? Il ne me semblait pas vous l'envoyer au visage, mais en gros le dire et vous demander si je me trompe, et sinon pourquoi. Il y avait malentendu, je voulais préciser, y revenir. Evidemment vous pouvez juger que c'est un avis nul et qui ne mérite pas qu'on y revienne, et pour moi ce serait sans souci ni rancune. Je me fais des idées, vous pouvez les considérer ou non, je ne les considère pas comme inaltérables.
Bien, en tout ça, en tout cas, mille excuses si nécessaire, c'est fort possible que je m'y prenne comme un manche, c'est dommage, mais je ne pensais pas ça vexant.
26. Le dimanche 18 décembre 2005 à 08:55, par Arte :
FB : Cel me dit que le fond y est mais que la forme est violente ! Alors, j'ai hésité à rompre définitivement avec elle ... puis j'ai pensé à m'excuser ! Pour la forme, hein, pas le fond ! Parce que quand même PUTAIN ! (de merde).
27. Le dimanche 18 décembre 2005 à 09:13, par FB :
bon, alors on s'excuse et on est copains, et vous dire simplement que dans ce monde de merde ça fait quand même du bien des endroits où on peut échanger sans qu'on vous tire aussitôt la moquette de trabiole (le mot "campé")
mais ça pose des questions de fond, je viens de m'en expliquer avec berlol et jcb, merci donc de bien vouloir accepter ma discrétion provisoire, vais aussi infléchir mon propre site
pourtant qu'est-ce que c'est utile quand on est à l'ordi depuis 7h du mat, de pouvoir échanger 30 secondes sans contrôle avec 3 personnes qu'on a peut-être à peine croisées mais voilà, avec mon voisin d'en face on peut pas parler pareil _ et qu'une des conditions pour garder son travail en éveil et plaie ou quête c'est justement de lire des blogs comme cel parl zap et autres
là-dessus le p'tit con s'en retourne à un PDF de 992 pages qui vient de débouler, Verdier ayant réussi à sortir de chez Pierre Bergounioux, lequel n'a ni e-mail ni blog, son journal tenu sur l'ensemble des années 90, ça va me faire la nuit - à demain (en lecteur)
28. Le dimanche 18 décembre 2005 à 09:30, par cel :
Arte tu ne manques pas de culot, à ce compte là tu ferais dire ce que tu veux (par questions façon sondages) aux naïves dans mon genre :d. Quant à moi calmos, je ne fuis pas mais la journée à commenter il en sort généralement un arrière goût pas très chouette, y'a ma vidéo qui attends, 3 jours à faire un ralenti passable (K., les étagères, ça marche ?). Le malentendu peut s'estomper semble-t-il et c'est tant mieux. Je me rends compte encore une fois qu'essayant d'être un peu claire sur le contenu je ne maîtrise pas ce qui peut passer par le ton dans ce que je cherche à dire. C'est pas nouveau, hein ? constatations de débutante, la difficulté de la discussion par l'écrit, les tentatives d'être précis qui donnent un ton trop docte, l'évasif qui incite la dérive d'interprétation (oui le campé c'est issu de ça) et les smileys qui n'amènent pas grand chose. La prudence et l'intérêt c'est peut-être de ne pas se figer trop sur la forme (en disant ça je sens que je m'amollit - allez, gros poutous à tous, donc)
29. Le dimanche 18 décembre 2005 à 09:36, par FB :
reçu et pris comme tel (un coup de Bourgueil en retour, chacun sa façon) !
30. Le dimanche 18 décembre 2005 à 10:14, par alain :
Mince, tout le monde s'excuse !
31. Le dimanche 18 décembre 2005 à 10:24, par Bartlebooth :
Ceci dit, puisqu'il y a dénouement, et pour ménager la catharsis de chacun, je vais faire mon mea culpa, ou plutôt expliquer certaines choses :

Tout d'abord, comme tu l'avais peut-être senti, Berlol, j'avais pris des distances - autant à cause d'un mépris affiché pour une certaine forme de débordement (ce que cite Arte) que pour (mais pour beaucoup c'est sans doute débordement aussi, qui gêne et ennuie l'espace commentaires qu'ils souhaitent comme lieu de mondanités à la consistance pas trop pesante) que de la vanité (au sens vieilli, me dit mon dico) des discussions de fond, puisque peu de répondant ou disqualification comme polémique de bas étage.
Je ne suis revenu commenter que parce qu'on m'évoquait, et d'une manière qui me semblait narquoise, ou tout du moins ambivalente ou perverse. Venant de FB, de quelqu'un qui connait les mots, qui travaille le langage et même qui enseigne ce travail, j'avais du mal à penser qu'il y avait peut-être maladresse. Et je ne suis toujours pas sûr que ça en soit vraiment, je me débarrasse pas facilement de cette impression : il venait me chercher des noises ou quoi ? ou plutôt : il venait dire gratuitement, et à la manière légère de celui qui n'en pense pas moins mais qui se ménage la possibilité de répliquer : oh mais non, comment avez-vous pu croire cela !? Ou alors il est submergé de tropismes !
Enfin bref, ça fait sans doute réfléchir oui,
et si j'ai pu penser à un côté méchamment revanchard, et enfantin (ah mp aurait su rebondir sur ce sujet, ces si mignons pervers polymorphes !), chez FB, cela me fait réfléchir aussi que Berlol interprète mon ton comme celui d'une "vertu outragée", et ce qu'il dit sur ce que je penserais de ce qui vient après Sarraute, l'interprétation de FB du côté flicaille de mes réflexions.
J'ai des convictions, et j'ai des intuitions. Elles peuvent être erronées, ou dites sans subtilité et sans l'enrobage sucré, ça n'implique pas nécessairement de ne pas en discuter. J'ai une méfiance envers FB, et c'est sûrement réciproque, je veux dire envers le personnage, la personne, dont je ne suis pas sûr qu'elle aurait mon entière sympathie, et envers l'écrivain. Pour faire un mauvais jeu de mots, c'est l'aire du soupçon ici. Ce qui n'empêche pas, autant le dire, que j'ai envers son travail, disons, de passeur, de la reconnaissance : ce qu'il a fait avec Rabelais, et surtout avec remue.
Berlol, FB, nous n'avons pas le même rapport avec la littérature, pas les mêmes intérêts premiers - si j'avais ici à définir ce que je perçois des vôtres et quels sont les miens, je ne saurais le faire sans caricaturer et sûrement être injuste. Ca n'empêche en rien la rencontre - je ne viens pas ici par hasard - qui, je pense, d'un côté comme de l'autre est enrichissante.
Je ne laisserai à l'avenir des traces de mes passages que par petites touches légères, légères...
32. Le dimanche 18 décembre 2005 à 15:14, par Berlol :
Le ton, c'est bon.
Je me lève, et je vois que vous avez réglé rondement votre affaire dans ma nuit.
Je renverrais bien à des pages anciennes sur le ton et la connivence, mais je craindrais d'ennuyer. Pourtant je pense sincèrement que le ton est la clé de la connivence (ou de la non-connivence). Une idée nouvelle, un avis dérangeant doivent ménager l'interlocuteur pour avoir une chance de faire leur chemin en lui ; sinon, ils ne passent pas les portes de l'amour-propre de l'autre. Cependant, le juste réglage du ton pourrait bien venir d'une estimation perlocutoire, même inconsciente, le locuteur faisant des allers-retours de fractions de seconde à la place de l'interlocuteur pour voir si le message est acceptable. Ça serait dans de la souplesse, aussi. De là à dire qu'il faille faire du stretching discursif avant de se lancer dans les commentaires...
33. Le dimanche 18 décembre 2005 à 16:55, par Bartlebooth :
Et le ton blanc (le degré zéro du commentaire), c'est excellent ?
Ou est-ce beau comme un encenseur mis à jour qui cache ses ressentiments derrière des valeurs comme celles de l'amitié que nous mépriserions mais nous avons de celle-ci une conception si haute (celle de Bataille) que nous nous efforçons d'en chasser alentour...la complaisance (avec tout ce qu'elle remue de pas net) ?
Je demande ça avec toute l'attention perlocutoire dont je dispose et pour faire un parallèle entre ça www.sitaudis.com/Excitati... et l'empressement avec lequel FB m'a retiré des liens du tiers livre après le dissensus d'aujourd'hui.
34. Le dimanche 18 décembre 2005 à 17:29, par Berlol :
Tout à fait vrai que la complaisance est dans l'excès de connivence : trop accorder par avance, tout accepter de ce qui n'est pas encore donné. L'inverse de tout prendre de travers. Humaine condition coincée entre trop de défenses discursives (tour d'ivoire, intolérance, mépris hautain, etc.) et pas assez (cirage de pompes, fan club, foi aveugle en son grantauteur). Donc nécessité de pouvoir dire et critiquer positions et dérives. Mais ce que tu sors de derrière les fagots (Sitaudis) et qui a près de 2 ans est une vieille histoire ici décontextualisée, procédé douteux de ta part. On sait la concurrence et la mauvaise foi de bien des sites, ça grenouille pas mal, encore aujourd'hui, chacun veut tirer son épingle du jeu et si possible ramasser du succès, de la notoriété, des crédits publics ou du sponsoring, voire monter sa boîte, voire se faire introduire en bourse, etc. Pour tous ceux-là, le web est plus un champ de guerre qu'un salon littéraire. Gaffe à ça, aussi !
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