Les sources du Danube
Par Berlol, lundi 19 décembre 2005 à 23:55 :: General :: #106 :: rss
Grrrrr... ! Je suis furieux. Contre eux. Contre moi. Comment ai-je pu être
assez bête pour croire un instant que Bernard Stiegler serait là,
à Tokyo, pour cette seule demi-journée à la Maison franco-japonaise
? Comment ai-je pu être assez négligent pour ne pas m'enquérir
d'autres dates éventuelles, ici ou là ? Faut-il vraiment que
j'aie la tête ramollie par la fin de l'année ? Ou l'horizon
de pensée réduit à la modération des commentaires
du JLR ?
Nom d'un petit bonhomme ! Je me souviens bien qu'à une époque je remuais web et mail pour avoir toutes les dates, et qu'ensuite je courriélais ça à une douzaine de personnes en sus de la chronique du GRAAL. Les trois ou quatre personnes à qui j'aurais pu demander cela étaient bien là aujourd'hui, notamment Corinne, Gabriel et surtout Patrick De Vos, celui par qui j'ai connu François Bon il y a six ou sept ans. Depuis des mois, il m'envoie des messages qui lui reviennent, bad adress, que ça dit.
Enfin voilà, dès le début, quand je suis arrivé dans l'auditorium de la MFJ pour voir le film The Ister, vers 14h45, j'ai trouvé le maître d'œuvre du colloque, Hidetaka Ishida, qui m'a dit qu'il y avait eu séminaire avant-hier et journée publique hier à Todai. Alors que je n'ai même pas pu jouer au ping-pong ! Déconfiture et morsures de poings...
Le film était très intéressant. Franchement,
je n'ai pas vu passer les trois heures. Les interviews de Stiegler, Nancy
et Lacoue-Labarthe, entrelacées à la remontée du Danube
(Ister est son ancien nom) contemporain, passant par Vukovar de triste mémoire,
détour par Mauthausen,
fin sur la cabanne de Heidegger et les sources du Danube, l'officielle et
l'officieuse, sans oublier le substrat poétique de Hölderlin
que Heidegger lit à la toute fin.
C'était la première au Japon d'un film qui, si j'ai bien compris, a fait l'objet d'une soirée spéciale à Beaubourg en janvier dernier.
Après cela, connaissant ma petite nature fragile, postérieur et dos déjà bien moulus par des chaises tout de même pas au top de l'ergonomie, j'avais les pires craintes sur ma capacité à supporter stoïquement un débat de quatre-vingt-dix minutes...
Là aussi, bonne surprise car de la clarté avant toute
chose. De gauche à droite : Hidetaka Ishida, Osamu Nishitani, Bernard
Stiegler et Moriaki Watanabe. Avant comme après le débat et
bien que je fusse seul au premier rang, je n'ai pas cherché à
approcher les conférenciers. Il y avait trop de monde, plus de cinquante
présents, surtout des étudiants japonais. J'ai appris aussi
par Gabriel que la plupart des œuvres de Stiegler sont traduites ou en cours
de traduction. Cela signifie sans doute pour les années à venir
une vague de stieglerisme dans les mémoires de troisième cycle
nippons. Et quelques autres voyages pour un philosophe dont la pensée
le mérite largement.
Je ne voudrais pas m'avancer et je vais vérifier précautionneusement (en réécoutant mon enregistrement), mais je crois avoir enfin compris les grandes lignes, les contradictions et les limites de la philosophie heideggerienne. Pourquoi il est important, incontournable, malgré ce que l'on peut lui reprocher. Cette révélation est sans intérêt pour l'humanité, mais c'est un grand pas pour moi.
(Je recopierai plus tard quelques extraits parce qu'il est déjà tard.)
Nom d'un petit bonhomme ! Je me souviens bien qu'à une époque je remuais web et mail pour avoir toutes les dates, et qu'ensuite je courriélais ça à une douzaine de personnes en sus de la chronique du GRAAL. Les trois ou quatre personnes à qui j'aurais pu demander cela étaient bien là aujourd'hui, notamment Corinne, Gabriel et surtout Patrick De Vos, celui par qui j'ai connu François Bon il y a six ou sept ans. Depuis des mois, il m'envoie des messages qui lui reviennent, bad adress, que ça dit.
Enfin voilà, dès le début, quand je suis arrivé dans l'auditorium de la MFJ pour voir le film The Ister, vers 14h45, j'ai trouvé le maître d'œuvre du colloque, Hidetaka Ishida, qui m'a dit qu'il y avait eu séminaire avant-hier et journée publique hier à Todai. Alors que je n'ai même pas pu jouer au ping-pong ! Déconfiture et morsures de poings...
Le film était très intéressant. Franchement,
je n'ai pas vu passer les trois heures. Les interviews de Stiegler, Nancy
et Lacoue-Labarthe, entrelacées à la remontée du Danube
(Ister est son ancien nom) contemporain, passant par Vukovar de triste mémoire,
détour par Mauthausen,
fin sur la cabanne de Heidegger et les sources du Danube, l'officielle et
l'officieuse, sans oublier le substrat poétique de Hölderlin
que Heidegger lit à la toute fin.C'était la première au Japon d'un film qui, si j'ai bien compris, a fait l'objet d'une soirée spéciale à Beaubourg en janvier dernier.
Après cela, connaissant ma petite nature fragile, postérieur et dos déjà bien moulus par des chaises tout de même pas au top de l'ergonomie, j'avais les pires craintes sur ma capacité à supporter stoïquement un débat de quatre-vingt-dix minutes...
Là aussi, bonne surprise car de la clarté avant toute
chose. De gauche à droite : Hidetaka Ishida, Osamu Nishitani, Bernard
Stiegler et Moriaki Watanabe. Avant comme après le débat et
bien que je fusse seul au premier rang, je n'ai pas cherché à
approcher les conférenciers. Il y avait trop de monde, plus de cinquante
présents, surtout des étudiants japonais. J'ai appris aussi
par Gabriel que la plupart des œuvres de Stiegler sont traduites ou en cours
de traduction. Cela signifie sans doute pour les années à venir
une vague de stieglerisme dans les mémoires de troisième cycle
nippons. Et quelques autres voyages pour un philosophe dont la pensée
le mérite largement.Je ne voudrais pas m'avancer et je vais vérifier précautionneusement (en réécoutant mon enregistrement), mais je crois avoir enfin compris les grandes lignes, les contradictions et les limites de la philosophie heideggerienne. Pourquoi il est important, incontournable, malgré ce que l'on peut lui reprocher. Cette révélation est sans intérêt pour l'humanité, mais c'est un grand pas pour moi.
(Je recopierai plus tard quelques extraits parce qu'il est déjà tard.)
Commentaires
1. Le lundi 19 décembre 2005 à 08:10, par vinteix :
Au sujet des differentes presences et interventions de Stiegler au Japon, j'aurais pu te renseigner aussi depuis un petit moment... Malheureusement pour moi, suis retenu a Fukuoka...
2. Le lundi 19 décembre 2005 à 11:33, par Arte :
Tu t'es renseigné sur la blonde ?
3. Le lundi 19 décembre 2005 à 12:06, par k :
bah il a pas eu le temps, a été troublé aujourd'hui, mais il va penser à vous je pense...........
4. Le lundi 19 décembre 2005 à 13:46, par Arte :
... pour savoir si elle est japonaise !
5. Le lundi 19 décembre 2005 à 14:22, par Berlol :
T. me dit qu'elle doit être japonaise. En revanche, c'est une fausse blonde. Je t'envoie le billet d'avion à quelle adresse ? Merci, K, de le faire attendre pendant que je dors...
Pour Vinteix. Dommage en effet, nous aurions partagé les enregistrements de dimanche. Mais bon, tant pis.
6. Le lundi 19 décembre 2005 à 15:37, par k :
et pour moi un japonais, riche de préférence, souvent abscent me conviendrai, vous avez ça???
désolée de faire club de rencontre, mais........
7. Le lundi 19 décembre 2005 à 17:13, par Arnaud :
Oui, moi aussi je suis furieux contre moi-même de n'avoir pas su qu'il y avait un colloque de trois jours autour de Stiegler !! Quand Ishida a dit hier que c'était la 3eme journée, j'ai senti mon estomac se retourner ... ... En plus, à Komaba, c'était tout près...
Pour The Ister, en écoutant la discussion, j'ai regretté de n'y être pas allé. Je n'avais pas compris que Stiegler était dedans.
8. Le lundi 19 décembre 2005 à 17:17, par Arnaud :
Le problème vient vraiment de la page de la MFJ sur ce coup-ci. Alors qu'ils collaboraient avec Tôdai pour le colloque, ils n'ont mentionné que la 3e journée sur le site...
9. Le lundi 19 décembre 2005 à 18:22, par fg :
je signale à tout hasard cela sur Lol :
www.e-litterature.net/gen...
j'avoue ne pas l'avoir lu encore
donc ne peu en donner une idée, mais je me disais peut-être qu'il y avait matière
je ne sais que dire souvent ici, mais je lis
10. Le lundi 19 décembre 2005 à 18:54, par Berlol :
Arnaud, tu le croiras pas ! Quand j'ai dit à I.H. que je n'avais pas reçu d'information, il m'a répondu que cela avait été publié dans le Asashi ; je lui ai dit que je ne lisais pas ce journal ; il m'a répondu que tous les intellectuels japonais le lisent tous les jours...
11. Le lundi 19 décembre 2005 à 23:32, par vinteix :
Si je puis me permettre cette petite remarque en passant... Je ne connais pas personnellement I.H., mais j'en connais d'autres ("intellectuels japonais") dont un autre qui apparaît sur la photo ci-dessus... et je trouve qu'il y en a pas mal (de ces "intellectuels japonais", mais sûrement comme beaucoup de français aussi...) qui, quand ils ne sont pas '"mauvais" ou "nuls" (j'use de termes usuels et approximatifs pour le dire vite), sont franchement hautains ("tengu")... heureusement, pas tous, bien sûr...
12. Le mardi 20 décembre 2005 à 00:19, par Bikun :
Ben alors Berlol, on lit pas le Asahi? Si tous les intellectuels japonais le lisent et pas Berlol, est-ce que Berlol n'est pas un intellectuel?! Equation mathématique difficile à résoudre. Et les intellectuels français, eux, ils lisent quoi? Le Monde exclusivement?! Et les autres ils lisent sans doute Picsou magazine...
Le monde est mal fait quand même, tous dans des boîtes de catégorie appellées "intellectuels lisants Le Monde", "ménagères lisants Voici", "photographes lisants Chasseur d'Images", y aurait-il une ménagère intellectuel passionnée de photographie qui lirait Le Monde, Voici et Chasseurs d'image et dirait à tout le monde "Allez vous faire f*****"!
Non mais...
13. Le mardi 20 décembre 2005 à 00:41, par Berlol :
Bah..., c'est-à-dire que moi, je ne lis plus aucun journal... Un peu de radio, un peu de télé et beaucoup de pages web, et plus de sites indépendants et de blogs que de médias officiels... Alors la posture de l'intellectuel lisant Le Monde ou L'Asahi (Asahi ou Asashi ? je ne sais même pas !), c'est une chose qui m'est inconnue et vaguement hilarante, en fait.
14. Le mardi 20 décembre 2005 à 01:46, par Arnaud :
Berlol, en fait moi (comme toi sans doute), j'ai fait confiance au site de la MFJ... C'est que lorsqu'il y a "d'autres journées" qui se déroulent "ailleurs", c'est signalé d'habitude... Surtout si c'est à Tôdai, université avec laquelle ils ont tant de contacts.
Pour les œuvres de Stiegler, j'ai survolé le pamphlet réalisé par I.H. (très beau !). En fait, ce n'est pas une annonce de traduction à venir, mais un effort de présentation de l'œuvre au public et aux intellectuels japonais. Hier, il y avait du beau gratin de traducteurs (de Foucault, d'Agamben, etc.), mais avant qu'ils se mettent à Stiegler, ils ont encore du travail en cours. Aussi I.H. doit-il essayer de sensibiliser d'autres chercheurs francophones.
Ensuite, dans dix ans, on aura sans aucun doute un courant spécialisé au Japon, comme tu le notes.
15. Le mardi 20 décembre 2005 à 01:48, par Arnaud :
Au fait, as-tu enregistré aussi la partie en japonais ? Je peux revoir cela avec toi si tu veux. Ce que disais Nishitani était très intéressant.
16. Le mardi 20 décembre 2005 à 02:10, par Berlol :
Gabriel Mehrenberger a déjà traduit en japonais plusieurs Stiegler parus ou à paraître (il donne cours de philo à l'Institut sur Stiegler depuis plusieurs semestres, déjà). Et le groupe de Todai (je ne sais pas qui) serait en cours de traduction des volumes de La Technique et le temps... À vérifier.
Sinon, oui, j'ai tout enregistré, même le son du film...
17. Le mardi 20 décembre 2005 à 02:12, par Arte :
Bikun, la ménagère intellectuelle passionnée de photographie lit Paris-Match ...
(merci à T, qui confirme l'alerte de K. : fausse blonde japonaise, trop banal ...).
P.S. : dans la lettre d'Ars Industrialis du 30/11 : "16 et 17 décembre : "Politique des technologies de l'esprit" (Bernard Stiegler )- Université de Tokyo (nous contacter pour plus d'information) "
18. Le mardi 20 décembre 2005 à 02:23, par Arnaud :
Okay. Je n'étais pas au courant de tous ces détails. Donc, la traduction de Stiegler avance déjà très bien alors. Tant mieux.
Tu as même enregistré le son sur le film ? Ca doit faire très long tout ça. Dis-moi si tu veux qu'on traduise et transcrive le son sur Nishitani.
19. Le mardi 20 décembre 2005 à 02:39, par Berlol :
Je vais faire des découpages pendant les vacances... Je te tiens au courant. Pour Arte, voici une vraie Japonaise, c'est la journaliste scientifique de vendredi soir...
20. Le mardi 20 décembre 2005 à 03:35, par Bikun :
Arte, moi Paris-Match je ne le lis pas je le regarde...ceci étant dis, une photo parfois se lit...
21. Le mardi 20 décembre 2005 à 04:05, par Arte :
et tu as son N° de téléphone ???
22. Le mardi 20 décembre 2005 à 04:21, par k :
et les profs c'est télérama
"Tes parents ce sera peut-être
Des professeurs de lettres
Branchés sur France Inter
Et qui votent pour Les Verts
Chez tes parents dans ce cas-là
Y aura Télérama
Un album sur Colette
Et le chauffage à dix-sept"
VD
23. Le mardi 20 décembre 2005 à 04:23, par k :
OUAI pas mal,.......... mais une vraie japonaise qui c'est fait "débridée" les yeux non?
24. Le mardi 20 décembre 2005 à 04:26, par k :
et FG merci pour le plan lol moi aussi je vais lire ça se soir, bien que vous ne saviez trop quoi dire, je trouve ça pas mal
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