Que France Culture fasse une interview de Robbe-Grillet (dans Tout arrive du 13 décembre) alors que j'étais en train de commander ses derniers livres chez Amazon, rien de bien étonnant. Après tout, c'est que la radio fait bien son boulot. Ce qui n'enlève rien à ce que j'en disais dimanche (à la fin de ce Tout arrive, Voinchet recevait le nouveau directeur de la chaîne pour présenter les principaux changements de la grille de janvier)... Dans le même ordre d'idées, c'est ce soir que l'on pourra écouter l'émission  Surpris par la nuit intitulée Kaléïdosblog.
Qu'après Stiegler et ce que je disais hier d'Heidegger, le film de Rivette, Va savoir, que je commence 24 heures plus tard montre notamment un personnage qui a fini une thèse de doctorat sur la jalousie de Heidegger (une jalousie ontologique des Allemands de ne pas être des Grecs, si j'ai bien compris), voilà qui est un peu plus perturbant. Mais je n'ai pas encore fini de voir le film — comme il fait plus de deux heures, je finirai demain — que j'en parle déjà avec cet empressement certes criticable mais issu de ma crainte qu'une bribe de mémoire m'échappe ou qu'une idée géniale me traverse sans se fixer, à l'instar de ces sels minéraux que l'on avale en grande quantité et que le corps laisse négligemment filer pour la plupart.
Je suis également sensible au fait que plusieurs trames narratives récemment venues à ma connaissance incluent toutes ce qui reste d'un amour après plusieurs années de rupture, à commencer par Lol V. Stein dans sa version K, Va savoir avec ce qu'on peut ressentir et tenter trois ans après, enfin Alain Sevestre dont L'Affectation est terriblement polysémique, le narrateur ne jouant pas que dans l'aire professionnelle...

« À partir de cette époque, les événements s'envolèrent comme si j'avais ouvert ma collection de timbres en plein vent sur le pont d'un  paquebot. [...] Ces réflexions, faites sur mon lit retrouvé, je n'y aurais accès qu'aux grandes vacances, quand le chien et le père seraient partis, dans l'attente justement de mon affectation, et que tout, de nouveau, depuis longtemps serait fini avec Lili. Mais je n'en étais pas encore là.
C'est sur ce lit également que, en août, ne m'expliquant plus pourquoi je ne m'étais pas rendu au tout premier rendez-vous proposé par Julie, j'en viendrais à déplacer ma rencontre avec Lili avant la réception du mot, me fermant dès lors toute envie de faire connaissance avec quiconque puisque Lili et moi, j'y aurais songé, je n'aurais songé qu'à ça, eussions été en passe de redémarrer une histoire. Mais je n'en étais pas là non plus.»
(Alain Sevestre, L'Affectation, p. 225-226)

Les convergences, ou leurs versions épiphénoménalement romantiques appelées coïncidences, se nourrissent aussi de notre accès à des connaissances, des informations qui, recoupées et se recoupant, nous édifient par leurs rapports quasi géométriques.
Ainsi pour finir la journée, je viens de recevoir un amical courriel de Philippe De Jonckheere qui me propose une page où des célébrités sont en photo une raquette de ping-pong à la main. Très amusant. Plus encore à la minute suivante lorsque, mon fil RSS s'étant actualisé, je découvre qu'il est question de la même page dans le dernier billet posté chez AEIOU !
En effet, je viens de finir de paramétrer, après plusieurs jours d'essais et de comparaisons avec d'autres systèmes, un compte chez Bloglines, ce qui me permet d'accéder très rapidement et à partir de n'importe quel ordinateur connecté à tous les blogs que je consulte régulièrement — la concentration réticulaire étant ici la clé de nouvelles convergences. J'ai créé ce compte en mode privé, ce qui fait que personne d'autre que moi ne peut accéder à cette liste, contrairement à d'autres personnes qui laissent la leur en accès libre (de vrais exhibitionnistes, ceux-là  ! — on comprendra plus tard ce qu'une telle liste révèle de son compilateur).
J'en rajoute à mon tour une couche avec cette photo, JCB ayant récemment évoqué Frank Zappa alors qu'un ami de T. vient de nous prêter un dévédé de Zappa que je vais me regarder pendant les fêtes de fin d'année...