Dix centimètres partout
Par Berlol, jeudi 22 décembre 2005 à 23:53 :: General :: #109 :: rss
Il neige...Le soir.
Il a neigé comme ça par rafales et éclaircies à partir de 11 heures puis continûment en fin d'après-midi et jusqu'à maintenant. Les étudiants étaient beaucoup moins nombreux que d'habitude dans le campus. Des collègues des montagnes ont eu du mal à venir ; ils en auront encore plus à rentrer ce soir.
Au cours de lecture & prononciation, on a fait des charades. Ça leur a plu. Ça plaît toujours, les charades, une fois compris le principe, qui n'est pas toujours facile à faire comprendre.
Mon premier est une lettre grecque qui vaut 3,14159 ; mon second est la première lettre de l'alphabet ; mon troisième est comment les Anglais disent non, et Chopin excellait à mon tout.
Il y a maintenant dix centimètres partout. Plus un bruit.La lumière et le silence sont les deux choses les plus étonnantes, avec la neige nocturne.
Que fait la neige
de tous ces bruits
qu'elle emprisonne ?
Tout à l'heure, avant une séance de photos, avec des temps d'exposition de 4 et 8 secondes, j'en ai pris deux fois sur la bordure du balcon, ai tassé un peu pour faire boule, deux fois de suite. Boules que j'ai lancées juste devant sur le toit des garages à vélo, sans objectif précis. Sans écho. Puis je me suis frotté les mains. Mais pas trace d'humidité.
Jeune neigeparfaits cristaux
qui ne lachent pas leur eau
J'ai un problème. Je suis complètement captivé par les extraits de Tuxedomoon découverts hier. J'ai essayé d'écouter d'autres choses, la radio, les lamentos de Kouki chez Jamendo pendant vingt minutes. Et puis aussi Populous, chez Morrmusic, grâce à Bartlebooth (accès par le menu Releases), qui m'a retenu nettement plus longtemps — quelque chose qui devrait aussi intéresser Manu, je pense. Mais je suis vite revenu à Misty Blue.
Docteur, que faire ?
« Ceux qui étaient invités n'étaient pas là. C'était une fête. Tous les éléments, musique, alcool, nuit, monde, répondaient à l'appel mais, hors le hall à filets, sous l'échafaudage de la mezzanine, dans les petites pièces, plus personne ne dansait et on passait son temps à se présenter. Plusieurs tours dans le lieu confirmèrent mes soupçons : étaient présents les conjoints, les potes, les collègues de ceux qui étaient attendus, des relations, des frères et sœurs, des gens croisés, des amants, des connaissances, des délégués, le veuf, l'héritier, un ayant droit, un garde-malade ou un adjoint. Peu sinon personne (moi) ne s'étaient déplacés en chair et en os. La plupart ne s'étaient jamais vus, ou de loin, ou par ouï-dire, quêtaient matière à sympathie, discutaient des absents, de ceux qu'ils remplaçaient, de la qualité, de l'étroitesse de leurs liens, reconstituaient les ramifications du baobab d'amis qu'ils formaient à eux tous et dont ils représentaient les greffes prometteuses, s'échangeaient déjà des bouts de papier noircis de leurs numéros bureau et maison, des cartes de visite dans le meilleur des cas.» (Alain Sevestre, L'Affectation, p. 246-247)
On voit que c'est Noël. A. S. se paie le luxe d'une sortie de diégèse, et pas du tout incontrôlée puisqu'à la page 239, il écrit que « Zwiertchlewski me l'avait tout bonnement dit page 156 », et qu'à la page indiquée, on apprend en effet ce que Zwiertchlewski lui avait dit...
Commentaires
1. Le mercredi 21 décembre 2005 à 18:27, par Manu :
Tu viens juste de poster là, non ?
Serais-je le premier à voir la photo ?
2. Le mercredi 21 décembre 2005 à 18:55, par Berlol :
Bien possible. C'était à 11h13. Et tu es tagué à 18h27, soit 11h27 heure de Tokyo... Il neige pas, là-bas ?
3. Le mercredi 21 décembre 2005 à 21:40, par k :
bonjour,
neige pas ici..........
4. Le mercredi 21 décembre 2005 à 22:28, par Bikun :
Toujours pas de neige non plus à Douchambé...J'attend avec impatience sauf que je me doute bien qu'ici, elle va rapidement se transformer en boue dans les rues...et ca sera pas joli. Mais le pire sera au printemps, à la fonte des neiges...on va passer de mauvais moments avec de l'eau couleur café. "Couleurrrrrr, caféééééé, que j'aime ta couleurrrr café!".
A Paris: "garçon, un express". A douchambé: "Deviouchka, adna kafe"!
5. Le jeudi 22 décembre 2005 à 03:10, par k :
MD : « évidemment je peux montrer lol V.STEIN au cinéma, mais je ne peux la montrer que cachée, quand elle est comme un chien mort sur la plage, recouverte de sable, vous voyez………détruite déjà filmée, pas sortie du livre………..mais déjà abimée par les commentaires, les lectures………..quand elle remonte vers le bal de stala, vers sa naissance, elle est déjà esquintée comme une putain ; je la vois plein de fards, de bijoux, croulants comma ça, sous les fards et les bijoux »
« on célébre sa folie. Elle est vieille, elle sort de casino sur une chaise à porteur, elle est devenue chinoise. La chaise est portée par des hommes, sur les épaules, comme un cercueil. Lol V Stein est très fardée, peinturlurée….elle a les cheveux teints, elle est fardée comme ne putain, elles est détruite, comme on dirait, née. »
« la elle va mourir. Elle a fini de me hanter, elle me laisse tranquille, je la tue, je la tue pour qu ‘elle cesse de se mettre sur mon chemin, couchée, dans mes maisons, mes livres »
transcription d’un script inédit, dépourvu de titre général
remarque 1
il est inutile de tourner le roman intitulé le ravissement de lol v stein. Aucun film n’en rendra compte (autant que l’écriture ne l’a fait)
ce que l’on tourne c’est une interprétation filmique d’un épisode du livre : celui du bal : ce qui a tout déclenché. Ce bal, à la lettre, appelle l’interprétation. Il est, dans le livre, décrit en 10 pages et de façon littérale.
C’est à partir de cet épisode qu’il semble possible de rendre compte du livre tout entier : ce qui s’est passé ce soir-là mais à l’intérieur de Lola valérie stein.
6. Le jeudi 22 décembre 2005 à 04:30, par k :
Mr berlol, mais activité prof sont bien compromise,
j'ai fait plein de job jusqu'ici: vendeuse pendant mes étude, j'ai bossé dans une maison familiale, puis oui dans le montage, et puis le monage film est passé au virtuel, j'avis déjà mis longtemps à pouvoir rentrer dans le milieu comme on dit, les monteurs avec qui je bossais travaillé sur les vieilles tables que l'on réparais avec trois fois rien, des sekoche et des crayons et des gants blanc, je me suis retrouvé ube période sans film et à cette époque lorsque l'on travaillé plus de 517 h on avait une carence de 6 mois pour toucher le chomage, alors en attendant j'ai bossé dans la psot prod, une petite boite de montage et tournage vidéo, et puis j'ai étais secrétaire commerçiale (quel horreur bouuuuu) puis je me suis arrété un an pour "fabriquer" léa en toute sécurité après 3 ans d'attente faut faire attention, puis une fois sa venue...........merde faut que j(aille travailler il est 13h30!!!!!!
7. Le jeudi 22 décembre 2005 à 09:41, par vinteix :
AH TUXEDOMOON !!!! Pour moi aussi, une partie de ma jeunesse... En plus, dans cette ambiance de neige !
8. Le jeudi 22 décembre 2005 à 11:27, par k :
avant la suite un petit extrait du ravisement;
« L’approche de Lol n’existe pas. On ne peut pas se rapprocher ou s’éloigner d’elle. Il faut attendre qu’elle vienne vous chercher qu’elle veuille. Elle le veut, je le comprends clairement, être rencontrée par moi et vue par moi dans un certain espace qu’elle aménage en ce moment. Lequel ? Ets-il peuplé des fantômes de T.Beach, de la seule survivante, piège de faux-semblants, de vingt femmes au noms de Lol ? est-il autrement ? Tout à l’heure aura lieu ma présentation à Lol, par Lol. Comment m’amènera-t-elle près d’elle ? »
« quand elle parle, quand elle bouge, regarde ou se distrait, j’ai le sentiment d’avoir sous les yeux une façon personnelle et capitale de mentir, un champ immense mais aux limites d’acier, du mensonge. Pour nous, cette femme ment sur t. beach, sur s.thala, sur cette soirée, pour moi, pour nous, elle mentira tout à l’heure sur notre rencontre, je le prévois, elle ment sur elle aussi, pour nous, elle ment parce que le divorce dans lequel nous sommes elle et nous, c’est elle seule qui l’a prononcé- mais en silence- dans un rêve si fort qu’il lui a échappé et qu »elle ignore l’avoir eu.
Je désire comme un assoiffé boire le lait brumeux et insipide de la parole qui sort de lol v. stein, faire parti de la chose mentie par elle. Qu’elle m’emporte, qu’il en aille enfin différemment de l’aventure désormais, qu’elle me broie avec le reste, je serai servile, que l’espoir soit d’être broyé avec le reste, d’être servile. »
« a travers la transparence de son être incendié, de sa nature détruite, elle m’accueille d’un sourire. Son choix est exempt de toute préférence. Je sui l’homme de s.thala qu’elle a décidé de suivre. Nous voici chevillés ensemble. Notre dépeuplement grandit. Nous nous répétons nos noms. Je me rapproche de ce corps. Je veux le toucher. De mes mains d’abord et ensuite de mes lèvres. Je suis devenu maladroit. Au moment où mes mains se posent sur Lol le souvenir d’un mort inconnu me revient : il va servir l’éternel richarson, l’homme de t.beach, on se mélangera à lui, pêle-mêle tout ça ne va faire qu’un on ne va plus reconnaître qui de qui, ni avant ni après, ni pendant, on va se perdre de vue, de nom, on va mourir ainsi d’avoir oublié morceau par morceau, temps par temps, nom par nom, la mort. »
9. Le jeudi 22 décembre 2005 à 12:10, par k :
alor je continue, après j'ai bossé dans un college et puis j'ai divorcée, je serai bien retourné sur paris, reprendre le montage, mais avec L, je ne me voyais pas la voir 1 heure le matin et rentrée qu'elle soit couchée, passé à côté d'elle toute petite comme cela, je sais que plus tard c'est quelque chose que je ne pourrais pas vivre, comme dit M j'ai la nostagie du futur surement.
Alors je suis revenue dans ma ville natale, je savais que je trouverai un job, pas bien payé, mais ou j'aurais du temps pour L.
et voila ça fait trois ans que je bosse dans le transport,citerne contenaire, levage il a fallu que je découvre, à oui et entre temps j'ai travaillé au chu, au standard des patients, un truc pas facile non plus.
La ou je suis le patron va avoir 98 ans en janvier il a commencait avec 1 camion qu'il a racheté au américain après guerre, il en a maintenant 800, une10 d'agences en france et un parc immobilier pour loger les chauffeurs à côté du taf.
Depuis que je suis là il etait la de 9h à 19h le soir, tous les jours, aucun jours de vacances. Cet été il s'est fait opéré de la postate, trois jours après il était la.
Mais depuis 3 semaines, il ne vient plus, il va mal.
Hier ils sont tous venu, les enfants, les ptits enfants faire le tour du propio, des abeilles découvrant le pot à miel...........
Ils espérent surement qu'il ne passera pas l'année, beau cadeau de noël papy, et lui pour le peu de temps qu'il lui reste il va être avec tous ses fantomes, tous ses gens qu'il a arnaqué, truandé, viré pour un oui pour un non, et voir que s'il sont tous la s'est juste pour l'héritage, voila à quoi se résume 68 années passé dans son job, sa vie,.....ses enfants ne peuvent pas se voir, c'est à celui qui en aura le plus, une horreur.
ça me fait vomir, oui, je ne supporte pas le monde,.............
voila pourquoi je veux être là pour L, car même s'il elle aura toujours quelque chose à me reprocher, le manque d'amour je ne pense pas, elle trouvera peut être que j'étais trop présente, mais personne n'est parfait.........
10. Le jeudi 22 décembre 2005 à 12:42, par P Verlaine :
800 camions... Un DHL va passer par là ...
Pour la prononciation, j'insiste sur la méthode de : Maossiun Vœu–laine !!!
11. Le jeudi 22 décembre 2005 à 12:43, par arte :
arte ^
12. Le jeudi 22 décembre 2005 à 13:27, par k :
mais non pas dhl, c'est du transport de matière dangereuse, de gaz,de bitume, de fuel lourd, he, c'est dangereux ou je bosse, un dégazage de citerne, une fausse manipe et hop,bouuuuuuuuuuummmmm plus de k, plus de mR L
pu rien, bon avec un peu de chance je peux me retrouver en haut d'un reverbert en slip, ca serai rigolot non!!!
13. Le vendredi 23 décembre 2005 à 02:02, par alain :
Belles photos.
J'attends que le haïku vienne, mais non.
La neige.
14. Le vendredi 23 décembre 2005 à 05:23, par arte :
Femme accroupie
Urine et fait fondre
La neige
Musique de neige
Grillon d'hiver
Sous mes pas
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15. Le vendredi 23 décembre 2005 à 05:43, par Berlol :
L'attente du haiku vaut parfois mieux
que le haiku...
16. Le vendredi 23 décembre 2005 à 07:42, par arte :
rire
17. Le vendredi 23 décembre 2005 à 10:11, par alain :
superbes, Arte, les haïkus ou haïkaï.
Oui, c'est ça.
Barthes, qui s'en servit dans son cours sur comment en venir au roman (je ne connais plus l'intitulé de son cours au Collège de France), disait qu'avec le haïku une sorte de plénitude était atteinte et qu'on se passait de commentaires en l'écoutant ou en le lisant (!), et qu'on atteignait le woweï (j'espère que je ne mélange pas les mots, c'est loin), et qu'on ne pouvait dire que c'est ça, voilà, c'est ça.
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