Un ou deux moulinets pour se dire que ça va passer
Par Berlol, dimanche 25 décembre 2005 à 23:54 :: General :: #113 :: rss
Deux jours que je ne faisais pas attention à cette douleur du côté
de l'omoplate. Juste un ou deux moulinets pour se dire que ça va passer.
Et ce matin, au réveil, le torticolis bloquant. Celui qu'on ne sait pas comment se mettre, et ne surtout pas essayer de tourner la tête à droite ! D'ailleurs elle penche automatiquement sur la gauche, c'est pitoyable. Et T. qui n'est pas très en forme non plus, après des semaines d'accumulation de contrariétés. Nous voilà bien, tous les deux, pour Noël ! Au moins, on est tranquille. Pas de radio non plus, tout est plein de messes et de vœux pieux. Juste une petite ballade à Kagurazaka dans l'après-midi. Le mouvement me fait du bien, même dans le froid. Et puis le soir, ça va nettement mieux. Je fais une bohémienne des Carnets de cuisine de Léonce (Éd. Cousu Main). C'est de la ratatouille sans courgettes ni poivrons. C'est simple et ça marche très bien ! Il faudra le lui dire, Caroline ! Avec du jambon à l'os, c'est parfait. J'en ai marre des vins rouges et on ne voit pas pourquoi on irait sortir un champagne, le monde ne va pas si bien. Alors un sauternes, oui, une merveille, un Rayne Vigneau 2000, 1er cru classé, un verre midi et soir, c'est beau comme l'aurore.
J'ai commencé le Labyrinthe (merci de ton message, Christine, j'enverrai un rapport de liens cassés à l'occasion) mais ne puis rester trop longtemps devant l'ordinateur... Presque fini la mise à jour de l'index du JLR (les deux tiers, en fait). Téléphoné à mes parents pour leur dire que tout va bien, fors le cou.
« J'ai pris la mesure de mon travail et raccroché les persiennes en l'état mi-grattées mi-pas grattées. Allez, zou ! Je ne les avais pas numérotées et elles ne rentraient plus dans les gonds que je leur proposai. Mes zou s'altérèrent en ho hisse ! puis en putain de merde.
[...]
De retour du marché, un midi, elles me trouvèrent accroupi dans le jardin. Je réfléchissais à une espèce d'aspirateur pour feuilles mortes qu'emploient les jardiniers des parcs urbains mais il s'agissait peut-être d'un souffleur, ramassais des copeaux, mais je n'ai pas tout ramassé. Il doit en rester. Je disparus fin juillet.
Plus rien pendant un mois.
Un blanc.» (Alain Sevestre, L'Affectation, p. 295 et 298)
La fin du roman est encore une belle surprise que je laisse aux futurs lecteurs, comme si le personnage et le style s'effritaient de concert, après on ne sait combien de jours passés au lit avec une conquête de hasard.
Et six ou sept ans plus tard, je m'en rends compte en lisant au bain, reviennent le thème du blanc et la mise en question de l'assiduité au travail, par la dilution de l'identité...
« T'as arrêté pion, t'es con, dit Chérif.
— J'ai pas arrêté, dit Lucas, je suis malade. Faut que j'aille voir un médecin pour un arrêt. Je reviens deux jours fin juin et vacances.
— Malade ? Encore ? Toute l'année, t'as été malade. T'as quoi ?
— J'ai des blancs.» (Alain Sevestre, Revolver, Gallimard, 2003, p. 27)
Et ce matin, au réveil, le torticolis bloquant. Celui qu'on ne sait pas comment se mettre, et ne surtout pas essayer de tourner la tête à droite ! D'ailleurs elle penche automatiquement sur la gauche, c'est pitoyable. Et T. qui n'est pas très en forme non plus, après des semaines d'accumulation de contrariétés. Nous voilà bien, tous les deux, pour Noël ! Au moins, on est tranquille. Pas de radio non plus, tout est plein de messes et de vœux pieux. Juste une petite ballade à Kagurazaka dans l'après-midi. Le mouvement me fait du bien, même dans le froid. Et puis le soir, ça va nettement mieux. Je fais une bohémienne des Carnets de cuisine de Léonce (Éd. Cousu Main). C'est de la ratatouille sans courgettes ni poivrons. C'est simple et ça marche très bien ! Il faudra le lui dire, Caroline ! Avec du jambon à l'os, c'est parfait. J'en ai marre des vins rouges et on ne voit pas pourquoi on irait sortir un champagne, le monde ne va pas si bien. Alors un sauternes, oui, une merveille, un Rayne Vigneau 2000, 1er cru classé, un verre midi et soir, c'est beau comme l'aurore.
J'ai commencé le Labyrinthe (merci de ton message, Christine, j'enverrai un rapport de liens cassés à l'occasion) mais ne puis rester trop longtemps devant l'ordinateur... Presque fini la mise à jour de l'index du JLR (les deux tiers, en fait). Téléphoné à mes parents pour leur dire que tout va bien, fors le cou.
« J'ai pris la mesure de mon travail et raccroché les persiennes en l'état mi-grattées mi-pas grattées. Allez, zou ! Je ne les avais pas numérotées et elles ne rentraient plus dans les gonds que je leur proposai. Mes zou s'altérèrent en ho hisse ! puis en putain de merde.
[...]
De retour du marché, un midi, elles me trouvèrent accroupi dans le jardin. Je réfléchissais à une espèce d'aspirateur pour feuilles mortes qu'emploient les jardiniers des parcs urbains mais il s'agissait peut-être d'un souffleur, ramassais des copeaux, mais je n'ai pas tout ramassé. Il doit en rester. Je disparus fin juillet.
Plus rien pendant un mois.
Un blanc.» (Alain Sevestre, L'Affectation, p. 295 et 298)
La fin du roman est encore une belle surprise que je laisse aux futurs lecteurs, comme si le personnage et le style s'effritaient de concert, après on ne sait combien de jours passés au lit avec une conquête de hasard.
Et six ou sept ans plus tard, je m'en rends compte en lisant au bain, reviennent le thème du blanc et la mise en question de l'assiduité au travail, par la dilution de l'identité...
« T'as arrêté pion, t'es con, dit Chérif.
— J'ai pas arrêté, dit Lucas, je suis malade. Faut que j'aille voir un médecin pour un arrêt. Je reviens deux jours fin juin et vacances.
— Malade ? Encore ? Toute l'année, t'as été malade. T'as quoi ?
— J'ai des blancs.» (Alain Sevestre, Revolver, Gallimard, 2003, p. 27)
Commentaires
1. Le dimanche 25 décembre 2005 à 07:19, par cécile :
du beau comme l'aurore aussi, mais rouge (pas marre du tout, moi), bon beau comme le couchant. une écharpe large comme l'autoroute en cadeau, quelques moulinets, zou, je te la prêterais bien.
2. Le dimanche 25 décembre 2005 à 10:52, par k :
c'est dingue, toujours faut que j'y crois moi au père noel, pourtant je sais bien que ça marche pas comme ça, et même pas de sauterne pour oublier cette horreur, elle a raison fontaine, le vérole sur ma gueule............
et L qui y croit encore, faut vraiment qu je lui dise heim......... après sinon elle sera comme moi.......impossible de vivre alors.................
3. Le dimanche 25 décembre 2005 à 13:35, par Christian :
Torticolis, quel joli nom!
Il faut te faire faire un massage en profondeur du muscle sterno-cléido-mastoïdien!
4. Le dimanche 25 décembre 2005 à 13:52, par k :
j'ouvre le livre, le seul quez je vais lire, mon k'do de noel je vous offre
Savannah bay
"Tu ne sais plus qui tu es, qui tu as été, tu sais que tu as joué, tu ne sais plus ce que tu as joué, ce que tu joues, tu joues, tu sais que tu dois jouer, tu ne sais plus quoi, tu joues. Ni quels sont tes rôles, ni quels sont tes enfants vivants ou morts. Ni quels sont les lieux, les scénes, les capitales, les continents où tu as crié la passion des amants. Sauf que la salle a payé et qu'on lui doit le spectacle.
Tu es comédienne de théâtre, la splendeur de l'âge du monde, son accomplissement, l'immensité de sa dernière délivrance.
Tu as tout oublié sauf savannah, savannah bay.
Savannah bay c'est toi.
m.d"
5. Le dimanche 25 décembre 2005 à 14:16, par k :
voila je savais, comme cette état qu'elle dit lorsqu'elle a écrit le ravissement, que c'était dur, qu'elle a crié qu'il y avait cette douleur.
je sais ça de moi quand je la lis, je sens cette douleur.
Là je m'arrete, je peux plus.
Au dessus , au dessus de mes forces une telle évidence pour moi savannah bay, l'ai lu une fois j'y deux ans.
Ce soir, toujours, toujours cette évidence, cette femme vieille , elle duras, cette femme jeune qui vient mettre sa tête sur ses genoux : duras jeune : la naissance de l'enfant dans l'amant (pour moi)
:
"Seule madeleine est dans la lumière théâtrale. Elle est de biais face au pubic. Elle se tait.
Toujours ce bruit de voix de derrière les rideaux du théâtre.
Ce sont des voix jeunes, naturelles, celle d'une femme jeune et d'un homme jeune et possiblement aussi celle d'un enfant. Les voix pourraient rire à un mot (inaudible) de l'enfant, une fois.
........
Il se passe ainsi un long moment pendant lequel madeleine est livrée au public afin qu'il la voie dans sa solitude, son égarement d'enfant, l'accomplissement de sa majesté.
...
Madeleine est dressée dans l'effort de la mémoire, à la fois affolée et tranquille, au délà de toute atteinte d'une quelconque douleur, au centre indolore de la douleur.
C'est alors que de la droite de la scène entre le deuxième personnage de la pièce, une jeune femme. Elle sera la jeune femme. elle ne portera pas de nom.
La jeune femme vient près de madeleine. Elle s'assied par terre, à ses pieds.
Elles ne se regardent pas. La jeune femme sourit. Madeleine éprouve de la douleur"
cette femme et cet homme, cet enfant : elle l'amant ce qu'elle aurait aimer vivre, la douleur de madeleine, elle vieille, ne voulant affronté cela, qui ne peut lui être délivrée que par elle jeune, lui dire n'oublie pas se que tu voulais plus que tout, souviens toi : douleur
6. Le dimanche 25 décembre 2005 à 14:25, par k :
"Madeleine : (ferme les yeux dans l'amour) -mon enfant......mon enfant.........ma beauté......ça ne voulais plus manger.....ça ne voulait plus vivre.......c'était sage........ça ne voulait rien....rien
Jeune femme : (chante comme en réponse deux ou trois phrases de la chanson) :
c'est fou c'que j'peux t'aimer
c'que j'peux t'aimer des fois
des fois j'voudrais crier
Arrêt de la jeune femme. elle regarde madeleine
Madeleine : Je ne mourrai pas. (temps). Tu le sais?
Jeune femme (mouvement de la tête, elle sait) : oui
madeleine : Si moi je mourrais, tout le monde mourrai, alors..ça n'existe pas...
Jeune femme : c'est vrai.
madeleine : Ce ne serait pas possible que tout le monde...tout le monde...
silence. Et pus égarement.
Jeune femme : non ce ne serait pas possible.
madeleine : non."
.............
7. Le dimanche 25 décembre 2005 à 14:47, par k :
et ça est j'arrête, je vais me laisser ravire :
" La jeune femme s'allonge aux pieds de madeleine, elle ferme le yeux. Il s'agit d'un rituel coutumier à elles deux qui a trait à un événement essentiel de leur vie pasée. Cet événement, madeleine l'aurait connu. La jeune femme, non. Il est probable que la naissance de le jeune femme coïncide de façon tragisue avec cet événement, mais nous ne pouvons pas l'affirmer. Ici rien n'est su^r, tout repose sur le délabrement de la mémoire de madeleine, sur ce lieu inabordable, nsondable, d'un passé commun à la jeune femme et à madeleine. L'une est trop jeune pour se souvenir, l'autre trpo agée pour départager ce passé de sa représentation. La jeune femme se fie au vertige de madeleine. C'est sur la mémoire défaillante de madeleine qu'elle batit celle de son enfance, celle de sa naissance"
voila, une futée duras, comme lol, tatiana à un moment dit ( je n'ai pas le texte là) à peu près ceci: Une vicieuse, elle devait toujours pensait à la même chose, toujours à ce bal...........
la toujours, pour moi la naissance de l'enfant de l'amant de la chne du nord :
"Devant nousquelqu'un marche. Ce n'est pas clle qui parle.
C'est une très jeune fille, ou une enfant peut-être.
ça a l'air de ça. Sa démarche est souple. Elle st pieds nus. Mince. Peut -être maigre. Les jambes....oui....cest ça une enfant."
8. Le lundi 26 décembre 2005 à 06:13, par Berlol :
Rien que le nom du muscle, j'en ai des maux de tête ! Mais ça va nettement mieux, aujourd'hui, merci.
Et merci, K, pour ces bouts de Duras, ça servira aussi aux étudiants qui préparent l'agrégation de lettres... Pour ce qui est du Père Noël, je pense qu'il faut poétiquement y croire. Mais ne pas croire à son clone commercial, celui qui pousse à vider les porte-monnaie et à se retrouver en surendettement (paraît que ça augmente à nouveau en France).
9. Le lundi 26 décembre 2005 à 06:42, par KK :
Bonsoir,
Tous ces commentaires de K., c'est comme un blog dans le blog. Enfin, moi je les saute... les commentaires de K. Désolé, K.
Duras? Cuire!
10. Le lundi 26 décembre 2005 à 06:47, par Christian :
Tiens, maintenant, y a deux K ! Marrant! Et bientôt trois? Moins drôle, initiales de sinistre mémoire. Et dire que ça existe toujours...
Déjà que je ne lisais pas les commentaires de K. Lirai-je ceux de KK? J'en doute!
11. Le lundi 26 décembre 2005 à 07:07, par Christian :
Re-bonsoir,
Je reviens car j'ai découvert ce blog présentant un podcast avec Sarkozy qui parle du web, des blogs. Et je dois dire, j'ai été scié!
Allez, regardez et écoutez... sans a priori.
www.loiclemeur.com/france...
(cliquable sur mon nom)
Dis donc, Berlol, on les fait quand nos podcasts?
12. Le lundi 26 décembre 2005 à 07:07, par Berlol :
On le sait déjà, tout ça. Chacun lit ce qu'il veut. Il y en a à qui K plaît ! Je ne suis pas sûr que ce soit le cas de KK, vu le lien proposé, ça ne vole pas haut...
13. Le lundi 26 décembre 2005 à 07:41, par Christian :
Ce lien?
Le dessin animé est amusant.
www.koreus.com/files/2004...
14. Le lundi 26 décembre 2005 à 07:51, par Berlol :
J'ai écouté/vu Sarko/Le Meur dix minutes, ça suffit. Ça pue le populisme et la promo mutuelle. Si c'est ça, le web de demain, avec tout le monde qui regarde des merdes comme ça sur son i-pod, moi, je me flingue tout de suite !
15. Le lundi 26 décembre 2005 à 08:14, par arte :
Le dessin animé est à CHIER !
16. Le lundi 26 décembre 2005 à 08:17, par arte :
L'interview est à CHIER également.
17. Le lundi 26 décembre 2005 à 08:23, par Christian :
Arte, j'aurais pas osé! Là, je suis plié de rire!
Berlol, Sarkozy, il dit beaucoup de choses très bien. Je l'ai écouté jusqu'à la fin. Je souligne ce point parce que j'en ai marre qu'on critique les gens SANS les écouter.
Je vois pas de populisme.
Désolé. Il me paraît sincère et a bien compris le phénomème des blogs. Sans doute que peu d'hommes politiques peuvent en dire autant.
18. Le lundi 26 décembre 2005 à 17:06, par Berlol :
Tu m'étonnes beaucoup, Christian. Je te connaissais plus perspicace. Ce n'est pas parce qu'on dit des "choses très bien" qu'on est quelqu'un de bien ! C'est précisément ça, le populisme. De faire croire qu'on dit des choses bien alors qu'on en fait de beaucoup moins bien. Or l'action gouvernementale de NS est catastrophique et liberticide. Sur son front, il y a marqué, "Je vais vous séduire", et ça marche... Et l'autre surfeur entrepreneur fait un parfait acolyte, avec leur ton faussement amical, à se tutoyer (première preuve de populisme). Autre preuve, plus grave : nier l'existence de la fracture numérique. Quand LLM lui en parle, NS nie ou refuse l'existence de cette fracture. Cette pure vue de l'esprit montre bien la désinvolture et le pragmatisme du bonhomme, un peu magicien sur les bords : il suffit de dire qu'il n'y en a pas ou qu'on ne peut pas l'accepter et hop ! elle est disparue, réduite, la fracture !
Le web a dix ans, en France, et les blogs au moins trois ; n'importe quel homme politique a eu suffisamment de temps pour savoir ce que c'est et savoir ce qu'il peut en faire, pour améliorer les relations avec les citoyens (beaucoup de mairies ont œuvré dans ce sens), communiquer avec le quidam (Juppé, DSK, etc.), voir la révolution qui s'amorce (même Christine Boutin est branchée). Ou pour se faire un lifting médiatique en surfant directement sur la vague podcastique.
Ceci dit, Christian, tu voteras en ton âme et conscience.
19. Le lundi 26 décembre 2005 à 19:03, par Christian :
Cher Berlol,
Merci de ces explications. Je manque peut-être en effet de perspicacité... Ou je suis trop naïf?
En tout cas ton analyse est très pédagogique et je t'en remercie encore. Faut que je cogite un peu plus sur tout ça.
20. Le lundi 26 décembre 2005 à 19:10, par Berlol :
Ou t'as trop fait la fête ! Merci en tout cas d'en avoir parlé, c'est important. Je vois ce matin qu'il en est question dans pas mal de blogs spécialisés — mais beaucoup plus comme événement médiatique que pour son contenu...
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