Si vous n'avez pas que de la bonté en vous, passez un peu par ici, on s'y est mis à plusieurs pour dire du mal de Michel Tournier. Et ça fait du bien. Et puis on ne sait jamais, il y aura peut-être quelqu'un pour le défendre. Merci, François, c'est un joyeux Noël !
(On dit dans cet article du Devoir qu'il serait ami avec Julien Gracq...)

T. a de la mémoire. Elle m'a offert un coffret 2 dévédés de La Vie aquatique (de Wes Anderson, avec Bill Murray en bonnet rouge), film dont les recoins imaginaires me semblaient mériter exploration. Avec ça, j'ai le choix entre améliorer mon anglais ou mon japonais (ou les deux).

Pour un petit colis, ma sœur comprendra :
  • Thé Kusmi, mélange Troika (250 g.) @ 1 ou 2 boîte(s) selon la place
  • Thé Kusmi, mélange Prince Wladimir (250 g.) @ 1 ou 2 boîte(s) selon la place
  • petites boîtes de pâté, par exemple Rougié (boîtes métal)
  • Calissons d'Aix (quantité selon la place)
  • crème Neutrogena, « pieds très secs et abîmés », tube 100 ml @ 2 tubes
  • film Les Poupées russes, édition collector 2 DVD
  • livre La Diététique du sportif de Damien Galtier (Éditions EM, 2004)
  • plein de photos de Charlie
Je pense avoir trouvé un bon magasin de vélos, à la fois grand public et pro (et ici, pro, ça veut vraiment dire pro — c'est comme les magasins de ping-pong où l'on ne vend que des pièces détachées de raquettes à encoller soi-même ou au magasin...). C'est à Shinjuku, près d'Isetan Kaikan et d'un cinéma, dans un immeuble où je venais autrefois chercher des papiers spéciaux, à la fois japonais et pour imprimante — c'était à l'époque où j'envoyais encore du courrier par la poste... Le magasin s'appelle Joker.
Comme la co-propriété de chez nous ne semble pas décidée à nous accorder le droit de garer nos vélos devant l'immeuble, nous nous dirigeons vers des pliants, ou pliables un peu spéciaux... Mais ce n'est pas encore fait.

T. et moi nous rejoignons à son centre de sport, à Shibuya, pour quelques heures de pur rock and roll, elle essayant de remettre sa machine en route après une fin de saison un peu lourde, moi poussant prudemment les fontes pour voir ce qu'en dit le torticolis — ou ce qu'il en reste.
Au mist sauna, seul comme d'habitude, je tripote carrément la boîte de cèdre, je m'en mets plein les mains et je m'évade en les sentant, comme en prière. Il y a des forêts, des collines, des ombrages, des nuages, la vie dans les cèdres, des semaines de vacances sans connexion internet...

Sans connexion, quelle horreur. Ça me réveille. Je file au bain chaud.
« Un jour viendra-t-il où nous passerons plus de temps dans les mondes virtuels que dans les nôtres ? Y aura-t-il un jour où de telles questions ne paraîtront plus alarmistes, mais seulement obsolètes ? » (Hubert Guilleau, sur Internet Actu — il commente aussi une étude sur les blogs ici.)

« Il y a autre chose dans son regard, dû à l'ouverture trop grande de la paupière sur la pupille ou au temps de pause légèrement trop long, quelque chose de craintif, d'égaré, qui engendre des malentendus, cherche, traque dans l'œil adverse une réponse rapide ou le pardon à une faute pas commise que les hommes prennent pour une haine ou un défi. Les femmes le perçoivent lubrique, serrent les cuisses, mettent la main sur leurs seins, protègent un décolleté. Souvent ou toujours, son regard met mal à l'aise. Comme un regard-caméra. Un regard qui ne se laisse pas aller, ne devrait pas voir qu'on le regarde, ne s'oublie pas. En résulte un sang-froid mâtiné d'inconscience et de plaisir de se nier.» (Alain Sevestre, Revolver, p. 31)