N'avez-vous pas constaté depuis quelques jours chez nos journalistes une nette tendance à la déprime ?
Oh, Combien de chroniques, combien d'éditoriaux,
qui sont parus ce jour pour chanter cette antienne...

« [...] la mélancolie est peut-être avant tout celle d'élites politiques, économiques et culturelles qui se défaussent de leur propre désarroi, de leur panne d'idées et de projets, et de leur angoisse face à l'érosion de leur pouvoir dans un monde en pleine mutation.» (Patrick Sabatier, « Humeur noire », in Libération du jour)

Sur son blog Technologies du langage, Jean Véronis propose un outil prototype fort intéressant qui permet d'obtenir des graphes relatifs à la fréquence des mots demandés dans les moteurs de recherche. Repensant à de récents calculs, j'ai interrogé son Chronologue avec les termes suivants : caillasser, racaille, Sarkozy et Le Pen. Le résultat est saisissant !
Il faut voir — le chiasme de leurs courbes en atteste — comment Sarkozy prend la place de Le Pen. Alors évidemment, quand il se retrouve en affiche avec le nom de l'autre, voire avec une moustache hitlérienne, ça ne doit pas plaire, car c'est une vérité qui risque d'empêcher le bon peuple de dormir en sécurité... Trop de sécurité finit par ne plus en être, ça devient du totalitarisme. Et si les gens s'en rendent compte à l'avance, ils ne vont pas voter pour lui, voilà la tuile de fin d'année !
Le seul défaut du Chronologue, à mon avis, est qu'il compare visuellement comme si l'ordre de grandeur était le même pour tous les termes recherchés. En fait, caillasser renvoie à peu d'occurrences, d'où l'ampleur de son mouvement ascendant à la mi-novembre, tandis que les deux ténors du tout sécuritaire ne sont qu'un peu plus ou un peu moins demandés que d'habitude. Il faut donc être prévenu et penser à regarder à droite du graphe les chiffres d'occurrences.

Alors ? Mélancolie du passé ou angoisse du futur ?

« [...] Et c’est ce qui vous fait ces voix désespérées
Que vous avez le soir quand vous venez vers nous ! »
(VH)

Reste le présent, minuit dans vingt minutes.
Grand ménage toute la matinée. Petites courses dans l'après-midi, avant de me mettre aux fourneaux pour un menu de binôme simple et chic : canapés d'œufs de lompe et olives au poivron, tournedos (dans la poêle WMF qui m'a fait ça impec') accompagné de poivrons allongés et pommes au beurre, dessert à ma façon : fond de Tatin, chantilly maison, fraises amaou. Avec un saint-émilion Petit-Faurie-de-Soutard 2000. On n'a rien laissé !
Allez, je vais ouvrir le champagne : Nicolas Feuillate, cuvée spéciale 1995 — pour le dixième nouvel an avec T.
(Les vœux, c'est demain, n'ayez crainte...)