mercredi 30 août 2006
Beaucoup plus indisciplinés que les bus ou les touristes
Par Berlol, mercredi 30 août 2006 à 23:55 :: General
Malgré le peu d'heures de sommeil, je ne m'en sors pas trop mal. Deux
trois appels aux numéros de British Airways, histoire de dire que
c'est fait et que rien n'a changé de ce côté-là,
douche, et me voilà prêt.
Déjeuner au Rostand (où il n'y a presque personne (les m'as-tu-vu habituels sont-ils encore en vacances ?)), avec un ami, Éric, rencontré quand il faisait sa coopération à l'Ambassade de France de Tokyo, disparu le temps de faire une thèse sur l'éloquence révolutionnaire (quel beau titre), réapparu il y a quelques mois avec un poste de prof à Kyoto. Tranquille comme je le retrouve, il vient quand même de traverser la Chine, la Mongolie et la Russie en Transsibérien, avec des arrêts à Ulan Bator, Krasnoïarsk et Irkutsk... Et il me parle de ça avec intensité et calme, sans faire état de notable difficulté, comme on irait de Bastille à Montparnasse en passant par l'Île de la Cité, ou comme je vous parle de faire Kagurazaka-Ginza en vélo. Il a presque plus de mal ces jours-ci à finir un article sur Stendhal.
La salade gourmande est très bien.
Venu à pied de Saint-Denis, via la gare de Lyon où il a déjeuné avec un copain, Bikun nous rejoint devant les grilles du Luxembourg. Éric et lui se souviennent vaguement s'être croisés à Tokyo. On est comme trois papys se chauffant sur le muret pendant que d'énormes nuages passent en tous sens, beaucoup plus indisciplinés que les bus ou les touristes.
Après avoir fait le tour de l'offre des cinémas du quartier de l'Odéon et de notre temps libre, Bikun et moi nous décidons pour Le Vent se lève, de Ken Loach. Le titre original, c'est quand même autre chose : The Wind that Shakes the Barley (Le Vent qui secoue l'orge). Mais comme les Français ne doivent pas trop savoir ce qu'est l'orge, ou que ça les fera penser à whisky ou à sucre d'orge, et que le film est tout sauf énivrant ou sucré, c'est peut-être mieux comme ça : le vent de la révolte se lève... et on ne sait pas où il va aller ni quand il va s'arrêter.
C'est un film ahurissant, qu'on prend à froid (rien lu dessus) en pleine figure. On sort de là décomposé, livide, pas tout à fait sûr d'avoir vu un film, comme on dit. Débats d'idées et combats sont rendus avec même force et clarté, c'est ça qui en fait un grand film. À la fin, leur désespoir est le nôtre, devenu existentiel. Seul bémol pour moi, ça fait encore un film qui exploite le thème, quand bien même véridique, des frères qui s'adorent et deviennent ennemis.
Déjeuner au Rostand (où il n'y a presque personne (les m'as-tu-vu habituels sont-ils encore en vacances ?)), avec un ami, Éric, rencontré quand il faisait sa coopération à l'Ambassade de France de Tokyo, disparu le temps de faire une thèse sur l'éloquence révolutionnaire (quel beau titre), réapparu il y a quelques mois avec un poste de prof à Kyoto. Tranquille comme je le retrouve, il vient quand même de traverser la Chine, la Mongolie et la Russie en Transsibérien, avec des arrêts à Ulan Bator, Krasnoïarsk et Irkutsk... Et il me parle de ça avec intensité et calme, sans faire état de notable difficulté, comme on irait de Bastille à Montparnasse en passant par l'Île de la Cité, ou comme je vous parle de faire Kagurazaka-Ginza en vélo. Il a presque plus de mal ces jours-ci à finir un article sur Stendhal.
La salade gourmande est très bien.
Venu à pied de Saint-Denis, via la gare de Lyon où il a déjeuné avec un copain, Bikun nous rejoint devant les grilles du Luxembourg. Éric et lui se souviennent vaguement s'être croisés à Tokyo. On est comme trois papys se chauffant sur le muret pendant que d'énormes nuages passent en tous sens, beaucoup plus indisciplinés que les bus ou les touristes.
Après avoir fait le tour de l'offre des cinémas du quartier de l'Odéon et de notre temps libre, Bikun et moi nous décidons pour Le Vent se lève, de Ken Loach. Le titre original, c'est quand même autre chose : The Wind that Shakes the Barley (Le Vent qui secoue l'orge). Mais comme les Français ne doivent pas trop savoir ce qu'est l'orge, ou que ça les fera penser à whisky ou à sucre d'orge, et que le film est tout sauf énivrant ou sucré, c'est peut-être mieux comme ça : le vent de la révolte se lève... et on ne sait pas où il va aller ni quand il va s'arrêter.
C'est un film ahurissant, qu'on prend à froid (rien lu dessus) en pleine figure. On sort de là décomposé, livide, pas tout à fait sûr d'avoir vu un film, comme on dit. Débats d'idées et combats sont rendus avec même force et clarté, c'est ça qui en fait un grand film. À la fin, leur désespoir est le nôtre, devenu existentiel. Seul bémol pour moi, ça fait encore un film qui exploite le thème, quand bien même véridique, des frères qui s'adorent et deviennent ennemis.