mardi 3 janvier 2006
Berlik berlok !
Par Berlol, mardi 3 janvier 2006 à 23:58 :: General
Un peu de temps en temps, je numérise des disques que j'aime bien
pour en faire une musithèque transportable. La loi en préparation
(malgré les revers comiques qu'essuie Donnedieu de Vabres) ne laisse
pas de m'inquiéter, elle va bien dans le sens du tout payant, même
l'air et le paysage.
Le pire, c'est que des fabricants l'ont déjà devancée,
de façon particulièrement basse, odieuse et ridicule à
la fois — cela m'est arrivé en mettant dans le lecteur le cédé
de MC Solaar, que j'écouterai
donc moins, par conséquent — ce dont le fabricant et le vendeur se
contrefoutent puisque je l'ai payé — mais l'artiste, lui, s'en fout-il
? — là est le bât.
La véritable avancée humaine que constitue chaque nouvelle personne qui aime Cléo de 5 à 7 est ainsi perdue par l'avidité potentielle des exploitants de son support...
Le fait même de vouloir donner sa musique et ses recheches à écouter, comme le fait brillamment LL de Mars sur Jamendo aujourd'hui — et c'est envoutant, à écouter toutes affaires cessantes — deviendrait impossible alors même que producteurs et distributeurs pourraient ne pas vouloir le commercialiser !
Mais tout n'est pas perdu pour le bénévol@t littéraire : on lit, on fait lire et écouter, et pas qu'à la radio. Des collectifs comme LibriVox (si quelqu'un en connaît d'autres) ont tout l'avenir (du passé = du domaine public) devant eux. J'ai écouté tout à l'heure le premier chapitre de Notes from the Underground (Dostoïevski, 1964) et... c'est intéressant mais... je préfèrerais l'accent anglais et un peu moins rapide... Peu importe, c'est tout de même une belle entreprise et je podcasterais des trucs comme ça si je faisais de longs voyages en voiture, par exemple, comme JCB.
Avant ça, éh bien, pas grand chose, ma foi ! — ou beaucoup, selon le critère. Soleil matinal et puis patatras...
C'est encore une journée de repos réorganisateur : les derniers courriels de vœux à envoyer, la préparation des cours sur Le Colonel Chabert, le déjeuner avec T. au Jonathan (une chaîne de family restaurants) de Kagurazaka, juste à côté de chez Étienne, parce que notre Hong-Kong Shokudo est encore fermé, quelques courses pour faire ce soir des spaghettis à ma façon pendant que T. se réapproprie le territoire mental de ses recherches dixseptiémistes (la voici enfin solidement sur les rails dont maintes choses l'avaient maintes fois fait sortir depuis plus d'un an...).
Force naïve du réseau. Soit un extrait du Colonel Chabert :
« Il comporte une chose à voir à différents prix, suivant les différentes places où l'on veut se mettre...
— Et berlik berlok, dit Simonnin.
— Prends garde que je ne te gifle, toi ! dit Godeschal.
Les clercs haussèrent les épaules.» (Honoré de Balzac, Le Colonel Chabert [1835], Gallimard, folio classique 3298, p. 55)
Une note de bas de page de Patrick Berthier indique pour « berlik berlok » (aucun rapport avec Berlol, non non) : « Sic. Pure invention verbale de Balzac, semble-t-il.»
Or aujourd'hui (après 150 ans d'études balzaciennes), un simple googlage permet de savoir qu'il s'agit d'une expression ancienne mais qui a dû être courante en Wallonie (chercher berlik ici et là, et encore ici et là). Et je ne vais pas en faire un article pour l'Année balzacienne...
Pour le sens, j'hésite entre comme ci comme ça, ou de ci de là, ou de bric et de broc (le TLF précise qu'on trouve de brique et de broque chez... Balzac), ou encore, plus plausible dans le contexte moqueur du dialogue balzacien, et patati et patata, c'est-à-dire cause toujours tu m'intéresses, d'où la menace de gifle, on comprend mieux.
Ça m'a rappelé que Guylène disait et palali et palala, je ne l'avais jamais entendu sous cette forme-là auparavant. C'était du temps où qu'on était bien jeunes, qu'on savait pas ce qu'on allait faire dans la vie, qu'elle habitait une chambre de bonne rue du Chevaleret, ambiance Tardi, et qu'aucune grande bibliothèque n'était annoncée en face de ses fenêtres...
La véritable avancée humaine que constitue chaque nouvelle personne qui aime Cléo de 5 à 7 est ainsi perdue par l'avidité potentielle des exploitants de son support...
Le fait même de vouloir donner sa musique et ses recheches à écouter, comme le fait brillamment LL de Mars sur Jamendo aujourd'hui — et c'est envoutant, à écouter toutes affaires cessantes — deviendrait impossible alors même que producteurs et distributeurs pourraient ne pas vouloir le commercialiser !
Mais tout n'est pas perdu pour le bénévol@t littéraire : on lit, on fait lire et écouter, et pas qu'à la radio. Des collectifs comme LibriVox (si quelqu'un en connaît d'autres) ont tout l'avenir (du passé = du domaine public) devant eux. J'ai écouté tout à l'heure le premier chapitre de Notes from the Underground (Dostoïevski, 1964) et... c'est intéressant mais... je préfèrerais l'accent anglais et un peu moins rapide... Peu importe, c'est tout de même une belle entreprise et je podcasterais des trucs comme ça si je faisais de longs voyages en voiture, par exemple, comme JCB.
Avant ça, éh bien, pas grand chose, ma foi ! — ou beaucoup, selon le critère. Soleil matinal et puis patatras...
C'est encore une journée de repos réorganisateur : les derniers courriels de vœux à envoyer, la préparation des cours sur Le Colonel Chabert, le déjeuner avec T. au Jonathan (une chaîne de family restaurants) de Kagurazaka, juste à côté de chez Étienne, parce que notre Hong-Kong Shokudo est encore fermé, quelques courses pour faire ce soir des spaghettis à ma façon pendant que T. se réapproprie le territoire mental de ses recherches dixseptiémistes (la voici enfin solidement sur les rails dont maintes choses l'avaient maintes fois fait sortir depuis plus d'un an...).
Force naïve du réseau. Soit un extrait du Colonel Chabert :
« Il comporte une chose à voir à différents prix, suivant les différentes places où l'on veut se mettre...
— Et berlik berlok, dit Simonnin.
— Prends garde que je ne te gifle, toi ! dit Godeschal.
Les clercs haussèrent les épaules.» (Honoré de Balzac, Le Colonel Chabert [1835], Gallimard, folio classique 3298, p. 55)
Une note de bas de page de Patrick Berthier indique pour « berlik berlok » (aucun rapport avec Berlol, non non) : « Sic. Pure invention verbale de Balzac, semble-t-il.»
Or aujourd'hui (après 150 ans d'études balzaciennes), un simple googlage permet de savoir qu'il s'agit d'une expression ancienne mais qui a dû être courante en Wallonie (chercher berlik ici et là, et encore ici et là). Et je ne vais pas en faire un article pour l'Année balzacienne...
Pour le sens, j'hésite entre comme ci comme ça, ou de ci de là, ou de bric et de broc (le TLF précise qu'on trouve de brique et de broque chez... Balzac), ou encore, plus plausible dans le contexte moqueur du dialogue balzacien, et patati et patata, c'est-à-dire cause toujours tu m'intéresses, d'où la menace de gifle, on comprend mieux.
Ça m'a rappelé que Guylène disait et palali et palala, je ne l'avais jamais entendu sous cette forme-là auparavant. C'était du temps où qu'on était bien jeunes, qu'on savait pas ce qu'on allait faire dans la vie, qu'elle habitait une chambre de bonne rue du Chevaleret, ambiance Tardi, et qu'aucune grande bibliothèque n'était annoncée en face de ses fenêtres...