mercredi 4 janvier 2006
Tonitruer des apocalypses
Par Berlol, mercredi 4 janvier 2006 à 23:58 :: General
Année Mozart, année Cézanne, année Beckett, année
de la Colonne Vendôme et du système métrique... À
votre bon cœur ! Et au revoir, 2005...
Nous nous levons après 8h30 depuis quelques jours, prenons le petit déjeuner en admirant aux infos télévisées nippones les queues féminines aux abords des grands magasins ; certaines formées depuis le 31 décembre et occasionnant des bivouacs de carton — comme des clochardes — dans le seul but de s'arracher les fukubukuro dès l'ouverture des portes le 2 janvier. Et rebelotte le 3. Notamment au Printemps Ginza et au Seibu d'Ikebukuro. En même temps — autres sons de cloches — je regarde le 20 Heures de France 2, les vœux de Chirac, le toit effondré d'une patinoire en Allemagne, la guerre du gaz, le péage de Stockholm, etc. Un autre monde. Et moi, où suis-je ? (Sur quelle étoile suis-je né ? j'en suis encore à me le demander...)
Sur le site de la chaîne France 5 (qui a une page rassemblant ses vidéos), émission hebdomadaire Le Journal du blog, à voir en vidéo, et le blog de l'animatrice Aline Afanoukoe. On dirait que la blogosphère contamine la médiasphère conventionnelle...
Visionnement du dernier Arrêt sur image. La vidéo est disponible sur le site, soit 78 minutes d'analyse des images d'Outreau. Quand la télévision fait du très très bon boulot (je connaissais l'émission mais n'étant pas en France, ne l'ai pas vue depuis longtemps...). L'étude des commentaires faits par les journalistes en 2001 et 2002, passant de l'indicatif au conditionnel, n'allant pas visiter une ferme ni rechercher un sex-shop, s'emballant, se rétractant, mais ne s'excusant jamais (sauf durant cette émission, justement), tout cela est très pédagogique.
Pour finir l'émission, la chronique critique, elle-même animée par... Chloé Delaume, qui duplique aussi son blog dans le site de France 5 (l'émission, quant à elle, ayant un forum) — commentaires inexplicablement fermés... hum, hum...
On sort pour déjeuner — aucune envie de rester dehors — et tester un nouveau restaurant de curry à la japonaise (pas trop piquant), presqu'en face de Bisha Monten, le grand temple de Kagurazaka. T. est un peu déçue, trouve cela monotone et un peu farineux, le curry. Mais c'est peut-être un jeu de mot sur le nom du restaurant, Konaya (古奈屋), sachant que 粉 (kona) veut dire farine...
Puis je replonge dans la Restauration, pas la même, celle de la France de 1815, quand Chabert essayait de ne pas mourir une seconde fois...
Parfois, je me sens comme Vercors dans les années 30, pressentant l'horreur à venir — que les autres ne voient pas ou ne veulent pas voir (Cf. La Bataille du silence, chez Minuit). En même temps, je déteste la posture cassandresque de tonitruer des apocalypses que personne n'écoute (aujourd'hui façon Virilio). Mais ni Vercors, ni Cassandre n'avaient de blog. Virilio, je ne sais pas. Alors, j'écris sans cri dans mon coin ce qui suit, et on peut en discuter. Des fois, on aurait besoin d'un bon prophète, hein, Michel !
Dans la série Si vous n'y voyez pas un Hitler c'est que vous avez de la m... dans les yeux, voici le projet de loi Sarkozy présenté ce matin par Libération :
Dernière minute : Radio France se met à diffuser du flux podcastable.
Sentir qu'c'est pas tout noir, qu'c'est pas tout blanc... (C'était de qui, ça, donc ?...)
Nous nous levons après 8h30 depuis quelques jours, prenons le petit déjeuner en admirant aux infos télévisées nippones les queues féminines aux abords des grands magasins ; certaines formées depuis le 31 décembre et occasionnant des bivouacs de carton — comme des clochardes — dans le seul but de s'arracher les fukubukuro dès l'ouverture des portes le 2 janvier. Et rebelotte le 3. Notamment au Printemps Ginza et au Seibu d'Ikebukuro. En même temps — autres sons de cloches — je regarde le 20 Heures de France 2, les vœux de Chirac, le toit effondré d'une patinoire en Allemagne, la guerre du gaz, le péage de Stockholm, etc. Un autre monde. Et moi, où suis-je ? (Sur quelle étoile suis-je né ? j'en suis encore à me le demander...)
Sur le site de la chaîne France 5 (qui a une page rassemblant ses vidéos), émission hebdomadaire Le Journal du blog, à voir en vidéo, et le blog de l'animatrice Aline Afanoukoe. On dirait que la blogosphère contamine la médiasphère conventionnelle...
Visionnement du dernier Arrêt sur image. La vidéo est disponible sur le site, soit 78 minutes d'analyse des images d'Outreau. Quand la télévision fait du très très bon boulot (je connaissais l'émission mais n'étant pas en France, ne l'ai pas vue depuis longtemps...). L'étude des commentaires faits par les journalistes en 2001 et 2002, passant de l'indicatif au conditionnel, n'allant pas visiter une ferme ni rechercher un sex-shop, s'emballant, se rétractant, mais ne s'excusant jamais (sauf durant cette émission, justement), tout cela est très pédagogique.
Pour finir l'émission, la chronique critique, elle-même animée par... Chloé Delaume, qui duplique aussi son blog dans le site de France 5 (l'émission, quant à elle, ayant un forum) — commentaires inexplicablement fermés... hum, hum...
On sort pour déjeuner — aucune envie de rester dehors — et tester un nouveau restaurant de curry à la japonaise (pas trop piquant), presqu'en face de Bisha Monten, le grand temple de Kagurazaka. T. est un peu déçue, trouve cela monotone et un peu farineux, le curry. Mais c'est peut-être un jeu de mot sur le nom du restaurant, Konaya (古奈屋), sachant que 粉 (kona) veut dire farine...
Puis je replonge dans la Restauration, pas la même, celle de la France de 1815, quand Chabert essayait de ne pas mourir une seconde fois...
Parfois, je me sens comme Vercors dans les années 30, pressentant l'horreur à venir — que les autres ne voient pas ou ne veulent pas voir (Cf. La Bataille du silence, chez Minuit). En même temps, je déteste la posture cassandresque de tonitruer des apocalypses que personne n'écoute (aujourd'hui façon Virilio). Mais ni Vercors, ni Cassandre n'avaient de blog. Virilio, je ne sais pas. Alors, j'écris sans cri dans mon coin ce qui suit, et on peut en discuter. Des fois, on aurait besoin d'un bon prophète, hein, Michel !
Dans la série Si vous n'y voyez pas un Hitler c'est que vous avez de la m... dans les yeux, voici le projet de loi Sarkozy présenté ce matin par Libération :
« On l'appellera Nadia, algérienne, la trentaine, en France depuis neuf ans et dix mois. Arrivée légalement ici pour se marier, elle s'est vu retirer sa carte de séjour après avoir quitté son conjoint qui la battait. Depuis, elle est sans papiers. Jusqu'ici, la législation française prévoyait la délivrance d'une carte de séjour d'un an pour les étrangers résidant en France depuis plus de dix ans. Pour Nadia, le compte à rebours est donc sur le point de s'achever. D'ici à deux mois, elle devrait en bénéficier. De justesse. Car le projet de réforme gouvernemental du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, encore appelé projet de loi de Nicolas Sarkozy sur l'immigration, prévoit la suppression de cette disposition. Une version de ce texte encore en cours d'élaboration a été rendue publique hier par huit associations. Et, le 12, le ministre de l'Intérieur devrait en révéler quelques éléments lors de ses voeux à la presse. Abrogée également, la disposition prévoyant la délivrance d'une carte de séjour «à l'étranger résidant en France dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale». Supprimée encore la carte de résident de dix ans jusque-là délivrée de plein droit aux étrangers mariés depuis au moins deux ans avec un ressortissant de nationalité française, ou aux étrangers en situation régulière depuis plus de dix ans. Et ce qui n'est pas abrogé est durci. Les conditions du regroupement familial sont ainsi relevées que ce soit en matière de ressources ou de logement.Sur France Culture, la nouvelle émission Temps de mémoire tient ses promesses car il ne s'agit pas que de rediffuser mais aussi de recadrer en expliquant le contexte. Et ça le fait plutôt bien, je trouve.
«Inhumain», commentent en choeur les associations (1). Ce texte, disent-elles, «conduit à une négation radicale des droits fondamentaux de la personne». Non seulement «il prévoit la quasi-disparition de cet outil d'intégration qu'était la carte de résident». Mais «il s'attaque aux malades. Il prépare la disparition du droit au séjour pour les familles, les conjoints, les enfants, de toutes celles et ceux qui construisent leur vie en France», déplorent-elles.
Certes, personne n'a été pris par surprise. A l'issue du comité interministériel de contrôle de l'immigration du 19 novembre, Dominique de Villepin avait promis un renforcement du contrôle de l'immigration. Mais celui-ci est beaucoup plus draconien que ne le prévoyaient les associations. Surtout, ni le Premier ministre ni ses ministres n'avaient jamais mentionné un éventuel durcissement des conditions de séjour pour les étrangers malades. «Il était question dans une note interne du ministère de l'Intérieur de mettre fin à des "détournements de procédures" [des fraudes, ndlr] de leur part, rappelle Antonin Sopena d'Act Up. On s'était dit que le gouvernement allait peut-être prévoir des restrictions supplémentaires en matière de droit au séjour pour raisons médicales. Mais jamais on ne s'était imaginés qu'il irait jusqu'à supprimer ce droit.»
Note 1 : Act Up Paris, Cimade, Comede, Fasti, Gisti, LDH, Mrap, 9e Collectif des sans-papiers.
(Immigration : Sarkozy abat la carte de séjour, par Catherine Coroller)
Dernière minute : Radio France se met à diffuser du flux podcastable.
Sentir qu'c'est pas tout noir, qu'c'est pas tout blanc... (C'était de qui, ça, donc ?...)