Des boules à la fraise avant les huîtres frites
Par Berlol, dimanche 8 janvier 2006 à 23:20 :: General :: #132 :: rss
Un premier ping-pong
à Shibuya, anthologique
et quand même un peu triste. Anthologique parce que Manu, qui n'a pas
joué depuis un bail, réussit in extremis à battre
Katsunori qui en reste coi (Quoi..., moi ? Moi, je l'ai battu, Manu, mais
pas Katsunori...). Un peu triste parce que la reine, Hisae, souffrante, n'est
pas venue.
On a profité du dernier jour de waribiki (30%) à la boutique pro, de l'autre côté de Shibuya, pour faire changer nos revêtements de raquettes. J'ai tout fait comme Katsunori et ça m'a coûté 4300 yens (la fois dernière, j'avais présomptueusement tapé dans le haut de gamme...).
Après quoi on est allé déjeuner dans un Jonathan's parce qu'il n'y avait que ça dans le coin, et franchement, ce n'est pas ce qu'on a fait de mieux. Le service était long et décalé. Heureusement que j'ai demandé qu'on m'apporte le dessert à la fin, sinon j'aurais dû manger des boules à la fraise avant les huîtres frites...
Les huîtres frites (かきフライ), c'était aussi pour tester mon organisme après les nausées de deux derniers jours. Soit ça me retournait l'estomac, soit ça ne me faisait rien — ce qui est le cas, à 11 heures du soir, c'est donc que le problème était ailleurs...
Par exemple le nerf optique, suppose T. On a mesuré en effet que mon écran est environ à 70 cm de mes yeux alors que les caractères affichés sont souvent plus petits que sur un livre habituellement tenu à 30 ou 40 cm... Les yeux pourraient bien fatiguer d'accomoder, après ces longues journées d'hiver passées à lire (le Japon bat ses records de froid, depuis 1946, c'est-à-dire depuis que les données sont collectées).
Bref, une visite chez l'ophtalmo s'impose.
Me restent les oreilles...
Mais comment traiter un mal dont les causes multiples ne permettent pas l'identification exacte ?
« Comme pour toute la francophonie africaine, je dirais, ces pays récemment indépendants, d'une façon justifiée vont au plus pressé, mais d'une façon aussi un peu dommageable, ne prennent pas au sérieux, d'une part les programmes d'éducation, nationale, comme on dit, mais enfin, d'éducation, mais surtout aussi les questions culturelles. Alors les questions culturelles, chez nous en Algérie, malheureusement, il y a eu une période où ça a été une sorte d'affrontement entre l'arabe et le français. Donc, il faut réagir contre le monolinguisme. Mais je dois dire que le monolinguisme, cette tentation du monolinguisme, par exemple en Algérie, est une conséquence, mais une conséquence malheureuse de l'époque coloniale où c'est quand même la France qui a institué un monolinguisme du français et en excluant l'arabe de l'enseignement primaire, secondaire et supérieur. Donc les Algériens sont ceux qui ont le plus, à juste titre, une blessure à leur langue.»
« [les questions sur l'histoire coloniale =] ça s'est posé entre 1962 et 1982. Et si, par la suite, il y a eu de la violence, c'est venu beaucoup plus d'une mauvaise arabisation que le fait qu'il y ait des arabisants en même temps [que les francisants]. Il fallait [il aurait fallu], aux même étudiants, donner un bon niveau d'arabe moderne, qu'ils récupèrent leur langue mais qu'ils soient de vrais bilingues... Vous voyez. Et ça nous l'avons payé par la violence des islamistes. Mais pourquoi ? Parce qu'ils ont pu avoir devant eux une génération de gens à qui on a donné à l'université un enseignement uniquement en arabe, et à la fin ils se sont sentis floués parce que ces diplômes avaient moins de valeur que les diplômes français, francophones, parce que le niveau de l'enseignement n'avait pas été dévalué quand c'était en français. On avait d'ailleurs, les deux premières décennies, en Algérie, les plus grands professeurs, même, je dirais, du monde qui venaient par amitié pour l'Algérie, dans toutes sortes de matières. Donc on a eu un côté vraiment de plurilinguisme... Mais on a considéré que puisqu'il fallait arabiser tout le monde massivement, il fallait les arabiser n'importe comment. C'est ça [, le problème] ! C'est pas l'arabe, parce que l'arabe a été quand même la langue de savants : la langue des chimistes, la langue des médecins, la langue des philosophes. Il fallait leur redonner leur fierté de cet arabe-là. Et ça, c'est un échec pour l'instant.» (deux extraits d'Assia Djebar dans ses Affinités électives du jeudi 5 janvier — la photo dont elle parle au début, c'est peut-être celle-ci, et c'est vrai qu'avec les cheveux courts, ça l'fait pas, en tout cas pas comme sur celle-là où elle est vraiment classe.)
On a profité du dernier jour de waribiki (30%) à la boutique pro, de l'autre côté de Shibuya, pour faire changer nos revêtements de raquettes. J'ai tout fait comme Katsunori et ça m'a coûté 4300 yens (la fois dernière, j'avais présomptueusement tapé dans le haut de gamme...).
Après quoi on est allé déjeuner dans un Jonathan's parce qu'il n'y avait que ça dans le coin, et franchement, ce n'est pas ce qu'on a fait de mieux. Le service était long et décalé. Heureusement que j'ai demandé qu'on m'apporte le dessert à la fin, sinon j'aurais dû manger des boules à la fraise avant les huîtres frites...
Les huîtres frites (かきフライ), c'était aussi pour tester mon organisme après les nausées de deux derniers jours. Soit ça me retournait l'estomac, soit ça ne me faisait rien — ce qui est le cas, à 11 heures du soir, c'est donc que le problème était ailleurs...
Par exemple le nerf optique, suppose T. On a mesuré en effet que mon écran est environ à 70 cm de mes yeux alors que les caractères affichés sont souvent plus petits que sur un livre habituellement tenu à 30 ou 40 cm... Les yeux pourraient bien fatiguer d'accomoder, après ces longues journées d'hiver passées à lire (le Japon bat ses records de froid, depuis 1946, c'est-à-dire depuis que les données sont collectées).
Bref, une visite chez l'ophtalmo s'impose.
Me restent les oreilles...
Mais comment traiter un mal dont les causes multiples ne permettent pas l'identification exacte ?
« Comme pour toute la francophonie africaine, je dirais, ces pays récemment indépendants, d'une façon justifiée vont au plus pressé, mais d'une façon aussi un peu dommageable, ne prennent pas au sérieux, d'une part les programmes d'éducation, nationale, comme on dit, mais enfin, d'éducation, mais surtout aussi les questions culturelles. Alors les questions culturelles, chez nous en Algérie, malheureusement, il y a eu une période où ça a été une sorte d'affrontement entre l'arabe et le français. Donc, il faut réagir contre le monolinguisme. Mais je dois dire que le monolinguisme, cette tentation du monolinguisme, par exemple en Algérie, est une conséquence, mais une conséquence malheureuse de l'époque coloniale où c'est quand même la France qui a institué un monolinguisme du français et en excluant l'arabe de l'enseignement primaire, secondaire et supérieur. Donc les Algériens sont ceux qui ont le plus, à juste titre, une blessure à leur langue.»
« [les questions sur l'histoire coloniale =] ça s'est posé entre 1962 et 1982. Et si, par la suite, il y a eu de la violence, c'est venu beaucoup plus d'une mauvaise arabisation que le fait qu'il y ait des arabisants en même temps [que les francisants]. Il fallait [il aurait fallu], aux même étudiants, donner un bon niveau d'arabe moderne, qu'ils récupèrent leur langue mais qu'ils soient de vrais bilingues... Vous voyez. Et ça nous l'avons payé par la violence des islamistes. Mais pourquoi ? Parce qu'ils ont pu avoir devant eux une génération de gens à qui on a donné à l'université un enseignement uniquement en arabe, et à la fin ils se sont sentis floués parce que ces diplômes avaient moins de valeur que les diplômes français, francophones, parce que le niveau de l'enseignement n'avait pas été dévalué quand c'était en français. On avait d'ailleurs, les deux premières décennies, en Algérie, les plus grands professeurs, même, je dirais, du monde qui venaient par amitié pour l'Algérie, dans toutes sortes de matières. Donc on a eu un côté vraiment de plurilinguisme... Mais on a considéré que puisqu'il fallait arabiser tout le monde massivement, il fallait les arabiser n'importe comment. C'est ça [, le problème] ! C'est pas l'arabe, parce que l'arabe a été quand même la langue de savants : la langue des chimistes, la langue des médecins, la langue des philosophes. Il fallait leur redonner leur fierté de cet arabe-là. Et ça, c'est un échec pour l'instant.» (deux extraits d'Assia Djebar dans ses Affinités électives du jeudi 5 janvier — la photo dont elle parle au début, c'est peut-être celle-ci, et c'est vrai qu'avec les cheveux courts, ça l'fait pas, en tout cas pas comme sur celle-là où elle est vraiment classe.)
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