Étrange écho, je pourrais copier mot pour mot le billet de l'an dernier car c'est réellement ce qui s'est passé, bien que nous soyons jeudi et non mercredi... Et malgré le froid qui n'était pas tel.
Pour autant, cette répétition ne m'effraie pas. Je ne ferai pas non plus mine de la découvrir. L'écriture quotidienne repassant par les mêmes mois et numéros a pour conséquence que je peux regarder ma condition en face, celle de mortel, alors qu'avant, c'était virtuel, je pouvais me défiler.
Ainsi c'est paradoxalement l'outil du virtuel qui renforce le concret de soi. On n'en finirait pas d'empiler les créations techniques qui rendent de plus en plus crue la lente catastrophe de chacun : la peinture et l'écriture qui ont permis d'avoir des traces de ceux qui vivaient avant nous, l'architecture et la sculpture qui laissaient des volumes palpables, la photographie et le cinéma pour se voir évoluer d'un âge à l'autre... Et la musique !
Y a-t-il plus de mélancolie pour autant ? Je ne le crois pas. Et même si la mélancolie se porte aujourd'hui jusque dans les musées, j'ai plutôt l'impression que cette connaissance aide à mieux faire face, à être stoïque et digne, et comique devant l'inexorable. Ce qui autrefois était tout barbouillé d'ignorance et enduit de religion est maintenant un évident os blanc. Ce qui tombait antan sur le rable est maintenant attendu dans les yeux.

Il y en a un autre qui nous parle dans les yeux, et pour la première fois par la lucarne webique pour présenter ses vœux ! C'est notre Président de la République. Prosaïque et piteux pantin à la traîne de ses ministres survitaminés. Kawaii, diraient mes étudiantes... On traduirait en anglais par He's so cute — un mignon tout plein qui fait pitié...

Pas mal de neurones ont posé des RTT, aujourd'hui (et une photo qui devrait faire plaisir à ma famille). J'espère qu'ils reprennent demain parce qu'il y a encore des trucs à penser.