Offrez-vous un nuage ! Le mien me plaît bien ? Il est vraiment génial, ce Jean Véronis ! (Et s'il arrive jusqu'ici, en remontant des flux, qu'il trouve mes remerciements et toute mon admiration.)

Avec la poêle à fond épais, T. a remis ça, ce matin. Pancakes de dorure parfaite, gonflés à petit feu, que nous couvrons de beurre puis de sirop d'érable, celui qu'une de mes étudiantes m'a ramené d'un voyage au Québec. Ça ou la nouvelle raquette ? Quel est le plus apte à expliquer que j'aie pris une manche à Hisae, pour la première fois ? Par 14 à 12, alors que je me plaignais d'avoir un corps qui ne faisait pas ce que la tête lui demandait — smasher au lieu d'amortir, orienter la raquette 5° plus haut, me repositionner plus vite, etc. Évidemment, après ça, piquée au vif, elle s'est concentrée, a servi court pour frapper mes retours, est passée haut la main. Mais personne n'est dupe, la couronne vacille...

Après le déjeuner avec Katsunori (que je n'ai pas pu battre), je retourne donc au magasin Mitsukoshi de Nihombashi pour le canapé de nos rêves — nos rêves, à T. et à moi. Il sera livré la veille de notre anniversaire de mariage...

« Un titre qui arrive trop tôt, ce n'est pas une aide. Le titre se met à tout régenter. les titres devraient être trouvés à la fin et par quelqu'un d'autre. Avec Trois jours chez ma mère, je ne savais pas ce qui m'attendait. Trois jours, c'était la durée trop courte dont ma mère ne voulait pas entendre parler, et la mère, qui serait celle du personnage que j'allais inventer, devenait inexorablement pour tous ceux à qui je demandais leur avis sur ce titre, la mienne...» (François Weyergans, Trois Jours chez ma mère, p. 111)

« Là où les autres élèves avaient foncé tête baissée dans l'éloge conventionnel du dialogue, je m'étais lancé dans l'éloge dithyrambique du monologue et j'avais obtenu dix-neuf sur vingt.» (Ibid., p. 125)

« On croit toujours que c'est moi dans mes livres. même Delphine ignore qui je suis parfois.» (Ibid., p. 131)

J'hésite entre puéril et sénile. On sourit à chaque page, mais d'un amusement qui est aussi une forme de compassion, comme devant un illusionniste dont tous les trucs sont éventés, les pigeons déplumés, les foulards sales.

Pertinemment, François Bon demande : « Pourquoi le traitement de texte est-il le logiciel qui a le moins évolué, voire même a régressé par rapport à sa ductilité des années 80 ? »
Ma réponse : parce qu'on n'en a (presque) plus besoin. Je ne m'en sers plus qu'une ou deux heures par semaine. Le traitement de texte servait à préparer des textes imprimables, pour être transmis, imitant la lettre manuscrite (en-têtes), la revue (colonnes), le journal, le rapport, le livre (édité par soi-même), etc., tout ce qui formait le monde de l'imprimé et que l'on pouvait imiter — que ce soit pour y entrer ou pour le refuser. Or, il en est de moins en moins question : si j'imprimais mon JLR pour le diffuser, il n'aurait que cinquante lecteurs par an, alors que dématérialisé comme ceci il en a au moins cinquante par jour. Il reste des usages professionnels du traitement de texte, mais ils disparaîtront vite, d'ici cinq ans. Par contre, ses fonctions principales s'intègreront dans de nouveaux outils en ligne (exemple actuel : Writely).