Un seul examen à faire passer, aujourd'hui.
Pour reposer mes yeux et laisser le rhume passer, quelques émissions de radio en rangeant de la paperasse.
Avant d'écouter le Charivari de Jean Échenoz ce soir (sur France Inter, émission maintenant podcastable), je suis bien content de trouver l'émission du 12, avec Jacques Rancière. Et puis, tiens, en tripatouillant l'adresse du lien, je récupère l'émission du 9 janvier sur les entretiens Duras - Mitterrand, avec Mazarine Pingeot, Yann Andréa et Michel Butel. Et ça vaut le coup !
Pour continuer dans l'exigence littéraire, les Mardis littéraires n'étaient pas mal du tout, cette semaine. Avec Antoine Volodine, Éric Meunié et Philippe Vasset (ses Bandes alternées semblent maintenant disponibles sur Amazon tandis que la page de Fayard a complètement changé...).

Dans la revue SKLUNK qui vient de naître (Bernard Stiegler et Giorgio Agamben sont annoncés pour le numéro 2, en février), un article (pro-Google, mais qu'à cela ne tienne) dans lequel Pierre Bongiovanni pense révéler la nature du changement en cours :
« Avec l’universalisation des modalités d’indexation et d’accès, ce qui prévaut désormais c’est l’évanouissement de la notion même de pertinence des données.
Ce qui veut dire que le contenu des tablettes d’argile de Summer, les extraits des méditations de Spinoza sur la joie, les arguties d’un politique en campagne, le journal des étudiants du collège de Saint-Nom les Burleaux, et la dernière dépêche de Reuter sur les agissements occultes de l’Opus Dei, acquièrent le même niveau de vraisemblance, de réalité, de véracité.
Ce fait constitue une mutation en cela qu’il ruine le pouvoir des instances de légitimation du savoir et de la transmission. Et, ces instances étant engagées dans de perpétuelles luttes de pouvoir les unes contre les autres, c’est la scène même et l’enjeu de leurs combats qui s’en trouvent disqualifiés.»
Outre le fait que le sujet n'est pas nouveau, je crois que cette banalisation des données est une vue de l'esprit — pour frapper les sensibilités et se constituer un lectorat, les jeunes revues prennent souvent de ces positions extrêmes...
Or, bien avant l'accès web, les imbéciles confondaient déjà tout (Summer, Spinoza, etc.). Je ne crois pas que le changement d'échelle modifie grandement le rapport entre pertinence et véracité, par exemple.
Surtout, la paralysie, voire la disparition de certaines instances de légitimation du savoir, pour reprendre ce vocabulaire flou, n'empêche absolument pas que d'autres instances se mettent place, en adéquation avec la nature et la quantité des données à traiter.
Au reste, l'article n'est pas inintéressant ni désagréable à lire... Encore que les changements de taille et de couleur des caractères ne soient pas ce que l'on fait de mieux.
(Je m'entraîne à la litote...)

De bon augure pour T., qui a demain un important rendez-vous.
Le 19 janvier 1650, bon jour pour Mazarin qui faisait arrêter Condé, Conti et Longueville. Il ne savait pas que ce serait le point de départ de la seconde Fronde. Voir aussi le Journal des guerres civiles de Dubuisson-Aubenay (p. 202 et suivantes).