Bon jour pour Mazarin
Par Berlol, jeudi 19 janvier 2006 à 23:58 :: General :: #148 :: rss
Un seul examen à faire passer, aujourd'hui.
Pour reposer mes yeux et laisser le rhume passer, quelques émissions de radio en rangeant de la paperasse.
Avant d'écouter le Charivari de Jean Échenoz ce soir (sur France Inter, émission maintenant podcastable), je suis bien content de trouver l'émission du 12, avec Jacques Rancière. Et puis, tiens, en tripatouillant l'adresse du lien, je récupère l'émission du 9 janvier sur les entretiens Duras - Mitterrand, avec Mazarine Pingeot, Yann Andréa et Michel Butel. Et ça vaut le coup !
Pour continuer dans l'exigence littéraire, les Mardis littéraires n'étaient pas mal du tout, cette semaine. Avec Antoine Volodine, Éric Meunié et Philippe Vasset (ses Bandes alternées semblent maintenant disponibles sur Amazon tandis que la page de Fayard a complètement changé...).
Dans la revue SKLUNK qui vient de naître (Bernard Stiegler et Giorgio Agamben sont annoncés pour le numéro 2, en février), un article (pro-Google, mais qu'à cela ne tienne) dans lequel Pierre Bongiovanni pense révéler la nature du changement en cours :
« Avec l’universalisation des modalités d’indexation et d’accès, ce qui prévaut désormais c’est l’évanouissement de la notion même de pertinence des données.
Ce qui veut dire que le contenu des tablettes d’argile de Summer, les extraits des méditations de Spinoza sur la joie, les arguties d’un politique en campagne, le journal des étudiants du collège de Saint-Nom les Burleaux, et la dernière dépêche de Reuter sur les agissements occultes de l’Opus Dei, acquièrent le même niveau de vraisemblance, de réalité, de véracité.
Ce fait constitue une mutation en cela qu’il ruine le pouvoir des instances de légitimation du savoir et de la transmission. Et, ces instances étant engagées dans de perpétuelles luttes de pouvoir les unes contre les autres, c’est la scène même et l’enjeu de leurs combats qui s’en trouvent disqualifiés.»
Outre le fait que le sujet n'est pas nouveau, je crois que cette banalisation des données est une vue de l'esprit — pour frapper les sensibilités et se constituer un lectorat, les jeunes revues prennent souvent de ces positions extrêmes...
Or, bien avant l'accès web, les imbéciles confondaient déjà tout (Summer, Spinoza, etc.). Je ne crois pas que le changement d'échelle modifie grandement le rapport entre pertinence et véracité, par exemple.
Surtout, la paralysie, voire la disparition de certaines instances de légitimation du savoir, pour reprendre ce vocabulaire flou, n'empêche absolument pas que d'autres instances se mettent place, en adéquation avec la nature et la quantité des données à traiter.
Au reste, l'article n'est pas inintéressant ni désagréable à lire... Encore que les changements de taille et de couleur des caractères ne soient pas ce que l'on fait de mieux.
(Je m'entraîne à la litote...)
De bon augure pour T., qui a demain un important rendez-vous.
Le 19 janvier 1650, bon jour pour Mazarin qui faisait arrêter Condé, Conti et Longueville. Il ne savait pas que ce serait le point de départ de la seconde Fronde. Voir aussi le Journal des guerres civiles de Dubuisson-Aubenay (p. 202 et suivantes).
Pour reposer mes yeux et laisser le rhume passer, quelques émissions de radio en rangeant de la paperasse.
Avant d'écouter le Charivari de Jean Échenoz ce soir (sur France Inter, émission maintenant podcastable), je suis bien content de trouver l'émission du 12, avec Jacques Rancière. Et puis, tiens, en tripatouillant l'adresse du lien, je récupère l'émission du 9 janvier sur les entretiens Duras - Mitterrand, avec Mazarine Pingeot, Yann Andréa et Michel Butel. Et ça vaut le coup !
Pour continuer dans l'exigence littéraire, les Mardis littéraires n'étaient pas mal du tout, cette semaine. Avec Antoine Volodine, Éric Meunié et Philippe Vasset (ses Bandes alternées semblent maintenant disponibles sur Amazon tandis que la page de Fayard a complètement changé...).
Dans la revue SKLUNK qui vient de naître (Bernard Stiegler et Giorgio Agamben sont annoncés pour le numéro 2, en février), un article (pro-Google, mais qu'à cela ne tienne) dans lequel Pierre Bongiovanni pense révéler la nature du changement en cours :
« Avec l’universalisation des modalités d’indexation et d’accès, ce qui prévaut désormais c’est l’évanouissement de la notion même de pertinence des données.
Ce qui veut dire que le contenu des tablettes d’argile de Summer, les extraits des méditations de Spinoza sur la joie, les arguties d’un politique en campagne, le journal des étudiants du collège de Saint-Nom les Burleaux, et la dernière dépêche de Reuter sur les agissements occultes de l’Opus Dei, acquièrent le même niveau de vraisemblance, de réalité, de véracité.
Ce fait constitue une mutation en cela qu’il ruine le pouvoir des instances de légitimation du savoir et de la transmission. Et, ces instances étant engagées dans de perpétuelles luttes de pouvoir les unes contre les autres, c’est la scène même et l’enjeu de leurs combats qui s’en trouvent disqualifiés.»
Outre le fait que le sujet n'est pas nouveau, je crois que cette banalisation des données est une vue de l'esprit — pour frapper les sensibilités et se constituer un lectorat, les jeunes revues prennent souvent de ces positions extrêmes...
Or, bien avant l'accès web, les imbéciles confondaient déjà tout (Summer, Spinoza, etc.). Je ne crois pas que le changement d'échelle modifie grandement le rapport entre pertinence et véracité, par exemple.
Surtout, la paralysie, voire la disparition de certaines instances de légitimation du savoir, pour reprendre ce vocabulaire flou, n'empêche absolument pas que d'autres instances se mettent place, en adéquation avec la nature et la quantité des données à traiter.
Au reste, l'article n'est pas inintéressant ni désagréable à lire... Encore que les changements de taille et de couleur des caractères ne soient pas ce que l'on fait de mieux.
(Je m'entraîne à la litote...)
De bon augure pour T., qui a demain un important rendez-vous.
Le 19 janvier 1650, bon jour pour Mazarin qui faisait arrêter Condé, Conti et Longueville. Il ne savait pas que ce serait le point de départ de la seconde Fronde. Voir aussi le Journal des guerres civiles de Dubuisson-Aubenay (p. 202 et suivantes).
Commentaires
1. Le jeudi 19 janvier 2006 à 10:39, par alain :
non, ce soir, je n'irai pas au Mazarin, comme tous les jeudis, rue Mazarine et Jacques-Callot, bien que le vin me tente bien, mais pas d'argent, début de rhume, levé à cinq heures, des préoccupations, oh ! putain, la vie !
2. Le jeudi 19 janvier 2006 à 12:34, par alain :
j'aurais dû écrire au passé.
à cette heure
3. Le jeudi 19 janvier 2006 à 12:35, par alain :
pas 12 h 34
il est 21 h 34
4. Le jeudi 19 janvier 2006 à 12:36, par alain :
à Paris
J'aime bien Paris
oh ! oui, j'aime bien Paris.
Je vais aller me lire un peu de Réda.
Mais en même temps il y a Ravel.
Non, Ravel.
5. Le jeudi 19 janvier 2006 à 15:52, par Berlol :
Avant de partir au Japon, j'étais aussi un parisien invétéré. Aujourd'hui, j'aimerais avoir plusieurs vies ou des opportunités professionnelles qui me permettraient de vivre dans différentes capitales, Buenos Aires, Mexico, Madrid, Copenhague, Pékin... Mais pas Londres ni New York, non, pas le monde anglophone, sauf Dublin, peut-être... Je parle d'habiter, de vivre, pas de passer en touriste.
6. Le jeudi 19 janvier 2006 à 17:49, par Manuzik :
Là, je suis en plein dedans (dans le choix du lieu de vie). Tokyo, Strasbourg, Paris, Yokohama ? Je ne suis pas sûr de savoir ce qui nous convient le mieux, mais l'envie de bouger est bien là !
7. Le jeudi 19 janvier 2006 à 17:55, par grapheus tis :
"Bien avant le(accès) web, les imbéciles confondaient déjà tout !"
Bel aphorisme à balancer aux grincheux de tout bord (tous bords ?)
Mieux vaut Stiegler que Slama ! En riant.
8. Le jeudi 19 janvier 2006 à 19:09, par Bikun :
Berlol, Manu, bien avant mon voyage là où je suis maintenant, je me disais que de vivre (cad sur une longue période) a l'étranger, c'est presque un privilège car bien peu de gens y arrivent ou peuvent le faire.
Par contre, je n'ai jamais été un parisien invétéré mais peut-être tokyoitte invétéré à tort je pense maintenant.
Et aussi contrairement à toi, je serais content de pouvoir aller à New York, ou d'autres grande ville même si elles sont anglo-saxonne, simplement curieux de savoir comment on y vit, ce qu'on y pense, ce qu'on y fait!
Mais parfois, j'ai une pensée tendre pour mes années Tokyoiites...:-)
J'ai juste "eu de la chance" d'y avoir passé 5 années presque parfaites!
9. Le jeudi 19 janvier 2006 à 19:10, par Bikun :
Manu,
des avancées dans tes recherches d'emplois?
10. Le jeudi 19 janvier 2006 à 20:29, par vinteix :
Petite appreciation personnelle : meme si New York n'est plus la ville hallucinante des annees 70, elle reste une des cites les plus fascinantes et trepidantes du monde...
11. Le jeudi 19 janvier 2006 à 20:31, par vinteix :
... peut-etre meme la seule ou l'on a une impression de concentre de toutes les populations du monde.
12. Le jeudi 19 janvier 2006 à 21:00, par Berlol :
Je ne suis pas sûr que le concentré de toutes les populations du monde soit ce qui m'intéresse prioritairement dans une ville — ceci dit pour continuer dans la litote...
13. Le vendredi 20 janvier 2006 à 03:02, par arte :
euh, j'aime beaucoup Cahors, hein !
14. Le vendredi 20 janvier 2006 à 07:49, par vinteix :
Cognac est pas mal non plus, hein !
15. Le vendredi 20 janvier 2006 à 20:58, par Manu :
Pour ce qui est de concentrer toutes les populations du monde, Singapore est pas mal non plus (litote ?)...
Bikun, fait gaffe, JI pourrait passer par-là (avec les moteurs de recherche, on ne sait jamais !)
Ça avance, doucement... mais ça m'occupe beaucoup !
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