samedi 21 janvier 2006
Ce qu'est une mise en abyme
Par Berlol, samedi 21 janvier 2006 à 23:59 :: General
Levé à six heures pour finir le cours, je ne me
rends compte de rien. C'est T. qui s'exclame en ouvrant les rideaux à
sept heures : il neige. Et dru. Et ça risque de tenir...« Quoique récemment construite, cette maison semblait près de tomber en ruine. Aucun des matériaux n'y avait eu sa vraie destination, ils provenaient tous des démolitions qui se font journellement dans Paris. Derville lut sur un volet fait avec les planches d'une enseigne : Magasin de nouveautés. Les fenêtres ne se ressemblaient point entre elles et se trouvaient bizarrement placées. Le rez-de-chaussée, qui paraissait être la partie habitable, était exhaussé d'un coté, tandis que de l'autre les chambres étaient enterrées par une éminence.» (Honoré de Balzac, Le Colonel Chabert, p. 92-93)
C'est toujours un grand plaisir de voir un auditoire comprendre et ressentir ce qu'est une mise en abyme. Ayant vu les notes de bas de page qui traitent des versions de 1832 et 1835, des corrections, des relations entre ces personnages et ceux d'autres romans, idem pour les événements, par exemple la faillite de Roguin dans Eugénie Grandet ou l'endettement de Derville dans Gobseck, on comprend que des pans entiers d'histoires sont récupérés d'un livre à l'autre, montés, bricolés pour tenir, souvent sur des histoires pas drôles, des problèmes d'argent, de famille, des crimes, des secrets, et qu'ici telle description de maison faite de bric et de broc, avec l'insistance descriptive que Balzac y met ne peut pas ne pas avoir de valeur analogique avec l'ensemble du projet de la Comédie humaine alors en pleine élaboration.
En plus, l'actuelle rue Watteau où Chabert habite, alors rue du Petit-Banquier, se trouve juste à la sortie du métro Campo-Formio (nom d'un traité napoléonien de 1797), où je suis passé tous les jours pendant mes trois ans à l'École Nationale de Chimie-Physique-Biologie — quand j'ai dû lire Splendeurs et misères des courtisanes, entre autres. Un des plus beaux titres qui soit, d'ailleurs.
Ça mérite bien une mousse au chocolat après
les côtes d'agneau... La déco, c'est moi. D'ailleurs, sans doute
pour prendre des forces face à l'adversité neigeuse, nous avons
tous pris un dessert, aujourd'hui, Hisae, T. et Katsunori, alors que ce n'est
pas dans nos habitudes...Après, hélas, repos à la maison. Certes, à l'Institut, il y a des films... les Semaines des Cahiers qui commencent... Je devais, je voulais y aller... Mais la fatigue, le risque de rechute... Ça ira mieux demain. Demain, j'irai.
Et puis j'ai d'autres choses à lire et à écouter... J'installe Winamp, pour avoir radios et podcasts, très pratique et beaucoup moins lourd qu'iTunes. J'écoute le dernier Masque et la plume et suis encore une fois très très déçu — sauf au début, au courrier pour et contre la précédente émission sur Finkielkraut, quand le nom de quelqu'un que je connais bien est cité... Hein, Patapon !
Chronique réticul' air.
Chloé Delaume entame sa revanche sociale. Et comme je disais l'autre jour, elle mélange bien les blogs.
Trouver des images avec formes et couleurs, expérimental, c'est Retrievr.
Allez, un petit quizz littéraire, pour finir ?