Il s'agirait de dire
savoir dire pouvoir dire — quand
quelqu'un que l'on admire
pour ce qu'il crée fait promeut etc.
ce par quoi il s'est fait connaître à nous
dire donc quand
il devient lui-même le but avide
de la manœuvre et que la chose créée faite promue etc.
n'est plus qu'entonnoir de la notoriété vers lui
— créer faire promouvoir devenus mots vides
 — Et de dire qu'alors je le quitte
Parce que quant à moi
Je voudrais disparaître si je suis celui qu'on regarde à travers moi

Ce petit texte ne vise personne. Ou plein de gens. Il refuse le fanatisme, l'adhésion aux yeux fermés. Il revendique le quant-à-soi, le libre arbitre, l'intime conviction. Je l'ai traîné plusieurs jours, craignant qu'on le lise en l'appliquant aux personnes citées dans le même billet. Mais il est mûr, aujourd'hui, autonome, monade, bulle de savon de fabrication artisanale.

Matinée à trier du courrier (plus de 300 messages reçus et lus depuis la mi-décembre) pour archivage. En même temps, je regarde l'Arrêt sur images d'hier, sur la commission parlementaire des innocentés d'Outreau. Toujours aussi intéressante, cette émission. Mais pendant que l'on démonte l'échaffaud d'un coté, n'est-on pas en train de le monter de l'autre ? Sera-t-on serein pour écouter le juge ?
J'enregistre ensuite Jeux d'épreuves (sur Échenoz, Rosa Montero, Jean-Paul Enthoven et Patrick Suskind), mais n'ai pas le temps de l'écouter. Idem pour Une Vie une œuvre consacrée à Léon Werth tandis que j'imprime des articles sur Weyergans, sa vie son œuvre, pour tout à l'heure.

Rapide déjeuner à la maison avec T. (qui avance maintenant avec régularité dans sa rédaction — je dirai un jour tout ce qui l'en avait empêchée depuis cinq ou six ans). Je nous fais une salade tomate-concombre au thon et des côtes de porc sauce tomate puis nous finissons l'excellent gâteau aux fruits reçu hier.
Vais au centre de sport de Shibuya, sans T., parce que j'ai besoin de me bouger un peu. Je me sens rouillé.
Enfin, le GRAAL, de cinq à sept, où l'on parle pas mal des futures restructurations du monde universitaire japonais du fait de la dénatalité, avant d'en venir à nos moutons : le chapitre 2 de Trois jours chez ma mère.
Où est la limite entre la fiction, l'autofiction et l'autobiographie ? C'est très difficile à dire, déjà dans l'absolu, a fortiori devant une œuvre. Peut-on dire que Christine Angot a publié des œuvres d''autofiction mais pas Michel Houellebecq ?
Il faudrait savoir la vérité de la vie de l'auteur, sinon on parle dans le vide, en fait. Littérairement parlant, il faudrait surtout réussir à saisir la nature du contrat que l'auteur nous propose vis-à-vis de son livre et de son narrateur...
Puis excellent dîner, léger et peu onéreux, dans un petit restaurant japonais près de la gare d'Ebisu, Zen, poissons au miso, tempura, tofu au bouillon, salade de daikon et d'algues. Entre nous six, il est beaucoup question des relations entre Chine et Taïwan d'une part, et de ce qu'on appelle un bon écrivain d'autre part. La conclusion, le saké aidant, c'est que même en désaccord, nous restons amis. Mes camarades semblent penser que c'est souvent une qualité des Français. Ne pas faire du désaccord verbal une cause de rupture, dirais-je. Que des Anglais (ils en savent quelque chose) auraient parfois quitté la table. Des Allemands ou des Japonais aussi, peut-être... Certes, les généralisations sont dangereuses mais il y a peut-être un peu de vrai en ce que même si la parole est violemment contradictoire, les Français (des Français comme nous) garderaient toujours l'espoir de convaincre l'autre un peu plus tard...

Horie, le patron de Livedoor, peut-être coupable et probablement bouc-émissarisé, a été interpellé aujourd'hui. Je voulais justement en reparler car il y a un excellent billet avec des morceaux de japonais dedans chez Comme ça du Japon d'hier.
J'ai également appris ce soir que nous avions changé de commis... Je veux dire que la France a un nouvel ambasssadeur au Japon. Est-ce pour cela que le site de l'ambassade est inaccessible ce soir ? En revanche, celui qui vient de partir a orchestré son départ en arrêtant son blog. Je ne lui souhaite même pas bon vent.