mardi 31 janvier 2006
Congénères dans le désert
Par Berlol, mardi 31 janvier 2006 à 23:02 :: General
Ah, ça ! Ça fout un coup ! Moi aussi, je viens d'apprendre
le décès de Nam
Jun Paik... Je ne
connais pas toute son œuvre, loin de là, mais pour ce que j'en connais,
c'est quelque chose qui m'a toujours enthousiasmé et fortement interrogé.
Je crois que j'ai dû voir quelque chose de lui, la première
fois, en allant à une exposition West Kunst... quelque chose, j'ai
oublié le titre, à Cologne, en... 1981 ? 1982 ?... Avec Jacques,
dans son Opel, on avait fait le voyage rien que pour ça.
Ce qui suit ne va pas remonter le moral. C'est tout simplement a-hu-ri-ssant !
Pire que tout ce qu'on pouvait imaginer, les pratiques de licenciement chez Carrefour !
Extrait : « Les caméras cachées, c’est une pratique très courante au niveau national. Une grosse partie du travail des agents de sécurité, c’est la surveillance du personnel, non des clients. Et pour la surveillance, tous les moyens sont bons : il n’y a aucune limite temporelle ou financière. On ne badine pas pour faire installer le dimanche après-midi 200 mètres de câbles pour relier de nouvelles caméras. De chef à chef, ils se refilent les infos pour savoir où acheter le matériel. Que cela soit clair, ces caméras sont uniquement destinées à surveiller le personnel et à faire tomber un maximum de gens. Toutes les semaines, les chefs de sécurité s’envoient leur palmarès.»
Que dire après ça...
J'ai fait ma journée. Oui, au sens où je l'ai banalement vécue, comme d'autres, ailleurs. Puisque mon tour n'est pas venu de disparaître, et puisque rien d'extraordinaire ne m'est personnellement arrivé. J'ai regardé Arrêt sur images de dimanche, sur la préférence des journaux télévisés pour les mauvaises nouvelles, avec David Pujadas — moyen. Le plus intéressant était à la fin, quand Chloé Delaume la ramène sur le sexisme et le travail à charge de la précédente émission, consacrée à Ségolène Royal — et elle avait bien raison. L'émission sur les innocentés d'Outreau fait encore parler d'elle chez Acrimed...
Puis bossé à l'écran le reste de la matinée. Allé déjeuner sous un désagréable crachin avec T. au Saint-Martin. On a échangé nos garnitures. Seul, je suis allé au centre de sport où, pédalant, j'ai presque fini Macaire le Copte (1981), un des premiers livres de François Weyergans, que j'avais commencé avant-hier.
Qu'en dire ? J'ai trouvé trois coquilles qui ont dû être transférées de l'édition originale à l'édition folio. Donc, pas de relecture ? Enfin, ce n'est qu'un détail.
Sur le fond, c'est très intéressant, ce moine du IVe siècle qui cherche l'ascèse en faisant le tour des pratiques monacales de ses congénères dans le désert. Pas accablant d'érudition ni de prosélytisme déguisé, mais un panorama plutôt comique des refus séculiers, sans doute en rapport avec les convictions de l'auteur — qui ne semblent pas très différentes vingt-cinq ans plus tard. Ceci dit, s'il fait pareil avec l'argent du Goncourt, il doit y avoir une queue de solliciteurs à la porte de sa (nouvelle ?) maison...
« Un autre frère vint déranger Macaire en pleine nuit. Il voulait lui confier une certaine somme d'argent qu'il avait peur qu'on lui vole. « Pourquoi ne te débarrasses-tu pas de cet argent en le donnant au premier venu ? », s'étonna Macaire [...]
— Le moine ne doit rien posséder, conclut Macaire. La possession est ce qu'il y a de pire.» (François Weyergans, Macaire le Copte, Gallimard, coll. folio 1543, 1981 [rééd. 1984], p. 135-136)
Éric Meunié : « Pour moi, la littérature, c'est la vanité, c'est pas autre chose. Ça sert à rien, ça n'a jamais rien produit, ça n'a jamais rien changé et quand on le fait, on a l'impression que le monde va en être totalement rénové. C'est un souci... J'en suis pas très heureux...
Pascale Casanova : — Par exemple : "Il n'y a pas de meilleur lecteur pour un écrivain raté que l'écrivain qui a soulagé sa vanité par quelques livres qu'il croit repérables. Il porte sur le premier un regard bienveillant, lavé de toutes les scories de son propre style, libre de toutes les phrases dont il se sait capable, et tous avec moi, croit-il. La communauté se réduit aux écrivains qui se lisent pour s'entretoiser et se remettent à l'ouvrage lorsque le livre d'un alter ego semble dépasser leurs prétentions."» (Extrait de l'émission les Mardis littéraires du 17 janvier 2006, avec Antoine Volodine, Éric Meunié et Philippe Vasset. Pascale Casanova lit un extrait de Poésie complète d'Éric Meunié, chez Exils, préfacé par Éric Chevillard. Meunié sera à écouter en public le 17 février à Paris.)
Fin de journée en écoutant le Bien Commun sur le droit d'auteur. Puis Assia Djebar à Voix nue (Pierre Belfond, la semaine dernière, c'était très bien aussi...).
Ce qui suit ne va pas remonter le moral. C'est tout simplement a-hu-ri-ssant !
Pire que tout ce qu'on pouvait imaginer, les pratiques de licenciement chez Carrefour !
Extrait : « Les caméras cachées, c’est une pratique très courante au niveau national. Une grosse partie du travail des agents de sécurité, c’est la surveillance du personnel, non des clients. Et pour la surveillance, tous les moyens sont bons : il n’y a aucune limite temporelle ou financière. On ne badine pas pour faire installer le dimanche après-midi 200 mètres de câbles pour relier de nouvelles caméras. De chef à chef, ils se refilent les infos pour savoir où acheter le matériel. Que cela soit clair, ces caméras sont uniquement destinées à surveiller le personnel et à faire tomber un maximum de gens. Toutes les semaines, les chefs de sécurité s’envoient leur palmarès.»
Que dire après ça...
J'ai fait ma journée. Oui, au sens où je l'ai banalement vécue, comme d'autres, ailleurs. Puisque mon tour n'est pas venu de disparaître, et puisque rien d'extraordinaire ne m'est personnellement arrivé. J'ai regardé Arrêt sur images de dimanche, sur la préférence des journaux télévisés pour les mauvaises nouvelles, avec David Pujadas — moyen. Le plus intéressant était à la fin, quand Chloé Delaume la ramène sur le sexisme et le travail à charge de la précédente émission, consacrée à Ségolène Royal — et elle avait bien raison. L'émission sur les innocentés d'Outreau fait encore parler d'elle chez Acrimed...
Puis bossé à l'écran le reste de la matinée. Allé déjeuner sous un désagréable crachin avec T. au Saint-Martin. On a échangé nos garnitures. Seul, je suis allé au centre de sport où, pédalant, j'ai presque fini Macaire le Copte (1981), un des premiers livres de François Weyergans, que j'avais commencé avant-hier.
Qu'en dire ? J'ai trouvé trois coquilles qui ont dû être transférées de l'édition originale à l'édition folio. Donc, pas de relecture ? Enfin, ce n'est qu'un détail.
Sur le fond, c'est très intéressant, ce moine du IVe siècle qui cherche l'ascèse en faisant le tour des pratiques monacales de ses congénères dans le désert. Pas accablant d'érudition ni de prosélytisme déguisé, mais un panorama plutôt comique des refus séculiers, sans doute en rapport avec les convictions de l'auteur — qui ne semblent pas très différentes vingt-cinq ans plus tard. Ceci dit, s'il fait pareil avec l'argent du Goncourt, il doit y avoir une queue de solliciteurs à la porte de sa (nouvelle ?) maison...
« Un autre frère vint déranger Macaire en pleine nuit. Il voulait lui confier une certaine somme d'argent qu'il avait peur qu'on lui vole. « Pourquoi ne te débarrasses-tu pas de cet argent en le donnant au premier venu ? », s'étonna Macaire [...]
— Le moine ne doit rien posséder, conclut Macaire. La possession est ce qu'il y a de pire.» (François Weyergans, Macaire le Copte, Gallimard, coll. folio 1543, 1981 [rééd. 1984], p. 135-136)
Éric Meunié : « Pour moi, la littérature, c'est la vanité, c'est pas autre chose. Ça sert à rien, ça n'a jamais rien produit, ça n'a jamais rien changé et quand on le fait, on a l'impression que le monde va en être totalement rénové. C'est un souci... J'en suis pas très heureux...
Pascale Casanova : — Par exemple : "Il n'y a pas de meilleur lecteur pour un écrivain raté que l'écrivain qui a soulagé sa vanité par quelques livres qu'il croit repérables. Il porte sur le premier un regard bienveillant, lavé de toutes les scories de son propre style, libre de toutes les phrases dont il se sait capable, et tous avec moi, croit-il. La communauté se réduit aux écrivains qui se lisent pour s'entretoiser et se remettent à l'ouvrage lorsque le livre d'un alter ego semble dépasser leurs prétentions."» (Extrait de l'émission les Mardis littéraires du 17 janvier 2006, avec Antoine Volodine, Éric Meunié et Philippe Vasset. Pascale Casanova lit un extrait de Poésie complète d'Éric Meunié, chez Exils, préfacé par Éric Chevillard. Meunié sera à écouter en public le 17 février à Paris.)
Fin de journée en écoutant le Bien Commun sur le droit d'auteur. Puis Assia Djebar à Voix nue (Pierre Belfond, la semaine dernière, c'était très bien aussi...).