mardi 28 février 2006
Lectures littéréticulaires, et leurs produits dérivés
Par Berlol, mardi 28 février 2006 à 23:48 :: General
J'étais venu l'an dernier voir spécialement à quoi ressemblait la gare d'Orléans, histoire de m'y repérer cette année. Mais la gare est complètement détruite ! On entre par les gravats et les guichets sont sur le côté d'un quai...
Train Orléans-Paris pendant que Ravel... — syntopie. Flocons de neige suivis de soleil, ça giboule à donf, aujourd'hui.
« Quant au paquebot France, deuxième de ce nom, à bord duquel Ravel va s'en aller vers l'Amérique, il a encore neuf ans d'activité devant lui avant d'être vendu aux Japonais pour démolition.» (Jean Echenoz, Ravel, Paris : Editions de Minuit, 2006, p. 33 — tellement up to date, Jean ! les jeux sur les biographies incluent même l'actu du Clémenceau !)
Dans mes pas d'août
avec T., je retourne d'abord au centre Italie
2, chez Aigle, pour acheter une laine polaire qui s'adapte à l'intérieur
de la veste que j'ai depuis trois ans (au Japon, Aigle utilise d'autres fermetures-éclair,
ça ne s'adapte pas). Je me souviens que Pierre Michon avait la même,
dans un autre coloris : il était en photo avec dans un dossier du
Magazine littéraire ou de Lire, je ne sais plus,
c'était quelques mois avant qu'il vienne au Japon.Rendez-vous avec Cécile au pied du pot de fleur beaubourgeon (est-il prévu que quelque chose y pousse, un jour ?). Comme je suis en avance, je pars à la chasse photographique. Je tourne autour à la recherche d'angles photographiques — trouve des reflets avec la librairie fermée (le mardi). On se reconnaît sans difficulté (on s'est vu la dernière fois à Cerisy).
On avait le choix des crêpes, vue la date, mais on va chez Joe Allen, ça faisait une éternité... La salade aux artichauts est un peu trop sucrée. En revanche, le rosbif froid aux endives braisées est impeccable.
Je ne connaissais pas encore le sourire et les traits mobiles de Cécile. On discute sans ordre parce qu'il y a trop à dire. Tous ces points communs, toutes ces connivences par les lectures littéréticulaires, et leurs produits dérivés. J'en apprends de belles.
Puis on marche, entre les giboulées et les convois de CRS
— et malgré un doigt de pied qui saigne à cause de l'ongle que
j'ai coupé trop court avant-hier, imbécile que je suis. Châtelet,
Notre-Dame, derrière la cathédrale, l'Île Saint-Louis,
rue Monge, Arènes de Lutèce. Elle n'est pas frileuse, Cécile.Fuck the CPE.
Censier est tenu par ses étudiants. Michel m'avait dit qu'ils nous laisseraient passer. Pour un séminaire, tel était notre sésame — et la vérité. On est bloqué, une AG qui aurait voté d'interdire aussi ce qui était autorisé ce matin. Cécile s'amuse bien, elle n'avait rien prévu de tel. Moi non plus, d'ailleurs. On a plus de chance par l'entrée centrale, une militante plus fragile, à qui j'en impose.
Et hop, nous voilà au 5e étage, installés par Michel dans la salle du séminaire d'Hubert de Phalèse une heure avant l'heure. L'occasion de poster le journal d'hier, et ses photos, que j'avais mis sur ma clé USB en prévision.
18 heures. Huit personnes ont pu passer les contrôles estudiantins, dont Constance, Isabelle, Henri, etc., et le conférencier du jour, Alexandre Gefen, qui nous présente l'état et l'avenir du web 2.0 — audio en ligne quand j'arriverai à le télécharger sur mon serveur (je préviendrai).
Joviales pizzas ensemble et pas virtuelles, et puis c'est mon
heure de retour. Austerlitz trois minutes trop tard, je dois attendre une
heure le train de 22h53, d'où je trouve un M. Chat très mal
éclairé... Et je débarque à Orléans une
minute avant minuit, juste avant la citrouille pour appeler T. et lui faire
mon rapport. Comme ça, elle ne s'inquiète pas.Pour la route, pour la nuit, pour Alain...
« D'un geste familier comme s'il avait toujours été près d'elle, Ravel éteint la lampe de chevet puis, lui qui cherche toujours le sommeil jusqu'à l'aube pour finir par n'en décrocher qu'un d'occasion, de seconde main, de qualité médiocre voire n'en trouver aucun, il est à peine dix heures qu'il s'endort comme une pierre dans un puits.» (Jean Echenoz, Ravel, p. 33)