Monotonie de la pluie continue. Dans le train et le métro, suite des Manœuvres d'automne de Guy Dupré. Mémorialisme un peu lourd, volontiers métaphorique et périphrastique, pas toujours de mon goût. Interférence avec le film Bon Voyage sur lequel certains de mes étudiants finissent leur mémoire annuel.

« Élevé surtout par sa grand-mère, lisant, travaillant, dormant dans la chambre de Maurice Barrès, Claude Barrès a grandi devant des portraits et des images d'Épinal. À quinze ans, la défaite, l'exode, la foire des souteneurs de la IIIe République, repliés à Bordeaux, lui ont fait contracter le dégoût définitif de la société politique. Il a vu Paul Reynaud tout fier d'avoir été reconnu et arrêté sur la route de Bordeaux, où sa voiture conduite par Hélène de Portes a été prise dans une colonne de réfugiés du Nord : « Ils ne m'ont pas insulté, croyez-vous, ils m'ont demandé de continuer la lutte ! » Un Paul Reynaud étonné de ne pas avoir été molesté.» (Guy Dupré, Les Manœuvres d'automne, p. 37-38)

Il me souvient d'un temps pas si lointain, en 2005, où un ministre insultait des historiens du haut de son impunité, un temps où l'idée d'abrogation de l'article 4 de la loi du 23 février 2005 faisait rire le gouvernement... La mobilisation a fait reculer le président de la République, donné de la voix à la gauche à contretemps, réveillé le Conseil constitutionnel, ouvert un boulevard...

Qui l'empruntera ?

Après le désert égyptien des anachorètes (Macaire le Copte), j'ai regardé ce soir le 3e et dernier épisode de l'Algérie des chimères, série réalisée par François Luciani (2001). Ça me change du climat d'ici. De 1837 à 1870 (j'ai vu les deux premiers épisodes la semaine dernière), c'est-à-dire des guerres de conquête à la proclamation de l'Algérie française, au travers de 4 régimes politiques français et de nombreuses formes de résistance des autochtones, deux amis, saint-simoniens convaincus, prennent part au destin d'un pays qu'ils croient leur de différentes manières. Les destins se séparent pour se recroiser épisodiquement. Ce parti pris fictionnel excuse-t-il une vision francocentriste de l'histoire du pays ?
Un cinéphile ou un historien n'y tiendraient certes pas une heure, mais d'un point de vue instructif, pour ne pas dire pédagogique, c'est assez convaincant et ça peut donner envie d'aller plus loin. La géographie, les populations, la diversité des comportements et des réactions, les dissensions dans les milieux français comme dans les milieux indigènes, les dilemmes issus du métissage sont montrés dans la lumière nette d'une vulgarisation efficace — car entrer plus encore dans les détails aurait nécessité 10 épisodes pour un résultat forcément délayé.
À replacer entre Isabelle Eberhardt, Pierre Loti et Pépé le Moko... Voir la bibliographie d'Europe déjà signalée pour un traitement algérien de l'histoire... ou écouter Assia Djebar, cette semaine.

Du Japon
Calissons d'Aix de Léonard Parli
cadeau de ma famille
ouverts ce soir
le goût juste
l'amande et l'amer