La liberté ne sauve pas de la connerie
Par Berlol, vendredi 3 février 2006 à 23:06 :: General :: #163 :: rss
Des prix à gagner aux Big Brother Awards France... And the winner is !... (À partir de 19h, heure française.)
Lecture attentive. Actualisation de la page de François Bon intitulée Internet et le livre à la SGDL.
Non, moi je ne parle pas des caricatures de prophètes. J'ai déjà tout dit de ce que je pense des religions. Quant à la presse, la liberté ne sauve pas de la connerie. Ça se saurait.
Le 8 février commence à être chargé. Audition surmédiatisée du juge Burgaud, que plus personne ne veut rendre responsable, alors que quand même... Sortie des mémoires de Cécilia, transformés en roman de Valérie Domain. Le sommet de la gauche — sommet de quoi, d'ailleurs ? La commémoration des événements de Charonne...
Aujourd'hui ? Pas grand chose. Bureau. Train, je veux lire, m'endors lamentablement. Les Manœuvres d'automne de Guy Dupré me fatiguent, ne s'adressent qu'aux ombres. Je vais m'arrêter là, je crois. Soirée à préparer le dernier cours sur le Colonel Chabert. Quand même, avant ça, excellent moment avec Un Héros très discret de Jacques Audiard. Je ne m'attendais pas du tout à être si captivé... Au fond, c'est une excellente problématisation du rapport vérité / fiction. D'habitude, tout est fait pour que la fiction s'insère juste dans les interstices de la vérité historique, être raccord comme dans Bon Voyage avec le ministre fictif joué par Depardieu au milieu du gouvernement de Bordeaux. Bon pour le cours de cinéma, l'an prochain.
Lecture attentive. Actualisation de la page de François Bon intitulée Internet et le livre à la SGDL.
Non, moi je ne parle pas des caricatures de prophètes. J'ai déjà tout dit de ce que je pense des religions. Quant à la presse, la liberté ne sauve pas de la connerie. Ça se saurait.
Le 8 février commence à être chargé. Audition surmédiatisée du juge Burgaud, que plus personne ne veut rendre responsable, alors que quand même... Sortie des mémoires de Cécilia, transformés en roman de Valérie Domain. Le sommet de la gauche — sommet de quoi, d'ailleurs ? La commémoration des événements de Charonne...
Aujourd'hui ? Pas grand chose. Bureau. Train, je veux lire, m'endors lamentablement. Les Manœuvres d'automne de Guy Dupré me fatiguent, ne s'adressent qu'aux ombres. Je vais m'arrêter là, je crois. Soirée à préparer le dernier cours sur le Colonel Chabert. Quand même, avant ça, excellent moment avec Un Héros très discret de Jacques Audiard. Je ne m'attendais pas du tout à être si captivé... Au fond, c'est une excellente problématisation du rapport vérité / fiction. D'habitude, tout est fait pour que la fiction s'insère juste dans les interstices de la vérité historique, être raccord comme dans Bon Voyage avec le ministre fictif joué par Depardieu au milieu du gouvernement de Bordeaux. Bon pour le cours de cinéma, l'an prochain.
Commentaires
1. Le vendredi 3 février 2006 à 16:03, par cécile :
J'y suis allée à ces "assises numériques", mais j'ai été assez déçue - pas le matin (quel dommage, au passage, que F. Bon ait dû se dépêcher comme ça, il était au coeur du sujet, dans sa profondeur et son intérêt mêmes), mais l'après-midi -, énervée même (bon aussi contre moi même, parce qu'évidemment je n'ai rien dit sur le moment, ce qui m'aurait fait du bien, mais les micros) ; notamment cette Françoise Cartano qui animait la deuxième table ronde et qui faisait preuve d'une certaine méconnaissance d'Internet, des nouvelles pratiques ou des nouvelles représentations intellectuelles, culturelles, artistiques qu'il entraîne, caricaturant ici, réduisant là, dévoilant en fait son manque de curiosité personnelle en tant qu'internaute (sorti d'un usage utilitaire), et au final se plaçant à côté. Mais pas qu'elle. Bref. (j'ai repensé à cette image évoquée par Ph. de Jonckheere, de son ami LL de Mars je crois, qui compare Internet à un éléphant dans un couloir que personne ne verrait. Ou alors, ici, il était vu mais que sous certains angles en en méconnaissant ou négligeant trop d'autres par une sorte de conservatisme (qui s'ignore ou se revendique)). Mais j'ai conscience d'être complètement imprécise, et déjà en rentrant hier soir j'ai essayé d'écrire ici, pas moyen. En particulier à propos des librairies (une réaction aux propos qu'a tenus le libraire Christian Thorel). J'aimerais mieux parler de tout ça de vive voix en fait. Un jour, plus tard.
Bonne nuit.
PS : si, j'ai été surprise par l'intervention du représentant du Ministère de la culture, vif et très très informé!
2. Le samedi 4 février 2006 à 00:31, par Sz :
ce qui confirmerait une idée très simple : que c'est sur Internet que se passe la discussion au sujet d'Internet
et que nous on sait reconnaître un Lièvre même en février
bizarre : on aurait pu mettre des badges "commentateur berlol assermenté" pour se reconnaître dans la salle ?
quand Bon a cité Litor le président Sofia, (un M. Roblin, j'ai aimé ce qu'il a dit, approche juridique moins fric fric que tous les autres ensuite), s'est mis à faire oui de la tête en assentiment très visible : à lui aussi un hokaron
et si ce qui les effrayait (enfin c'était mon impression) c'était d'être déjà vaguement largués, avec l'idée que les nouveaux seigneurs et nouveaux riches, Google, Berlol qui va au restaurant tous les jours etc, ce n'était plus rattrapable depuis leurs schémas de l'économie classique ?
exemple discussion de couloir, captée un moment : FB disant au responsable du Centre français de la copie avoir touché 30 euros l'an dernier au titre du droit "photocopillage", et demandant s'il pouvait imprimer sur son prochain bouquin la mention "photocopiez tant que vous voulez dans les écoles et ne payez pas la taxe", le monsieur a souri sans répondre - et autre question du même (après on est allé casse-croûter au bistrot d'en face juste devant la mosaïque "syphiligraphie" de Cochin, en gros : "j'ai des dizaines et dizaines d'articles Libé Le Monde dans un doc spécial de mon disque dur, je suis astreint à une taxe même si c'est dans ordinateur propriété que je considère participant de ma vie intime, je suis redevable d'une taxe ou j'entre dans un processus illicite ?" - réponse du monsieur : - OUI.
au bistrot (qui n'est pas le Saint-Martin) on s'est pris du vin rouge, fallait
3. Le samedi 4 février 2006 à 01:48, par Berlol :
Merci à vous deux. Avec de tels commentaires, les 10.000 km, je les ai en travers ! Ah, si on pouvait se déplacer physiquement ne serait-ce qu'au millième de la vitesse de la lumière, je vous aurais rejointes en 35 secondes !
Sz, c'est la première fois qu'on a droit à un lien, je crois ! Comme ça, on peut se connaître mieux...
Pour les badges, je vais y réfléchir.
Y a-t-il d'autres lecteurs du JLR qui y étaient ?
4. Le samedi 4 février 2006 à 02:37, par Arte :
j'ai un mot d'excuse ... (bon, et Les poupees russes, hein ?) et c'est l'heure d'ecouter science friction... sur Internet/ Societe de controle !
5. Le samedi 4 février 2006 à 02:51, par alain :
Non, moi, j'ai pas pu y aller non plus parce que je lisais Cingria, que je suis tombé dedans, que ça m'a arraché à Ravel, que je continue Ravel parce que j'adore.
Il fait froid mais ça n'a rien à voir.
6. Le samedi 4 février 2006 à 05:05, par cécile :
Oui, effrayés et largués, c'est ça.
Cramponnés à leurs modes de pensée et de fonctionnement, quel dommage. Comme ce serait intéressant et constructif s'ils s'appropriaient vraiment la question et l'outil.
Les libraires indépendants, tiens, une question que je me pose : au lieu de subir la concurrence écrasante des buldozer marketting en ligne et de craindre d'en mourir, pourquoi ne pas investir tout simplement ce lieu qu'est Internet, pas à contre-coeur parce qu'il faut s'aligner, mais avec enthousiasme, inventivité, et ainsi prolonger, enrichir, développer (il ne s'agit pas d'autre chose : où est le danger ?) leur boutique physique et le service unique et irremplaçable qu'ils y dispensent ? D'autant plus, et ça a été souligné, que le prix du livre en France est toujours unique, et que les livres mis en avant par un libraire indépendant ne sont pas les mêmes que dans une grande surface.
Un peu d'argent pour créer le site, une personne, pas forcément à temps plein, pour l'administrer, et voilà. Quelque chose en plus, en parallèle, certainement pas pour remplacer l'accueil physique, éventuellement pour être découverts par une nouvelle clientèle mais surtout pour que leur propre clientèle, quand il lui arrive de préférer une recherche ou un achat depuis chez soi, puisse le faire (au lieu d'aller en culpabilisant, mais d'aller quand même, sur amazon ou un autre site du même genre).
Enfin, je ne sais pas, je ne suis pas libraire, peut-être que je suis à côté de la plaque à mon tour ?
Mais en écoutant cet homme, passionné par son métier et la littérature, je ne comprenais pas pourquoi un tel désarroi et un tel fatalisme.
Sz : où étiez-vous donc dans la salle ?? (j'étais du côté des fenêtres, à peu près au milieu). A part le visage et la voix de François Bon, je ne connaissais personne quant à moi.
Bon, la prochaine fois, balles de ping-pong aux oreilles.
7. Le samedi 4 février 2006 à 05:46, par Berlol :
"balles de ping-pong aux oreilles", ça va être pratique pour les garçons !
Sinon, pour la librairie, il y a sans doute quelque chose à faire, comme tu dis. Mais ça pose toujours des problèmes matériels, comme le temps à passer à faire des colis, ou les tarifs postaux. J'ai essayé avec un libraire que j'aime bien, à Paris, mais ça me coûtait presque deux fois plus cher qu'avec Amazon...
8. Le samedi 4 février 2006 à 06:26, par Sz :
un des points développés par Christian Thorel : tout récemment, Gallimard/Sodis a accordé à Amazon même remise qu'aux libraires "de ville" soit 40% - son loyer de centre-ville est de l'ordre d'un facteur 4 par rapport au loyer entrepôt banlieue des VPCistes, et la masse salariale conçue pour des libraires-conseil, à disposition des gens, non pas simplement intérimaires attrapant une référence sans rien faire d'autre de la journée - autres points d'info : 110 000 titres en fond, et plus d'1/3 des ventes sur livres vendus 1 fois dans l'année - à comparer à Fnac disant que 65% chiffre réalisé sur moins de 500 livres - tout ça est très gai, oui - un hokaron à la place du coeur, la prochaine fois
9. Le samedi 4 février 2006 à 06:44, par cécile :
Pour les problèmes matériels : pas sûr ou pas vraiment ; j'ai pu constater ça à l'occasion de deux boulots que j'ai exercés, dans une librairie pour l'un, lié à la vente en ligne pour l'autre. Quelques ajustements logistiques, administratifs, comptables, un ou deux employés supplémentaires, c'est sûr, mais c'est à peu près tout.
Les frais de port, c'est vrai, une petite structure qui ne peut pas bénéficier de tarifs de gros de la part de la Poste ou de transporteurs, peut guère ne pas les faire peser sur le client, mais on peut essayer d'imaginer d'autres solutions, je sais pas, je ne dis pas que c'est simple et tout avantageux : juste, le constat qui était présenté était trop radical.
Je file à la ...bibliothèque.
(Laine polaire aux oreilles)
10. Le samedi 4 février 2006 à 06:50, par cécile :
Sz : oui. Mais justement. inventer, regrouper, dans un autre esprit que ceux-là, pour bâtir une autre place, légitime, nécessaire, avec moins de gros sous, mais assez de sous (trouver).
11. Le samedi 20 octobre 2007 à 06:54, par sarkozy :
voilà, c'est juste uyn petit commentaire pour tendire que j'apprécie beaucoup de te lmire
12. Le samedi 20 octobre 2007 à 07:27, par Berlol :
Avec un an et demi de retard !... (ça ne m'étonne pas de toi, de même que ton orthographe soignée). En revanche, le lien pub pour pomper mes lecteurs, ça, je l'ai retiré.
13. Le samedi 20 octobre 2007 à 17:36, par christine :
mal fréquenté ce blog !
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