You say hello, and they say good bye...
Bah voilà, Chabert est encore une fois retourné sous terre. Ce n'est pas faute d'avoir défendu publiquement sa cause devant mes étudiants. C'est une fatalité, il est d'un autre monde, d'un temps où la parole avait forte valeur, et où devoir signer pour la garantir était insultant. Les quelques jours qu'il passe à la campagne de son (ex-)épouse ont été une parenthèse révélatrice, ouverte et fermée par des mots magiques.
Le mot « Monsieur ! » (p. 137) agit comme un charme, pensez donc, après toutes ces années, la subjugation d'être reconnu, le voilà tout miel, le Chabert qui ne se méfie pas d'être enlevé alors que Derville venait juste de craindre quelque chose comme ça... La parenthèse se referme, le charme se dissipe sur des mots qu'il ne devait pas entendre, quand il se trouvait où l'on ne savait pas qu'il était, et qui, comme un claquement de doigts, ouvrent les yeux aussi vite que les oreilles. Le voilà comparé à un cheval cabré, rétif, à quoi la comtesse rétorque qu'il faudra le mettre à Charenton, puisqu'on le tient (p. 151)... Charenton, c'était alors le nom donné à un fameux asile de fous.
Mais cette parenthèse en laisse entrevoir une autre, plus large, celle durant laquelle l'enfant trouvé Hyacinthe est devenu le comte Chabert, le temps d'un empereur, avant de retourner à la « boue de haillons » (p. 154) qui peuple les quartiers pauvres de Paris. Et puis — c'est comme les poupées russes — une autre encore, encore plus large, la parenthèse entre les deux institutions des deux bouts de la vie de Chabert, celle des enfants trouvés et celle des vieillards abandonnés. Sous l'anecdote d'une spoliation transformée en sacrifice, gît une belle aporie de l'identité, nourrie au vermeil terreau d'Eylau.

Jean-Michel Charpin, Directeur de l’Insee, prix Orwell Etat, élus
La vidéosurveillance des salariés de Lidl, prix Orwell entreprises
Commissaire Michel Pagès (Aude), prix Orwell Localités
Le Principal du collège Joliot-Curie de Carqueiranne, mention spéciale biométrie
Le député Jacques-Alain Benisti pour sa "prévention" de la délinquance, ex-aequo avec l'INSERM et ses "troubles de conduite de l’enfant", prix Orwell Novlang
Nicolas Sarkozy, prix Orwell pour l'ensemble de son oeuvre
Le collectif national unitaire de résistance à la délation, prix Voltaire 2005

Je ne sais plus quand, David me disait qu'il devait réorienter son antenne pour capter TV5. Comme quoi Asiasat 2 était remplacé par Asiasat 3, mieux placé... Mais aujourd'hui, je trouve un autre son de cloche dans un article de Libération.
« Conséquence [des coupes budgétaires] : le sous-titrage est remis en cause et un contrat avec un satellite asiatique n'a pas été renouvelé.»
« Initialement, Aillagon avait prévu de se représenter en juin 2006, à l'issue de son mandat, en fait celui, repris en cours, du précédent président de TV5, Serge Adda, décédé fin 2004. Pour ne rien arranger, Marie-Christine Saragosse, numéro 2 de TV5 depuis huit ans, vient de démissionner. Entre une Saragosse partie et un Aillagon partant, l'un des responsables de TV5 se dit « atterré par la double vacance du pouvoir ».»
Il n'y a peut-être pas de rapport entre les deux choses... Quoi qu'il en soit, je suis bien content d'avoir limité mon expérience de réception japonaise de TV5 aux six mois de la première formule.
Vouloir faire des choses pour les autres et ne pas s'en donner les moyens revient à une forme de mépris hypocrite. Ne rien faire, plutôt que faire de travers. Ou : un rien vaut mieux que deux à demi. On apprend ça, au Japon. Peut-être parce que le respect et la réciprocité du don y ont encore du sens.

Petit à petit, la préparation du stage à Orléans avance. On sait maintenant, mon collègue et moi, où l'on va habiter, comment nos 30 étudiants seront pris en charge par les familles d'accueil, nos obligations d'encadrement et de disponibilité, les personnalités que nous aurons à rencontrer, etc. J'en suis maintenant à des détails comme l'emplacement de l'agence de ma banque, les meilleurs restaurants, les transports en commun. Pour la location de vélo, je n'ai encore rien trouvé. J'espère qu'il ne va pas geler ET y avoir la grève comme l'an dernier...
Le site Histoire de la ville d'Orléans m'a été (et me sera sans doute encore) très utile, avec un plan lisible et une visite virtuelle, plus utile que le plan interactif d'un autre site, tout de même pas mal.
Départ, le 18 février, retour au Japon, le 17 mars. Sauf circonstances exceptionnelles, obligation de rester à Orléans pour intervenir en cas de pépin. Celles et ceux qui voudraient me voir peuvent poster un (commentaire avec leur) courriel. Il y a déjà une soirée théâtre en prévision, le samedi 4 mars, pour une pièce de Joël Pommerat. Du covoiturage serait à envisager pour les retours sur Paris. Rien n'est encore arrêté.