Aporie nourrie au vermeil
Par Berlol, samedi 4 février 2006 à 23:55 :: General :: #164 :: rss
You say hello, and they say good bye...
Bah voilà, Chabert est encore une fois retourné sous terre. Ce n'est pas faute d'avoir défendu publiquement sa cause devant mes étudiants. C'est une fatalité, il est d'un autre monde, d'un temps où la parole avait forte valeur, et où devoir signer pour la garantir était insultant. Les quelques jours qu'il passe à la campagne de son (ex-)épouse ont été une parenthèse révélatrice, ouverte et fermée par des mots magiques.
Le mot « Monsieur ! » (p. 137) agit comme un charme, pensez donc, après toutes ces années, la subjugation d'être reconnu, le voilà tout miel, le Chabert qui ne se méfie pas d'être enlevé alors que Derville venait juste de craindre quelque chose comme ça... La parenthèse se referme, le charme se dissipe sur des mots qu'il ne devait pas entendre, quand il se trouvait où l'on ne savait pas qu'il était, et qui, comme un claquement de doigts, ouvrent les yeux aussi vite que les oreilles. Le voilà comparé à un cheval cabré, rétif, à quoi la comtesse rétorque qu'il faudra le mettre à Charenton, puisqu'on le tient (p. 151)... Charenton, c'était alors le nom donné à un fameux asile de fous.
Mais cette parenthèse en laisse entrevoir une autre, plus large, celle durant laquelle l'enfant trouvé Hyacinthe est devenu le comte Chabert, le temps d'un empereur, avant de retourner à la « boue de haillons » (p. 154) qui peuple les quartiers pauvres de Paris. Et puis — c'est comme les poupées russes — une autre encore, encore plus large, la parenthèse entre les deux institutions des deux bouts de la vie de Chabert, celle des enfants trouvés et celle des vieillards abandonnés. Sous l'anecdote d'une spoliation transformée en sacrifice, gît une belle aporie de l'identité, nourrie au vermeil terreau d'Eylau.
Je ne sais plus quand, David me disait qu'il devait réorienter son antenne pour capter TV5. Comme quoi Asiasat 2 était remplacé par Asiasat 3, mieux placé... Mais aujourd'hui, je trouve un autre son de cloche dans un article de Libération.
« Conséquence [des coupes budgétaires] : le sous-titrage est remis en cause et un contrat avec un satellite asiatique n'a pas été renouvelé.»
« Initialement, Aillagon avait prévu de se représenter en juin 2006, à l'issue de son mandat, en fait celui, repris en cours, du précédent président de TV5, Serge Adda, décédé fin 2004. Pour ne rien arranger, Marie-Christine Saragosse, numéro 2 de TV5 depuis huit ans, vient de démissionner. Entre une Saragosse partie et un Aillagon partant, l'un des responsables de TV5 se dit « atterré par la double vacance du pouvoir ».»
Il n'y a peut-être pas de rapport entre les deux choses... Quoi qu'il en soit, je suis bien content d'avoir limité mon expérience de réception japonaise de TV5 aux six mois de la première formule.
Vouloir faire des choses pour les autres et ne pas s'en donner les moyens revient à une forme de mépris hypocrite. Ne rien faire, plutôt que faire de travers. Ou : un rien vaut mieux que deux à demi. On apprend ça, au Japon. Peut-être parce que le respect et la réciprocité du don y ont encore du sens.
Petit à petit, la préparation du stage à Orléans avance. On sait maintenant, mon collègue et moi, où l'on va habiter, comment nos 30 étudiants seront pris en charge par les familles d'accueil, nos obligations d'encadrement et de disponibilité, les personnalités que nous aurons à rencontrer, etc. J'en suis maintenant à des détails comme l'emplacement de l'agence de ma banque, les meilleurs restaurants, les transports en commun. Pour la location de vélo, je n'ai encore rien trouvé. J'espère qu'il ne va pas geler ET y avoir la grève comme l'an dernier...
Le site Histoire de la ville d'Orléans m'a été (et me sera sans doute encore) très utile, avec un plan lisible et une visite virtuelle, plus utile que le plan interactif d'un autre site, tout de même pas mal.
Départ, le 18 février, retour au Japon, le 17 mars. Sauf circonstances exceptionnelles, obligation de rester à Orléans pour intervenir en cas de pépin. Celles et ceux qui voudraient me voir peuvent poster un (commentaire avec leur) courriel. Il y a déjà une soirée théâtre en prévision, le samedi 4 mars, pour une pièce de Joël Pommerat. Du covoiturage serait à envisager pour les retours sur Paris. Rien n'est encore arrêté.
Bah voilà, Chabert est encore une fois retourné sous terre. Ce n'est pas faute d'avoir défendu publiquement sa cause devant mes étudiants. C'est une fatalité, il est d'un autre monde, d'un temps où la parole avait forte valeur, et où devoir signer pour la garantir était insultant. Les quelques jours qu'il passe à la campagne de son (ex-)épouse ont été une parenthèse révélatrice, ouverte et fermée par des mots magiques.
Le mot « Monsieur ! » (p. 137) agit comme un charme, pensez donc, après toutes ces années, la subjugation d'être reconnu, le voilà tout miel, le Chabert qui ne se méfie pas d'être enlevé alors que Derville venait juste de craindre quelque chose comme ça... La parenthèse se referme, le charme se dissipe sur des mots qu'il ne devait pas entendre, quand il se trouvait où l'on ne savait pas qu'il était, et qui, comme un claquement de doigts, ouvrent les yeux aussi vite que les oreilles. Le voilà comparé à un cheval cabré, rétif, à quoi la comtesse rétorque qu'il faudra le mettre à Charenton, puisqu'on le tient (p. 151)... Charenton, c'était alors le nom donné à un fameux asile de fous.
Mais cette parenthèse en laisse entrevoir une autre, plus large, celle durant laquelle l'enfant trouvé Hyacinthe est devenu le comte Chabert, le temps d'un empereur, avant de retourner à la « boue de haillons » (p. 154) qui peuple les quartiers pauvres de Paris. Et puis — c'est comme les poupées russes — une autre encore, encore plus large, la parenthèse entre les deux institutions des deux bouts de la vie de Chabert, celle des enfants trouvés et celle des vieillards abandonnés. Sous l'anecdote d'une spoliation transformée en sacrifice, gît une belle aporie de l'identité, nourrie au vermeil terreau d'Eylau.
Jean-Michel Charpin, Directeur de l’Insee, prix Orwell Etat,
élus
La vidéosurveillance des salariés de Lidl, prix Orwell entreprises
Commissaire Michel Pagès (Aude), prix Orwell Localités
Le Principal du collège Joliot-Curie de Carqueiranne, mention spéciale biométrie
Le député Jacques-Alain Benisti pour sa "prévention" de la délinquance, ex-aequo avec l'INSERM et ses "troubles de conduite de l’enfant", prix Orwell Novlang
Nicolas Sarkozy, prix Orwell pour l'ensemble de son oeuvre
Le collectif national unitaire de résistance à la délation, prix Voltaire 2005
La vidéosurveillance des salariés de Lidl, prix Orwell entreprises
Commissaire Michel Pagès (Aude), prix Orwell Localités
Le Principal du collège Joliot-Curie de Carqueiranne, mention spéciale biométrie
Le député Jacques-Alain Benisti pour sa "prévention" de la délinquance, ex-aequo avec l'INSERM et ses "troubles de conduite de l’enfant", prix Orwell Novlang
Nicolas Sarkozy, prix Orwell pour l'ensemble de son oeuvre
Le collectif national unitaire de résistance à la délation, prix Voltaire 2005
Je ne sais plus quand, David me disait qu'il devait réorienter son antenne pour capter TV5. Comme quoi Asiasat 2 était remplacé par Asiasat 3, mieux placé... Mais aujourd'hui, je trouve un autre son de cloche dans un article de Libération.
« Conséquence [des coupes budgétaires] : le sous-titrage est remis en cause et un contrat avec un satellite asiatique n'a pas été renouvelé.»
« Initialement, Aillagon avait prévu de se représenter en juin 2006, à l'issue de son mandat, en fait celui, repris en cours, du précédent président de TV5, Serge Adda, décédé fin 2004. Pour ne rien arranger, Marie-Christine Saragosse, numéro 2 de TV5 depuis huit ans, vient de démissionner. Entre une Saragosse partie et un Aillagon partant, l'un des responsables de TV5 se dit « atterré par la double vacance du pouvoir ».»
Il n'y a peut-être pas de rapport entre les deux choses... Quoi qu'il en soit, je suis bien content d'avoir limité mon expérience de réception japonaise de TV5 aux six mois de la première formule.
Vouloir faire des choses pour les autres et ne pas s'en donner les moyens revient à une forme de mépris hypocrite. Ne rien faire, plutôt que faire de travers. Ou : un rien vaut mieux que deux à demi. On apprend ça, au Japon. Peut-être parce que le respect et la réciprocité du don y ont encore du sens.
Petit à petit, la préparation du stage à Orléans avance. On sait maintenant, mon collègue et moi, où l'on va habiter, comment nos 30 étudiants seront pris en charge par les familles d'accueil, nos obligations d'encadrement et de disponibilité, les personnalités que nous aurons à rencontrer, etc. J'en suis maintenant à des détails comme l'emplacement de l'agence de ma banque, les meilleurs restaurants, les transports en commun. Pour la location de vélo, je n'ai encore rien trouvé. J'espère qu'il ne va pas geler ET y avoir la grève comme l'an dernier...
Le site Histoire de la ville d'Orléans m'a été (et me sera sans doute encore) très utile, avec un plan lisible et une visite virtuelle, plus utile que le plan interactif d'un autre site, tout de même pas mal.
Départ, le 18 février, retour au Japon, le 17 mars. Sauf circonstances exceptionnelles, obligation de rester à Orléans pour intervenir en cas de pépin. Celles et ceux qui voudraient me voir peuvent poster un (commentaire avec leur) courriel. Il y a déjà une soirée théâtre en prévision, le samedi 4 mars, pour une pièce de Joël Pommerat. Du covoiturage serait à envisager pour les retours sur Paris. Rien n'est encore arrêté.
Commentaires
1. Le samedi 4 février 2006 à 10:29, par Arte :
comme les poupées russes, mais pas comme "Les poupées russes" ...
2. Le dimanche 5 février 2006 à 07:55, par Arte :
Pour Alain, après lecture :
Ghérasim Luca écrit avec un burin dans l’humain. Aucune leçon. Un homme qui cherche ... Il éclate les limites.
Il est terrible dans l’humour, et la colère, c’est "l’inventeur”, il réinvente TOUT, l’amour, la mort, la langue. Je sais aujourd’hui pourquoi certains le haïssent : il répond à l'avance à leur accusation de folie, montre ce qu'accuser veut dire...
C’est un poète que les sens ("— ces limites —") ne trompent pas , un poète du réel, pas même dupe de la poésie, de la langue, de la littérature !
(légère tension : je vais faire voler ma Buse Harris ...).
3. Le dimanche 5 février 2006 à 08:23, par Berlol :
C'est quoi, c't'histoire de Buse de Harris ? Tu nous abuses...
Pour ce qui est des Pépées rousses... Euh non, des Poupées russes ! Faut que je le revoie. Demain, peut-être...
4. Le dimanche 5 février 2006 à 08:36, par alain :
Arte, j'avais, l'autre jour, retiré tout ce que j'avais dit et écrit au sujet de votre poète, gardant pour moi mes mauvaises impressions. Il n'y a pas de lieu pour dire qu'on n'aime pas. J'essaie de... J'ai dû lire trop vite, tombé sur des pages qui ne m'ont pas emporté, ou bien ce n'était pas le moment.
Je te remercie de ton mot.
Je lis Cingria à tous moments et en copierai des passages. Notamment sur le supplice de Conradin et l'histoire de Charles d'Anjou, où se mèle Dante, et d'autres. Et des lettres de deux jeunes femmes.
5. Le dimanche 5 février 2006 à 10:12, par vinteix :
Tout a fait, Arte, Luca detruit tout et reinvente tout.
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