Deux des pires calamités littéraires
Par Berlol, lundi 6 février 2006 à 23:58 :: General :: #167 :: rss
Ne me demandez pas pourquoi j'écris || vous sous-entendez peut-être
que j'écris mal || vous voulez dire que ça ne sert à
rien || vous êtes impoli et stupide || vous vous cachez derrière
le doigt de votre jugement || demandez-vous plutôt pourquoi je ne vous
demande rien || pourquoi je ne fais pas comme vous || comme vous dites ||
du travail productif des enfants du solide dans les assurances de la politique
du commerce un job cool dans les nouvelles technologies dans l'humanitaire
durable garanti dans la pierre du sport de haut niveau l'armée recrute
|| jugulaire jugulaire || tout ce qui vous enfle vous outre vous obstrue
vous soûle de votre importance || de votre légitimité
|| vous vous drapez dedans et devenez le drap || légitimité
le mot vous plaît || que je vois en transparence || Röntgen et
pathos || les cancers collectifs dans vos certitudes || vos atomes qui se
désassemblent || comme les miens sauf que moi je les regarde former leurs hélices
|| Mendeleiev et trémolos || leur beauté dansante dans le vide
de || nous ce que nous appelons nous || qu'hélas nous avons en commun
|| vous et moi || sauf l'ardeur que vous mettez à l'enfouir || à
vouloir vous en débarrasser || c'est ça qui vous tue || c'est
pour ça que vous me demandez pourquoi j'écris
Beaucoup n'ont pas à se sentir concernés... C'est encore humoral. Ça va avec le froid, le confinement, les paquets de copies, la neige soudain de retour à la tombée du jour. Ou l'énervement à écouter Jeux d'épreuves — Angelo Rinaldi et François Busnel, deux des pires calamités littéraires, un couple à la Laurel et Hardy, la raideur constipée et la décontraction laxative. Il faut entendre comment Busnel défend Delerm, puis comment Rinaldi interdit le roman au présent. Je craignais que cette épreuve sans jeux donne dans le masqué et plumé, l'onction du sérieux en plus. J'ai été servi...
« Pierre Loti, alors capitaine de vaisseau atteint par la limite d'âge, s'était fait nommer « attaché naval » auprès du général Pétain, au plus fort de la bataille de Verdun. Voyant s'amener à son quartier général l'académicien peint comme une voiture et parfumé comme une bayadère, avec ses quatre uniformes noir, bleu sombre, bleu clair, kaki, Pétain l'avait renvoyé à ses foyers, en ajoutant à l'intention du ministère que sa fonction d'attaché naval le rendrait probablement plus utile au Maroc, auprès de Lyautey.» (Guy Dupré, Les Manœuvres d'automne, p. 109-100)
Oui, j'ai pu aller au centre de sport, quand même, sous la neige. Bien avancer ma lecture en pédalant. Puis soulever quelques poids en réfléchissant à ces grands personnages, leur dédicaçant ma sueur. Mais c'est encore à ne rien faire dans le bain que j'étais le mieux.
Le narrateur de L'Affectation d'Alain Sevestre peut en prendre de la graine, Jean-Claude Bourdais va bientôt rassembler tous ses cartons ! J'aimerais en faire autant, un jour (possessions écartelées entre France et Japon...). J'en suis très heureux pour lui, même si cela risque de nous priver de son journal en ligne... Mais il va faire autre chose, forcément.
Autre projet qui arrive à son terme pour... se lancer : l'édition japonaise des Rollings Stones, une biographie de François Bon. Avec la probabilité qu'elle devienne l'édition de référence, comme il dit. Va-t-on la retraduire en français ?
Beaucoup n'ont pas à se sentir concernés... C'est encore humoral. Ça va avec le froid, le confinement, les paquets de copies, la neige soudain de retour à la tombée du jour. Ou l'énervement à écouter Jeux d'épreuves — Angelo Rinaldi et François Busnel, deux des pires calamités littéraires, un couple à la Laurel et Hardy, la raideur constipée et la décontraction laxative. Il faut entendre comment Busnel défend Delerm, puis comment Rinaldi interdit le roman au présent. Je craignais que cette épreuve sans jeux donne dans le masqué et plumé, l'onction du sérieux en plus. J'ai été servi...
« Pierre Loti, alors capitaine de vaisseau atteint par la limite d'âge, s'était fait nommer « attaché naval » auprès du général Pétain, au plus fort de la bataille de Verdun. Voyant s'amener à son quartier général l'académicien peint comme une voiture et parfumé comme une bayadère, avec ses quatre uniformes noir, bleu sombre, bleu clair, kaki, Pétain l'avait renvoyé à ses foyers, en ajoutant à l'intention du ministère que sa fonction d'attaché naval le rendrait probablement plus utile au Maroc, auprès de Lyautey.» (Guy Dupré, Les Manœuvres d'automne, p. 109-100)
Oui, j'ai pu aller au centre de sport, quand même, sous la neige. Bien avancer ma lecture en pédalant. Puis soulever quelques poids en réfléchissant à ces grands personnages, leur dédicaçant ma sueur. Mais c'est encore à ne rien faire dans le bain que j'étais le mieux.
Le narrateur de L'Affectation d'Alain Sevestre peut en prendre de la graine, Jean-Claude Bourdais va bientôt rassembler tous ses cartons ! J'aimerais en faire autant, un jour (possessions écartelées entre France et Japon...). J'en suis très heureux pour lui, même si cela risque de nous priver de son journal en ligne... Mais il va faire autre chose, forcément.
Autre projet qui arrive à son terme pour... se lancer : l'édition japonaise des Rollings Stones, une biographie de François Bon. Avec la probabilité qu'elle devienne l'édition de référence, comme il dit. Va-t-on la retraduire en français ?
Commentaires
1. Le lundi 6 février 2006 à 11:17, par cécile (illitrée) :
ben oui, ne rien faire, dans le bain... mais quand même, un petit lien pour bayadère, vers le Trésor, là, n'aurait pas été du nuxe ?
"Je ne suis pas née pour griffonner du papier ... ça casse la tête ! mais je suis née pour m'amuser ... je veux mener une vie de bayadère !" (P. de Kock [qui cé ?], Ni jamais, ni toujours, 1835, p. 72).
2. Le lundi 6 février 2006 à 11:20, par cécile (sans rancune) :
"Mieux vaudrait rester jusqu'au cou dans son bain, des heures sinon perpétuellement, actionnant le robinet du pied droit par intermittence pour rajouter un peu d'eau chaude et, réglant ainsi le thermostat, maintenir une bonne atmosphère amniotique." (Jean Echenoz, Ravel, p. 8)
3. Le lundi 6 février 2006 à 11:35, par Sz :
"Un étonnement me vient tout à coup de pouvoir entendre ce qu'elles me disent et de savoir, sans trop chercher, faire des réponses qu'elles comprennent; c'était encore si récent, si peu classé dans ma tête, ce Japon et ce langage japonais; il y a six mois à peine, c'était un recoin de la terre (le dernier, je crois bien) où les hasards de la vie ne m'avaient pas conduit, un pays que j'ignorais. Et je ne reconnais plus le son de ma voix dans ces mots nouveaux que je prononce, il me semble n'être plus moi-même."
Merci ne pas trop le bousculer sans le connaître, il a une belle réserve de double-fonds, Julien Viaud...
4. Le lundi 6 février 2006 à 11:56, par k :
pour mr berlol, après le choix de chemin de l'homme a, mon ptit probléme de santé en "bas grade", mon patron est décédé samedi..........., j'en attend encore.........qui dit mieux
5. Le lundi 6 février 2006 à 12:22, par sabrina :
Je l'ai entendu moi aussi, le vieux dire que la correspondance de Proust était la preuve que faire un roman au présent était impossible.... j'ai pensé à Duras et je l'ai traîté de "sale académicien" et je crois qu'un des invités de l'émission a fait pareil deux secondes plus tard! ça m'a fait sourire!!
Sabrina (ce lle de la page 186 de Duras)
6. Le lundi 6 février 2006 à 13:32, par cécile :
Sz : "That user's account is private." : ce n'est pas de Pierre Loti et on n'aperçoit plus les carreaux de l'hôpital Cochin.
7. Le lundi 6 février 2006 à 14:53, par Berlol :
Pardon, Cécile, où avais-je la tête ! Je vais mettre des liens... Pour Ravel, c'est prémonitoire parce que je n'ai pas encore le livre !
Oui, Sabrina, il y a bien quelqu'un qui a dit quelque chose comme ça, en effet. Je vais réécouter... Et puis quand la seule femme du studio, Clara Dupont-Monod (dont les interventions étaient sensées, la mieux de l'émission, je crois) a dit qu'elle n'était pas arrivée à se pénétrer de l'ambiance ou du personnage, je ne sais plus, il y a eu un léger brouhaha, et puis une reprise du style non non on ne l'a pas pensé... En même temps, c'était d'ôle, ça peut arriver, mais un instant ils ont hésité en France Culture et Rire et Chansons...
Pour Julien Viaud, alias Pierre Loti, je ne fais que citer Dupré. D'ailleurs, qui jugerait quelqu'un sur la foi de Pétain ?
Pour K : c'est affligeant, cette série ! Moi, je ne souhaite que votre bonheur !
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