Ne me demandez pas pourquoi j'écris || vous sous-entendez peut-être que j'écris mal || vous voulez dire que ça ne sert à rien || vous êtes impoli et stupide || vous vous cachez derrière le doigt de votre jugement || demandez-vous plutôt pourquoi je ne vous demande rien || pourquoi je ne fais pas comme vous || comme vous dites || du travail productif des enfants du solide dans les assurances de la politique du commerce un job cool dans les nouvelles technologies dans l'humanitaire durable garanti dans la pierre du sport de haut niveau l'armée recrute || jugulaire jugulaire || tout ce qui vous enfle vous outre vous obstrue vous soûle de votre importance || de votre légitimité || vous vous drapez dedans et devenez le drap || légitimité le mot vous plaît || que je vois en transparence || Röntgen et pathos || les cancers collectifs dans vos certitudes || vos atomes qui se désassemblent || comme les miens sauf que moi je les regarde former leurs hélices || Mendeleiev et trémolos || leur beauté dansante dans le vide de || nous ce que nous appelons nous || qu'hélas nous avons en commun || vous et moi || sauf l'ardeur que vous mettez à l'enfouir || à vouloir vous en débarrasser || c'est ça qui vous tue || c'est pour ça que vous me demandez pourquoi j'écris

Beaucoup n'ont pas à se sentir concernés... C'est encore humoral. Ça va avec le froid, le confinement, les paquets de copies, la neige soudain de retour à la tombée du jour. Ou l'énervement à écouter Jeux d'épreuves — Angelo Rinaldi et François Busnel, deux des pires calamités littéraires, un couple à la Laurel et Hardy, la raideur constipée et la décontraction laxative. Il faut entendre comment Busnel défend Delerm, puis comment Rinaldi interdit le roman au présent. Je craignais que cette épreuve sans jeux donne dans le masqué et plumé, l'onction du sérieux en plus. J'ai été servi...

« Pierre Loti, alors capitaine de vaisseau atteint par la limite d'âge, s'était fait nommer « attaché naval » auprès du général Pétain, au plus fort de la bataille de Verdun. Voyant s'amener à son quartier général l'académicien peint comme une voiture et parfumé comme une bayadère, avec ses quatre uniformes noir, bleu sombre, bleu clair, kaki, Pétain l'avait renvoyé à ses foyers, en ajoutant à l'intention du ministère que sa fonction d'attaché naval le rendrait probablement plus utile au Maroc, auprès de Lyautey.» (Guy Dupré, Les Manœuvres d'automne, p. 109-100)
Oui, j'ai pu aller au centre de sport, quand même, sous la neige. Bien avancer ma lecture en pédalant. Puis soulever quelques poids en réfléchissant à ces grands personnages, leur dédicaçant ma sueur. Mais c'est encore à ne rien faire dans le bain que j'étais le mieux.

Le narrateur de L'Affectation d'Alain Sevestre peut en prendre de la graine, Jean-Claude Bourdais va bientôt rassembler tous ses cartons ! J'aimerais en faire autant, un jour (possessions écartelées entre France et Japon...). J'en suis très heureux pour lui, même si cela risque de nous priver de son journal en ligne... Mais il va faire autre chose, forcément.
Autre projet qui arrive à son terme pour... se lancer : l'édition japonaise des Rollings Stones, une biographie de François Bon. Avec la probabilité qu'elle devienne l'édition de référence, comme il dit. Va-t-on la retraduire en français ?