Belle qualité naturellement floutée
Par Berlol, mardi 7 février 2006 à 23:59 :: General :: #168 :: rss
Devinette du jour : de qui parle Guy Dupré dans la première
partie de cet extrait ?
« À son côté Vautrin en rouflaquettes de ses années galériennes avait succédé le côté buste romain — qu'il eût fallu voir seulement de profil, car le sourire gâtait tout sur des dents qui ne donnaient pas faim. Une poitrine à bréchet due selon certains au port d'un gilet pare-balles, quand on aurait plutôt pensé au rembourrage d'ouate thermogène popularisée par l'affiche de Capiello où l'on voit un diablotin vomir des flammes, encore que ce ne fût ni Dieu, comme on le surnommait par dérision, ni diable, mais un rescapé de la drôle de guerre et de la drôle de Résistance qui débinait Henri Barbusse parmi les derniers de la « der des der ». « Ce que je reprocherais à Barbusse, disait-il en s'adressant à Lapoisse, hein, ce n'est pas d'avoir recomposé après coup, pendant sa convalescence, le journal d'une escouade, c'est d'avoir fait parler les soldats comme des voyous de barrière. Les soldats qui tenaient les tranchées étaient pour la plupart des agriculteurs, ils ne parlaient pas en argot, mais en patois...»» (Guy Dupré, Les Manœuvres d'automne, p. 128)
Encore une fois, l'Arrêt
sur images de France 5 a été d'une exceptionnelle
qualité. Tant pour les chroniques d'actualités (les caricatures
montrées à la télé, les chiasmes de de Villiers,
BHL en Amérique) que pour le dossier du jour (les risques du direct
de la commission parlementaire d'Outreau).
Cela m'a éclairé la matinée, alors que j'avançais poussivement dans mes corrections de copies. C'est à ce moment-là que j'ai vu les groupes de lycéens commencer à entrer dans le campus, allant vers leurs épreuves de concours. Ils défilaient par contingents, une feuille à la main, canalisés depuis la station de métro, à cinq cents mètres de là, par des balises oranges et des agents de l'université. Ralentir le trafic routier troublerait l'ordre public...
J'ai tourné ma webcam et effectué une trentaine de prises de vue, toutes de cette belle qualité naturellement floutée qui m'évitera tout problème juridique. En fait on pourrait faire dire n'importe quoi à ces images...
Pour ne pas perdre de temps en sortant déjeuner, je me suis fait une soupe de nouilles au miso, achetée au convenience store. Avec un onigiri aux œufs de poisson (tarako) et quelques umeboshis, c'est parfait.
Sauf qu'après je m'endormais. Faut dire aussi que j'écoutais
les archives INA avec Simenon, enregistrées sur le canal Chemins
de la Connaissance de France Culture, et que c'était particulièrement
soporifique. Simenon, voilà bien un écrivain qui ne m'a jamais
intéressé. Il ne semble pas que cela doive commencer aujourd'hui.
Vers 15h30, alors que j'envisageais de plier bagages et qu'une fine bruine m'évitait l'humidificateur électrique — la bouilloire grande ouverte, d'habitude —, je les ai vus repartir. Entendus aussi, car s'ils étaient arrivés dans un silence quasi religieux, c'était maintenant le défoulement. Et des échanges de réponses, je suppose, sous les parapluies...
Je suis parti à l'Alliance française, vingt minutes de marche dans le froid qui fouette (et en écoutant Pierre Belfond, que je citerai demain). Rencontre de démonstration de la dernière méthode de français langue étrangère (FLE) des éditions Hachette, Alter Ego. Ne pas se fier au site web d'Hachette qui doit être le plus nul des sites de FLE, ce qui correspond assez bien à la réponse gênée du représentant quand on lui demande ce qui est prévu côté TICE. Au reste, la méthode à l'air d'être pas mal. On va s'en faire livrer des spécimens, David et moi, pour décortiquer ça et voir si ça s'adapterait chez nous...
Sympathique dîner dans un petit restaurant tout près de l'Alliance, avec le directeur de l'établissement, dont il a déjà été question lors du passage d'Éric Sadin en décembre dernier, le sympathique représentant d'Hachette France en tournée asiatique et l'amicale responsable d'Hachette Japon, dont j'avais été l'assistant de 1993 à 1995 — heureuse expérience qui m'avait ouvert l'esprit sur le fonctionnement général de l'université japonaise ainsi que des perspectives d'avenir... Mais je ne suis pas là pour raconter ma vie, disons en gros que sans elle je ne serais pas ici aujourd'hui...
Sur France Info, ton presque festif pour parler des manifestations actuellement en préparation contre le C. P. E., le Contrat de Précarité Éternelle, préambule à une nouvelle humanité, entièrement paramétrable, humblement flexible, vertueusement insyndicable, soulagée de tout droit décent à la retraite. Un peu comme au Japon...
« À son côté Vautrin en rouflaquettes de ses années galériennes avait succédé le côté buste romain — qu'il eût fallu voir seulement de profil, car le sourire gâtait tout sur des dents qui ne donnaient pas faim. Une poitrine à bréchet due selon certains au port d'un gilet pare-balles, quand on aurait plutôt pensé au rembourrage d'ouate thermogène popularisée par l'affiche de Capiello où l'on voit un diablotin vomir des flammes, encore que ce ne fût ni Dieu, comme on le surnommait par dérision, ni diable, mais un rescapé de la drôle de guerre et de la drôle de Résistance qui débinait Henri Barbusse parmi les derniers de la « der des der ». « Ce que je reprocherais à Barbusse, disait-il en s'adressant à Lapoisse, hein, ce n'est pas d'avoir recomposé après coup, pendant sa convalescence, le journal d'une escouade, c'est d'avoir fait parler les soldats comme des voyous de barrière. Les soldats qui tenaient les tranchées étaient pour la plupart des agriculteurs, ils ne parlaient pas en argot, mais en patois...»» (Guy Dupré, Les Manœuvres d'automne, p. 128)
Encore une fois, l'Arrêt
sur images de France 5 a été d'une exceptionnelle
qualité. Tant pour les chroniques d'actualités (les caricatures
montrées à la télé, les chiasmes de de Villiers,
BHL en Amérique) que pour le dossier du jour (les risques du direct
de la commission parlementaire d'Outreau).Cela m'a éclairé la matinée, alors que j'avançais poussivement dans mes corrections de copies. C'est à ce moment-là que j'ai vu les groupes de lycéens commencer à entrer dans le campus, allant vers leurs épreuves de concours. Ils défilaient par contingents, une feuille à la main, canalisés depuis la station de métro, à cinq cents mètres de là, par des balises oranges et des agents de l'université. Ralentir le trafic routier troublerait l'ordre public...
J'ai tourné ma webcam et effectué une trentaine de prises de vue, toutes de cette belle qualité naturellement floutée qui m'évitera tout problème juridique. En fait on pourrait faire dire n'importe quoi à ces images...
Pour ne pas perdre de temps en sortant déjeuner, je me suis fait une soupe de nouilles au miso, achetée au convenience store. Avec un onigiri aux œufs de poisson (tarako) et quelques umeboshis, c'est parfait.
Sauf qu'après je m'endormais. Faut dire aussi que j'écoutais
les archives INA avec Simenon, enregistrées sur le canal Chemins
de la Connaissance de France Culture, et que c'était particulièrement
soporifique. Simenon, voilà bien un écrivain qui ne m'a jamais
intéressé. Il ne semble pas que cela doive commencer aujourd'hui.Vers 15h30, alors que j'envisageais de plier bagages et qu'une fine bruine m'évitait l'humidificateur électrique — la bouilloire grande ouverte, d'habitude —, je les ai vus repartir. Entendus aussi, car s'ils étaient arrivés dans un silence quasi religieux, c'était maintenant le défoulement. Et des échanges de réponses, je suppose, sous les parapluies...
Je suis parti à l'Alliance française, vingt minutes de marche dans le froid qui fouette (et en écoutant Pierre Belfond, que je citerai demain). Rencontre de démonstration de la dernière méthode de français langue étrangère (FLE) des éditions Hachette, Alter Ego. Ne pas se fier au site web d'Hachette qui doit être le plus nul des sites de FLE, ce qui correspond assez bien à la réponse gênée du représentant quand on lui demande ce qui est prévu côté TICE. Au reste, la méthode à l'air d'être pas mal. On va s'en faire livrer des spécimens, David et moi, pour décortiquer ça et voir si ça s'adapterait chez nous...
Sympathique dîner dans un petit restaurant tout près de l'Alliance, avec le directeur de l'établissement, dont il a déjà été question lors du passage d'Éric Sadin en décembre dernier, le sympathique représentant d'Hachette France en tournée asiatique et l'amicale responsable d'Hachette Japon, dont j'avais été l'assistant de 1993 à 1995 — heureuse expérience qui m'avait ouvert l'esprit sur le fonctionnement général de l'université japonaise ainsi que des perspectives d'avenir... Mais je ne suis pas là pour raconter ma vie, disons en gros que sans elle je ne serais pas ici aujourd'hui...
Sur France Info, ton presque festif pour parler des manifestations actuellement en préparation contre le C. P. E., le Contrat de Précarité Éternelle, préambule à une nouvelle humanité, entièrement paramétrable, humblement flexible, vertueusement insyndicable, soulagée de tout droit décent à la retraite. Un peu comme au Japon...
Commentaires
1. Le mardi 7 février 2006 à 10:26, par Sz :
et tout de suite dans la voiture, France-Info aussi :
"à vivre sur France-Info, demain, l'audition du juge Burgaud"
plus interview avec l'avocat : "il se sent commun ? il éprouve de la solitude ? il se sent sous pression? "
liquidation de tout contenu dans le vocabulaire de l'allégorie sportive
mais ce "à vivre", et d'un ton si glorieux...
2. Le mercredi 8 février 2006 à 19:17, par Berlol :
Dites donc, ça ne se bouscule pas, pour la devinette !
Remarquez, bon, il est possible que ça n'intéresse personne, aussi... Tant pis.
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