Avons reçu par la poste l'Artamène concocté par Claude Bourqui et Alexandre Gefen (merci à tous les deux !). Il s'agit véritablement d'un OLNI* : roman du XVIIe siècle en extraits et en poche, relié à un site web absolument exhaustif (voir ce que Claude Bourqui en disait au colloque de Cerisy il y a tout juste six mois — comme le temps passe ! C'est pour mieux t'enterrer, mon enfant...). Mais pas encore le temps de le lire, trop d'autres choses. Juste sortis pour déjeuner au Saint-Martin (oui, poulet rôti).

* OLNI : Objet Littéraire Non Identifié. L'apparition de ce sigle n'est pas précisément datée, mais je ne suis pas sûr qu'on le trouverait antérieurement à l'année 2000 (par exemple ici).

Rime interne :
Assermentation — « Il ment sous serment !... », disait, de Fabrice Burgaud, Daniel Legrand fils.
Mais à quoi sert le serment, sinon à jouir un jour de mentir sous serment ? Le faire passer à l'as...

« [...] l'Ecole nationale de la magistrature (ENM) serait-elle une fabrique de techniciens robotisés ? », s'interroge Jacqueline Coignard dans Libération du jour.
Il a beaucoup été question de technique, à la commission d'enquête parlementaire d'Outreau. Plus précisément, de la technique apprise à l'école des juges, comme ensemble de textes et de gestes, de procédures et d'actes écrits automatiquement mis en œuvre selon des schémas de situation. Le juge Burgaud dit avoir bien fait, techniquement, son travail. Et cela est fort possible. Son effroi quand, à l'orée de son premier poste, il découvre le panorama des crimes sexuels qu'il doit juger, sans expérience, ne peut être jugulé que par l'édification d'un mur de technique derrière quoi ne pas entendre les cris du cœur — ceci pour le cas où il en aurait un.
Cela ne rejoint-il pas ce que disaient les fonctionnaires judéocides de la Collaboration ? Comme tous ceux qui se retranchent derrière un : « moi, je fais ce qu'on me dit de faire », sans avoir à penser, ailleurs résumé en « jugulaire, jugulaire »... Car, de la technicité d'aujourd'hui à l'aveugle et zélée obéissance hiérarchique d'hier (type Affaire Dreyfus), il n'y a pas l'espace d'un pas : c'est pareil.
En écoutant le 7e épisode de Monsieur du Paur, le feuilleton de France Culture adapté du roman et du personnage de Paul-Jean Toulet, on entendra, s'il était besoin, que les sévices sexuels ne sont pas propres à notre temps, pour ceux qui le croiraient — je pencherais même à croire qu'ils étaient pires quand le père ou le seigneur avait droit de vie (et de mort) sur sa famille ou sa seigneurie (relire alors la Barbe-bleue comme un cas isolé de dévoilement progressif — « poudroie... verdoie... dragon... mousquetaire... » — de l'horreur du bon vieux temps, sans doute parce que la fin en est positive et morale...).

Claude Simon en Pléiade ! Je savais que c'était en préparation... Mais ne sera-ce qu'une compilation de ce que je connais déjà fort bien, ou y aura-t-il dossiers et notes pour de nouvelles nourritures ?

Mince !... Toussaint à Toulouse !... D'Orléans, ça ne va pas être facile ! Y'a pas photo : l'aller-retour au BOOK ne se fait pas dans la journée...

Re-mince !... Je ne savais pas que (lire) Baudrillard, c'était si mal ! Moi qui y voyait souvent de l'humour dans le politiquement incorrect... Heureusement, Thomas Florian m'a apporté la bonne parole !
Mais (de nous deux) qui est-ce qui ne sait pas lire ?