Voilà ce qu'on gagne à attendre le dimanche soir pour écrire ce qui s'est passé samedi matin à 10.000 km d'ici : je manque totalement d'inspiration. À moins que ce soit le trop plein. Ou la fatigue... Je vais essayer quand même. Sinon, c'est de la mémoire qui se volatilise.

Après avoir respecté à la minute près mon plan de départ de la maison, d'arrivée à l'aéroport, puis le plan collectif de prise en charge des étudiants (un pack de 30) et l'acheminement jusqu'à l'avion, nous avons eu un vol très calme — nonobstant les gloussements dans nos rangs au moment du décollage, puis d'une descente bosselée de nuages avant l'atterrissage mouillé : la majorité de nos ouailles n'avaient encore jamais pris l'avion.
À Roissy, un gros autocar nous attendait pour aller directement à Orléans. Chateau d'eau et éolienne furent les deux mots de ce trajet, répétés à l'envi par les quatres étudiants de la baie frontale.
Devant la présidence universitaire, presque dans les bois, nous vîmes une bonne vingtaine de voitures de familles d'accueil déjà stationnées. Les autres arriveraient peu après, entre chien et loup, pour un étonnant comptoir de retrait — le moment de vérité, quitter le cocon japonais que mon collègue et moi représentons encore...

Nous voilà momentanément délivrés de notre pesant fardeau. Revenons en ville, le car nous dépose place du 6-juin-1940, où, transformés en espions, mon collègue et moi devons composer un code d'entrée, monter au deuxième étage pour composer un autre code à la porte d'un coffre dans lequel nous trouvons des enveloppes à nos noms, avec une lettre et une clé pour les studios que nous avons loués... Bienvenue en France, le pays où le service baisse quand la sécurité augmente.